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Extinction de l'espèce humaine — le suicide de la civilisation industrielle (par Guy McPherson)
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Guy McPher­son est un orateur éner­gique et un modé­ra­teur talen­tueux. Il a à son actif d’in­nom­brables confé­rences sur les deux consé­quences directes de notre addic­tion aux combus­tibles fossiles: le chan­ge­ment clima­tique et le déclin éner­gé­tique. Plus récem­ment, McPher­son est devenu incon­tour­nable sur le sujet de l’ex­tinc­tion humaine à court terme. Guy est profes­seur émérite en ressources natu­relles, d’éco­lo­gie et de biolo­gie de l’évo­lu­tion à l’Uni­ver­sité de l’Ari­zona. Il y a remporté de nombreuses récom­penses pour ses recherches, et y a ensei­gné pendant vingt ans. Son travail univer­si­taire, qui pendant de nombreuses années, a été axé sur la conser­va­tion de la diver­sité biolo­gique, a été le sujet d’une douzaine de livres et de centaines d’ar­ticles. Il habite une maison en paille, hors-réseau (off-the-grid), dans le sud rural du Nouveau Mexique.

Nous vous propo­sons, dans cet article, la traduc­tion de deux inter­views de Guy, ainsi que d’un de ses articles.

Première inter­view

  1. Que diriez-vous à ceux qui ne voient pas de preuve concluante du rôle humain dans le chan­ge­ment clima­tique, afin de les convaincre ?

Je ne réponds pas à une telle igno­rance. Les preuves démon­trant le chan­ge­ment anthro­pique du climat sont acca­blantes, et elles ont été présen­tées par de nombreuses personnes utili­sant diffé­rents vecteurs d’in­for­ma­tion. Si malgré ça vous n’ad­met­tez pas l’évi­dence, il n’y a rien que je puisse faire ou dire qui vous fasse chan­ger d’avis.

  1. Ces pratiques non durables débutent-elles avec la civi­li­sa­tion et l’agri­cul­ture ?

Oui, je crois que la civi­li­sa­tion est à la racine de nos innom­brables problèmes. C’est la capa­cité et la volonté de culti­ver une nour­ri­ture entre­po­sable (par exemple, les céréales) qui carac­té­rise la civi­li­sa­tion. Le contrôle des aliments permet le contrôle des personnes. Avec la conser­va­tion des aliments, une popu­la­tion humaine excé­den­taire devient possible.

  1. Pouvons-nous en sortir avec les solu­tions propo­sées par l’État ?

Tim Garrett a publié une excel­lente étude scien­ti­fique, dans laquelle il présente la civi­li­sa­tion comme un moteur ther­mique. Il n’y a aucune solu­tion d’État. En outre, il n’y a pas de solu­tion. Le chan­ge­ment anthro­pique du climat est un péril, et non un problème. Couper le moteur ther­mique de la civi­li­sa­tion est le seul moyen de stop­per la surchauffe plané­taire.

  1. Que pensez-vous des primi­ti­vistes ?

Les primi­ti­vistes sont des personnes. Par consé­quent, je les honore et je les respecte.

  1. Que vous suggère l’éco-blan­chi­ment (Green­wa­shing) ?

La plupart des « solu­tions » que l’on entend géné­ra­le­ment relèvent de l’éco blan­chi­ment. J’ai un autre mot pour le défi­nir : le mensonge. Vous pour­riez préfé­rer le terme de propa­gande. Edward Bernays serait flatté de voir toute la conti­nua­tion de cette campagne pour que les gens restent satis­faits d’eux-mêmes.

  1. Face à cette réalité, comment faire le deuil ?

Recon­naitre le deuil permet d’en guérir. Quand vous avez un éclat d’obus profon­dé­ment ancré dans votre hanche, et qu’il cause des douleurs pendant de nombreuses années, il n’y a qu’une solu­tion garan­tie à long terme: s’in­tro­duire, extraire le morceau et nettoyer la plaie. Le même concept s’ap­plique pour une douleur émotion­nelle plutôt que physique. La plaie à nettoyer, dans notre cas, c’est plutôt le cœur que la hanche.

  1. Pour­riez-vous compa­rer « Oubliez les douches courtes » de Derrick Jensen à « Une vérité qui dérange » d’Al Gore?

Le brillant essai de Jensen démontre que préser­ver ne nous sauvera pas du péril. Al Gore approche le problème sous un mauvais angle, lorsqu’il prône la préser­va­tion comme une solu­tion. Les argu­ments scien­ti­fiques d’Al Gore étaient large­ment corrects pour l’époque, mais ses « solu­tions » sont, pour la plupart, des exemples d’éco-blan­chi­ment.

