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Se battre pour le vivant! (par Thierry Sallantin)
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Un billet que nous envoie par mail notre ami ethnologue Thierry Sallantin!

Le Mouvement de la Paix a mobilisé pour ce samedi 24 septembre plus de 80 organisations pour que ce jour ait lieu plein de défilés de protestations contre le projet du gouvernement français de doubler le budget consacré à la bombe atomique, budget qui ponctionne déjà 10% du budget que le gouvernement consacre à l’Armée…

Cela fait le Grand Titre du journal L’Humanité de ce week-end…

Ayant été à l’assemblée générale du Mouvement de la Paix, au siège de la CGT à Paris, je confirme que ce mouvement est toujours celui des années cinquante, totalement noyauté par les communistes, et toujours silencieux face à l’armement nucléaire aujourd’hui entre les mains de Poutine ! Seules les armes nucléaires des capitalistes sont dénoncées !

Pour aller plus loin et ne plus être manipulé par ces vieilles organisations communistes, Le Mouvement pour la Guerre défilera aussi pour que se fasse entendre une voie bien plus révolutionnaire !

Nous sommes les partisans du Mouvement pour la Guerre, la vraie, celle des courageux, pas celle des « planqués » derrière l’arme atomique qui ne sert à rien, sinon à produire la catastrophe pour tous : que des vaincus par la folie de la démesure, la folie nucléaire où se gaspille 10% du budget global de la Défense.

Le Mouvement pour la Guerre souhaite que 100% de ce budget aille au renforcement de l’équipement classique de nos soldats, pour que les interventions décidées au Parlement de façon démocratique soient efficaces et utiles.

Nous appelons utiles les guerres contre les dictateurs, les guerres contre les théocraties monothéistes, les guerres contre les totalitarismes productivistes capitalistes, socialistes ou communistes, puisque ces totalitarismes sont incapables de :

  • réduire l’inégalité sociale, en favorisant des oligarchies parasites qui finissent par narguer les démocraties en ayant plus de pouvoir que les parlements qui ne sont plus vraiment démocratiquement élus depuis que des chefs d’entreprise possèdent les Médias et en profitent pour influencer l’opinion en crétinisant les masses…
  • pire, ces totalitarismes sont incapables de juguler le désastre en cours : la catastrophe écologique, en mettant fin brutalement (urgence absolue, nécessaire et salutaire) par les moyens militaires requis, aux totalitarismes industrialistes de toute obédiences: capitalistes, socialistes, communistes, car ces totalitarismes épris d’État par goût incoercible, inassouvissable, de pouvoir et de puissance, sont LA CAUSE du MEGALOCENE, cette nouvelle ère géologique qui succède hélas au calme Holocène, le Mégalocène dont on décèle les premiers signes il y a 6 000 ans lors de la fatidique mise en place des premières cités-État en Mésopotamie, puis hélas en Chine, en Amérique centrale, en Amérique andine, et pour ce qui concerne les occidentaux, en Europe et sur le pourtour méditerranéen.

Pour le plus grand malheur des autres habitants (humains et non-humains) de notre fragile planète : nos sœurs les plantes et nos frères les animaux qui subissent l’industrialisme forcené de tous les fondamentalistes arque-boutés sur le dogme de la religion du progrès à coups de slogans publicitaires ressassés tels des mantras : développement, croissance, innovation, technologie, voire même « homme augmenté » et « transhumanisme » (le dernier ouvrage du « djihadiste du scientisme »: Luc Ferry !), cet industrialisme des fanatiques du progrès ne promet à tous les existants de la planète que la « Sixième extinction massive des espèces » !

Vive les biologistes spécialisés en écologie, eux seuls ont su découvrir en quoi notre biosphère est fragile, et vive les ethnologues qui ont tout de suite dénoncé le racisme qui se cache derrière le mot du chimiste et partisan de la géo-ingénierie (encore plus de technique, d’artificialisation, pour lutter contre les effets écocidaires de la technique), Paul Crutzen, le mot « anthropocène », à travers lequel on n’accuse à tort les « activités humaines » alors qu’il ne faut accuser que les activités des structures politiques qui s’adonnent à la folie des grandeurs.

Mais les ethnologues savent que 90% des 7 000 langues parlées dans le monde sont l’expression des petits peuples à vie sociale conviviale, tribale, à échelle humaine, donc sans État, et que ces petites langues ont la grandeur et la sagesse de véhiculer des visions du monde biocentristes qui incitent à vivre de peu, en toute simplicité et humilité, un choix de pauvreté salué par l’iranien Majid Rahnema, à l’inverse de ces 10% des langues du monde qui répandent les visions du monde anthropocentriques surtout à travers l’orgueil transmis par les trois monothéismes, mais aussi dans plusieurs pays d’Asie dont les antiques sagesses ont été anesthésiées par l’irruption d’un matérialisme anti-écologique suite au tropisme mimétique : la copie servile et stupide  du mode de vie introduit par les colons, un mode de vie absurde et insoutenable écologiquement, ce piège de l’occidentalisation qu’avait bien vu Gandhi, un auteur à redécouvrir surtout comme penseur de l’économie, bien plus que comme stratège de la non-violence.

