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Où est notre Jeremy Corbyn? (Chris Hedges)

chris_hedgesArticle origi­nal publié en anglais sur le site de truth­dig.com, le 13 septembre 2015.
Chris­to­pher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johns­bury, au Vermont) est un jour­na­liste et auteur améri­cain. Réci­pien­daire d’un prix Pulit­zer, Chris Hedges fut corres­pon­dant de guerre pour le New York Times pendant 15 ans. Reconnu pour ses articles d’ana­lyse sociale et poli­tique de la situa­tion améri­caine, ses écrits paraissent main­te­nant dans la presse indé­pen­dante, dont Harper’s, The New York Review of Books, Mother Jones et The Nation. Il a égale­ment ensei­gné aux univer­si­tés Colum­bia et Prin­ce­ton. Il est édito­ria­liste du lundi pour le site Truth­dig.com.


La poli­tique de Jeremy Corbyn, qui a remporté samedi une victoire écra­sante à la tête du Parti travailliste qui avait essuyé une défaite élec­to­rale en mai dernier, fait partie de la révolte globale contre la tyran­nie corpo­ra­tiste. Sa longue carrière avait été marquée par une mise à l’écart au sein même de la classe poli­tique de son pays. Mais n’ayant jamais renoncé aux idéaux socia­listes qui défi­nis­saient le vieux Parti travailliste, il est sorti intact du tas de fumier que repré­sente le néoli­bé­ra­lisme. Son inté­grité, ainsi que son audace, offrent une leçon à ceux qui, aux États-Unis, se défi­nissent comme appar­te­nant à la gauche, font de beaux discours, cherchent à compo­ser avec les élites au pouvoir plus parti­cu­liè­re­ment avec le Parti démo­crate  et sont tota­le­ment dépour­vus de courage.

Je n’ap­por­te­rai mon soutien ni à un homme poli­tique qui liquide les pales­ti­niens et se plie aux exigences du lobby israé­lien ni à un homme poli­tique qui refuse de s’op­po­ser au complexe mili­taro-indus­triel ou à la supré­ma­tie blanche et à l’injus­tice raciale. La ques­tion pales­ti­nienne n’est pas une ques­tion acces­soire. Elle fait partie inté­grante des efforts des états-uniens visant à déman­te­ler notre machine de guerre, la poli­tique néoli­bé­rale qui utilise prin­ci­pa­le­ment le langage de l’aus­té­rité et de la violence pour s’adres­ser au reste du monde, et l’in­fluence corro­sive de l’argent dans le système poli­tique du pays. Si vous tenez tête aux maîtres de la guerre et au lobby israé­lien, il vous faudra proba­ble­ment tenir tête à tous les autres pouvoirs néoli­bé­raux et corpo­ra­tistes qui canni­ba­lisent les États-Unis. C’est en cela que consiste l’ap­ti­tude à diri­ger. Cela consiste à avoir une vision. Et cela consiste à se battre pour cette vision.