  1. On voit les mouve­ments indi­gènes, à l’ins­tar de l’ELF, employer des tactiques de sabo­tage et de résis­tance. Est-ce que vous soute­nez ces actions?

Je soutiens l’or­ga­nisme plané­taire. Je soutiens les indi­gènes, humains, ainsi que les espèces non-humaines. Je soutiens l’épa­nouis­se­ment des idées, y compris des tactiques, qui aménagent un soutien durable pour les indi­gènes, humains, et autres orga­nismes. Je n’ai encore jamais parti­cipé à la destruc­tion de barrages, ou de quelque autre infra­struc­ture majeure conçue pour le main­tien de cette civi­li­sa­tion et par consé­quent, détruire l’or­ga­nisme plané­taire. Je respecte et j’ho­nore ceux qui ont le courage de fran­chir ce pas, comme « Idle No More ».

  1. Que conseille­riez-vous aux jeunes mili­tants pour lutter effi­ca­ce­ment contre l’apa­thie et l’épui­se­ment ?

Faites ce que vous aimez, aussi long­temps que vous le pouvez. Si vous n’ai­mez pas ce vous faites, arrê­tez de le faire.

  1. Que pensez-vous du Parti écolo­giste des États-Unis ?

Le Parti Vert États-unien reste un parti poli­tique: Il repré­sente un moindre mal, peut-être, mais lorsque l’on consi­dère l’or­ga­nisme plané­taire, un parti, en tant que rouage de la civi­li­sa­tion, ne peut être que destruc­teur.

  1. Que répon­dez-vous à ceux qui disent qu’on ne pourra renon­cer à la civi­li­sa­tion qu’au prix de millions voire de milliards de morts, et que personne ne devrait avoir à prendre ce genre de déci­sions ?

La civi­li­sa­tion détruit tout le vivant de cette planète, y compris l’ha­bi­tat de l’être humain. Perpé­tuer la civi­li­sa­tion indus­trielle, c’est perpé­tuer une secte véri­ta­ble­ment morti­fère. Chaque jour, nous explo­sons les records de surpo­pu­la­tion et pour­tant, mettre un terme à la civi­li­sa­tion appa­rait comme une chose immo­rale. Cette même civi­li­sa­tion, qui pollue l’eau, empoi­sonne l’air, draine les terres jusqu’aux océans, est systé­ma­tique­ment décla­rée intou­chable et globa­le­ment posi­tive par la quasi-tota­lité des parti­ci­pants au débat. Lorsque cette civi­li­sa­tion sera confron­tée à son échec — nous savons que toutes les civi­li­sa­tions finissent par s’éteindre — beau­coup y perdront la vie. Imagi­nons qu’elle s’écroule dès demain, et l’on comprend que les pertes en vies humaines auraient été moindres si la civi­li­sa­tion indus­trielle s’était écrou­lée il y a 40 ans. Ce même raison­ne­ment est valable pour les 40 prochaines années. Conser­ver ce confort de vie, tel qu’il est aménagé, est impos­sible.

  1. Comment votre inté­rêt pour l’en­vi­ron­ne­ment est-il né ?

J’ai passé une grande partie de mon enfance à l’ex­té­rieur sans aucune surveillance. Plus tard, j’ai financé mes études univer­si­taires en combat­tant les incen­dies de forêt. Je pense que ces deux expé­riences ont réveillé ma passion pour l’en­vi­ron­ne­ment natu­rel. Ce besoin de vivre à l’ex­té­rieur ne m’a jamais quitté. Pendant plusieurs dizaines d’an­nées, j’ai effec­tué des recherches de terrain en tant que biolo­giste, pour la conser­va­tion. Je suis à l’aise dehors.

  1. Comment vos collègues perçoivent ils votre travail, et parti­cu­liè­re­ment ceux qui prônent l’in­gé­nie­rie ou la tech­no­lo­gie comme solu­tions ?

Je n’ai plus de contact avec mes anciens collègues qui, pour la plupart, consi­dèrent que je suis fou. Je n’ai jamais vrai­ment échangé avec les techno-utopistes, et je n’en connais aucun qui aborde le sujet d’une extinc­tion humaine comme proche consé­quence d’un chan­ge­ment clima­tique soudain.

  1. Au sujet de Ted Kaczynski et John Zerzan, quel est votre ressenti ?

Tous deux véhi­culent de grandes idées. Le problème c’est qu’il n’y a pas, à l’échelle globale, de mouve­ment ou de gouver­nance qui nous mène­raient vers des aména­ge­ments de vie plus sains. C’est proba­ble­ment très frus­trant pour eux.