Nous sommes en guerre, la guerre est là, trop tard pour fuir le conflit en cours et défiler « pour la paix », car le faire ressemblerait à la lâcheté des « je-m’en-foutiste«  : face aux luttes en cours, se voiler la face par un « foutez-moi la paix », et donc devenir comme dans les années quarante un « collabo », ou retomber dans les polémiques des anarchistes qui optaient pour le pacifisme face à l’invasion allemande de 1914…

Non, il faut avoir le courage de combattre car jamais la vie n’a été aussi gravement menacée.

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Il faut rejoindre avec courage les Maquis de la Résistance face à l’invasion industrialiste dont la mondialisation était en germe dès les audacieux commerçants de Venise des années 1250, avec Marco Polo. Et déjà à cette époque, le but était comme aujourd’hui de mettre sur le marché des biens (maux !) de luxe, pour satisfaire le goût pour la frime et l’orgueil des riches et des puissants. Et plus c’était difficile de se procurer de quoi frimer, en jeter plein la vue, par exemple grâce à des produits venant de loin, plus cela plaisait aux riches… et les commerçants d’en profiter ! Échec des sagesses antiques qui dénonçaient « l’Hubris » et la « pléonexie » (le petit livre de Dany-Robert Dufour à ce sujet) : des penseurs comme Platon avaient déjà mis le doigt sur ce qui mettait l’humanité en danger.

Hélas, ce misérable tropisme pour l’accumulation de biens matériels est de nos jours dynamisé, renforcé par les derniers arrivés au banquet de la stupidité des Gros possédants, ces derniers arrivés étant les ressortissants du Tiers-Monde, comme disait Alfred Sauvy au début des années 1950 : c’est ainsi que l’écologiquement insoutenable industrialisme est dopé par les désirs d’occidentalisation de tous les ethnocidés de la Terre, qui ne rêvent que de devenir riches à leur tour, en quittant la vie traditionnelle et villageoise pour s’exiler vers les villes, ou vers les Etats qu’ils pensent « modernes », car une propagande perverse fait partout croire à coup de publicités et donc de « persuasion clandestine » (Vance Packard), que la vie en petits groupes tribaux, en économie locale et autarcique, est une honte, et qu’il faut « enfin entrer dans l’Histoire », selon les mots de Sarkozy dans son discours de Dakar.

Être lucide face à la stratégie de nos ennemis va nous aider à déconstruire l’énorme mensonge que les fondamentalistes de l’économicisme (lire Latouche) répandent partout, et donc à détruire cet imaginaire de la religion du progrès, déjà bien en place à l’époque de Bacon et Descartes, puis confirmé par Condorcet dans les années 1790, imaginaire qui déstabilise tous les peuples qui vivaient tranquillement et écologiquement, imaginaire qui introduit perfidement un sentiment d’infériorité alors que ces peuples sont supérieurs aux occidentaux et autres occidentalisés qui sont enfoncés dans le mimétisme servile, donc il ne faudrait pas dire « émergents », mais au contraire, « immergés », la tête sous l’eau, enfoncés stupidement dans l’impasse de la modernité, et cela suite à l’ethnocide (une forme de crime moins spectaculaire que le classique génocide, et donc en cela bien plus dangereux) mis en place par les capitalistes comme les communistes issus du marxisme, le seul communisme qui vaut le coup d’être vécu étant le vrai communisme, donc le communisme primitif, celui des tribus qui savent ou savaient vivre sans État (Lire « La Société contre l’État » de Pierre Clastres), le communisme des petites sociétés égalitaires, sans la moindre hiérarchie, sociétés qui parfois, mais hélas pas toujours (pas de « bon sauvage » idéal), ont su bien avant la découverte en Occident de la libération sexuelle et de l’importance de laisser couler librement l’énergie par la pratique des caresses et de la nudité, avec les travaux du sulfureux psychanalyste Wilhem Reich : cette attitude pionnière et émancipatrice découverte déjà par les sociétés primitives menant à un mode de vie épanouissant est attestée par James Prescott dans son article facilement accessible sur internet en français : « Plaisirs du corps et origine de la violence ».