Corbyn, qui soutient les négo­cia­tions avec le Hamas et avec Hezbol­lah et qui a une fois invité des membres de ces deux orga­ni­sa­tions à visi­ter le Parle­ment, a appelé à traduire en justice les diri­geants d’Is­raël pour crimes de guerre contre les pales­ti­niens. Il a exprimé son soutien au mouve­ment Boycott, Désin­ves­tis­se­ment et Sanc­tions (BDS) à l’en­contre d’Is­raël et à l’ap­pel pour un embargo sur les armes contre ce même pays. Il souhaite abolir le Preven­tion of Terro­rism Act (acte de préven­tion du terro­risme), équi­valent britan­nique du Patriot Act aux États-Unis et qui a été utilisé pour stig­ma­ti­ser et harce­ler les musul­mans. Il veut que le Royaume-Uni se retire de l’OTAN. Il a déclaré qu’il ne conce­vait aucune situa­tion néces­si­tant l’en­voi de troupes britan­niques à l’étran­ger. Il s’est opposé farou­che­ment à l’in­va­sion et à l’oc­cu­pa­tion de l’Irak et a été l’un des insti­ga­teurs de l’or­ga­ni­sa­tion “Stop the War Coali­tion”. Il a dénoncé les États-Unis pour ce qu’il a appelé l’as­sas­si­nat de Oussama ben Laden, allé­guant que le leader d’Al-Qaïda aurait dû être capturé et jugé, et il s’en est pris au gouver­ne­ment britan­nique pour avoir utilisé des drones mili­taires pour tuer deux djiha­distes britan­niques en Syrie, au mois d’août. Il prône le désar­me­ment nucléaire unila­té­ral et a exhorté à la suppres­sion de “Trident”, le programme de dissua­sion nucléaire de son pays. Il s’op­pose à toute inter­ven­tion mili­taire en Syrie et veut exer­cer une pres­sion sur “nos préten­dus alliés de la région” compre­nez l’Ara­bie Saou­dite qui soutiennent l’État isla­mique. Il a appelé à des pour­par­lers avec les diri­geants de factions guer­rières en Irak et en Afgha­nis­tan en vue de mettre un terme aux conflits.

“Aucune solu­tion aux meurtres et aux viola­tions des droits humains {au Moyen-Orient] ne réside dans un recours à une inter­ven­tion mili­taire supplé­men­taire de la part de l’oc­ci­dent”, a écrit Corbyn. Il faudra finir par trou­ver une solu­tion poli­tique dans la région mais ce ne sont pas les bombar­de­ments par les forces de l’OTAN qui pour­ront y parve­nir. Le drame des meurtres et de la progres­sion d’ISIS au cours de ces dernières semaines est encore un autre résul­tat de la guerre contre le terro­risme déclen­chée par le duo Bush-Blair et qui se pour­suit depuis 2001. Les victimes de ces guerres sont les réfu­giés et ceux qui sont chas­sés de leurs maisons ainsi que les milliers de civils anonymes qui ont péri et conti­nue­ront de périr dans la région. Les “vainqueurs” sont inévi­ta­ble­ment les fabri­cants d’armes et ceux qui profitent des ressources natu­relles de la région.

Et il ne s’agit là que de sa poli­tique exté­rieure.

Corbyn dit qu’il encou­ra­gera des hausses d’im­pôts impor­tantes pour les riches ainsi que la suppres­sion des allè­ge­ments fiscaux accor­dés aux entre­prises. Il envi­sage d’im­po­ser des mesures de sauve­garde pour proté­ger les béné­fi­ciaires de pres­ta­tions sociales et d’ins­ti­tuer un “salaire maxi­mum” pour les diri­geants d’en­tre­prises afin de lutter contre “des niveaux d’iné­ga­lité grotesques”. Il souhaite la mise en place d’un enca­dre­ment géné­ra­lisé des loyers afin de mettre un terme au “nettoyage social”, selon ses propres termes, produit par la gentri­fi­ca­tion. Il a demandé instam­ment à la Banque d’An­gle­terre de procé­der à un assou­plis­se­ment moné­taire pour le peuple qu’il nomme “People’s Quan­ti­ta­tive Easing”, exigeant qu’elle inves­tisse des milliards dans des projets desti­nés aux loge­ments, à l’éner­gie et à d’autres infra­struc­tures. Il soutient la créa­tion d’un sanc­tuaire dans l’ Antar­c­tique pour empê­cher l’ex­trac­tion minière et le forage pétro­lier. Il s’op­pose au fracking. Il prévoit des inves­tis­se­ments publics pour la construc­tion des systèmes d’éner­gies renou­ve­lables solaires et éoliennes, et une “régle­men­ta­tion mondiale” pour entra­ver l’ex­por­ta­tion de carbone. Enfin, il envi­sage de mettre fin aux mesures de priva­ti­sa­tion de certains services du système de santé univer­sel de son pays, connu sous le nom de “Natio­nal Health Service”.

