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350.org, Bill McKibben (& Naomi Klein): L'écologie made in Wall Street
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Préface : Un coup d’état contre la nature – dirigé par le complexe indus­triel non-lucra­tif

 

Il est quelque peu ironique, alors que les acti­vistes clima­tiques anti-REDD (réduc­tion des émis­sions de la défo­res­ta­tion et de la dégra­da­tion des forêts), les orga­ni­sa­tions (des orga­ni­sa­tions popu­laires légi­times existent) et les envi­ron­ne­men­ta­listes auto­pro­cla­més, qui se consi­dèrent progres­sistes, s’ex­priment contre la marchan­di­sa­tion des ressources natu­relles, qu’ils fassent simul­ta­né­ment la promo­tion de la campagne de désin­ves­tis­se­ment. La campagne de désin­ves­tis­se­ment résul­tera (et y parvien­dra) en une injec­tion colos­sale de monnaie vers les port­fo­lio lour­de­ment investi, et donc dépen­dant de, la marchan­di­sa­tion intense et la priva­ti­sa­tion des dernières forêts de la terre (via REDD), de l’eau, etc. (les « marchés » envi­ron­ne­men­taux). Ce tour de force sera effec­tué avec une préci­sion chirur­gi­cale sous couvert de gestion envi­ron­ne­men­tale et « d’in­ter­na­li­sa­tion des exter­na­li­tés néga­tives à travers une tari­fi­ca­tion appro­priée » (Sustai­nable Capi­ta­lism, February 15, 2012, Gene­ra­tion Invest­ment  Mana­ge­ment LLP). Par consé­quent, ironique­ment (ne serait-ce qu’en appa­rence), le plus grand essor dans l’ul­time capture corpo­ra­tiste des dernières ressources de la Terre est en cours, et sera accom­pli, par ces mêmes envi­ron­ne­men­ta­listes et groupes envi­ron­ne­men­taux qui prétendent s’op­po­ser à une telle domi­na­tion et capture corpo­ra­tiste.

Au-delà de leurs dons en milliards (exempt d’im­pôt) de dollars (c’est-à-dire d’in­ves­tis­se­ments) aux plus accom­mo­dants du complexe indus­triel non-lucra­tif via leurs fonda­tions, les corpo­ra­tions n’ont presque rien à faire; l’ex­ploit est accom­pli à la fois par les faux envi­ron­ne­men­ta­listes et les légi­times en tandem avec une popu­lace crédule, ne se doutant de rien. (Une popu­lace avec presque aucune compré­hen­sion de 1. La magni­tude de notre crise écolo­gique, 2. Les causes profondes de la crise plané­taire, 3. L’uti­li­sa­tion du complexe indus­triel non-lucra­tif comme instru­ment d’hé­gé­mo­nie.)

La marchan­di­sa­tion des biens communs repré­sen­tera le plus impor­tant et le plus habile coup d’État de l’his­toire de la domi­na­tion corpo­ra­tiste – un fait accom­pli extra­or­di­naire, d’une échelle, et avec des réper­cus­sions pour l’hu­ma­nité et toute la vie, sans précé­dent.

De plus, il importe peu que l’argent soit ou pas déplacé des inves­tis­se­ments directs dans les compa­gnies de combus­tibles fossiles vers les soi-disant « inves­tis­se­ments socia­le­ment respon­sables ». Le fond du problème c’est que toutes les corpo­ra­tions de la planète (et donc, tous les inves­tis­se­ments de la planète) requièrent et conti­nue­ront à requé­rir des quan­ti­tés massives d’éner­gie (dont des combus­tibles fossiles) pour conti­nuer à croître et à s’étendre à l’in­fini – ce que requiert le système écono­mique du capi­ta­lisme indus­tria­lisé.

Les éoliennes et les panneaux solaires servent d’images (marke­ting) magni­fiques, et pour­tant sont quelque peu illu­soires – le vernis de la marchan­di­sa­tion des biens communs, qui est l’objec­tif fonda­men­tal de Wall Street, eux qui sont les conseillers de la campagne de désin­ves­tis­se­ment.

Nous nous retrou­vons par consé­quent peu dispo­sés à recon­naître la néces­sité de déman­te­ler le système écono­mique du capi­ta­lisme indus­tria­lisé, préfé­rant à la place embras­ser une illu­sion conçue par le pouvoir corpo­ra­tiste.

L’objec­tif de cette série d’in­ves­ti­ga­tions est d’illus­trer (et véri­ta­ble­ment, de prou­ver) ce prémisse.

