[Article en date du 9 juin 2012]

Confé­rence inter­na­tio­nale de Rio sur l’en­vi­ron­ne­ment du 20 au 22 juin 2012 : les Nations s’ap­prêtent à signer en totale incons­cience les « Accords de Munich »  comme en 1938, sans voir que nous sommes à la veille de l’ef­fon­dre­ment !

Cette cinquième confé­rence inter­na­tio­nale sur l’en­vi­ron­ne­ment sera la dernière : nous ne serons plus là pour vivre la suivante, prévue en 2022 car dans les 10 années qui viennent s’ac­cé­lè­rera la PHASE FINALE DE L’AGONIE TERMINALE et la plupart d’entre nous ne survi­vront pas à l’écrou­le­ment des socié­tés indus­trielles, qu’il s’agisse des vieilles comme en Europe, ou des neuves comme au Brésil, en Inde ou en Chine, ces pays immer­gés dans la ridi­cule imita­tion servile et aveugle du faux modèle qu’est le mode de vie occi­den­tal.

Le mode de vie dont se targuent les « races supé­rieures » qui se croient « la civi­li­sa­tion » par excel­lence depuis 1756 (Mira­beau cité par Françoise Dufour) est écolo­gique­ment impos­sible et humai­ne­ment un échec car il ne mène même pas au bonheur. La vie moderne n’est que régrès et mal-être (hausse des suicides, hausse de l’usage de substances psycho­tropes légales ou illé­gales, hausse des troubles psychia­triques). Les « races infé­rieures » jadis nommées « sauvages » sont depuis la fin des années quarante quali­fiées de « sous-déve­lop­pées » tandis que les « races supé­rieures » se disent « déve­lop­pées ». Les civi­li­sés font miroi­ter aux yeux du reste du monde leur prétendu merveilleux mode de vie, ils décident de ce qu’est la mesure du « niveau de vie » et distri­buent les bons points aux meilleurs élèves, ceux qui sortent plus vite de la « sauva­ge­rie » seront récom­pen­sés par l’ap­pel­la­tion flat­teuse de « pays émer­gents », les autres, les perdants de la course au « déve­lop­pe­ment » ont encore la tête sous l’eau, ils n’émergent pas. Ils sont immer­gés : on parlera de « pays les moins avan­cés ».

Toujours le même racisme. Rien de changé depuis les temps colo­niaux. L’Oc­ci­dent fixe les règles du jeu. Un jeu qui s’ap­pelle « le déve­lop­pe­ment » depuis la Réso­lu­tion 198–3 de l’O.N.U. le 4 décembre 1948. Il fallait après la guerre trou­ver une expres­sion plus élégante que « pays arrié­rés » encore très utili­sée. Le Président Truman choi­sira les mots « pays déve­lop­pés » et « pays sous-déve­lop­pés » dans son discours du 20 janvier 1949 en préci­sant : « Plus de la moitié de la popu­la­tion du monde vit dans des condi­tions proches de la misère […] ; sa vie écono­mique est primi­tive et stag­nante ». Puis on rempla­cera « pays sous-déve­lop­pés » par « pays en voie de déve­lop­pe­ment » sans même saisir l’ou­tre­cui­dance extra­or­di­naire de cette dernière expres­sion : ces pays n’ont même pas le droit de déci­der en toute liberté de leur avenir, l’Oc­ci­dent défi­nit d’em­blée leur destin, c’est le déve­lop­pe­ment ou rien ! Pas ques­tion d’en­vi­sa­ger par exemple la stabi­lité, ou de trou­ver en eux-mêmes, en étant fiers de leur propre histoire, leur propre culture, les clés de la vie épanouie et agréable, sans tenir compte de ce qui se fait ailleurs, par exemple en Europe ! Et ce déve­lop­pe­ment obli­ga­toire, en plus, les occi­den­taux veulent désor­mais le faire « durer », le rendre « durable » pour reprendre le pire mot choisi par certains pour traduire sustai­nable, alors que la seule urgence, au vu de la dégra­da­tion accé­lé­rée des équi­libres écolo­giques est d’ar­rê­ter le déve­lop­pe­ment. Il est abso­lu­ment insou­te­nable. Il ne faut pas simple­ment chan­ger de « mode de déve­lop­pe­ment », il faut carré­ment se débar­ras­ser du déve­lop­pe­ment, donc surtout pas le rendre « durable ». Les races supé­rieures, les civi­li­sés, les déve­lop­pés doivent cesser d’in­culquer au reste du monde leur mode de vie suici­daire qui nous préci­pite tout droit dans le mur des échéances écolo­giques, le mur de l’épui­se­ment des ressources non renou­ve­lables liquides, gazeuses ou miné­rales, le mur de léta­lité des pollu­tions de l’air, de l’eau, de l’ali­men­ta­tion, les plus graves étant la pollu­tion radio­ac­tive et celle condui­sant au réchauf­fe­ment du climat et à l’aci­di­fi­ca­tion des océans. Il faut cesser de croire à notre supé­rio­rité, arrê­ter de croire que nous sommes « en avance », arrê­ter de défi­nir nous-mêmes le sens de l’his­toire, de pratiquer le « vol de l’his­toire » pour reprendre le titre de l’ou­vrage de Jack Goody (Galli­mard 2010).

