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La pornographie c'est ce à quoi ressemble la fin du monde (Chris Hedges)
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chris_hedgesArticle origi­nal publié en anglais sur le site de truth­dig.com, le 15 février 2015.
Chris­to­pher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johns­bury, au Vermont) est un jour­na­liste et auteur améri­cain. Réci­pien­daire d’un prix Pulit­zer, Chris Hedges fut corres­pon­dant de guerre pour le New York Times pendant 15 ans. Reconnu pour ses articles d’ana­lyse sociale et poli­tique de la situa­tion améri­caine, ses écrits paraissent main­te­nant dans la presse indé­pen­dante, dont Harper’s, The New York Review of Books, Mother Jones et The Nation. Il a égale­ment ensei­gné aux univer­si­tés Colum­bia et Prin­ce­ton. Il est édito­ria­liste du lundi pour le site Truth­dig.com.


BOSTON— « Cinquante nuances de Grey », le livre comme le film, est une glori­fi­ca­tion du sadisme qui domine quasi­ment tous les aspects de la culture améri­caine et qui repose au coeur de la porno­gra­phie et du capi­ta­lisme mondial. Il célèbre la déshu­ma­ni­sa­tion des femmes. Il se fait le cham­pion d’un monde dépourvu de compas­sion, d’em­pa­thie et d’amour. Il érotise le pouvoir hyper­mas­cu­lin à l’ori­gine de l’abus, de la dégra­da­tion, de l’hu­mi­lia­tion et de la torture des femmes dont les person­na­li­tés ont été suppri­mées, dont le seul désir est de s’avi­lir au service de la luxure mâle. Le film, tout comme « Ameri­can Sniper », accepte incon­di­tion­nel­le­ment un monde préda­teur où le faible et le vulné­rable sont les objets de l’ex­ploi­ta­tion tandis que les puis­sants sont des demi-dieu violents et narcis­siques. Il bénit l’en­fer capi­ta­liste comme natu­rel et bon.

« La porno­gra­phie », écrit Robert Jensen, « c’est ce à quoi ressemble la fin du monde. »

Nous sommes aveu­glés par un fantasme auto-destruc­teur. Un éven­tail de diver­tis­se­ments et de spec­tacles, avec les émis­sions de télé « réalité », les grands évène­ments spor­tifs, les médias sociaux, le porno (qui engrange au moins le double de ce que génèrent les films holly­woo­diens), les produits de luxe atti­rants, les drogues, l’al­cool et ce Jésus magique, nous offre des issues de secours — échap­pa­toires à la réalité — sédui­santes. Nous rêvons d’être riches, puis­sants et célèbres. Et ceux que l’on doit écra­ser afin de construire nos pathé­tiques petits empires sont consi­dé­rés comme méri­tants leurs sorts. Que la quasi-tota­lité d’entre nous n’at­teindra jamais ces ambi­tions est emblé­ma­tique de notre auto-illu­sion­ne­ment collec­tif et de l’ef­fi­ca­cité de cette culture submer­gée par mani­pu­la­tions et mensonges.

Le porno cherche à éroti­ser le sadisme. Dans le porno les femmes sont payées pour répé­ter les mantras « Je suis une chatte. Je suis une salope. Je suis une pute. Je suis une putain. Baise moi violem­ment avec ta grosse bite. » Elles demandent à être physique­ment abusées. Le porno répond au besoin de stéréo­types racistes dégra­dants. Les hommes noirs sont des bêtes sexuelles puis­santes harce­lant les femmes blanches. Les femmes noires ont une soif de luxure brute, primi­tive. Les femmes lati­nos sont sensuelles et ont le sang chaud. Les femmes asia­tiques sont des geishas dociles, sexuel­le­ment soumises. Dans le porno, les imper­fec­tions humaines n’existent pas. Les poitrines sili­co­nées déme­su­rées, les lèvres pulpeuses gonflées de gel, les corps sculp­tés par des chirur­giens plas­tiques, les érec­tions médi­ca­le­ment assis­tées qui ne cessent jamais et les régions pubiennes rasées — qui corres­pondent à la pédo­phi­lie du porno — trans­forment les exécu­tants en morceaux de plas­tique. L’odeur, la trans­pi­ra­tion, l’ha­leine, les batte­ments du cœur et le toucher sont effa­cés tout comme la tendresse. Les femmes dans le porno sont des marchan­dises condi­tion­nées. Elles sont des poupées de plai­sir et des marion­nettes sexuelles. Elles sont dénuées de leurs véri­tables émotions. Le porno n’a rien à voir avec le sexe, si on défi­nit le sexe comme un acte mutuel entre deux parte­naires, mais relève de la mastur­ba­tion, une auto-exci­ta­tion soli­taire et privée d’in­ti­mité et d’amour. Le culte du moi — qui est l’es­sence du porno — est au cœur de la culture corpo­ra­tiste. Le porno, comme le capi­ta­lisme mondial, c’est là où les êtres humains sont envoyés pour mourir.