« Par une récente après-midi de semaine, trois hommes sortirent des bureaux du fonds de défense de l’en­vi­ron­ne­ment de Manhat­tan, pour aller déjeu­ner ensemble. À gauche, un écono­miste en chef d’EDF. À droite un expert envi­ron­ne­men­tal du gouver­ne­ment sovié­tique. Entre, un homme d’af­faires, trader dans l’ini­tia­tive récente d’achat et de vente de droits de pollu­tion. Ensemble ce trio illustre comment le nouvel envi­ron­ne­men­ta­liste se met en place : mondiale, plus coopé­ra­tif que conflic­tuel – et avec le busi­ness au centre. »

— ENVIRONMENTALISM: THE NEW CRUSADE, CNNMo­ney Fortune, February 12, 1990


 

Une marée de rapports, appa­rem­ment urgents, fut divul­guée en vague sur le mois de novembre 2012. Ceci afin de faire naître un senti­ment d’ur­gence, de signa­ler impli­ci­te­ment, la lancée de « l’éco­no­mie verte » à la société civile. Le rôle du complexe indus­triel non-lucra­tif, dans le dévoi­le­ment de l’illu­soire écono­mie verte au monde, n’a jamais été aussi essen­tiel. Car il n’y a qu’à travers ces insti­tu­tions qu’il est possible de mani­pu­ler la société civile, afin qu’elle embrasse un modèle suici­daire qui enfer­mera une fois pour toutes, le monde dans une trajec­toire écolo­gique catas­tro­phique et irré­ver­sible. Le complexe indus­triel non-lucra­tif, en tandem avec le complexe des médias-entre­prises, permet aux euro-améri­cains de conti­nuer collec­ti­ve­ment, avec leurs addic­tions féti­chi­sées et leurs idéo­lo­gies racistes impli­cites, sans relâche – en échange du sacri­fice de nos propres enfants pour apai­ser les Dieux Entre­prises.

« Toutes les forces de coop­ta­tion, ayant parti­cipé à l’élec­tion et à la réélec­tion d’Obama, se rassemblent main­te­nant dans une grande cohé­sion, un grand finan­ce­ment, du haut vers le bas. Ces amis pensent déte­nir la stra­té­gie pour sauver la planète, et cela coïn­cide merveilleu­se­ment avec le remplu­mage de leurs propres nids! The Insi­der pour­rait sembler être un problème mineur, mais comme Coun­ter­punch lui-même, il ne le supporte pas, car cela les expose pour ce qu’ils sont vrai­ment, des petits chiens et des valets libé­raux, char­gés de rela­tions publiques, finan­cées, par ce que j’ap­pelle les 1 % Dem. Cette conne­rie, de « construc­tion d’un mouve­ment progres­siste » de la foule de Van Jones, n’est pas un mouve­ment pour un chan­ge­ment radi­cal. C’est un leurre destiné à main­te­nir le statu quo des libé­raux-entre­prises. Mais pour beau­coup, c’est dur à voir quand on a la tête bais­sée et qu’on ne pense qu’au finan­ce­ment ».

  • John Stau­ber, auteur, répon­dant à un membre du Busi­ness Ethics Network (BEN) ayant réagi avec indi­gna­tion, et feignant la confu­sion après la cita­tion de Stau­ber, lui-même cité dans un article de Coun­ter­punch. La puni­tion de Stau­ber fut l’ex­pul­sion du BEN.

La plus récente campagne de 350.org c’est sa tour­née du désin­ves­tis­se­ment, « faites le calcul ». L’objec­tif iden­ti­fié de la campagne, qui appa­raît en ligne comme projet débar­rassé du fossile [2], c’est de mettre la pres­sion sur les insti­tu­tions reli­gieuses et éduca­tives, les gouver­ne­ments muni­ci­paux et d’états, et les autres insti­tu­tions qui servent le bien public, afin qu’ils désin­ves­tissent les combus­tibles fossiles. L’iden­tité de l’in­di­vidu qui s’est enre­gis­tré sur le site Web, est listée comme privé. De telles campagnes (qui diffèrent peu des courses élec­to­rales, d’où le nom de « campagne ») sont conçues, et donc desti­nées, non pas à remettre en ques­tion, l’hé­gé­mo­nie de l’in­dus­trie du combus­tible fossile, de façon pratique, mais plutôt de manière théo­rique. Les campagnes de rela­tions publiques aussi sophis­tiquées que celle-ci, sont assez brillantes, pour une multi­tude de raisons. Camou­flées sous couvert de s’at­taquer aux racines profondes de la crise clima­tique mondiale, de telles campagnes ne changent rien. Au contraire, elles s’as­surent que la popu­lace parti­cipe à ce qu’elle pense être une action signi­fi­ca­tive – et rien de plus.

350.org « Faites le Calcul »

Le leader de 350.org, Bill McKib­ben, nous raconte que « ça n’est pas accep­table de profi­ter du saccage de la planète », mais il ne nous dira pas que la violence sans précé­dent, qui s’abat sur la planète et ses habi­tants les plus vulné­rables, est intrin­sèque­ment liée au système de capi­ta­lisme indus­tria­lisé. Il ne vous rappel­lera pas le simple fait que chaque jour, où l’on permet à ce système de conti­nuer, repré­sente un jour de profits de plus, sur le saccage de la planète, et nous rapproche de l’an­ni­hi­la­tion mondiale parta­gée. De plus, McKib­ben sape toute campagne qui cher­che­rait à mettre ce problème critique en première ligne du débat mondial.