  1. Comment amor­cer une révo­lu­tion qui abou­tisse ?

Toutes les révo­lu­tions ont échoué, et je ne vois pas la prochaine réus­sir. Quoi qu’il en soit, nous sommes à court de temps pour sauver notre espèce.

  1. Que pensez-vous des tendances sectaires ?

On m’a accusé d’être un peu boud­dhiste, Je prends ça comme un compli­ment. Je suis fan de la modé­ra­tion.

  1. Avez-vous des recom­man­da­tions de lecture ou un dernier mot pour la fin ?

Il est tard, plus que ce que la plupart des gens imaginent. La culture domi­nante nous garde pieds et poings liés. Il est temps de briser les chaînes, il est temps de vivre.


DEUXIÈME INTERVIEW

L’in­ter­view qui suit a été réalisé avec le profes­seur Guy McPher­son par télé­phone, un peu avant la fin de la COP21:

Près de 200 pays sont atten­dus à la Conven­tion-cadre des Nations unies sur les chan­ge­ments clima­tiques, qui commence le 30 novembre en France et est censée finir le 12 décembre. Mais les négo­cia­teurs inter­na­tio­naux de Paris ont manqué leur échéance du vendredi pour parve­nir à un accord pour contrer la menace du réchauf­fe­ment clima­tique, avant qu’il ne condamne la planète. Le secré­taire d’état US John Kerry a dit vendredi que les nations déve­lop­pées devaient prendre des déci­sions diffi­ciles afin de parve­nir à un accord mondial sur le climat.

« Il est incon­ce­vable pour moi que les négo­cia­teurs parviennent à un accord qui empê­che­rait la destruc­tion totale de la planète », explique le profes­seur McPher­son.

« Nous savons depuis long­temps, en raison de travaux publiés par des insti­tu­tions recon­nues que la civi­li­sa­tion elle-même est un moteur ther­mique, que si nous main­te­nons la civi­li­sa­tion sous quelque forme que ce soit, que ce soit à l’aide de panneaux solaires, d’éo­liennes ou de vagues de combus­tibles fossiles, cela produit le même effet: la civi­li­sa­tion elle-même est un moteur ther­mique », explique-t-il.

« Et je ne vois aucun négo­cia­teur avançant l’idée de mettre fin à la civi­li­sa­tion », ajoute-t-il.

« Nous savons aussi, grâce à d’abon­dantes études récentes – sur ces 5 dernières années à peu près – à propos de l’assom­bris­se­ment global, que si nous mettions soudai­ne­ment fin à la civi­li­sa­tion, cela entrai­ne­rait un réchauf­fe­ment si soudain de la planète, en raison de la perte de cet assom­bris­se­ment mondial, que cela condam­ne­rait certai­ne­ment l’hu­ma­nité à l’ex­tinc­tion », explique le scien­ti­fique.

« Donc, soit nous gardons le moteur ther­mique allumé et condam­nons notre espèce et bien d’autres, soit nous coupons le moteur ther­mique et nous condam­nons notre propre espèce et bien d’autres. Il semble­rait que nous soyons dans une de ces situa­tions de ‘quoi que nous fassions, nous perdons’ », souligne-t-il.

« Je ne vois aucun négo­cia­teur ne serait-ce que se diri­ger vers la bonne direc­tion, encore moins entre­prendre une approche radi­cale qui pour­rait collec­ter le carbone de l’at­mo­sphère, par exemple, et réduire les émis­sions en même temps. Je ne vois pas ça arri­ver », explique-t-il.

Le chan­ge­ment clima­tique est une menace plus grande que le terro­risme

« Si j’étais un théo­ri­cien du complot, je serais porté à croire que la concen­tra­tion sur le terro­risme est un choix spéci­fique­ment conçu pour détour­ner l’at­ten­tion des problèmes impor­tants, comme le chan­ge­ment clima­tique abrupt », explique le profes­seur McPher­son.

« Il est assez clair que nous sommes en plein chan­ge­ment clima­tique abrupt. C’est la plus grave des menaces exis­ten­tielles menaçant notre espèce, et au lieu de cela les médias et les gouver­ne­ments se concentrent sur la « menace terro­riste » qui a tué bien peu de gens dans toute l’his­toire de la guerre-fabriquée contre la terreur », explique-t-il.

« Donc je pense qu’en tant que société, en tant que culture, nous avons les mauvaises prio­ri­tés, et je ne vois pas ça chan­ger de sitôt », ajoute-t-il.


Pour finir, un court article, rédigé par Guy McPherson:

La poli­tique de l’af­fron­te­ment du chan­ge­ment clima­tique

Il n’y a aucune réponse poli­tique­ment viable permet­tant de faire face au chan­ge­ment clima­tique.