Il y a quelques personnes à gauche qui saisissent l’im­mense danger de permettre à la porno­gra­phie de rempla­cer l’in­ti­mité, le sexe et l’amour. La majo­rité de la gauche pense que la porno­gra­phie relève de la liberté d’ex­pres­sion, comme s’il était inac­cep­table d’ex­ploi­ter finan­ciè­re­ment et d’abu­ser physique­ment une femme dans une usine en Chine mais que le faire sur un lieu de tour­nage d’un film porno était accep­table, comme si la torture à Abu Ghraib — où des prison­niers furent humi­liés sexuel­le­ment et abusés comme s’ils étaient dans un tour­nage porno — était into­lé­rable, mais tolé­rable sur des sites de porno­gra­phies commer­ciaux.

Une nouvelle vague de fémi­nistes, qui ont trahi l’ou­vrage emblé­ma­tique de radi­cales comme Andrea Dwor­kin, soutiennent que le porno est une forme de libé­ra­tion sexuelle et d’au­to­no­mi­sa­tion. Ces « fémi­nistes », qui se basent sur Michel Foucault et Judith Butler, sont les produits attar­dés du néoli­bé­ra­lisme et du post­mo­der­nisme. Le fémi­nisme, pour eux, ne relève plus de la libé­ra­tion de la femme oppri­mée; il se défi­nit par une poignée de femmes qui ont du succès, sont riches et puis­santes — où, comme c’est le cas dans « cinquante nuances de grey », capables d’ac­cro­cher un homme puis­sant et riche. C’est une femme qui a écrit le livre « Cinquante nuances », ainsi que le scéna­rio du film. Une femme a réalisé le film. Une femme diri­geante d’un studio a acheté le film. Cette collu­sion des femmes fait partie de l’in­ter­na­li­sa­tion de l’op­pres­sion et de la violence sexuelle, qui s’ancre dans le porno. Dwor­kin l’avait compris. Elle avait écrit que « la nouvelle porno­gra­phie est un vaste cime­tière où la Gauche est allée mourir. La Gauche ne peut avoir ses pros­ti­tuées et leurs poli­tiques. »

J’ai rencon­tré Gail Dines, l’une des radi­cales les plus préémi­nentes du pays, dans un petit café à Boston mardi. Elle est l’au­teur de « Porn­land: Comment le porno a détourné notre sexua­lité » (“Porn­land: How Porn Has Hija­cked Our Sexua­lity”) et est profes­seure de socio­lo­gie et d’études fémi­nines à l’uni­ver­sité de Whee­lock. Dines, ainsi qu’une poignée d’autres, dont Jensen, dénoncent coura­geu­se­ment une culture aussi dépra­vée que la Rome de Cali­gula.