De nombreuses insuf­fi­sances, à la fois dans la science et la logique, ont déjà été clai­re­ment iden­ti­fiées par des acti­vistes renom­més. Le 24 juillet 2012, 3 réponses à l’ar­ticle du 19 juillet 2012 de McKib­ben dans le Rolling Stone maga­zine [« la nouvelle équa­tion terri­fiante du réchauf­fe­ment clima­tique : trois nombres simples qui s’ajoutent à la catas­trophe mondiale – ne laissent aucun doute sur la véri­table iden­tité de l’en­nemi »], par Anne Peter­mann, Dr. Rachel Smol­ker, et Keith Brun­ner furent publiés sur le projet écolo­gique de justice mondiale. En voici quelques extraits:

Anne Peter­mann écrit:

« Ces mêmes marchés qui nous ont conduit aujourd’­hui au bord du préci­pice, peuvent-ils main­te­nant nous four­nir un para­chute? McKib­ben souligne que dans ce système, ceux qui ont l’argent, ont le pouvoir. Alors pourquoi essayons nous de réfor­mer ce système? Pourquoi ne le trans­for­mons-nous pas? […] Si on se concentre seule­ment sur l’éli­mi­na­tion des combus­tibles fossiles, sans chan­ger le système sous-jacent, alors des choses très mauvaises se produi­ront, étant donné que le système lui-même est insou­te­nable. C’est un système conçu pour trans­for­mer le « capi­tal natu­rel » et le travail humain en des profits gargan­tuesques pour une petite élite : les soi-disant 1%. Qu’il fonc­tionne grâce aux combus­tibles fossiles, aux biocar­bu­rants ou même à de massives instal­la­tions solaires et éoliennes, le système conti­nuera à dévo­rer les écosys­tèmes, à dépla­cer les commu­nau­tés vivant dans les forêts, les peuples indi­gènes et les agri­cul­teurs vivriers de leurs terres, à écra­ser les syndi­cats de travailleurs, et plus géné­ra­le­ment à faire de la vie un enfer pour la grande majo­rité des gens de la planète. Voilà ce qu’il fait. »

Keith Brun­ner writes:

« Bill offre une campagne de désin­ves­tis­se­ment, à la South Africa, comme stra­té­gie préfé­rée pour s’at­taquer finan­ciè­re­ment aux compa­gnies de combus­tibles fossiles. Ça a l’air très bien, sauf quand vous regar­dez les tendances des dernières années, des grands inves­tis­seurs insti­tu­tion­nels – comme les fonds de pension et les dota­tions univer­si­taires – qui déplacent leur argent (souvent via un inter­mé­diaire de capi­tal privé) vers, entre autres choses, les « marchés émer­gents » de ressources natu­relles et les infra­struc­tures, faci­li­tant l’ac­ca­pa­re­ment de terres et de ressources dans le sud. C’est ce que les gestion­naires de fonds « progres­sistes » conscients de la crise clima­tique (commes les gens du CERES) défendent, et c’est un problème. Et c’est une autre raison pour laquelle il passe à côté du problème : oui, les corpo­ra­tions de combus­tibles fossiles sont le grand méchant loup, mais tout aussi problé­ma­tique, il y a le système d’in­ves­tis­se­ment et de retour qui néces­site une crois­sance écono­mique (ça s’ap­pelle le capi­ta­lisme). Que le gérant de la dota­tion univer­si­taire d’Har­vard ait comme « respon­sa­bi­lité fidu­ciaire » d’ob­te­nir un certain retour annuel, signi­fie qu’ils vont devoir inves­tir leur argent de façon à obte­nir une crois­sance, dans des fonds, ou des firmes, ou des états, (quelle diffé­rence de toute façon?), qui croissent à travers l’ex­ploi­ta­tion des gens, et le déman­tè­le­ment des écosys­tèmes. Ce n’est pas par l’in­ves­tis­se­ment que nous allons arri­ver à une planète habi­table. Nous devons nous concen­trer sur les causes premières, et les fausses solu­tions, mettre en avant les solu­tions commu­nau­taires, et pous­ser les grands groupes verts à deve­nir plus holis­tiques dans leurs analyses, afin qu’ils ne nous tirent pas tous dans le pied ».

Une appa­rence de lâches

Ce point de vue, soutenu par la plupart des acti­vistes, même les plus remarquables, selon lequel nous devons « pous­ser les grands groupes verts à deve­nir plus holis­tiques dans leurs analyses, afin qu’ils ne nous tirent pas tous dans le pied », est basé sur la naïveté collec­tive, et le faux postu­lat selon lequel les O.N.G. envi­ron­ne­men­tales corpo­ra­tistes peuvent être pous­sées à « faire la bonne chose », par persua­sion morale. Le refus inébran­lable des vrais acti­vistes et des vrais groupes popu­laires, de recon­naître et d’ex­po­ser réso­lu­ment le complexe indus­triel non-lucra­tif comme le gardien de l’hé­gé­mo­nie domi­nante, repré­sente le plus grave et le plus impor­tant échec du mouve­ment.

Ils ne nous tirent pas « tous dans le pied », mais direc­te­ment dans la tête – à bout portant.

Aussi surréa­liste que ça puisse paraître, le soi-disant mouve­ment pour le climat a saboté toute chance d’at­té­nua­tion de l’ef­fon­dre­ment écolo­gique mondial, et a au contraire ouvert la voie au profit corpo­ra­tiste, à la défo­res­ta­tion, au finan­ce­ment et à l’om­ni­cide total. Collec­ti­ve­ment, cette faction des 1 % a plus d’es­time pour ses privi­lèges que pour la vie elle-même.