Pour qu’une réponse soit poli­tique­ment viable, il faudrait qu’elle soit poli­tique­ment atti­rante. Une réponse qui ne tuerait pas la carrière des poli­ti­ciens. Ce qui signi­fie une réponse pour laquelle les gens pour­raient voter, une qui soit soute­nue par les écono­mistes et les diri­geants corpo­ra­tistes. Et les gens votent pour des choses qui leur plaisent, pas pour des poli­tiques qui les prive­raient de leur confort.

Éteindre le moteur ther­mique de la civi­li­sa­tion

Comme souli­gné par l’étude de Tim Garrett publiée il y a quelques années, seul l’ef­fon­dre­ment de la civi­li­sa­tion pour­rait éviter un embal­le­ment du chan­ge­ment clima­tique. La civi­li­sa­tion est un moteur ther­mique, qui requiert des débits massifs de ressources et d’éner­gies afin de main­te­nir la crois­sance de notre écono­mie mondia­li­sée et la complexité que nous prenons pour un acquis. La seule façon d’ar­rê­ter ce réchauf­fe­ment c’est de couper le moteur. Combien de personnes, au sein du monde indus­tria­lisé, attendent cela avec impa­tience?

Certai­ne­ment pas celles qui sont aux commandes de l’in­dus­trie. Bien que nombre des collègues de Garrett soutiennent sa théo­rie, les « leaders » du monde des corpo­ra­tions et des gouver­ne­ments ne sont pas prêts d’ad­mettre sa vali­dité, et les écono­mistes ont presque tous critiqué la sugges­tion selon laquelle l’éco­no­mie ne peut, ni ne devrait, croitre indé­fi­ni­ment. Ces gens-là tirent encore plus profit que nous de l’ar­ran­ge­ment actuel des choses.

Dans mes rêves, les deux joues jumelles du fessier corpo­ra­tiste – appe­lées aux USA les Démo­crates et les Répu­bli­cains – font la promo­tion de l’idée de l’ef­fon­dre­ment. J’ai­me­rais voir un débat entre les candi­dats finaux se concen­trer sur le sauve­tage de l’ha­bi­tat de l’Homo Sapiens et des autres orga­nismes. Comme la plupart de mes rêves, il y a peu de chance que cela devienne réalité.

Il est peu probable que nous accep­tions le défi de la liqui­da­tion de la civi­li­sa­tion indus­trielle et du sauve­tage de l’ha­bi­tat pour les humains de la Terre, et il est probable qu’il soit de toute façon trop tard pour faire une diffé­rence. Les preuves semblent indiquer que le chan­ge­ment clima­tique abrupt a déjà commencé.

A quel point est-ce grave?

Le chan­ge­ment graduel du chan­ge­ment clima­tique, jusqu’ici – qui a fait augmen­ter la tempé­ra­ture de la Terre d’un peu moins d’1 degré °C de plus que les mesures de réfé­rence [il semble­rait que nous ayons désor­mais dépassé le 1°C d’aug­men­ta­tion] – c’est déjà trop et trop rapide pour que les orga­nismes puissent suivre. Déjà, la vitesse de l’évo­lu­tion est 10 000 fois plus lente que celle du chan­ge­ment, selon une étude publiée dans le numéro d’août 2013 de Ecology Letters. Sans une planète vivante pour four­nir de la nour­ri­ture, nous ne survi­vrons pas.

Le commerce-comme-d’ha­bi­tude (busi­ness-as-usual) place la Terre sur le chemin d’un réchauf­fe­ment de +6°C d’ici 2050, selon la très conser­va­trice Agence Inter­na­tio­nale de l’Ener­gie (AIE), qui est loin d’être l’en­nemi du commerce-comme-d’ha­bi­tude. L’éva­lua­tion de l’AIE ne prend en consi­dé­ra­tion qu’un seul gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone. En ajou­tant unique­ment le méthane on obtient une date bien plus proche pour le moment où les humains ne pour­ront plus vivre sur Terre, selon beau­coup de scien­ti­fiques.

Et bien que nous soyons préoc­cu­pés par les effets mani­festes des pertur­ba­tions clima­tiques graves, la montée du niveau des océans, les séche­resses chro­niques impac­tant l’ap­pro­vi­sion­ne­ment alimen­taire, personne ne remarque l’élé­phant dans la pièce. Déman­te­ler les centrales nucléaires du monde en toute sécu­rité néces­si­tera des décen­nies de travaux sérieux, et cela doit être fait avant que cela soit rendu impos­sible en raison de contraintes au niveau des ressources ou en raison de catas­trophes natu­relles – ces deux choses entrai­ne­raient un compte-à-rebours jusqu’à l’ef­fon­dre­ment, et deviennent de plus en plus probable à mesure de l’évo­lu­tion du chan­ge­ment clima­tique. Sans ce temps et cet effort, la catas­trophe nucléaire qui se profile fera de Fuku­shima un souve­nir agréable.