Donc prenons à la lettre l’hymne national français : « Aux armes, citoyens », car en face nos ennemis, eux n’hésitent pas : ils s’arment, que ce soit les milices au service du patronat, un patronat infiltré au sommet de l’État au point que les fonctionnaires que nous payons, gendarmes et policiers, nous tirent dessus pour protéger les riches, ou les adeptes du retour aux superstitions bibliques ou coraniques, eux aussi n’hésitent pas à s’armer, tragique retour aux égarements dans les croyances, la lecture de textes soit disant « sacrés » prétendument inspirés d’un « mystérieux au-delà », comme si les mots d’ordre de l’An II des années 1790 étaient oubliés : éradiquer du sol national toutes les religions et autres superstitions, avec à l’époque la priorité : déchristianiser la France, détruire l’influence de l’Église. Lamentable compromis que sera la loi de 1905 qui tolère la cohabitation de l’intelligence avec la bêtise, en définissant par lâcheté l’attitude laïc par la possibilité d’être superstitieux dans le privé, discrètement, chez soi, mais rationnel dès qu’on met le nez dehors, dans l’espace publique. Alors que le projet des Lumières était d’en finir avec les croyances idiotes, les bondieuseries, et d’élever l’intelligence du peuple grâce au questionnement scientifique qui, lui, est une quête inquiète et permanente, car on sait qu’on ne sait jamais assez, que les hypothèses sont toujours fragiles, et qu’il faut constamment et avec courage et sagacité tout remettre sur l’ouvrage et continuer les recherches avec patience et opiniâtreté, pour toujours mieux comprendre. L’inverse des religions qui stérilisent le questionnement par la notion de dogme, où la prétendu vérité est assénée avec autorité,  savoir clos et définitif. Un savoir pour paresseux, le contraire de la montée vers toujours plus d’intelligence, donc le contraire de ce pour quoi est fait l’être humain : faire travailler ses neurones, car il en est infiniment plus doté que ses cousins les chimpanzés, et son destin est donc de réfléchir: littéralement, : fléchir deux fois et pas qu’une seule, donc faire exprès de se « prendre la tête », attitude hélas devenue peu à la mode, dans cette société où tout est fait pour crétiniser, surtout depuis l’invasion des écrans, des tablettes et autres smartphones : fini l’art de la concentration, ce que montre bien Philippe Bihouix dans son livre paru cet été sur les effets désastreux des écrans dans la population scolaire. Mais pour prétendre s’instruire, il faut être capable de discipline personnelle, de goût de l’effort, le contraire des agités du zapping permanent de la plupart des utilisateurs d’internet. Se concentrer, réfléchir par soi-même, donc pas d’obéir aux stupidités coraniques ou bibliques !

La guerre est là : il faut combattre, éradiquer tous les puissancismes et les superstitions religieuses qui rendent nos ennemis de plus en plus lourdement armés…

Et déjà combattre en travaillant l’imaginaire des gens, pour casser au plus vite, par nos interventions, nos irruptions intempestives et tonitruantes, et si possible malicieusement humoristiques : un bon entartage de telle ou telle personnalités ainsi ridiculisées peut être plus efficace que le « petit geste » du Colibri […], donc, par divers moyens, casser le bourrage de crâne que nos ennemis placent dans tous les médias. Être très présent sur internet et tous les outils informatiques que visionnent pour le meilleur et le pire les 15–20 ans, prendre la parole partout, être plus malins que ceux qui veulent nous censurer, se faire inviter par des profs complices dans les collèges et lycées, y débarquer avec nos vidéos subversives, bref, partout, faire de « l’agit-prop », de l’agitation-propagande, de la subversion culturelle, ridiculiser les gens qui osent encore, dans la rue, porter de façon visible l’uniforme de leur religion fondamentaliste : la cravate, cette laisse de la soumission à la « Pensée Unique » économiciste. Ne jamais rester silencieux : partout parler aux voisins, aux gens à côté de nous dans les transports en commun, et partout distiller les germes de l’esprit révolutionnaire, les germes de l’indiscipline, le plaisir d’être indomptable, redonner aux gens l’audace de réfléchir, et partout perturber ce qui distrait et divertit, empêche les gens de comprendre l’horreur de la situation actuelle…

Pour nous les combattants, affutons nos armes en lisant les écrits les plus corrosifs qui font exploser les pauvres raisonnements des prétendus experts qui plaisent aux journaux télévisés au discours bien calibré pour seulement abrutir…

Preuve d’abrutissement : il existe encore des journalistes qui évoquent X ou Y en tant que « prix Nobel d’économie », alors qu’il n’y a jamais eu de prix Nobel d’économie : cette expression est illégale, une faute, une arnaque, une décoration usurpée. La réalité est plus prosaïque : seul existe le « prix de la banque de Suède », qui, elle, l’attribue à tel ou tel économiste… Mais tous ceux et toutes celles qui ont lu de Gilbert Rist : « Le développement : histoire d’une croyance occidentale » le savent depuis longtemps!

Thierry Sallantin

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