Le tour de désin­ves­tis­se­ment de 350.org vous est proposé par Wall Street

« Les efforts, pour contrô­ler les impacts destruc­teurs des corpo­ra­tions, doivent porter en eux une critique du pouvoir corpo­ra­tiste, et une volonté de déman­te­ler le pouvoir corpo­ra­tiste, sinon ils ne font que renfor­cer, plutôt que remettre en ques­tion, les struc­tures du pouvoir, et sapent les luttes popu­laires pour l’au­to­no­mie, la démo­cra­tie, les droits humains et la soute­na­bi­lité envi­ron­ne­men­tale ».
– Corpo­rate Watch

Les gens pour­raient se deman­der pourquoi les finan­ciers de la destruc­tion du climat en auraient quelque chose à foutre du climat. On pour­rait bien se deman­der pourquoi, McKib­ben et ses amis sont allés voir les milliar­daires de Wall Street, pour solli­ci­ter leur apport (et leur permis­sion) préci­sé­ment sur le type exact de désin­ves­tis­se­ment, qui leur serait le plus accep­table. Cepen­dant, la réponse est éton­nam­ment simple : le tour de désin­ves­tis­se­ment « faites le calcul » n’est pas une campagne visant à pertur­ber (et encore moins à détruire) Wall Street, le lobby éner­gé­tique, ou le capi­tal finan­cier – c’est plutôt une campagne stra­té­gique de rela­tions publiques, une nouvelle distrac­tion, magis­tra­le­ment orches­trée, pour les masses.

Un élément-clé au sein du complexe indus­triel non-lucra­tif, c’est que les « mouve­ments » sont créés du haut vers le bas. Dans le cas des orga­ni­sa­tions de Rock­fel­ler 350.org\1Sky, le fonc­tion­ne­ment est simple : les groupes locaux de 350.org reçoivent leurs ordres de marche direc­te­ment de leurs supé­rieurs (350.org inter­na­tio­nal), tandis que « les supé­rieurs » (McKib­ben etc.) reçoivent leurs ordres de marche direc­te­ment de leurs dona­teurs – et dans le cas du tour « faites le calcul » de 350.org, ces dona­teurs sont des inves­tis­seurs de Wall Street.

McKib­ben, ainsi que le staff prin­ci­pal de 350.org, a déve­loppé la campagne de désin­ves­tis­se­ment en consul­ta­tion avec les inves­tis­seurs du CERES – qu’ils appellent affec­tueu­se­ment leurs « amis de Wall Street ».

De telles loyau­tés sont normales dans le monde envi­ron­ne­men­tal corpo­ra­tiste où les busi­ness­man de Wall Street sont appe­lés « nos amis de Wall Street ». Qu’im­porte si Wall Street est la véri­table cause de nos multiples crises écolo­giques et écono­miques, sans parler de la crise alimen­taire mondiale. Ces crises ne sont pas vrai­ment des « crises » dans le sens spon­tané de la chose, elles sont plutôt des stra­té­gies visant à faire perdu­rer les profits des corpo­ra­tions insa­tiables.

Le commu­niqué du tour de désin­ves­tis­se­ment de 350.org stipule:

« Ce sont de simples mathé­ma­tiques: nous pouvons encore brûler 565 giga­tonnes de carbone, et rester en dessous de la limite des 2 °C de réchauf­fe­ment – au-delà de cette limite, c’est la catas­trophe pour la vie sur Terre. Le seul problème ? Les corpo­ra­tions de combus­tibles fossiles ont actuel­le­ment en leur posses­sion 2795 giga­tonnes, plus de cinq fois la limite maxi­male. Et ils comptent tout brûler – sauf si on les en empêche. » [Emphases d’ori­gine.]

Ce que McKib­ben et les « verts progres­sistes » ne vous diront pas

Le commu­niqué de 350.org ci-dessus est incroya­ble­ment dange­reux et trom­peur parce qu’il implique deux choses:

1– que l’on peut conti­nuer à brûler des combus­tibles fossiles pendant un certain temps;

2– qu’il n’y a qu’au-delà des 2 °C que l’on risque la catas­trophe pour la vie sur Terre

Il oublie de mention­ner un troi­sième fait : celui que nous sommes déjà certains d’at­teindre les 2,4 °C d’aug­men­ta­tion de tempé­ra­ture (Rama­na­than & Feng), même en arrê­tant aujourd’­hui de brûler tout combus­tible fossile.

« [mais] nous devrions accep­ter le fait que nous avons déjà rayé de la carte certaines commu­nau­tés de l’hé­mi­sphère sud pour avoir choisi cette limite de 2° centi­grades. »

« … nous avons besoin de réduc­tions urgentes et radi­cales au-delà de tout ce que nous avons été prépa­rés à affron­ter, nous avons attendu trop long­temps pour mettre en place une limite de 2 °C ».
– Profes­seur Kevin Ander­son

Mettons de côté le fait qu’en 1990 le « groupe de conseils sur les gaz à effet de serre » avait averti qu’une augmen­ta­tion globale de la tempé­ra­ture « au-delà d’1 degré Celsius pour­rait provoquer rapi­de­ment, des événe­ments impré­vi­sibles et non-linéaires, qui entraî­ne­raient des dommages éten­dus sur les écosys­tèmes », tandis qu’une augmen­ta­tion de tempé­ra­ture de 2 °C était perçue comme « une limite supé­rieure, au-delà de laquelle les risques de graves dommages aux écosys­tèmes, et de réac­tions non-linéaires, augmen­te­raient rapi­de­ment ». La dispa­ri­tion de ce papier repré­sente peut-être le plus impor­tant camou­flage de l’his­toire, sans parler de crime contre l’hu­ma­nité. Ce rapport fut calme­ment et déli­bé­ré­ment enterré par les O.N.G. telles que Green­peace, les amis de la Terre, la commu­nauté scien­ti­fique et les gouver­ne­ments. La crois­sance écono­mique, sacro-sainte, trompe la vie elle-même.