Tandis que les travaillistes prenaient un virage à droite et subis­saient la domi­na­tion de l’argent corpo­ra­tiste et du néoli­bé­ra­lisme sous les gouver­ne­ments Tony Blair et Gordon Brown – un proces­sus qui a égale­ment concerné le Parti démo­crate sous les mandats de Bill Clin­ton et de Barack Obama – Corbyn deve­nait un rebelle au sein de son propre parti. Entre 1997 et 2000, en tant que membre du Parle­ment, où il siège depuis 1983, il a voté contre des projets de loi ou a contesté des posi­tions défen­dues par le gouver­ne­ment du “nouveau” Parti travailliste plus de 500 fois. Blair, qui déteste Corbyn, a prévenu que si le parti soutient Corbyn lors des prochaines élec­tions géné­rales (qui sont prévues pour 2020 mais peuvent se tenir à tout moment si un vote de non-confiance au Parle­ment a lieu), il risquera d’être anéanti lors du scru­tin. Corbyn a réagi en suggé­rant que Blair devrait être pour­suivi en tant que crimi­nel de guerre pour son rôle dans l’in­va­sion de l’Irak en 2003.

Corbyn, au cours de la quaran­taine d’an­nées qu’il a passée en marge de l’es­ta­blish­ment poli­tique britan­nique, a appelé à l’abo­li­tion de la monar­chie britan­nique et a décrit Karl Marx comme “une figure fasci­nante qui a beau­coup observé et dont on peut apprendre beau­coup de choses”. Il veut natio­na­li­ser les compa­gnies de produc­tion d’éner­gie et rena­tio­na­li­ser la poste et les chemins de fer. “Sans excep­tion, la majo­rité des infra­struc­tures britan­niques d’élec­tri­cité, de gaz, d’eau et de chemin de fer ont été construites par le biais d’in­ves­tis­se­ments publics à la fin de la deuxième guerre mondiale et ont toutes été priva­ti­sées à des prix défiant toute concur­rence par les gouver­ne­ments conser­va­teurs de That­cher et de [John] Major au profit d’in­ves­tis­seurs avides”. a-t-il écrit dans une colonne du jour­nal “The Morning Star”.

Il a soulevé la possi­bi­lité d’un retrait du Royaume-Uni de l’Union Euro­péenne, citant l’at­taque draco­nienne orches­trée par l’UE contre le peuple grec au nom de l’aus­té­rité. “Obser­vons les choses sous un autre angle”, a déclaré Corbyn. “Si on permet à des forces qui n’ont pas à répondre de leurs actes de détruire une écono­mie comme celle de la Grèce, quand tout l’argent de ce plan de sauve­tage ne va pas au peuple grec mais à plusieurs banques à travers l’Eu­rope, alors je pense que nous devons réflé­chir très sérieu­se­ment au rôle joué par l’UE et au rôle que nous jouons dans tout cela”.

Corbyn a proposé la créa­tion d’un Service Natio­nal de l’édu­ca­tion qui four­ni­rait, grâce à l’aug­men­ta­tion des taxes sur les entre­prises, une éduca­tion univer­selle gratuite de la garde­rie jusqu’à l’uni­ver­sité, en passant par les écoles profes­sion­nelles et la forma­tion pour adultes. Il souhaite suppri­mer l’équi­valent britan­nique des écoles privées sous contrat et mettre fin à l’oc­troi d’exo­né­ra­tion d’im­pôt consenti aux écoles privées desti­nées aux élites. Il voudrait réta­blir les subven­tions d’état dans le domaine des arts. Il a publié une décla­ra­tion en août ayant pour titre “Les arts sont pour tous et non pour quelques uns ; il y a de la créa­ti­vité dans chacun d’entre nous.” Elle vaut la peine d’être lue.