Le vers était déjà dans le fruit lorsque le mono­théisme nous a gonflé d’or­gueil à la fois vis à vis des « païens » et à la fois vis à vis des habi­tants non-humains de cette planète. Et nous conti­nuons à occu­per tout l’es­pace en détrui­sant tous les écosys­tèmes au point d’être coupable de la Sixième extinc­tion massive des espèces animales et végé­tales. Nous rava­geons la biodi­ver­sité. La masse des humains et de leur bétail pèse déjà 90% du poids des 5000 autres espèces de mammi­fères de cette planète !

Les 2000 biolo­gistes qui étaient réunis à l’Unesco en septembre 1968 pour tirer la sonnette d’alarme sur la situa­tion drama­tique de la biosphère disaient déjà tout cela il y a 44 ans. Les mathé­ma­ti­ciens du M.I.T., à la demande du Club de Rome, démon­tre­ront début mars 1972 que si l’Oc­ci­dent conti­nue sur sa lancée et incite les peuples du Tiers-Monde à faire de même, tout s’écrou­lera de façon catas­tro­phique vers 2030. Début 2012, lors de la commé­mo­ra­tion des 40 ans de ce Rapport au Club de Rome au Smith­so­nian Insti­tute à Washing­ton, son prin­ci­pal auteur, Dennis Meadows, a été encore plus pessi­miste. Au vu des réac­tions insuf­fi­santes, non propor­tion­nées à la gravité des faits tout au long de ces 40 années, notam­ment l’échec des 4 Sommets de l’En­vi­ron­ne­ment : Stock­holm 1972, Nairobi 1982, Rio 1992, Johan­nes­burg 2002, ce n’est pas en 2030 que le monde s’écrou­lera, mais plus tôt : vers 2020.

À la veille du 5e Sommet de l’En­vi­ron­ne­ment, on ne peut que consta­ter la tragique stag­na­tion de la situa­tion : fin mai 2012 l’am­bas­sa­deur de l’Inde disait à la séna­trice française Laurence Rossi­gnol, coor­di­na­trice du rapport d’in­for­ma­tion du Sénat « Rio + 20 » (www.senat.fr) qu’il fallait que l’Oc­ci­dent arrête de vouloir brider la vitesse de déve­lop­pe­ment des pays tels que l’Inde, la Chine ou le Brésil, car ces pays ne sont encore qu’en phase de rattra­page. Il ne fallait pas utili­ser l’ar­gu­ment de l’en­vi­ron­ne­ment pour handi­ca­per leur déve­lop­pe­ment :

« Lais­sez-nous d’abord atteindre votre niveau de vie, et ensuite, une fois l’éga­lité atteinte et que vous nous accueille­rez au sein des Grandes Puis­sances, nous pour­rons discu­ter des moyens de trai­ter des problèmes d’en­vi­ron­ne­ment. »