350.org nous explique que les corpo­ra­tions de combus­tibles fossiles « prévoient de tout brûler – à moins qu’on ne les arrête ». Mais qu’on les arrête en faisant quoi? En deman­dant à Obama? En signant des péti­tions sur 350.org? En deman­dant à nos univer­si­tés de ne pas inves­tir dedans? Au lieu de s’at­taquer à la réalité (capi­ta­lisme, impé­ria­lisme, mili­ta­risme, etc.) 350.org conti­nue à guider la fabrique d’es­poir, pour l’in­dus­trie de l’es­poir. 350.org garan­tit l’ac­cep­ta­tion du public, la séduc­tion des masses, avec leur marque, préci­sé­ment parce qu’il ne dit pas à leur audience-cible, qu’il sera abso­lu­ment néces­saire d’aban­don­ner leurs privi­lèges, si nous voulons sauver une planète propice à la vie, tandis que nous entrons dans l’ère de l’an­thro­po­cène en chute libre. [4] 350.org garan­tit à leur public qu’il n’est pas néces­saire de remettre en ques­tion (et encore moins de déman­te­ler) notre système écono­mique (suici­daire), étant donné que la catas­trophe clima­tique « réelle » est encore loin, très loin. 350.org, c’est le soma du XXIe siècle.

« Une fausse conscience de la nature du libé­ra­lisme améri­cain a été l’arme idéo­lo­gique la plus puis­sante que le capi­ta­lisme améri­cain ait utili­sée pour main­te­nir son hégé­mo­nie ».
– James Wein­stein

Il est impor­tant de remarquer l’ob­ses­sion de 350.org envers les combus­tibles fossiles, exclu­si­ve­ment. Avec certi­tude, 350.org, en tandem avec le complexe indus­triel non-lucra­tif, prépare stra­té­gique­ment la popu­lace, à accep­ter ce que Guy McPher­son appelle la « troi­sième révo­lu­tion indus­trielle ». Cet agenda de « richesse clima­tique » inclura de fausses solu­tions comme la biomasse, le consu­mé­risme « vert » débridé, les méca­nismes de compen­sa­tion carbone du marché comme le REDD, etc. Parmi ce qu’il n’in­clura pas: la néces­sité urgente de détruire l’em­pire mili­taire en expan­sion, d’aban­don­ner/déman­te­ler notre système écono­mique actuel, d’af­fron­ter l’éle­vage indus­triel, de massi­ve­ment décroître et de conser­ver, d’em­ployer des tactiques d’au­to­dé­fense par tous les moyens néces­saires, tout ce qu’il est impé­ra­tif d’af­fron­ter si nous voulons atté­nuer l’om­ni­cide total. En gros, l’agenda n’in­clura pas tout ce qui mena­ce­rait réel­le­ment le système. Il s’agit toujours de divi­ser pour mieux régner, avec ces O.N.G. corpo­ra­tistes finan­cées par l’élite. Il s’agit de s’as­su­rer que les masses mènent des combats insi­gni­fiants, et ne « relient jamais les points entre eux », pour utili­ser l’ex­pres­sion de 350.org. Comme le fonda­teur d’Avaaz, MoveOn.org, 350.org induit brillam­ment le consen­te­ment.

Le langage fait tout dans le monde du fantasme et des rela­tions publiques. Exami­nons la décla­ra­tion de McKib­ben expri­mant la surprise, après que son article « des maths terri­fiantes » ait été « éton­nam­ment virale » dans le Rolling Stone maga­zine. C’est loin d’être le cas. Dans le complexe indus­triel non-lucra­tif, toute « commu­ni­ca­tion » est évaluée avant sa publi­ca­tion, afin de mesu­rer la réponse du public et son main­tien du statu quo. La plupart des commu­niqués ne sont pas écrits par des soi-disant acti­vistes, mais plutôt par des respon­sables de rela­tions publiques haute­ment quali­fiés, qui aident l’in­dus­trie de l’es­poir à distri­buer leur campagne inof­fen­sive aux réseaux sélec­tion­nés/coopé­ra­tifs.