La commu­nauté artis­tique aux États-Unis, comme celle de Grande-Bretagne, est en grande détresse. Les acteurs, les danseurs, les musi­ciens, les sculp­teurs, les chan­teurs, les peintres, les écri­vains, les poètes et même les jour­na­listes ne parviennent pas à gagner leur vie. Ils disposent de peu d’es­paces pour se produire ou pour publier une nouvelle œuvre. Les théâtres déjà implan­tés offrent des spec­tacles de mauvais goût ou des pièces qui sont des diver­tis­se­ments vides de sens plutôt que de l’art. La guerre contre les arts a contri­bué dans une large mesure au nivel­le­ment par le bas de la popu­la­tion des États-Unis. Elle nous coupe de notre patri­moine artis­tique et intel­lec­tuel, contri­buant ainsi à notre amné­sie histo­rique et cultu­relle. En paral­lèle, la suppres­sion des matières artis­tiques des programmes scolaires, main­te­nant domi­nés par des compé­tences profes­sion­nelles et des tests stan­dar­di­sés, a conso­lidé un système dans lequel on a ensei­gné ce qu’il faut penser et non comment il fat penser. L’ex­pres­sion libre et la créa­ti­vité, disci­plines qui rendent possibles la connais­sance de soi, la trans­cen­dance et l’ap­ti­tude au respect, sont des anathèmes aux yeux de l’état capi­ta­liste. Le dogme imposé du néoli­bé­ra­lisme ne doit pas être remis en ques­tion.

“Sous l’ap­pa­rence d’un programme d’aus­té­rité à carac­tère poli­tique, ce gouver­ne­ment a détruit le finan­ce­ment des arts avec des projets qui devaient justi­fier de plus en plus souvent leurs contri­bu­tions artis­tiques et sociales dans l’ap­proche réduc­trice et impla­ca­ble­ment instru­men­ta­liste de l’ad­mi­nis­tra­tion That­cher”, a écrit Corbyn dans sa décla­ra­tion du mois d’août. Au cours des années 80, That­cher qui était alors premier ministre, a cher­ché à affai­blir la commu­nauté artis­tique, en tentant de réduire au silence les provo­ca­teurs et en favo­ri­sant le popu­lisme. Les méthodes actuelles de mesure des valeurs du Trésor (inspi­rées de pratiques utili­sées dans le marché immo­bi­lier et ailleurs) pour tenter de trou­ver des méca­nismes appro­priés au calcul de la valeur des visites des gale­ries d’art ou de l’opéra, consti­tuent une voie dange­reuse vers la commer­cia­li­sa­tion impi­toyable de chaque sphère de notre exis­tence. Il en a résulté des coupes dans le budget du “Arts Coun­cil” (orga­nisme public chargé de la promo­tion des arts et de la culture) qui ont atteint 82 millions de livres en l’es­pace de 5 ans et la ferme­ture de la grande majo­rité des orga­ni­sa­tions artis­tiques subven­tion­nées, en parti­cu­lier en dehors de Londres.”

Il conti­nue:

Au-delà des béné­fices sociaux et écono­miques évidents des arts, on retrouve leur contri­bu­tion impor­tante à nos commu­nau­tés, à l’édu­ca­tion et au proces­sus démo­cra­tique. Des études ont démon­tré l’im­pact béné­fique de l’étude du théâtre dans les écoles sur la capa­cité des adoles­cents à commu­niquer, apprendre, et se tolé­rer les uns les autres, ainsi que sur la proba­bi­lité qu’ils votent. La hausse de l’im­pli­ca­tion des jeunes dans le proces­sus poli­tique est une chose qu’il faut encou­ra­ger et célé­brer. De plus, la contri­bu­tion et la critique de notre société et de la démo­cra­tie que le théâtre a la capa­cité d’of­frir doit être proté­gée. Pour citer David Lan, “la dissi­dence est néces­saire à la démo­cra­tie, et les gouver­ne­ments démo­cra­tiques ont inté­rêt à préser­ver les sites où la dissi­dence peut s’ex­pri­mer”.