Les preuves indiquent qu’il ne nous reste pas beau­coup de décen­nies avec un habi­tat viable pour les humains sur cette planète, encore moins pour la conti­nua­tion de la plus insou­te­nable civi­li­sa­tion de l’his­toire.

Vivre dans le présent

Au vu de cette situa­tion drama­tique, je suggère que nous vivions dans l’ici et main­te­nant, dans le moment. Nous ne vivons pas long­temps, un concept qui est vrai pour les vies indi­vi­duelles comme pour notre espèce dans son ensemble.

Pour­tant les voix dans nos oreilles – qui diffusent les messages que promeut cette culture – conti­nuent à dire que nous pouvons et allons connaitre une crois­sance infi­nie sur une planète finie sans consé­quences adverses. Réflé­chir mani­fes­te­ment sur le sens de cette notion vous amène à la conclu­sion logique selon laquelle une telle idée est démente. Peut-être est-ce pour cela que nous évitons de « trop » penser.

Imagi­nez si seule­ment quelques millions de gens adop­taient ce message et commençaient à vivre dans le présent au lieu de dépen­ser de l’argent sur des assu­rances et des rembour­se­ments de prêts. Imagi­nez qu’ils se fichent de leur ratio de crédit et refusent de payer leurs dettes. Imagi­nez qu’ils arrêtent d’ache­ter toutes les idio­ties dont ils n’ont pas besoin.

A la lumière de ces images, je serais prêt à parier que le système implo­se­rait bien plus vite qu’il n’im­plose actuel­le­ment, si les gens inté­graient ce message et vivaient vrai­ment. Et cela repré­sente une menace signi­fi­ca­tive pour la civi­li­sa­tion et ceux qui en béné­fi­cient.

Il y a une raison pour laquelle on ne vous dit pas toute la vérité sur le chan­ge­ment clima­tique abrupt. C’est la même que celle qui fait qu’on ne vous dit pas tout sur Fuku­shima. Et sur le système bancaire. Et sur le massacre en cours de gens dans ce que nous appe­lons intel­li­gem­ment « guerre » (cf. conquête). Et sur d’in­nom­brables autres phéno­mènes. Si vous ne parve­nez pas à saisir cette raison, essayez de creu­ser un peu plus profond. Essayez de regar­der au-delà de notre mode de vie, et de consi­dé­rer d’autres modes de vie.

Pensez au cout du pouvoir entre les mains de quelques-uns.

Pensez à la myriade de coûts du « progrès ».

Pensez au-delà des voix qui émanent du mains­tream.

Pensez au-delà de la civi­li­sa­tion.

Pensez.


Sources:

1ère inter­view: http://thefif­th­co­lumn­news.com/2015/11/inter­view-with-guy-mcpher­son/

2ème inter­view: http://presstv.com/Detail/2015/12/12/441334/Humans-global-warming-

L’ar­ticle de Guy McPher­son: http://shift-maga­zine.net/2015/11/20/the-poli­tics-of-addres­sing-climate-change/

Traduc­tion: Bruno Malier & Nico­las Casaux

Édition & Révi­sion: Héléna Delau­nay, Chris­tine Kornog

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  1. Ah ! une allusion à Edward Bernays 🙂 C’est vrai que faire assimiler fumer et liberté ( torches of freedom ), c’est quand même fort; les femmes et le phallus ! Mais W.Lippmann, Ivy L.Lee, Paul Mazur ( Lehman Brothers ), G. Le Bon et bien d’autres. Tous ces penseurs, financiers, psychanalystes, sociologues, journalistes et inventeurs des temps modernes, se concertant, afin de canaliser et instrumentaliser les pulsions destructrices humaines inconscientes, à des fins moyennement philanthropes; disons pour garantir la paix et l’ordre de la société tout en s’enrichissant; société composée d’individus non éduqués et généralement non éducables ( pathos ) et bien incapables d’appréhender la complexité de la société. ( Le public fantôme ). Il suffit de voir réagir de grand public à l’actualité: avis, opinion sans compétences, mais inflation de l’ego. Ego=consommation.

    Un bulletin dans une urne devrait suffire… Le reste, l’important, c’est de consommer et d’entretenir l’ego dominateur..