350.org et ses amis servent un objec­tif vital. Ces orga­ni­sa­tions garan­tissent, avec succès, que le public se sente bien. Simul­ta­né­ment, ils garan­tissent l’obéis­sance et la passi­vité à l’état, afin de sécu­ri­ser les struc­tures de pouvoir en place et de les garder intactes. Comme toujours, de telles campagnes se concentrent sur l’éta­blis­se­ment de listes, pour ceux qui béné­fi­cient et profitent des listings d’e-mails, etc. Cela se fait au prétexte de « la construc­tion de mouve­ment ». Pas besoin d’être un scien­ti­fique de haut niveau, pour comprendre ration­nel­le­ment, que des orga­ni­sa­tions, finan­cées par les fonds des frères Rocke­fel­ler, ne feront jamais rien de signi­fi­ca­tif, qui s’at­taque­rait vrai­ment aux causes profondes de la crise clima­tique. C’est un jeu cynique joué par ceux qui financent les O.N.G. au sein du complexe indus­triel non-lucra­tif. Les coûts sont élevés, avec plus de 400 000 personnes qui meurent chaque année des désastres liés au climat. Heureu­se­ment pour l’oli­gar­chie, un racisme profon­dé­ment ancré qui ronronne comme un chaton, réson­nant sur le vernis du mouve­ment, garan­tie que ces morts n’aient aucune signi­fi­ca­tion. [27 septembre 2012 : « près de 1000 enfants par jour meurent à cause du chan­ge­ment clima­tique, selon une étude hors du commun publiée mercredi (PDF), et le total annuel s’élève à 400 000 personnes par an, à travers le monde »].

L’au­teur Chris­tian Parenti soulève de nombreuses ques­tions clés à consi­dé­rer, dans son article « problème avec les maths : « la campagne de désin­ves­tis­se­ment du carbone de 350 est-elle complète? », publié le 29 novembre 2012 :

« La version offi­cielle du capi­ta­lisme stipule que les marchés bour­siers existent, afin d’ai­der les firmes à engran­ger de la monnaie pour l’in­ves­tis­se­ment. Mais une étude empi­rique révèle que l’op­posé est plus souvent le cas. En réalité, le marché bour­sier, bien que cultu­rel­le­ment puis­sant, n’est pas parti­cu­liè­re­ment impor­tant pour comprendre, comment le capi­ta­lisme crée véri­ta­ble­ment la richesse (et la pollu­tion).

« Donc, comment, aban­don­ner des actions Exxon mena­cera-t-il ses reve­nus, c’est-à-dire, son fonc­tion­ne­ment? Cela pour­rait, d’ailleurs, amélio­rer le ratio cours/béné­fices de la compa­gnie, rendant les actions plus attrayantes pour les ache­teurs immo­raux. Ou cela pour­rait permettre à la firme de rache­ter plus faci­le­ment ses actions (ce qu’elle fait massi­ve­ment depuis cinq ans) afin de conser­ver une plus grande part de ses béné­fices et de déve­lop­per ainsi plus de gise­ments pétro­liers ».

Il faut souli­gner que la campagne de désin­ves­tis­se­ment de Wall Street 350.org sert un autre objec­tif vital. Nous avons désor­mais atteint le moment critique où les corpo­ra­tions vont commen­cer le proces­sus d’aban­don de leurs avoirs toxiques, tout en prépa­rant une nouvelle vague sans précé­dent, de « richesses clima­tiques ». Nous allons assis­ter à la tran­si­tion mondiale vers de fausses solu­tions rentables, sous couvert « d’éco­no­mie verte », asso­ciée à la marchan­di­sa­tion/priva­ti­sa­tion complète des biens communs de l’hu­ma­nité, par les corpo­ra­tions les plus puis­santes du monde. Tout cela pendant qu’elles se Green­wa­she­ront elles-mêmes en nobles inten­dantes de la Terre. L’épi­sode de fin de l’es­pèce humaine, sera le plus grand mensonge jamais vendu raconté.


On ne peut comprendre le présent qu’en ayant bien comprit le passé. C’est pourquoi, afin de comprendre la présente campagne de désin­ves­tis­se­ment de 350.org, nous devons regar­der à la concep­tion/créa­tion du parte­naire de 350.org : la coali­tion pour des écono­mies écolo­gique­ment respon­sables (CERES).

CERES 2013: Les invi­tés : 350, PG&E, Bloom­berg & GM

Bill McKibben & le CERES
Bill McKib­ben (à droite) & le CERES

Qu’est-ce que le CERES:

Qu’est-ce que le CERES? Le CERES sont les marion­net­tistes de Wall Street du XXIe siècle, qui, derniè­re­ment, tire les ficelles derrière la campagne de désin­ves­tis­se­ment de 350.org. Le CERES repré­sente le cœur même du nexus: les million­naires libé­raux, leurs fonda­tions, les « acti­vistes » qu’ils gèrent, et, plus impor­tant, là où les plou­to­crates inves­tissent leur fortune person­nelle et celle de leurs fonda­tions. [ » En tant qu’or­ga­ni­sa­tion non-lucra­tive, le CERES dépend de soutien des fonda­tions, d’in­di­vi­dus et d’autres dona­teurs afin d’ac­com­plir sa mission d’in­té­gra­tion de la soute­na­bi­lité dans les pratiques de busi­ness quoti­diennes, pour la santé de la planète et de ses habi­tants »]. (Source: Ceres 2010 Annual Report)

Au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du Ceres, nous retrou­vons des parte­naires d’O.N.G.clés: le conseil natio­nal de défense des ressources (NRDC), le Sierra Club, l’ins­ti­tut des ressources du monde (World Resources Insti­tute), Ecolo­gi­cal Solu­tions Inc. et Green America, pour n’en citer que quelques-uns.