« L’in­dus­trie du porno a détourné la sexua­lité d’une culture toute entière, et dévaste toute une géné­ra­tion de garçons », nous aver­tit elle. « Et quand vous rava­gez une géné­ra­tion de garçons, vous rava­gez une géné­ra­tion de filles. »

« Quand vous combat­tez le porno vous combat­tez le capi­ta­lisme mondial », dit-elle. « Les capi­taux-risqueurs, les banques, les compa­gnies de carte de crédit sont tous partie inté­grante de cette chaine alimen­taire. C’est pourquoi vous ne voyez jamais d’his­toires anti-porno. Les médias sont impliqués. Ils sont finan­ciè­re­ment mêlés à ces compa­gnies. Le porno fait partie de tout ceci. Le porno nous dit que nous n’avons plus rien d’hu­mains — limite, inté­grité, désir, créa­ti­vité et authen­ti­cité. Les femmes sont réduites à trois orifices et deux mains. Le porno est niché dans la destruc­tion corpo­ra­tiste de l’in­ti­mité et de l’in­ter­dé­pen­dance, et cela inclut la dépen­dance à la Terre. Si nous étions une société d’être humains entiers et connec­tés en véri­tables commu­nau­tés, nous ne suppor­te­rions pas de regar­der du porno. Nous ne suppor­te­rions pas de regar­der un autre être humain se faire tortu­rer. »

« Si vous comp­tez accu­mu­ler la vaste majo­rité des biens dans une petite poignée de mains, vous devez être sûr d’avoir un bon système idéo­lo­gique en place qui légi­ti­mise la souf­france écono­mique des autres », dit elle. « Et c’est ce que fait le porno. Le porno vous dit que l’iné­ga­lité maté­rielle entre femmes et hommes n’est pas le résul­tat d’un système écono­mique. Que cela relève de la biolo­gie. Et les femmes, n’étant que des putes et des salopes bonnes au sexe, ne méritent pas l’éga­lité complète. Le porno c’est le porte-voix idéo­lo­gique qui légi­ti­mise notre système maté­riel d’iné­ga­li­tés. Le porno est au patriar­cat ce que les médias sont au capi­ta­lisme. »

Pour garder exci­tés les légions de mâles faci­le­ment ennuyés, les réali­sa­teurs de porno produisent des vidéos qui sont de plus en plus violentes et avilis­santes. « Extreme Asso­ciates », qui se spécia­lise dans les scènes réalistes de viols, ainsi que JM Produc­tions, mettent en avant les souf­frances bien réelles endu­rées par les femmes sur leurs plateaux. JM Produc­tions est un pion­nier des vidéos de « baise orale agres­sive » ou de « baise faciale » comme les séries « étouf­fe­ments en série », dans lesquelles les femmes s’étouffent et vomissent souvent. Cela s’ac­com­pagne de « tour­noie­ments », dans lesquels le mâle enfonce la tête de la femme dans les toilettes puis tire la chasse, après le sexe. La compa­gnie promet, « toutes les putes subissent le trai­te­ment tour­noyant. Baise la, puis tire la chasse ». Des péné­tra­tions anales répé­tées et violentes entrainent des prolap­sus anaux, une patho­lo­gie qui fait s’ef­fon­drer les parois internes du rectum de la femme et dépassent de son anus. Cela s’ap­pelle le « rose­bud­ding ». Certaines femmes, péné­trées à de multiples reprises par nombre d’hommes lors de tour­nages pornos, bien souvent après avoir avalé des poignées d’anal­gé­siques, ont besoin de chirur­gie recons­truc­trices anales et vagi­nales. Les femmes peuvent être affec­tées par des mala­dies sexuel­le­ment trans­mis­sibles et des troubles de stress post-trau­ma­tique (TSPT). Et avec la démo­cra­ti­sa­tion du porno — certains parti­ci­pants à des vidéos porno­gra­phiques sont trai­tés comme des célé­bri­tés dans des émis­sions comme celles d’Oprah et d’Ho­ward Stern — le compor­te­ment promu par le porno, dont le strip-tease, la promis­cuité, le sado­ma­so­chisme et l’ex­hi­bi­tion, deviennent chic. Le porno défi­nit aussi les stan­dards de beauté et de compor­te­ments de la femme. Et cela a des consé­quences terribles pour les filles.

