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Howard Zinn sur l'Anarchisme - Interview (2008)
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Une traduc­tion d’une inter­view du célèbre histo­rien mili­tant Howard Zinn, par Ziga Vodov­nik, profes­seur de sciences poli­tique à Ljubljana, datant de 2008:

 

Ziga Vodov­nik: Depuis les années 1980 jusqu’à main­te­nant, nous assis­tons à un proces­sus de mondia­li­sa­tion de l’éco­no­mie de plus en plus marqué jour après jour. Au sein de la gauche,nombreux sont ceux pris dans un « dilemme » – soit travailler à renfor­cer la souve­rai­neté des états-nations comme barrière défen­sive contre le contrôle par le capi­tal étran­ger et inter­na­tio­nal ; ou mettre en place une alter­na­tive non natio­nale à la forme actuelle de mondia­li­sa­tion mais qui serait aussi mondiale. Quelle est votre opinion sur ce sujet ?

Howard Zinn: Je suis un anar­chiste, et selon les prin­cipes anar­chistes, les états-nations sont des obstacles à une vraie mondia­li­sa­tion huma­niste. D’une certaine manière, le mouve­ment de mondia­li­sa­tion, avec le capi­ta­lisme qui essaie de faire abstrac­tion des fron­tières des états-nations, crée une sorte d’op­por­tu­nité pour un mouve­ment, pour igno­rer les barrières natio­nales et pour unifier les peuples globa­le­ment, au-delà des fron­tières natio­nales, en oppo­si­tion à la mondia­li­sa­tion du capi­tal, pour créer une mondia­li­sa­tion des peuples, oppo­sée à la notion tradi­tion­nelle de mondia­li­sa­tion. En d’autres termes, utili­ser la mondia­li­sa­tion – il n’y a rien de mauvais dans l’idée de mondia­li­sa­tion – d’une façon qui contourne les fron­tières natio­nales et qui n’im­plique pas, bien sûr, le contrôle par les grandes socié­tés des déci­sions écono­miques concer­nant les peuples à travers le monde.

ZV: Pierre-Joseph Proud­hon a écrit que: “La liberté est la mère, pas la fille de l’ordre.” Comment voyez-vous la vie après ou au-delà des états-nations ?

HZ: Au-delà des états-nations? (rires) Je pense que ce qui existe au delà des états-nations est un monde sans fron­tières natio­nales, mais avec des gens orga­ni­sés. Mais pas orga­ni­sés en tant que nations, mais en groupes, en collec­tifs, sans fron­tières natio­nales ou d’au­cune sorte. Sans aucune sorte de fron­tières, passe­ports, visas. Rien de tout cela! Des collec­tifs de diffé­rentes tailles, selon la fonc­tion du collec­tif, ayant des contacts les uns avec les autres. Il ne peut pas exis­ter de petits collec­tifs auto suffi­sants parce que ces collec­tifs ont diffé­rentes ressources qui leur sont acces­sibles. C’est un point que la théo­rie anar­chiste n’a pas résolu et peut-être qu’elle ne pourra pas résoudre à l’avance, parce qu’elle devra être mise en pratique pour cela.

ZV: Pensez-vous que un chan­ge­ment puisse surve­nir à travers des partis poli­tiques insti­tu­tion­nels ou seule­ment par des moyens alter­na­tifs – déso­béis­sance, construc­tions de struc­tures paral­lèles, médias alter­na­tifs, etc. ?

HZ: Si vous travaillez au sein des struc­tures exis­tantes, vous serez corrom­pus. En travaillant au sein d’un système poli­tique qui empoi­sonne l’at­mo­sphère, y compris les orga­ni­sa­tions progres­sistes, comme on peut le consta­ter aujourd’­hui aux USA, où les gens de « gauche » sont tous englués dans la campagne élec­to­rale et sombres dans des argu­men­taires féroces pour savoir si il faut soute­nir le candi­dat de ce tierce parti ou cet autre .C’est un petit exemple qui suggère que, quand vous travaillez au sein de la poli­tique élec­to­ra­liste, vous commen­cez à corrompre vos idéaux.. Par consé­quent, je pense qu’une façon de faire est de ne pas penser en termes de gouver­ne­ment repré­sen­ta­tif , d’élec­tions, de poli­tique élec­to­ra­liste, mais de penser en termes d’or­ga­ni­sa­tion de mouve­ments sociaux, d’or­ga­ni­sa­tion sur les lieux de travail, d’or­ga­ni­sa­tion dans les quar­tiers, au sein de collec­tifs, de manière à être assez forts pour prendre le pouvoir à un moment donné — d’abord deve­nir assez fort pour résis­ter à ce que les auto­ri­tés leur font subir, et ensuite, plus tard, deve­nir assez fort pour réel­le­ment prendre le contrôle des insti­tu­tions.