Corbyn dit qu’il annu­le­rait les coupes budgé­taires gouver­ne­men­tales qui ont éven­tré la BBC. Il comprend que la destruc­tion de la radio­dif­fu­sion publique, qui est conçue pour four­nir une tribune aux voix et aux artistes que l’argent corpo­ra­tiste ne contrôle pas, signi­fie l’avè­ne­ment d’un système de propa­gande dominé par les corpo­ra­tions, comme celui qui contrôle la majo­rité des ondes états-uniennes.

“Je crois ferme­ment au prin­cipe de la radio­dif­fu­sion publique et je ne voudrais pas qu’on suive la voie tracée par les États-Unis, où PBS a été évidée, inca­pable de four­nir un contenu assez large pour pouvoir affron­ter les radio­dif­fu­seurs privés, et où Fox News a, par consé­quent, acquis une posi­tion domi­nante et donne le la dans le domaine de l’ac­tua­lité”, a-t-il écrit. “Je veux voir le parti travailliste au cœur des campagnes de protec­tion de la BBC et de ses droits de licence. Lorsque nous [les travaillistes] retour­ne­ront au pouvoir, nous devons entiè­re­ment finan­cer la radio­dif­fu­sion publique sous toutes ses formes, et recon­naitre le rôle crucial qu’a joué la BBC dans la mise en place et le soutien d’arts natio­naux de classe mondiale, du théâtre, et du diver­tis­se­ment”.

Corbyn est devenu végé­ta­rien à l’âge de 20 ans après avoir travaillé dans une exploi­ta­tion porcine et avoir été témoin de l’abus, de la torture et du massacre de ces animaux. Il soutient les droits des animaux. Il ne possède pas de voiture, se déplace presque partout en vélo et est notoi­re­ment frugal, est habi­tuel­le­ment le moins dépen­sier de tous les membres du parle­ment. Son roman­cier préféré est l’écri­vain nigé­rian Chinua Achebe, qui a écrit “Things Fall Apart” (“le monde s’ef­fondre”), une explo­ra­tion de la force destruc­trice du colo­nia­lisme. Corbyn parle couram­ment l’es­pa­gnol et vient d’une famille de gauche. (Ses parents se sont rencon­trés lors d’un rassem­ble­ment en soutien aux répu­bli­cains qui combat­taient les fascistes de Franco durant la guerre civile espa­gnole).

Il est très conscient du problème de la violence mascu­line contre les femmes. Il bloque­rait la ferme­ture des centres pour femmes victimes de violences domes­tiques, combat­trait la discri­mi­na­tion contre les femmes sur leur lieu de travail et soutien­drait les lois contre le harcè­le­ment sexuel et l’agres­sion sexuelle. Il explique que son cabi­net serait composé à 50% de femmes.

L’as­cen­sion de Corbyn à la tête du parti travailliste a d’ores et déjà déclen­ché un lynchage contre lui de la part des forces de l’ordre poli­tique néoli­bé­ral. Ces forces sont déter­mi­nées à l’em­pê­cher de deve­nir premier ministre. Les élites enra­ci­nées dans son propre parti — dont un certain nombre ont déjà démis­sionné de postes de direc­tions, en signe de protes­ta­tion contre l’élec­tion de Corbyn — cher­che­ront à lui faire ce que les démo­crates firent en 1972 à George McGi­vern après qu’il ait obtenu la nomi­na­tion à la tête du parti. La rhéto­rique de la peur a déjà commencé. Le premier ministre David Came­ron a tweeté dimanche: “le parti travailliste est main­te­nant une menace pour notre sécu­rité natio­nale, notre sécu­rité écono­mique et la sécu­rité de votre famille”. Cette bataille sera rude.