Tragique stag­na­tion car les repré­sen­tants des pays du Tiers-Monde disaient exac­te­ment la même chose à Stock­holm en 1972 aux euro­péens et c’est alors que les occi­den­taux déci­dèrent de satis­faire le tropisme mimé­tique des jeunes nations déco­lo­ni­sées conver­ties « à haute et intel­li­gible voix à la supré­ma­tie des valeurs blanches » (Frantz Fanon), en acco­lant le mot « déve­lop­pe­ment » dans le voca­bu­laire censé trai­ter des problèmes d’en­vi­ron­ne­ment. On parlera de « déve­lop­pe­ment écolo­gique » (écodé­ve­lop­pe­ment, Ignacy Sachs) puis à partir de l’idée de l’I.U.C.N. et du W.W.F. en 1980, de « sustai­nable deve­lop­ment », du vieux français (1346) « sous­te­nable » quali­fiant alors la bonne gestion de la forêt pour ne pas en enta­mer le capi­tal (ordon­nance de Brunoy du roi Philippe VI de Valois).

Tragique stag­na­tion car tant qu’on conti­nuera à psal­mo­dier comme dans un mantra « déve­lop­pe­ment, déve­lop­pe­ment, déve­lop­pe­ment », comme dans cette « recom­man­da­tion 3 » parmi les 16 de la Commis­sion séna­to­riale Rio + 20 parlant du « droit au même niveau de déve­lop­pe­ment pour tous », on conti­nuera à nager dans la plus inepte des illu­sions. En termes d’em­preinte écolo­gique nous avons déjà dépassé les capa­ci­tés biophy­siques de la biosphère depuis 1983 (Meadows 2012 p.20). Les nations les plus folle­ment consu­mé­ristes comme l’Eu­rope de l’ouest et les U.S.A. devraient depuis long­temps déjà être en train de forte­ment réduire leur niveau de vie. Il est mathé­ma­tique­ment impos­sible que le reste du monde se mette à vivre ne serait-ce que selon le stan­dard du mode de vie français : il nous faudrait alors 6 planètes !

Voilà 40 ans que nous perdons un temps précieux. Dès 1972 il aurait fallu casser le mythe du « déve­lop­pe­ment » et dire à Stock­holm que l’Oc­ci­dent non seule­ment s’ex­cu­sait d’avoir pratiqué la colo­ni­sa­tion, mais qu’en plus cet Occi­dent gonflé d’or­gueil devait faire acte de contri­tion et avouer que son idéal de vie était un non-sens, que son prétendu « progrès » était un régrès, et qu’ainsi il deman­dait aux peuples du Tiers-Monde de détour­ner leur regard dudit modèle occi­den­tal, lequel est à défaire, n’étant qu’une monu­men­tale erreur, et de se ressour­cer auprès de leurs propres tradi­tions pour retrou­ver les chemins de la dignité et de l’épa­nouis­se­ment.

Plus qu’un géno­cide (le quart de l’hu­ma­nité d’alors en 1500 presque tota­le­ment exter­miné aux Amériques), la colo­ni­sa­tion a généré un véri­table ethno­cide à travers la préten­due « œuvre civi­li­sa­trice » censée être « le devoir des races supé­rieures » (Jules Ferry). Appor­ter la civi­li­sa­tion, le déve­lop­pe­ment, c’est intro­duire le complexe d’in­fé­rio­rité, c’est infan­ti­li­ser des peuples qui étaient jadis adultes et auto­nomes.