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ZV: L’anar­chisme est à cet égard fonda­men­ta­le­ment opposé à la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive , car elle est encore une forme de tyran­nie —la tyran­nie de la majo­rité . Les anar­chistes s’op­posent à la notion de majo­rité, objec­tant que les opinions de la majo­rité ne coïn­cident pas toujours avec ce qui est mora­le­ment juste. Thoreau a écrit que nous avions l’obli­ga­tion d’agir selon ce que nous dicte notre conscience, même si cela va à l’en­contre de l’opi­nion de la majo­rité ou des lois de la société. Êtes-vous d’ac­cord avec cela ?

HZ: Abso­lu­ment. Rous­seau a dit: « si je fais partie d’un groupe de 100 personnes, est-ce que 99 personnes ont le droit de me condam­ner à mort, juste parce qu’elles repré­sentent la majo­rité? ». Non, les majo­ri­tés peuvent avoir tort, elles peuvent igno­rer les droits des mino­ri­tés. Si les majo­ri­tés déci­daient, nous connai­trions encore l’es­cla­vage. 80% de la popu­la­tion a réduit en escla­vage 20% de la popu­la­tion. Selon la loi de la majo­rité, cela serait donc accep­table. C’est une notion tota­le­ment erro­née de ce qu’est la démo­cra­tie. La démo­cra­tie doit prendre en compte plusieurs choses — les reven­di­ca­tions mino­ri­taires des gens, pas seule­ment les besoins de la majo­rité, mais aussi ceux de la mino­rité. Elle doit prendre en compte égale­ment le fait que la majo­rité, spécia­le­ment dans des socié­tés où les médias mani­pulent l’opi­nion publique, peut avoir complè­te­ment tort et être malsaine. Alors oui, les gens doivent agir selon leur conscience et non en suivant le vote majo­ri­taire..

ZV: Quand situez-vous les origines histo­riques de l’anar­chisme aux États-Unis ?

HZ: L’un des problèmes concer­nant l’anar­chisme est qu’il existe beau­coup de personnes dont les idées sont anar­chistes mais qui ne se reven­diquent pas néces­sai­re­ment anar­chistes. Le terme a été utilisé d’abord par Proud­hon au milieu du XIXème siècle, mais il exis­tait des idée anar­chistes anté­rieures à Proud­hon, en Europe et aussi aux États-Unis Par exemple, quelques idées de Thomas Paine, qui n’était pas un anar­chiste, qui ne se serait pas quali­fié d’anar­chiste, mais qui se méfiait des gouver­ne­ments. Henry David Thoreau, égale­ment. Il ne connais­sait pas le terme anar­chisme, et il ne l’uti­li­sait pas mais ses idées étaient très proches de l’anar­chisme. Il était très hostile à toute forme de gouver­ne­ment. Si nous recher­chons les origines de l’anar­chisme aux États-Unis, alors Thoreau est proba­ble­ment celui qui appa­raît comme le premier anar­chiste améri­cain.. On ne trouve pas réel­le­ment d’anar­chistes jusqu’a­près la Guerre de Séces­sion, lorsque des anar­chistes euro­péens, notam­ment alle­mands, arri­vèrent aux États-Unis Ils ont ensuite commencé à s’or­ga­ni­ser. La première fois que l’anar­chisme a disposé d’une force orga­ni­sée et a été publique­ment connu aux États-Unis, c’est à Chicago au moment des évène­ments de Haymar­ket.

ZV: Où situez-vous l’ins­pi­ra­tion prin­ci­pale de l’anar­chisme contem­po­rain aux États-Unis ? Consi­dé­rez-vous le Trans­cen­dan­ta­lisme —Henry D. Thoreau, Ralph W. Emer­son, Walt Whit­man, Marga­ret Fuller, etc—­comme une inspi­ra­tion dans cette pers­pec­tive?

