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4 milliards d’individus menacés tandis que les “nappes phréatiques du monde se vident”
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La pénurie mondiale de cette ressource clé du vivant est bien pire que ce que l’on pensait, souligne une nouvelle étude.

Une nouvelle étude révèle que la pénurie mondiale d’eau est un problème bien plus grave que ce que l’on pensait, affectant 4 milliards de personnes — les 2/3 de la population du monde — et qu’elle va être « l’un des défis les plus difficiles et importants de ce siècle ».

Les analyses précédentes se concentraient sur la pénurie d’eau à l’échelle des années, et estimaient que la pénurie affectait entre 1,7 et 3,1 milliards de personnes. La nouvelle étude, publiée vendredi dans la revue Science Advances, évalue la pénurie d’eau sur une base mensuelle, capturant plus pleinement les moments spécifiques de l’année où celle-ci est peut s’avérer problématique.

“La pénurie d’eau est devenue un problème mondial, nous affectant tous”, explique le co-auteur de l’étude Arjen Hoekstra, un professeur de gestion de l’eau de l’université de Twente aux Pays-bas.

L’étude souligne que près de la moitié de ces 4 milliards d’individus affectés par une pénurie d’eau sévère pour un mois ou plus se trouve en Inde et en Chine. Des millions d’autres affectés se trouvent au Bangladesh, au Nigeria, au Pakistan et au Mexique.

Les USA sont loin d’être à l’abri de ce problème, avec 130 millions d’individus affectés par la pénurie d’eau pendant au moins 1 mois par an, notamment dans les états du Texas, de la Californie et de la Floride. Et parmi les fleuves entièrement ou quasi-entièrement à sec avant d’arriver à leur extrémité, on retrouve le fleuve Colorado dans l’Ouest.

Un demi-milliard d’individus font face à une grave pénurie d’eau toute l’année, souligne l’étude.

La nouvelle étude révèle également que 500 millions de gens vivent dans des endroits où la consommation d’eau est équivalent au double de la quantité ramenée par les pluies de l’année entière, ce qui les mets dans une situation de vulnérabilité extrême à mesure du vidage des aquifères.

Ces problèmes d’eau empireront, selon les chercheurs, tant que la démographie et l’utilisation d’eau – en particulier à travers la consommation de viande – continueront à croitre.

L’agriculture est le secteur qui consomme le plus d’eau et la population mondiale croissante requière toujours plus de nourriture. De plus, les changements de régimes alimentaires ont un impact majeur, les gens dont le revenu croit tendant à manger plus de viande.

“Prendre des douches plus courtes n’est pas une solution” au problème mondial, explique Hoekstra, en effet seulement entre 1 et 4 % de l’empreinte eau d’une personne correspond à la consommation du foyer, tandis que 25% sont liés à la consommation de viande. Il faut plus de 15 000 litres d’eau pour produire 1kg de bœuf, presque toute cette eau servant à irriguer les cultures servant elles à nourrir le bétail.

D’après l’étude:

Les victimes directes de la surconsommation des ressources en eau sont les utilisateurs eux-mêmes, qui souffrent de plus en plus des pénuries d’eau lors des sécheresses, entrainant des récoltes réduites et des pertes de revenus pour les agriculteurs, menaçant la subsistance de communautés entières. Les entreprises dépendantes de l’eau dans leurs opérations ou leur chaine d’approvisionnement font aussi face à des risques de pénuries croissants. D’autres effets incluent des pertes de biodiversité, des baisses de flots entravant la navigation, l’affaissement des terres, la salinisation des sols et des ressources souterraines.

L’étude conclut que “répondre aux besoins croissants de l’humanité en eau douce et protéger les écosystèmes en parallèle… sera l’un des plus difficiles et importants défi de ce siècle”.

Cette nouvelle publication suit deux études de la NASA entreprises par des chercheurs de l’université de Californie à Irvine, ayant montré que les impacts du réchauffement climatique ainsi que les besoins croissants en eau avaient entrainé une baisse des réserves mondiales d’eau jusqu’à un niveau dangereux.

“Les nappes phréatiques du monde entier se vident”, expliquait alors Jay Famiglietti, scientifique en charge de l’eau au Jet Propulsion Laboratory de la NASA. « Les réserves en eau ne sont pas infinies ».


Sources:

http://www.theguardian.com/environment/2016/feb/12/four-billion-people-face-severe-water-scarcity-new-research-finds

http://www.commondreams.org/news/2016/02/12/4-billion-people-risk-water-table-dropping-all-over-world

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