Dès 1972, il aurait fallu, au regard des conclu­sions des travaux des écologues démon­trant le résul­tat déjà drama­tique du « pillage de la planète » (F. Osborn, R. Heim, J. Dorst, R. Carson, B. Commo­ner, R. Dubos), faire la promo­tion de l’ENVELOPPEMENT en lieu et place du DÉVELOPPEMENT et inver­ser les critères de valeur en saluant l’art de vivre écolo­gique­ment des SYLVILISATIONS [ici, Thierry fait réfé­rence aux peuples sauvages qui vivent dans ou aux abords des forêts, silva venant du latin et signi­fiant Bois, forêt, bosquet, NdE] et en dénonçant la déme­sure (hubris) suici­daire et l’or­gueil raciste hallu­ci­nant de la CIVILISATION. L’en­ve­lop­pe­ment, c’est l’art de vivre en se glis­sant discrè­te­ment dans les écosys­tèmes, de façon à lais­ser une place confor­table aux autres espèces animales et végé­tales. L’en­ve­lop­pe­ment, c’est ce mode de vie modeste qui laisse toute la biodi­ver­sité s’épa­nouir en symbiose avec l’es­pèce humaine. C’est un peu le « Buen Vivir » issu de la vision quechua de l’har­mo­nie qui a été récem­ment inté­grée à la consti­tu­tion de l’Équa­teur.

Au contraire du déve­lop­pe­ment qui n’est que l’éta­le­ment mono­di­rec­tion­nel et anthro­po­cen­trique qui repousse jusqu’aux dernières extré­mi­tés la vie sauvage, l’en­ve­lop­pe­ment est une figure repliée (et non dépliée, déployée, étalée) pluri­di­rec­tion­nelle et biocen­trique qui multi­plie les entre­la­ce­ments et les circon­vo­lu­tions, ce qui permet une profu­sion d’in­ter­faces et de points de contacts, une densité d’échanges pour une vie sobre, frugale, débar­ras­sée du super­flu, où les mots « riches » et « pauvres » n’ont plus de sens, pas plus que l’ob­ses­sion chez nous trimil­lé­naire de « puis­sance », mais où la convi­via­lité et la tranquille pléni­tude atteint des sommets. Le déve­lop­pe­ment muti­lait la personne humaine en ne valo­ri­sant que la sèche et froide raison. L’en­ve­lop­pe­ment réta­bli l’être humain en sa complé­tude bigar­rée et baroque, (Michel Maffe­soli), épanouis­sant tous les sens, lais­sant s’ex­pri­mer les émotions, tempé­rant la raison par le modeste raison­nable, bref ce qu’on appelle la sagesse, qui, en prin­cipe, défini « Homo sapiens sapiens » ! L’homme biocen­trique remet les pieds (nus) sur terre et retrouve l’hu­mus, donc l’hu­mi­lité.

Déco­lo­ni­ser notre imagi­naire, chan­ger de para­digme n’est pas un vain mot.

Comme l’a répété Dennis Meadows le 24 mai 2012 à Paris :

« It’s too late for sustai­nable deve­lop­ment. »

(Il est trop tard pour le déve­lop­pe­ment durable/soute­nable).

On a été trop loin, les dégâts sont déjà trop impor­tants, on ne peut plus jouer naïve­ment avec cet oxymore ména­geant diplo­ma­tique­ment la chèvre et le chou. Au point où en sont les choses, à moins de 8 années de la date fati­dique, il ne faut pas se conten­ter de réfor­mettes ! Il faut révo­lu­tion­ner, bous­cu­ler sans ména­ge­ment nos préju­gés. Trop tard pour la TRANSITION en douceur. Il faut bascu­ler. Vite ! A quelques jours de « Rio + 20 », il serait tota­le­ment contre-produc­tif d’en être encore à disser­ter benoî­te­ment sur le « déve­lop­pe­ment durable ».