HZ: Le Trans­cen­dan­ta­lisme est, je dirais, une forme primi­tive de l’anar­chisme. Les Trans­cen­dan­ta­listes ne se quali­fiaient pas d’anar­chistes mais leurs pensées et leur litté­ra­ture contiennent des idées anar­chistes. De diffé­rentes manières, Herman Melville est un exemple de ces idées anar­chistes. Ils se méfiaient tous de l’au­to­rité. On pour­rait dire que le Trans­cen­dan­ta­lisme a joué un rôle en créant une atmo­sphère de suspi­cion envers l’au­to­rité et le gouver­ne­ment.
Malheu­reu­se­ment, il n’existe aujourd’­hui aucun mouve­ment anar­chiste réel­le­ment orga­nisé aux États-Unis Il existe de beau­coup de groupes et de collec­tifs qui se reven­diquent anar­chistes, mais ils sont petits. Je me souviens que, dans les années 1960, il y avait un collec­tif anar­chiste ici à Boston, avec une quin­zaine de personnes, mais il a disparu. Ensuite, les idées anar­chistes ont pris plus d’im­por­tance en lien avec les mouve­ment des années 1960.

ZV: La plupart de l’éner­gie créa­tive dans les milieux radi­caux provient aujourd’­hui de l’anar­chisme , mais peu de personnes seule­ment, enga­gés dans le mouve­ment, s’en reven­diquent. Comment expliquez-vous cela ? Est-ce que les mili­tants ont honte de s’iden­ti­fier avec une tradi­tion intel­lec­tuelle ou sont-ils plutôt logiques avec la croyance que toute éman­ci­pa­tion demande l’éman­ci­pa­tion par rapport à toutes les étiquettes ?

HZ: Le terme d’anar­chisme est devenu asso­cié avec deux phéno­mènes avec lesquels les vrais anar­chistes ne veulent pas être asso­ciés. L’un est la violence, et l’autre le désordre ou le chaos. La concep­tion popu­laire de l’anar­chisme est d’un côté les atten­tats à la bombe et de l’autre, pas de lois, pas de règle­ments, pas de disci­pline, chacun fait ce qu’il veut, la confu­sion, etc. C’est pourquoi certains répugnent à utili­ser le terme d’anar­chisme. Mais en réalité, les idées de l’anar­chisme font partie des modes de pensée des mouve­ments des années 1960.
Je pense que le meilleur exemple en est le Student Nonviolent Coor­di­na­ting Commit­tee—SNCC dans le mouve­ment pour les droits civiques. Le SNCC, sans rien connaître de l’anar­chisme comme philo­so­phie, en incar­nait les carac­té­ris­tiques. Il était décen­tra­lisé. D’autres orga­ni­sa­tions pour les droits civiques, comme la Southern Chris­tian Leader­ship Confe­rence, étaient centra­li­sées avec un diri­geant —Mar­tin Luther King. La Natio­nal Asso­cia­tion for the Advan­ce­ment of Colo­red People (NAACP) était basée à New York, et avait aussi un genre d’or­ga­ni­sa­tion centra­li­sée. Le SNCC, quant à lui, était tota­le­ment décen­tra­lisé. Il avait ce qu’ils appe­laient des secré­taires de terrain [field secre­ta­ries], qui travaillaient dans des petites villes partout dans le Sud, avec une grande auto­no­mie. Il avait un siège à Atlanta, en Géor­gie, mais ce siège n’avait pas une forte auto­rité centrale. Les personnes qui travaillaient sur le terrain—en Alabama, en Géor­gie, en Loui­siane et dans le Missis­sip­pi—­tra­vaillaient prin­ci­pa­le­ment de façon auto­nome. Ils travaillaient avec les gens du cru, de la base. Et donc il n’y avait pas de diri­geants au SNCC, ainsi qu’une grande méfiance envers le gouver­ne­ment.
Ils ne pouvaient pas comp­ter sur le gouver­ne­ment pour les aider, les soute­nir, même si le gouver­ne­ment de l’époque, au début des années 1960, était consi­déré comme étant progres­siste, libé­ral. John F. Kennedy parti­cu­liè­re­ment. Mais ils ont observé John F. Kennedy, ils ont vu comment il se compor­tait. John F. Kennedy ne soute­nait pas le mouve­ment dans le Sud pour l’éga­lité des droits des afro-améri­cains. Il nommait des juges favo­rables à la ségré­ga­tion dans le Sud, il lais­sait les ségré­ga­tion­nistes faire ce qu’ils voulaient. Donc le SNCC était décen­tra­lisé, sans diri­geant , anti-gouver­ne­ment, mais il n’avait pas une vision de la société future comme les anar­chistes. Il ne pensait pas à long terme, ne se deman­dait pas quelle société construire dans l’ave­nir. Il était seule­ment concen­tré sur le problème immé­diat de la ségré­ga­tion raciale. Mais leur atti­tude, leur façon de travailler s’ins­cri­vaient, peut-on dire, dans la lignée anar­chiste.