« On dit aux femmes qu’elles ont deux choix dans notre société », me dit Gail Dines. « Elles sont soit baisables soit invi­sibles. Être baisable signi­fie se confor­mer à la culture du porno, avoir l’air sexy, être soumise et faire ce que veut l’homme. C’est la seule façon d’être visible. Vous ne pouvez pas deman­der aux filles adoles­centes, qui aspirent plus que tout à se faire remarquer, de choi­sir l’in­vi­si­bi­lité. »

Rien de tout ça, souligne Dines, n’est un acci­dent. Le porno a émergé de la culture de la marchan­dise, du besoin de vendre des produits qu’ont les capi­ta­listes corpo­ra­tistes.

« Dans l’Amé­rique d’après la seconde guerre mondiale, vous avez l’émer­gence d’une classe moyenne avec un revenu dispo­nible », explique-t-elle. « Le seul problème c’est que ce groupe est né de parents qui ont connu la dépres­sion et la guerre. Ils ne savaient pas comment dépen­ser. Ils ne savaient qu’é­co­no­mi­ser. Ce dont [les capi­ta­listes] avaient besoin pour faire démar­rer l’éco­no­mie c’était de gens prêts à dépen­ser leur argent pour des choses dont ils n’avaient pas besoin. Pour les femmes ils ont créé les séries télé­vi­sées. Une des raisons pour lesquelles les maisons style-ranch furent déve­lop­pées, c’était parce que [les familles] n’avaient qu’une seule télé­vi­sion. La télé­vi­sion était dans le salon et les femmes passaient beau­coup de temps dans la cuisine. Il fallait donc divi­ser la maison de façon à ce qu’elles puissent regar­der la télé­vi­sion depuis la cuisine. Afin qu’elle puisse être éduquée ». [Via la télé­vi­sion]

« Mais qui appre­nait aux hommes à dépen­ser leur argent? » conti­nue-t-elle. « Ce fut Play­boy [Maga­zine]. Ce fut le génie de Hugh Hefner. Il comprit qu’il ne suffi­sait pas de marchan­di­ser la sexua­lité, mais qu’il fallait sexua­li­ser les marchan­dises. Les promesses de Play­boy n’étaient pas les filles où les femmes, c’était que si vous ache­tez autant, si vous consom­mez au niveau promu par Play­boy, alors vous obte­nez la récom­pense, qui sont les femmes. L’étape cruciale à l’ob­ten­tion de la récom­pense était la consom­ma­tion de marchan­dises. Il a incor­poré le porno, qui sexua­li­sait et marchan­di­sait le corps des femmes, dans le manteau de la classe moyenne. Il lui a donné un vernis de respec­ta­bi­lité. »

Le VCR, le DVD, et plus tard, Inter­net ont permis au porno de s’im­mis­cer au sein des foyers. Les images sati­nées de Play­boy, Penthouse et Hust­ler devinrent fades, voire pitto­resques. L’Amé­rique, et la majeure partie du reste du monde, se porni­fia. Les reve­nus de l’in­dus­trie du mondiale du porno sont esti­més à 96 milliards de $, le marché des USA comp­tant pour envi­ron 13 milliards. Il y a, écrit Dines, « 420 millions de pages porno sur inter­net, 4.2 millions de sites Web porno, et 68 millions de requêtes porno dans les moteurs de recherches chaque jour. »

Paral­lè­le­ment à la crois­sance de la porno­gra­phie, il y a eu explo­sion des violences liées au sexe, y compris des abus domes­tiques, des viols et des viols en réunion. Un viol est signalé toutes les 6.2 minutes aux USA, mais le total estimé, qui prend en compte les assauts non-rappor­tés, est peut-être 5 fois plus élevé, comme le souligne Rebecca Solnit dans son livre « Les hommes m’ex­pliquent des choses ».

« Il y a telle­ment d’hommes qui assas­sinent leurs parte­naires et anciennes parte­naires, nous avons bien plus de 1000 homi­cides de ce type chaque année — ce qui signi­fie que tous les trois ans le nombre total de morts est la première cause d’ho­mi­cides rele­vés par la police, bien que personne ne déclare la guerre contre cette forme parti­cu­lière de terreur », écrit Solnit.

Pendant ce temps-là, le porno est de plus en plus acces­sible.