Corbyn, à l’ins­tar de Syriza en Grèce et Pode­mos en Espagne, fait partie de la nouvelle résis­tance popu­laire qui émerge des ruines du néoli­bé­ra­lisme et de la globa­li­sa­tion pour combattre le système bancaire inter­na­tio­nal et l’im­pé­ria­lisme améri­cain. Il nous reste à orga­ni­ser cette bataille effi­ca­ce­ment aux États-Unis. Mais parce que nous vivons au cœur de l’em­pire, une respon­sa­bi­lité parti­cu­lière nous incombe pour défier la machine, main­te­nue en place par l’es­ta­blish­ment du Parti démo­crate, défier l’in­dus­trie de la guerre, Wall Street et le lobby israé­lien. Nous devons nous aussi œuvrer à construire une nation socia­liste. Notre victoire n’est pas assu­rée, mais ce combat est le seul espoir qui nous reste pour nous sauver des forces préda­trices déter­mi­nées à détruire la démo­cra­tie et l’éco­sys­tème dont nos vies dépendent. Si les forces auxquelles nous sommes confron­tés triomphent, notre avenir sera compro­mis.

Chris Hedges


Traduc­tion: Héléna Delau­nay

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5 Comments on "Où est notre Jeremy Corbyn? (Chris Hedges)"

  1. Merci à la traductrice!
    Juste une remarque: la traduction choisie pour le titre me semble ambigüe.
    Je proposerais: “Nous, Américains, où est notre Jeremy Corbyn?” ou bien “Nous, les Etats-Unis, aurions besoin d’un Jeremy Corbyn”.

  2. Je soutiens complètement cette démarche car elle montre une vraie volonté politique, ce qui manque à cette période de fin de civilisation comme la nomme ma femme. C’est effectivement un homme politique de gauche ce qui n’est pas la moindre des qualités aujourd’hui.

  3. Thanks to Chris Hedjes to have supplied us the opportunity to know Jeremy Corbyn ,his so noble ideals in the service of his country,his fellow countrymen in particular weak ones, solidarity , justice but also a justice for the good of the humanity, an ideal which you share and which you would like to see one day applied in your country, America, at the heart of « the empire » as you say. Is enough these wealth which benefit only the rich, the bankers, the arms dealers, the big multinationals and all those power seekers. Is enough all these atrocious wars which bring back only misfortune and sadness! The task is certainly difficult, the thorny and very long path but the man when he wakes up can move mountains and sweep like a tsunami the enemies of the human race

  4. Merci à Chris Hedjes pour nous avoir fourni l’occasion de connaître Jeremy Corbyn, ses idéaux tellement nobles au service de son pays,de ses concitoyens notamment les faibles,de solidarité de justice mais aussi une justesse de vue et une justice pour le bien de l’humanité entière,un idéal que vous partagez et que vous aimeriez voir un jour appliqué dans votre pays,l’Amérique, au coeur de « l’empire » comme vous dites.Suffit ces richesses qui ne profitent qu’aux riches,aux banquiers,aux marchands de canons ,aux grandes multinationales et tous ceux assoiffés de pouvoir.Suffit toutes ces guerres atroces qui ne rapportent que malheur et désolation!La tâche est certes difficile,le chemin épineux et bien long mais l’homme quand il se réveille peut déplacer des montagnes et balayer tel un tsunami les ennemis du genre humain

  5. Merci à Chris Hedjes pour nous avoir fourni l’occasion de connaître Jeremy Corbyn, ses idéaux tellement nobles au service de son pays ,de ses concitoyens notamment les faibles ,de solidarité de justice mais aussi une justesse de vue et une justice pour le bien de l’humanité entière ,un idéal que vous partagez et que vous aimeriez voir un jour appliqué dans votre pays,l’Amérique, au coeur de « l’empire » comme vous dites.Suffit ces richesses qui ne profitent qu’aux riches,aux banquiers,aux marchands de canons ,aux grandes multinationales et tous ceux assoiffés de pouvoir.Suffit toutes ces guerres atroces qui ne rapportent que malheur et désolation!La tâche est certes difficile,le chemin épineux et bien long mais l’homme quand il se réveille peut déplacer des montagnes et balayer tel un tsunami les ennemis du genre humain.

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