La demi-jour­née de réflexion aux Diaco­nesses à Paris 12e le 9 juin est domi­née hélas par les écono­mistes. Mais où sont passés les biolo­gistes, si actifs au début des années 70 ? Les écono­mistes ont vite fait de ne voir qu’une « crise », encore une, là où il s’agit pour la première fois du choc fron­tal d’ordre géolo­gique entre une civi­li­sa­tion occi­den­tale en train de conta­mi­ner dans sa toxico-dépen­dance au consu­mé­risme le reste du monde au préa­lable décé­ré­bré par la publi­cité et le bour­rage de crâne déve­lop­pe­men­tiste, et une fragile pelli­cule de vie mortel­le­ment atteinte par cette méga­ma­chine folle coin­cée dans son auto-accé­lé­ra­tion. La méga­lo­ma­nie occi­den­tale, que ce soit dans sa version capi­ta­liste ou sa version socia­liste, nous préci­pite vers l’im­plo­sion (P. Thuillier, D. Jensen). Nous ne serons jamais 9 milliards en 2050 ! (P. Chefurka, H. Stoe­ckel, C. Clug­ston). Des famines dantesques auront lieu, bien avant, accom­pa­gnées de guerres civiles, d’épi­dé­mies, d’émeutes et des raidis­se­ments fonda­men­ta­listes qui vont avec. Illu­sion de revanche des peuples humi­liés lors de la Guerre de l’Opium et de la colo­ni­sa­tion. Tout cela dans une ambiance de folie guer­rière avec des États ne comp­tant plus que sur leur puis­sance mili­taire et leur capa­cité cynique à anéan­tir les émeutes : la Chine s’ap­prête à doubler son budget mili­taire ces 3 prochaines années après avoir augmenté ses dépenses mili­taires de 189% de 2000 à 2010, la Russie de 82% comme les U.S.A. (P. Larrou­tu­rou). Dans cette phase finale d’ago­nie des socié­tés indus­trielles, nous lais­sons encore stupi­de­ment les publi­ci­taires faire œuvre de créti­ni­sa­tion des masses, et les riches jouer à leur concur­rence juste pour leur plai­sir infan­tile de la frime osten­ta­toire : en jeter plein la vue, plai­sir pervers, patho­lo­gique, de rendre jaloux, para­der comme des gamins et se donner en spec­tacle aux ethno­ci­dés des villes qui croient que le bonheur, c’est l’en­ri­chis­se­ment. Syndrome mimé­tique !

La justice, ce n’est pas l’éga­lité au sens « tout le monde riche », c’est l’éga­lité dans la vie modeste et rurale, moins de biens, plus de liens, la fin des hiérar­chies sociales par la multi­pli­ca­tion des autar­cies locales en reva­lo­ri­sant les savoir-faire arti­sa­naux et locaux, héri­tage de l’eth­no­di­ver­sité qui fait la valeur du patri­moine imma­té­riel de l’hu­ma­nité que l’Unesco a raison de promou­voir en défen­dant le pluriel des langues et des cultures, notam­ment les droits des peuples autoch­tones recon­nus enfin par l’O.N.U. en 2003. Cette justice, cette égalité passe par l’éclo­sion des auto­gou­ver­ne­ments de petite taille, seule possi­bi­lité d’amor­tir en souplesse (rési­lience) les effets de l’ef­fon­dre­ment des socié­tés complexes (J. Tain­ter) préten­dues modernes et civi­li­sées. Et le tout avec des moyens très économes en éner­gie et ressources minières, des moyens basés sur tout ce qui pousse et donc se renou­velle natu­rel­le­ment du seul fait de la capta­tion de l’éner­gie des rayons du soleil. Bref une vie juste ne peut qu’être une vie à très faible empreinte écolo­gique, la seule dont le niveau est égali­tai­re­ment parta­geable entre tous les habi­tants humains et non humains de cette planète. Or sur notre planète à taille finie, l’es­pace bio-produc­tif utili­sable est de 12 milliards d’hec­tares, soit actuel­le­ment 1,8 ha par personne, mais en termes d’em­preinte écolo­gique, cette surface maxi­mum est déjà large­ment dépas­sée : 9,6 ha par habi­tant des U.S.A., 7,2 au Canada, 5,3 en France, 3,8 en Italie. Mais 0,8 en Inde et 0,5 à Haïti (S. Latouche 2012).

Quelles déci­sions in extré­mis ?