« Avec un télé­phone mobile vous pouvez four­nir du porno aux hommes qui vivent dans les zones densé­ment peuplées du Brésil et de l’Inde », explique Dines. « Si vous avez un seul ordi­na­teur portable dans la famille, l’homme ne peut pas s’as­soir au milieu du salon et se mastur­ber. Avec un télé­phone, le porno devient portable. L’en­fant moyen regarde son porno sur son télé­phone mobile ».

L’an­cienne indus­trie du porno, qui engran­geait de l’argent grâce aux films, est morte. Les éléments de la produc­tion ne génèrent plus de profits. Les distri­bu­teurs de porno engrangent la monnaie. Et un distri­bu­teur, MindGeek, une compa­gnie mondiale d’in­for­ma­tique, domine la distri­bu­tion du porno. Le porno gratuit est utilisé sur inter­net comme appât par MindGeek pour atti­rer les spec­ta­teurs vers des sites de pay-per-view (paye pour voir). La plupart des utili­sa­teurs de ces sites sont des adoles­cents. C’est comme, explique Dines, « distri­buer des ciga­rettes à la sortie du collège. Vous les rendez accrocs. »

« Autour des âges de 12 à 15 ans vous déve­lop­pez vos modèles sexuels », explique-t-elle. « Vous attra­pez [les garçons] quand ils construisent leurs iden­ti­tés sexuelles. Vous les marquez à vie. Si vous commen­cez par vous mastur­ber devant du porno cruel et violent, alors vous n’al­lez pas recher­cher inti­mité et connec­ti­vité. Les études montrent que les garçons perdent de l’in­té­rêt pour le sexe avec de véri­tables femmes. Ils ne peuvent main­te­nir des érec­tions avec des vraies femmes. Dans le porno il n’y a pas de « faire l’amour ». Il s’agit de « faire la haine ». Il la méprise. Elle le dégoute et le révolte. Si vous ampu­tez l’amour vous devez utili­ser quelque chose pour remplir le trou afin de garder le tout inté­res­sant. Ils remplissent ça par la violence, la dégra­da­tion, la cruauté et la haine. Et ça aussi ça finit par être ennuyeux. Il faut sans cesse suren­ché­rir. Les hommes jouissent du porno lorsque les femmes sont soumises. Qui est plus soumis que les enfants? La voie du porno mène inévi­ta­ble­ment au porno infan­tile. Et c’est pourquoi des orga­ni­sa­tions qui combattent le porno infan­tile sans combattre le porno adulte font une grave erreur. »

L’abus inhé­rent à la porno­gra­phie n’est pas remis en ques­tion par la majo­rité des hommes et des femmes. Regar­dez les entrées du film « cinquante nuances de grey », qui est sorti la veille de la saint valen­tin et qui prévoit d’en­gran­ger plus de 90 millions de $ sur ce week-end de quatre jours (avec la jour­née du président de ce lundi).

« La porno­gra­phie a socia­lisé une géné­ra­tion d’hommes au vision­nage de tortures sexuel­les’, explique Dines. Vous n’êtes pas né avec cette capa­cité. Vous devez être condi­tionné pour cela. Tout comme vous condi­tion­nez des soldats afin qu’ils tuent. Si vous voulez être violent envers un groupe, vous devez d’abord le déshu­ma­ni­ser. C’est une vieille méthode. Les juifs deviennent des youpins. Les noirs des nègres. Les femmes des salopes. Et personne ne change les femmes en salope mieux que le porno. »

Chris Hedges


conditionnement féminisme patriarcat

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  1. C’est son opinion, dommage que la personne qui a écrit l’article voit le monde qu’en deux lumières…

    Noir et Blanc. Pas étonnant que les 50 nuances de  » GRIS  » lui échappe. Cinquante Nuances de Grey, n’est pas un film/ livre porno, il est dérangeant par endroits, mais il n’est pas porno. C’est avant tout une histoire entre une femme perdue et un homme brisé qui tout deux vont essayer avec un brin d’espoir de se concorder ensemble ( négatif ) pour en faire ressortir quelque chose de mieux ( positif )… Les histoires sont que le reflet de NOS propres failles, de nos propres blessures…