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ZV: Pensez-vous que l’uti­li­sa­tion péjo­ra­tive du terme anar­chisme est la consé­quence directe du fait que l’idée que les gens pour­raient être libres a effrayé et effraie ceux au pouvoir ?

HZ: Sans aucun doute! Il ne fait aucun doute que les idées anar­chistes effraient ceux qui sont au pouvoir. Ils ne peuvent pas tolé­rer les idées liber­taires. Ils peuvent tolé­rer les idées qui en appellent aux réformes mais ils ne peuvent tolé­rer l’idée qu’il n’y ait pas d’état, pas d’au­to­rité centrale. Il est donc vital pour eux de ridi­cu­li­ser l’idée d’anar­chisme, de propa­ger l’idée selon laquelle l’anar­chisme est syno­nyme de violence et de chaos. Cela leur est utile, oui.

ZV: En sciences poli­tiques, il est possible d’iden­ti­fier analy­tique­ment deux prin­ci­pales concep­tions de l’ anar­chisme —l’une dénom­mée anar­chisme collec­ti­viste limi­tée à l’Eu­rope et un anar­chisme indi­vi­dua­liste limité aux USA. Êtes -vous d’ac­cord avec cette distinc­tion ?

HZ: Selon moi, il s’agit d’une sépa­ra­tion arti­fi­cielle. Comme c’est si souvent le cas , les analystes se faci­litent les choses, comme créer des caté­go­ries et clas­ser les mouve­ments en caté­go­ries, mais je ne pense pas que l’on puisse procé­der ainsi. Ici aux États-Unis, il y a bien sûr des gens qui croient à l’anar­chisme indi­vi­dua­liste, mais il y a eu aussi des anar­chistes orga­ni­sés à Chicago dans les années 1880 ou au SNCC. Je pense que dans les deux cas, en Europe et aux États-Unis, on peut trou­ver les deux concep­tions, sauf que, en Europe peut-être, l’idée d’anar­cho-syndi­ca­lisme est deve­nue plus forte qu’aux USA. Aux États-Unis vous avez l’In­dus­trial Workers of the World (IWW) qui est une orga­ni­sa­tion anar­cho-syndi­ca­liste et qui n’est sûre­ment pas en phase avec le courant de l’anar­chisme indi­vi­dua­liste.

ZV: Quelle est votre opinion au sujet du « dilemme » sur les moyens—­ré­vo­lu­tion contre évolu­tion sociale et cultu­relle?