La rupture radi­cale pour orien­ter les socié­tés vers l’aban­don du rêve occi­den­tal de puis­sance, rêve déjà en place dans les premiers empires en Chine, en Perse et en Égypte, ne pour­rait résul­ter que d’un virage brutal et immé­diat au vu du peu de temps qui nous reste avant l’ef­fon­dre­ment : demain tous les publi­ci­taires sont en prison (NDLR: i.e. la publi­cité deve­nue illé­gale), et tout ce qui distrait et diver­tit, inter­dit. Les mass-médias se consacrent unique­ment à téta­ni­ser les masses jadis abru­ties pour les désin­toxiquer du rêve stupide du consu­mé­risme. Plus rien ne vient de loin. Arrêt immé­diat de tout véhi­cule, bateau ou avion à moteur ther­mique. Inter­dic­tion des toitures non culti­vables en petit marai­chage sur terrasses : il faut démi­né­ra­li­ser le paysage urbain en le re-végé­ta­li­sant. Confis­ca­tion immé­diate de tous les biens des riches pour finan­cer le retour à une vie beso­gneuse et décente pour tous les misé­rables (dota­tion condi­tion­nelle d’au­to­no­mie) et pour finan­cer la sortie du nucléaire, ainsi que la remise à l’hon­neur de l’éner­gie muscu­laire animale et humaine. Tout cela bien-sûr sans envi­sa­ger de faire la même chose, la même gabe­gie éner­gi­vore mais dans un contexte de simpli­cité démo­cra­tique­ment déci­dée. Arrêt de l’usage des éner­gies fossiles jusqu’au retour à la concen­tra­tion préin­dus­trielle des gaz à effet de serre…

Mais Bertrand Meheust explique bien dans « Poli­tique de l’oxy­more » et « Nostal­gie de l’Oc­cu­pa­tion » pourquoi on ne prend pas le chemin de ce virage pour­tant abso­lu­ment indis­pen­sable au plus vite pour éviter des centaines de millions de morts. Si nous sommes effec­ti­ve­ment tous dans un gigan­tesque Tita­nic condamné au naufrage : ne faut-il pas avant tout imagi­ner comment échap­per à la noyade et mettre les chaloupes à la mer ? Orga­ni­sons-nous main­te­nant en multiples groupes séces­sion­nistes pour bascu­ler dans une vie tota­le­ment nouvelle et jouis­sive, avec nos enfants formés dès aujourd’­hui aux métiers d’ave­nir : la vanne­rie, la pote­rie, le marai­chage, la trac­tion animale et les petites manu­fac­tures muni­ci­pales de recy­clage des métaux pour fabriquer des vélos…

C’est cela ou le « collapse »… l’ef­fon­dre­ment sanglant qui nous feront regret­ter les deux « petites » guerres mondiales du XXe siècle.

 

Thierry Sallan­tin


Réfé­rences biblio­gra­phiques:

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  3. Pierre Achard 1977 – Discours biolo­gique et ordre social – Sous la dir.de-ed. du Seuil
  4. Jacques Grine­vald 2010 – La thèse de Lynn White JR sur les racines histo­rique, cultu­relle et reli­gieuse de la crise écolo­gique de la civi­li­sa­tion indus­trielle moderne. In D. Bourg, Ph. Roch (dir.) Labor et Fides
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  6. Jacques Grine­vald 2006 – La Révo­lu­tion indus­trielle à l’échelle de l’his­toire humaine de la Biosphère. Revue euro­péenne des sciences sociales n° 134, pp. 139–167
  7. Jacques Grine­vald 2007 – La Biosphère de l’An­thro­po­cène : climat et pétrole, la double menace. Repères trans­dis­ci­pli­naires 1824–2007. Éd. Georg, Genève
  8. Jacques Grine­vald 2012 – Le concept d’An­thro­po­cène, son contexte histo­rique et scien­ti­fique. Revue Entro­pia n° 12, pp. 22–38
  9. Yves Cochet 2012 – La civi­li­sa­tion thermo-indus­trielle va s’ef­fon­drer avant 2030. La Revue Durable n° 44, février
  10. Serge Latouche 2012 – L’âge des limites (à paraître)
  11. Serge Latouche 1989 – L’oc­ci­den­ta­li­sa­tion du monde. Essai sur la signi­fi­ca­tion, la portée et les limites de l’uni­for­mi­sa­tion plané­taire. La Décou­verte, réed. 2008
  12. Serge Latouche 1994 – Déve­lop­pe­ment durable : un concept alibi. Tiers Monde n° 137, voir aussi le n° 100
  13. Serge Latouche 2001 – La dérai­son de la raison écono­mique. Du délire d’ef­fi­ca­cité au prin­cipe de  précau­tion. Albin Michel
  14. Serge Latouche 2004 – L’in­ven­tion de l’éco­no­mie. Albin Michel
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  38. Pierre Larrou­tu­rou 2012 – C’est plus grave que ce qu’on vous dit… – Nova ed.
  39. Bertrand Meheust 2009 – La poli­tique de l’oxy­more  – La Décou­verte
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  41. Timo­thée Duver­ger 2011 – La décrois­sance, une idée pour demain. Éd. Sang de la Terre
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  44. Philippe Bihouix, Benoît de Guille­bon 2010 – Quel futur pour les métaux ? Éd. E.D.P.
  45. Joseph Tain­ter 1988 – The Collapse of Complex Socie­ties – Cambridge Univ. P.
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  47. Jack Goody 2010 – Le vol de l’His­toire – Galli­mard
  48. Mathis Wacker­na­gel, William Rees 1999 – Notre empreinte écolo­gique. Éd. Ecoso­ciété  Montréal
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  50. Derrick Jensen 2011 – Deep Green Resis­tance – Seven Stories Press, New York
  51. Michel Maffe­soli 2010 – Matri­mo­nium. Petit traité d’éco­so­phie. – Ed . du C.N.R.S.
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  67. Alain Gras 2003 – Fragi­lité de la puis­sance : se libé­rer de l’em­prise de la tech­no­lo­gie. Fayard
  68. Alain Gras 2006 – Le choix du feu. Fayard
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  77. Ernst Frie­drich Schu­ma­cher 1979 [1973] – Small is beau­ti­full. Une société à la mesure de l’homme. Éd. du Seuil, collec­tion Points
  78. Kirk­pa­trick Sale 1980 – Human Scale. Coward, McCann and Geor­ghe­gan, New York
  79. Michael Igna­tieff 1986 – La liberté d’être humain : essai sur le désir et le besoin. Éd. La Décou­verte
  80. H.W. Arndt 1987 – Econo­mic Deve­lop­ment : the History of an Idea. Chicago Univ. Press
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  82. Patri­cia Spring­borg 1981 – The problem of Human Needs and the Critique of Civi­li­za­tion. Allen and Unwin, London
  83. Franco Ferra­roti 1985 – The Myth of Inevi­table Progress. Green­wood Press, West­port. CT
  84. Karl Pola­nyi 1983 [1957] – La Grande Trans­for­ma­tion. Aux origines poli­tiques et écono­miques de notre temps. Galli­mard
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  92. Jacques Ellul 1954 – La tech­nique ou l’enjeu du siècle. Réed. Econo­mica 1990