    Elles servent au contraire à montrer que l’humain n’est pas que tout noir où tout blanc, il a une palette de couleur et qu’il est possible de garder espoir et de toujours s’améliorer car oui tout est possible dans la vie, certains récits incroyable sur le genre humain le démontre bien et c’est ce que cette saga consciemment où inconsciemment a mis en lumière ( au delà de l’aspect érotique qui lui plaît où pas peu importe )

    M’enfin ne confondons pas Porno où ce qui est mis en avant est juste LA dégradation primaire, primitive entre une femme et un homme et des films  » dérangeants  » parce qu’ils ne sont pas uniquement tout blanc… Il y’a beaucoup de drames humains qui apportent de belle leçon au final d’empathie et de compréhension à nous de voir ces subtilité plutôt que de s’arrêter à son bout du nez…

    Si Cinquante Nuances de Grey était de la dégradation pure, sans aucun message derrière de positif, juste de l’abus de l’animalité, des choses dégueulasses, je ne l’aurais pas aimé.

    1. Bonjour Alexandra, laisse moi te dire que cet article est un constat et ce constat si tu veux le saisir dans toute sa globalité il te faut comprendre et ressentir le concept de la grenouille, plongé dans un récipient d’eau froide que l’on soumet petit à petit au feu. C’est à dire que l’eau se chauffe doucement mais surement et sans que la grenouille ne puisse s’en rendre compte puisque l’eau ne change pas brutalement de température. Donc sur une certaine durée la grenouille va finir par brûler si elle ne prends pas conscience de la supercherie dans laquelle elle se trouve ! Bien maintenant plaçons l’homme dans une pièce (cinema, salon de Tv…), une pièce semblable à un bocal ou est diffuser film, émission… retraçons sur une durée précise l’histoire du cinema, des médias dans toute leur forme et la soi disante évolution culturelle de l’homme depuis les debuts ( depuis 100 ans on va dire ^^) Essaye de voir avec toute ta sensibilité et faire jouer sa sensibilité c’est ce dont on a besoin pour ressentir ce qui est entrain de se passer actuellement, les medias ne font qu’empirer l’image de l’homme et de la femme au fur et à mesure des décennies, toujours plus obscènes, plus vulgaires, plus osés, plus violent, plus insultant, sans cesse ils augementent la température et cela à commencer tranquillement avec des films au debut du siècle on va dire tres soft par rapport à ce qu’on nous sert aujourd’hui ! Prends le bocal mets y de l’eau brûlante et plonges y une grenouille automatiquement la grenouille va faire un bond pour sortir et survivre, maintenant imagine toi dans les années 20 avec l’esprit et la température du moment en projetant au cinema sans que personne, je dis bien personne ne soient préparer à la projection de cinquante nuance de Grey ou un american pie enfin bref que va t’il se passer concrètement dans la salle ?

  2. Vous avez tellement raison! J’ai lu le tome 1 du livre « nuances de Grey » et je n’ai même pas eu envie de lire le 2e. Tout ce que je pensais c’était : « espèce de folle, tu ne peux même pas voir vers quoi tu te diriges »! J’avais un conjoint accroc du porno depuis son adolescence et j’ai été très malheureuse de l’avoir épousé. Je sentais très bien que lorsque nous avions un rapport physique et qu’il fermait les yeux ce n’est pas moi qu’il voyait.

  3. On peut regarder que cet aspect des choses, penser que l’homme est devenu un vrai pervers, que le capitalisme est le porno sont liés, pourquoi pas…
    Ou alors on peut voir l’autre coté et voir que nous ne mourrons plus d’une simple rage de dent, que jamais l’homme n’a eu autant de moyens pour rendre l’humanité belle et humaine…
    L’amour existe aussi dans notre monde et beaucoup le vive et en parle, peut-être bien plus qui se comportent comme des animaux.
    Alors peut-être qu’il serait temps d’arrêter de cracher sur notre monde et comprendre que maudire l’ombre ne vaut rien et qu’il est préférable d’allumer une lumière.