HZ: Je pense qu’il y a plusieurs ques­tions ici. L’une d’entre elles est la ques­tion de la violence, et je pense que sur ce sujet, les anar­chistes n’ont pas été d’ac­cord. Ici, aux États-Unis, il y a diver­gence et cette diffé­rence, nous la retrou­vons au sein d’une seule et même personne. Emma Gold­man, qui, pour­rait-on dire, a mis l’anar­chisme au premier plan aux USA dans les année 1960, après sa mort, et qui est devenu subi­te­ment un person­nage impor­tant. Mais Emma Gold­man s’était pronon­cée en faveur de l’as­sas­si­nat de Henry Clay Frick,puis a décidé ensuite que cela n’était pas la bonne manière de procé­der. Son ami et cama­rade, Alexan­der Berk­man, lui, n’a pas tota­le­ment aban­donné l’idée de violence. D’un autre côté, vous avez des gens qui étaient anar­chistes d’une certaine façon, comme Tolstoï et Gandhi, qui croyaient en la non-violence.
Il existe une carac­té­ris­tique fonda­men­tale de l’anar­chisme sur la ques­tion des moyens et ce prin­cipe central est l’ac­tion direc­te—de ne pas entrer dans les moules que vous offrent la société, celui d’un gouver­ne­ment repré­sen­ta­tif, des élec­tions, de la légis­la­tion, mais de prendre direc­te­ment le pouvoir. Dans le cas de syndi­cats, d’anar­cho-syndi­ca­lisme, cela signi­fie que les ouvriers se mettent en grève, et plus que cela, qu’ils mettent la main sur les usines dans lesquelles ils travaillent et les dirigent. Qu’est-ce que l’ action directe? Dans le Sud, lorsque les afro-améri­cains se furent orga­ni­sés contre la ségré­ga­tion raciale, ils n’ont pas atten­dus que le gouver­ne­ment leur donne le signal, ou ne se sont pas conten­tés d’in­ten­ter des procès, ou n’ont pas attendu que le Congrès vote des lois. Ils ont pratiqué l’ac­tion directe; ils se sont rendus dans des restau­rants, où ils se sont assis et n’ont pas bougé. Ils sont montés dans des bus et ont mis en pratique la situa­tion qu’ils voulaient voir exis­ter.
Bien sûr, la grève est toujours une forme d’ac­tion directe. Dans le cadre d’une grève aussi, vous ne deman­dez pas au gouver­ne­ment de vous donner satis­fac­tion en votant une loi, vous entre­pre­nez une action directe contre l’em­ployeur. L’idée d’ac­tion directe contre la situa­tion que vous voulez chan­ger est une sorte de déno­mi­na­teur commun pour les idéaux et les mouve­ments anar­chistes . Je pense que l’un des prin­cipes le plus impor­tant de l’anar­chisme est qu’il est impos­sible de sépa­rer la fin des moyens. Cela veut dire que si votre objec­tif est une société égali­taire, vous devez utili­ser des moyens égali­taires, si c’est une société non-violente sans guerre, vous ne pouvez pas utili­ser la guerre comme moyen. Je pense que l’anar­chisme demande une cohé­rence entre la fin et les moyens. Je pense que c’est une carac­té­ris­tique propre à l’anar­chisme.

ZV: Un jour, quelqu’un a demandé à Noam Chom­sky quelle était sa vision précise d’une société anar­chiste et son plan pour y parve­nir. Il a répondu que “nous ne pouvons pas prévoir les problèmes qui se pose­ront avant que de les avoir rencon­trés”. Pensez-vous aussi que trop d’in­tel­lec­tuels gaspillent leur éner­gie dans des disputes théo­riques au sujet des moyens et des fins néces­saires, sans même commen­cer à “expé­ri­men­ter” une pratique?

HZ: Je pense que cela vaut la peine de présen­ter des idées, comme Michael Albert l’a fait avec son « Pare­con », par exemple, même si vous gardez une flexi­bi­lité. Nous ne pouvons pas créer un modèle pour une société future main­te­nant, mais je pense qu’il est souhai­table d’y penser. Je pense qu’il est bon d’avoir un objec­tif à l’es­prit. C’est construc­tif, utile, c’est sain de penser à quoi cette société pour­rait ressem­bler, parce que cela vous guide un peu dans ce que vous faites aujourd’­hui, mais seule­ment si ces discus­sions au sujet de la société future ne deviennent pas des obstacles pour travailler à l’éla­bo­ra­tion de celle-ci . Sinon, vous pouvez passer tout votre temps à débattre d’une possi­bi­lité utopique contre une autre possi­bi­lité utopique, et pendant ce temps, vous n’agis­sez pas dans le concret.

ZV: Dans votre « A People’s History of the United States » vous montrez que notre liberté, nos droits, notre qualité de vie, etc., ne nous ont jamais été donné par la mino­rité riche et influente mais qu’ils ont toujours été gagnés de haute lutte par les gens ordi­nai­res—­par la déso­béis­sance civile. Quel serait, à cet égard, nos prochains pas vers un monde diffé­rent, meilleur?