Le réseau de compa­gnie du Ceres (le premier pilier) repré­sente la crème de la crème (approxi­ma­ti­ve­ment 70 corpo­ra­tions) du monde des entre­prises. Par exemple on y retrouve Citi, Bloom­berg, Coca-Cola, Ford Motor Company, Gene­ral Motors, Suncor et Virgin. La coali­tion du Ceres (le second pilier) est compo­sée de plus de 130 inves­tis­seurs insti­tu­tion­nels, groupes envi­ron­ne­men­taux et de « défense d’in­té­rêts sociaux », et d’or­ga­ni­sa­tion d’in­té­rêt public. On retrouve par exemple au sein de la coali­tion du Ceres, le sierra Club, les amis de la Terre, le fonds de gestion des actifs Rock­fel­ler, le NRDC, le WWF (World Wild­life Fund), Rain­fo­rest Action Network, Service Employees Inter­na­tio­nal Union (SEIU – un des fonda­teurs d’Avaaz), et la Carbon Neutral Company.


Les premiers et 2 mai 2013 à San Fran­cisco, en Cali­for­nie, Bill McKib­ben a rejoint le parte­naire de la campagne de désin­ves­tis­se­ment de 350, le CERES, à leur confé­rence. D’après le commu­niqué du CERES :

« Bill McKib­ben rejoint le cercle des invi­tés de la confé­rence du CERES! Bill McKib­ben est l’au­teur d’une douzaine de livres et est le fonda­teur de la campagne popu­laire pour le climat 350.org. Le Time Maga­zine l’ap­pelle « le meilleur jour­na­liste vert de la planète », et le Boston Globe a dit de lui en 2010 qu’il était « proba­ble­ment l’en­vi­ron­ne­men­ta­liste le plus impor­tant du pays ».

McKib­ben a rejoint d’autres invi­tés comme Ezra Garrett (vice-président des rela­tions commu­nau­taires et respon­sable de la chaîne logis­tique du déve­lop­pe­ment durable pour Paci­fic Gas et Elec­tric Corpo­ra­tion), Curtis Rave­nel (respon­sable inter­na­tio­nal, groupe du déve­lop­pe­ment durable, Bloom­berg), Mike Robin­son (vice-président pour l’en­vi­ron­ne­ment, les poli­tiques de sûreté d’éner­gie, Gene­ral Motors), et de nombreux autres impliqués dans la promo­tion et la crois­sance du « capi­ta­lisme vert ». Parmi les spon­sors, Bank of America, PG&E, Bloom­berg, Wells Fargo, Sprint, Baxter, Citi, Ford, GM, Brown-Forman, Walt Disney, Pruden­tial, TimeWar­ner et nombre d’autres corpo­ra­tions parmi les plus puis­santes de la planète. Le prix des tickets pour la confé­rence allait de 600 $ (tarif étudiant) à 1200 $, avec un prix promo­tion­nel de 259 $ pour la nuit au Fair­mont Hotel.

L’art du discours des O.N.G.

Des wagons-citernes au port de Coquit­lam yard, à l’est de Vancou­ver, sur la côte paci­fique cana­dienne. Photo by DARRYL DYCK. L’Eco­no­mic Plan­ning Asso­ciates (EPA) estime que les fabri­cants de wagons en ont reçus des commandes pour plus de 89 000 — un niveau sans précé­dent depuis le début des rele­vés en 1980. Les livrai­sons sont esti­mées atteindre les 58 000 unités en 2012 et se stabi­li­ser à plus de 64 000 unités par an, sur les cinq prochaines années. À cause du manque de capa­cité de fabri­ca­tion, le prix de l’unité augmente, et certaines indi­ca­tions suggèrent que les fabri­cants sont alors sélec­tifs, sur les commandes qu’ils prennent. [Source: Shale Oil and Gas: Revi­ta­li­zing Inland Tran­spor­ta­tion Networks, Sept 2012]

« Mr. Rocke­fel­ler n’au­rait pas trouvé meilleure garan­tie pour ses centaines de millions, qu’en inves­tis­sant l’un d’entre eux dans le subven­tion­ne­ment de toutes les agences appe­lant au chan­ge­ment social et au progrès ».
– Frank Walsh, The Great Foun­da­tion

Et pendant que votre atten­tion est habi­le­ment diver­tie du fait que des algues géantes proli­fèrent, main­te­nant, sous une banquise arctique de plus en plus fine (18 juin 2012 : « d’abord, nous pensions: ‘ça n’est pas possible. Impos­sible que ça soit ce à quoi ça ressemble », a dit Kevin R. Arrigo, un océa­no­graphe biolo­giste à l’uni­ver­sité de Stan­ford en Cali­for­nie et auteur en chef de l’étude, à CBCNews.ca. « Ensuite on s’est demandé : ‘quelqu’un a déjà vu ça avant?' »)… et tandis que des crabes géants, de plus d’un mètre d’en­ver­gure, enva­hissent l’An­tar­c­tique en plein réchauf­fe­ment, et tandis que les élites espèrent, que vous adhé­riez à la campagne de désin­ves­tis­se­ment, qui ne nous donne en réalité pas la moindre chance d’évi­ter l’ef­fon­dre­ment écolo­gique plané­taire, en pleine accé­lé­ra­tion, je vous laisse avec ça…