    1. Tu sais, entre les deux options que tu donne (l’homme crade et le pornocapitalisme / Vie plus longue et moyen énormes de l’homme), les deux peuvent très bien coexister (et je pense que c’est le cas). Ce n’est pas que de cracher sur le monde que d’avoir un constat clair et précis, c’est du réalisme .. ! Bien sur que l’amour existe, mais pour mieux vivre l’amour, il est important de comprendre ce qui sème la discorde entre humains et comment cela se fait t-il.. Ce n’est pas que de maudire l’ombre que de la reconnaître a juste valeur, et ca n’empeche pas d’allumer une lumière.. 😉

  4. je nai pas écouté ce film ni lu le livre…je nai vu que la bande annonce et ca ma répugné , révolté , choqué de voir a quelle point la société est de plus en plus hypersexualiser… on glorifie maintenant tous les crimes , on les mets sur un pédestal et on fantasme dessus. ce qui m attriste le plus cest que maintenenat la pornographie eet le sado mazochisme est rendu accessible et a la porter des enfants et des parents. cela semble de plus en plus accepté avec larriver de ce film grand public. ridicule franchemetn ridicule.

  5. Comment construire un monde meilleur sans dénoncer ce qu’il se passe? Le but n’est pas de « maudire l’ombre » mais bien d’amener l’humanité à une prise de conscience, et ce, dans différents domaines (torture animale, agro-alimentaire, finances et j’en passe). Cette société ne peut plus continuer sur cette route. Nous devons réhumaniser notre système et nous ouvrir vers d’autres réalités au lieu de rétrograder nos mentalités. Je suis enseignante et je peux vous dire que je vois nos enfants vivre avec le porno et les filles construire leur identité sexuelle dans la soumission totale aux désirs de leur partenaire. Je crains qu’aucune de celles-là ne connaisse jamais ses propres désirs.. quant aux garçons ayant moins de confiance en eux, ils n’osent plus approcher les filles de peur ne pas etre à la hauteur et c’est là que les blocages sexuels commencent sans parler des déviances possibles plus tard…. Allez-y chers parents, osez ouvrir l’ordinateur de votre enfant, et surtout osez aborder le sujet avec eux! votre role est de les accompagner dans ce monde!

  6. Je vous remercie d’avoir publié cet article comme je remercie la personne qui me l’a envoyé. Cela va dans le sens de « Plainte contre X » de l’autrice française KarineBernfeld que je vous conseille. Prenez soin de vou-e-s.

  7. Je serai plus bref. J’ai trouvé cette article pertinent très pertinent. L apologie de la perversion ne nous mènera qu’à notre perte. Quand j’entends mon film favori c’est requiem for a dream je me dis mais où va le monde un film qui montre la déchéance humaine (j ai été toxicomane à la seringue je sais de quoi je parle) je n ai pas vu Grey mais j imagine tout à fait. La pornographie m a fait beaucoup de mal, je n ai jamais été adicte mais je suis très timide et voir ces étalons musclé en érection durant des heures avec des machins énormes j ai pensé que je n avais pas ma place avec les filles qu elles me rejeteraient par ce que je suis un peu maigre etc. J ai mis beaucoup de temps à M autoriser à aller vers les femmes et à être heureux. Oui mon exemple est peut être un peu extrême mais je le dis avec le coeur.La pornographie nous déshumanise

  8. Bonjour,

    Je suis AFREG, le webmaster du http://www.pornodependance.com

    Mon site traite de l’addiction à la pornographie. Cette forme d’addiction est en grande partie liée à l’essor d’Internet, qui donne accès à une infinité de contenu X à l’Internaute, sans qu’aucun contrôle ne semble possible.
    Les effets de l’addiction à la pornographie sont nombreux: dérive vers une sexualité violente, problèmes de couple, problèmes érectiles… Le porno a une telle prégnance dans notre société contemporaine, que le problème est susceptible de toucher aujourd’hui tout le monde.. Mon site propose un forum où les dépendants et leurs proches peuvent venir s’exprimer librement et s’entraider. Le tout est évidemment entièrement bénévole et GRATUIT.

    Merci ! AFREG.