HZ: Je pense que le premier pas est de nous orga­ni­ser et de protes­ter contre l’ordre exis­tant—­contre la guerre, contre l’ex­ploi­ta­tion écono­mique et sexuelle, contre le racisme, etc. Mais nous orga­ni­ser de façon à ce que nos fins corres­pondent aux moyens, de façon à créer le type de rela­tions humaines qui exis­te­raient dans la société future. Cela signi­fie s’or­ga­ni­ser sans auto­rité centrale, sans leader charis­ma­tique,de façon à repro­duire en minia­ture l’idéal de la future société égali­taire. Ainsi, même si vous n’ob­te­nez pas quelque victoire demain ou l’an­née suivante, vous avez au moins créé un modèle pendant ce temps. Vous avez mis en pratique comment pour­rait être la société future et vous avez créé une satis­fac­tion immé­diate, même si vous n’avez pas atteint votre but ultime.

ZV: Quelle est votre opinion sur les diffé­rentes tenta­tives pour prou­ver scien­ti­fique­ment l’hy­po­thèse onto­lo­gique de Bakou­nine selon laquelle les êtres humains ont un “instinct de liberté”, donc non seule­ment une volonté mais un besoin biolo­gique ?

HZ: Je crois vrai­ment en cette idée mais je pense qu’elle ne pourra jamais être prou­vée biolo­gique­ment. Il faudrait trou­ver un gêne de la liberté ? Non. Je pense qu’un autre chemin possible est de passer par l’his­toire du compor­te­ment humain. Elle montre ce désir de liberté; chaque fois que des peuples ont vécu sous la tyran­nie, ils se sont révol­tés contre.


Source: http://howard­zinn.org/rebels-against-tyranny/

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  1. nous sommes les cobayes des lobbys que soutiennent certains, ils sont conscients de ce qu’ils font, ils le créent, ce sont des démagogues… ils dispersent, déstabilisent pour arriver à leurs fins, ………… LA RAISON DES MAUX DE L’HUMANITÉ
    Lorsque les lois sont bafouées, lorsque le système éducatif met en position d’échec les enfants, lorsque le système politique est corrompu, (médical, juridique…………) lorsque la religion fait des différences, alors que nous sommes tous frères…. lorsque aux enfants, à qui on demande toute leur enfance d’être sages.. devenus adultes se rendent compte du monde…. corruption, Sodome et Gomorrhe…. guerres………………………….. Les jeunes perdent foi, le peuple perd foi…………………………………………………………………………… Je suis pour :
    -l’harmonie inconditionnelle, le partage inconditionnel, le respect inconditionnel, la liberté d’expression (dont l’écoute de la parole, le débat, le dialogue) inconditionnelle, l’amour fraternel inconditionnel-
    de l’humanité toute entière inconditionnellement !
    pour la raison que nous sommes tous frères, unissons nous ! Prenons conscience que nous avons une conscience, combattons pour la paix, par la paix….. l’évolution spirituelle, l’ultime clé…. Tout, n’est que relation de cause à effet, effet à cause… Exemple et leçon… La violence engendre la violence, l’amour fraternel inconditionnel entre tous engendrera l’amour.. Il n’y a pas d’échappatoire…. l’universel a des lois…. Tout est lié…… les mathématiques sont un langage spirituel, la physique, la chimie…. Tout n’est que langage spirituel… L’homme par prétexte exalte ses pulsions qui traduisent ses états de conscience………… avidité, haine, jalousie………………..Le chaos engendre le chaos… lorsque enfin les politiciens prendront en compte les avis des scientifiques… La terre meurt, l’eau meurt l’air meurt la faune et la flore meurent……………. Il est temps de s’unir pour nous, et notre maison la terre. Parce que nous sommes tous frères. Dieu a envoyé des prophètes pour dicter ses lois, non pas pour que les lobbys de l’époque servent des intérêts et en fasse des religions, mais pour qu’elles se complètent et parce qu’il a trouvé utile de transmettre son message plusieurs fois…. Dieu a dicté une parole, non une religion.. l’homme se croit au dessus des lois de l’éternel…………Nous sommes tous égaux devant dieu, égaux pour ouvrir nos individuelles consciences, et évoluer spirituellement…………., chemin de paix de l’âme, de l’esprit……………………
    Chemin de la connaissance………….Voici, le chemin à prendre, pour qu’enfin la paix règne, suivez le sans compter le temps….Sans ne jamais vous retourner, regardez vous, chaque jour faire ces efforts, chemin long et ô combien difficile à mettre en pratique en évitant imperturbablement et inconditionnellement les épreuves que la vie vous réserves………Tout n’est que dimensions, liées chacune d’elle à un espace temps……………………….

    Alors la paix viendra
    Ellenah ……………………………….