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  95. Herman Daly, John Cobb 1989 – For the Common Good. Redi­rec­ting the Economy toward Commu­nity. The Envi­ronn­ment and a Sustai­nable Future. Beacon Press , Boston
  96. Edgar Morin 2002 – Une mondia­li­sa­tion plurielle. Le Monde, 26 mars (une exécu­tion en règle du concept de déve­lop­pe­ment, T.S.)
  97. Edgar Morin 2011 – La voie. Fayard (il y reprend comme M. Maffe­soli mon idée de rempla­cer le déve­lop­pe­ment par l’en­ve­lop­pe­ment)
  98. Alain Caillé, Serge Latouche, Marc Humbert, Patrick Vive­ret 2011 – De la convi­via­lité. Dialogues sur la société convi­viale à venir. La Décou­verte
  99. Patrick Vive­ret 2012 – La cause humaine. Du bon usage de la fin d’un monde. Les Liens qui Libèrent
  100. Marc Nerfin – Inter­na­tio­nal Foun­da­tion for Deve­lop­ment Alter­na­tives – I.F.D.A.
  101. Jan Neder­veen Pieterse 2000 – Alter­na­tive, Post and Reflexive Deve­lop­ment. En ligne sur la Toile (pdf)
  102. Jan Neder­veen Pieterse, 2002 – Deve­lop­ment. Decons­truc­tions/Recons­truc­tions. Sage Publi­ca­tions
  103. J. Seabrook 1994 – Victims of deve­lop­ment. Résis­tance and alter­na­tives. Verso, London
  104. Daniel Céré­zuelle 2011 – La Tech­nique et la chair. Paran­gon
  105. Michael Jacobs 1998 – Sustai­nable deve­lop­ment as a contes­ted concept. In Andrew Dobson 1998, pp. 21–45
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  107. Simon Char­bon­neau 2009 – Résis­ter pour sortir du déve­lop­pe­ment. Éd. Sang de la Terre
  108. Michel Puech 2010 – Déve­lop­pe­ment durable : un avenir à faire soi-même. Le Pommier (p. 29– l’Or­don­nance de Brunoy, 1346– origine de” sustai­nable”)
  109. Jerry Mander, Edward Gold­smith 1996 – The Case against Global Economy and for a turn toward the Local. Sierra Club Books, San Fran­cisco, Cali­for­nia
  110. Jerry Mander 1991 – In the Absence of the Sacred. The Failure of Tech­no­logy and the Survi­val of Indians Nations. Sierra Club Books, San Fran­cisco
  111. Cons­tan­tin Casto­ria­dis 1974 – Réflexions sur le “déve­lop­pe­ment” et la “ratio­na­lité”. Les Carre­fours du Laby­rinthe 2, réed. 1986, Points-Seuil
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  113. Robert Jaulin (dir.) 1972 – De l’eth­no­cide. U.G.E.10/18
  114. Robert Jaulin (dir.) 1972 – L’eth­no­cide à travers les Amériques. Fayard
  115. Robert Jaulin 1974 – La Déci­vi­li­sa­tion. Éd. Complexe, Bruxelles
  116. Eric Navet 2007 – L’Oc­ci­dent barbare et la philo­so­phie sauvage. Éd. Homni­sphères
  117. William Vogt 1950 [1948] – La faim du monde. ed Hachette, titre origi­nal – Road to Survi­val
  118. Rachel Carson 1963 [1962] – Prin­temps silen­cieux. Éd. Plon, réed. 2009, Wild­project
  119. Jean Dorst 1965 – Avant que nature meure. Dela­chaux et Niestlé, 6e réédi­tion 1976
  120. Roger Heim 1952 – Destruc­tion et protec­tion de la nature. Éd. Armand Colin
  121. Roger Heim 1973 – L’an­goisse de l’An 2000. Éd. Fonda­tion Singer-Poli­gnac
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  123. Gro Harlem Brundt­land 1988 – Notre avenir à tous. Éd. du Fleuve, Québec (rapport prépa­rant la Confé­rence de Rio “envi­ron­ne­ment et déve­lop­pe­ment”92
  124. Barry Commo­ner 1969 – Quelle Terre lais­se­rons-nous à nos enfants ? [Science and Survi­val]. Éd. du Seuil
  125. Barry Commo­ner 1973 – L’en­cer­cle­ment. Éd. du Seuil
  126. Serge Mosco­vici 1968 – Essai sur l’his­toire humaine de la nature. Flam­ma­rion
  127. Serge Mosco­vici 1972 – La Société contre nature. Seuil
  128. Serge Mosco­vici 1974 – Hommes domes­tiques et hommes sauvages. U.G.E. 10/18
  129. Serge Mosco­vici 2002 – De la nature, penser l’éco­lo­gie. Éd. Métai­lié
  130. Serge Mosco­vici 2002 – Réen­chan­ter la nature : entre­tiens avec Pascal Dibie. Éd. de l’Aube
  131. Gene­viève Azam, Chris­tophe Bonneuil, Maxime Combes 2012 – La nature n’a pas de prix. Les méprises de l’éco­no­mie verte. Ed. Les Liens qui Libèrent

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