Le discours des O.N.G. en Amérique prend plusieurs formes. Dans les années 60, le mouve­ment révo­lu­tion­naire des black power reçut des subven­tions massives et prit alors la forme du black capi­ta­lism, et le produit de cette solu­tion, c’est le statut actuel des Améri­cains noirs, dont la situa­tion est bien pire, qu’à presque n’im­porte quelle autre époque de leur histoire à tous points de vue. De la même façon, les consé­quences désas­treuses du déve­lop­pe­ment et de la dégra­da­tion envi­ron­ne­men­tale, résul­tant d’une consom­ma­tion de masse effré­née, basée sur le modèle occi­den­tal, ouvre la voie pour le dialogue de l’illu­soire « écono­mie verte » comme solu­tion. La néces­sité de bannir la nour­ri­ture géné­tique­ment modi­fiée devient une exigence clas­siste (qui sera ingéré par les pauvres, les igno­rants et les enfants) d’étique­tage inef­fi­cace. [Les pauvres n’ont toujours pas le choix, l’étique­tage des produits ne sert qu’aux classes moyennes/aisées qui peuvent choi­sir leur nour­ri­ture, et n’a aucun effet de protec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, parce que les produits sont label­li­sés n’en­traine en rien l’ar­rêt de l’uti­li­sa­tion d’OGM/pesti­cides/herbi­cides/etc.]

La néces­sité d’ar­rê­ter les exploi­ta­tions de sables bitu­mi­neux dans leur tota­lité (comme annoncé auda­cieu­se­ment par les voix les plus conser­va­trices tel que le scien­ti­fique James Hansen – « Put the Brakes on Tar Sands, Feb 18, 2009 », et l’an­cien diri­geant de l’IPCC, Rajen­dra Pachauri des Nations unies – “Cana­da’s oil sands should be shut down.” Sept. 21, 2009) a déli­bé­ré­ment évolué en « stop­per le Keys­tone XL! » – Omet­tant commo­dé­ment le fait que le pipe­line Keys­tone était terminé aux 2/3 et opérait déjà, avant que la campagne KXL soit impul­sée dans le domaine public. L’exi­gence origi­nelle popu­laire de 2005 « d’ar­rê­ter les sables bitu­mi­neux » s’est évapo­rée, elle n’est plus qu’un loin­tain souve­nir. Et tandis que 350.org s’ex­clame « stop­pez le Keys­tone XL! » (Un message bien relayé par les médias « progres­sistes » obéis­sants), l’in­dus­trie ferro­viaire était occu­pée à construire les 40 000 wagons-citernes pétro­lier, requis pour le trans­port du pétrole issu des sables bitu­mi­neux, et a presque fini. [4] L’ar­gu­ment de vente de cette méthode de tran­sit, mis en avant par l’in­dus­trie, c’est qu’à moins d’avoir des muni­tions semi-perfo­rantes, ces wagons ne fuiront pas même s’ils déraillent. Pendant ce temps-là, la construc­tion des infra­struc­tures pétro­lières au Dakota du Nord (près des champs de fracking pétro­lier de Bakken) s’est ache­vée. 8 trains de 110 wagons ont la même capa­cité de charge que le Keys­tone et que le KXL. BNSF Corp trans­porte main­te­nant approxi­ma­ti­ve­ment 500 000 barils de pétrole chaque jour. Nulle part dans la campagne KXL il ne fut mentionné que le 3 novembre 2009, Berk­shire Hatha­way a annoncé que, à l’aide d’ac­tions et de cash à hauteur de 26 milliards de dollars, elle ferait l’ac­qui­si­tion des 77,4 % restants de la Burling­ton Northern Santa Fe Corpo­ra­tion, parente de BNSF Rail­way, qu’elle ne possé­dait pas enco­re… ce fut la plus impor­tante acqui­si­tion en date de l’his­toire de Berk­shire. [Further reading: Keys­tone XL: The Art of NGO Discourse | Part I]

Les magnats du pétrole mettent en place le meilleur des mondes. Ils trinquent à notre naïveté collec­tive et à notre atti­tude servile.

La liste des discours d’O.N.G. à succès continu encore et encore. Des milliards de dollars ne sont pas inves­tis dans le complexe indus­triel non-lucra­tif pour rien.

A venir : partie 2 : les amis de 350 à Wall Street – les « oppor­tu­nistes de la richesse clima­tique » – Le CERES & le réseau des inves­tis­seurs sur le risque clima­tique (INCR)


[Cory Morning­star est une jour­na­liste d’in­ves­ti­ga­tion indé­pen­dante, écri­vaine et acti­viste envi­ron­ne­men­tale, qui se concentre sur l’ef­fon­dre­ment écolo­gique mondial et les analyses poli­tiques du complexe indus­triel non-lucra­tif. Elle réside au Canada. Ses écrits récents peuvent se retrou­ver sur diffé­rents sites (en anglais) : Wrong Kind of Green, The Art of Anni­hi­la­tion, Poli­ti­cal Context, Coun­ter­punch, Cana­dians for Action on Climate Change and Coun­ter­cur­rents. Vous pouvez la suivre sur Twit­ter :@elle­pro­vo­ca­teur ]
Article initia­le­ment publié sur le site de Cory Morning­star (en anglais).


Traduc­tion: Nico­las CASAUX

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