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La nuisance progressiste : l’exemple d’Idriss Aberkane (par Kevin Amara)

Les vidéos d’Idriss Aberkane circulent beaucoup, en ce moment, sur le web ; sorti de l’ombre depuis quelques mois, ce “chercheur en neurosciences cognitives” écume à présent les amphis des facultés, a été adoubé par TedX, laboratoire du mondialisme, voit ses idées reprises par une majorité toujours croissante de la population, et son nom diffusé sur tous les réseaux sociaux.

Il accompagne un discours patelin ce que nous nous proposons de mettre en lumière ici — de grands gestes de ses mains baguées et n’hésite pas à sourire à propos, afin de séduire son public. Jamais avare d’un bon mot et d’une formule choc, amateur d’anglicismes high-tech, il sait trouver l’oreille des moins attentifs.

Son credo : l’humanité se trompe et son modèle civilisationnel est relativement défectueux. On ne peut qu’abonder dans son sens. C’est lorsqu’il propose le médicament que nous regrettons aussitôt d’avoir peu ou prou le même diagnostic. Selon Idriss Aberkane, notre problème ne relève pas d’un excès de science et de technologisme (la prédominance de la technologie sur le stratégique et le politique), mais d’une carence en la matière. Selon lui, il ne nous faut pas rompre avec le système qui nous a mené à l’impasse où nous sommes, mais simplement opérer une transition amphigourique qui nous conduirait vers des lendemains qui chantent. Grâce à ce même système technique. Voyez-vous ça.

Une nouvelle Renaissance

Ce qu’Aberkane met en exergue, et se propose de démontrer, c’est la réalité tangible d’une nouvelle Renaissance à l’œuvre sur le continent Terre.

Rappel des faits. La découverte – ou plutôt la redécouverte, les asiatiques ayant été les premiers à en appréhender la technique – de l’imprimerie, a permis au continent européen une redécouverte de son héritage et une expansion formidable du savoir. Voilà ce qui est écrit dans les livres d’Histoire. L’histoire avec une grande hache.

En réalité, elle a agrandi les lignes de démarcation entre un peuple qui ne disposait pas des moyens nécessaires d’accéder à ce savoir, et les élites intellectuelles, alors rassemblées en différents réseaux, en structures ordonnées. Jusque-là, les universités disposaient d’un quasi-monopole dans le domaine du savoir officiel et de la diffusion de l’information, monopole qui s’est effrité suite à l’apparition de l’imprimerie et qui a donné naissance coup sur coup au monde bourgeois et à la société technicienne. Le point de départ du capitalisme étant, selon Lewis Mumford, l’invention du pendule et la fragmentation des journées en heures. La cristallisation du savoir qui s’est vue accentuée grâce à l’imprimerie et la coupe systématique des humanités en divers petits ensembles disparates ont altéré le savoir, jusqu’à en modifier les fonctions mêmes.

Ainsi, Simone Weil écrivait, dans L’enracinement, et ce dès 1949 :

“De nos jours, un homme peut appartenir aux milieux dits cultivés, d’une part sans avoir aucune conception concernant la destinée humaine, d’autre part sans savoir, par exemple, que toutes les constellations ne sont pas visibles en toutes saisons. On croit couramment qu’un petit paysan d’aujourd’hui, élève de l’école primaire, en sait plus que Pythagore, parce qu’il répète docilement que la terre tourne autour du soleil. Mais en fait il ne regarde plus les étoiles. Ce soleil dont on lui parle en classe n’a pour lui aucun rapport avec celui qu’il voit. On l’arrache à l’univers qui l’entoure, comme on arrache les petits Polynésiens à leur passé en les forçant à répéter : “Nos ancêtres les Gaulois avaient les cheveux blonds”.

Ce qu’on appelle aujourd’hui instruire les masses, c’est prendre cette culture moderne, élaborée dans un milieu tellement fermé, tellement taré, tellement indifférent à la vérité, en ôter tout ce qu’elle peut encore contenir d’or pur, opération qu’on nomme vulgarisation, et enfourner le résidu tel quel dans la mémoire des malheureux qui désirent apprendre, comme on donne la becquée à des oiseaux. D’ailleurs le désir d’apprendre pour apprendre, le désir de vérité est devenu très rare. Le prestige de la culture est devenu presque exclusivement social, aussi bien chez le paysan qui rêve d’avoir un fils instituteur ou l’instituteur qui rêve d’avoir un fils normalien, que chez les gens du monde qui flagornent les savants et les écrivains réputés”.

Ce qui est vrai concernant l’imprimerie l’est tout autant au sujet du tout numérique. 88% des utilisateurs de l’internet vivent dans les pays industrialisés, contre 0,3% dans les pays pauvres. A quoi il faut bien évidemment ajouter le fait que si l’écart existe entre différents pays, il existe à plus forte raison entre habitants riches et pauvres d’un même pays. Il existe deux Internet, celui des classes populaires, et celui de la bourgeoisie.

De l’info gratuite, sur internet, on ne trouve que ça. Réseaux sociaux et journaux dits citoyens ou alternatifs pullulent, et il est relativement aisé de recevoir une information en temps réel (c’est bien de s’en prémunir qui pose véritablement problème). En revanche, des contenus gratuits qui aident à comprendre en substance, d’un point de vue biocentriste et non anthropocentriste, avec un travail de fond, ce que signifie telle ou telle information, disparaissent progressivement. Le journalisme sera payant, il l’est déjà, ne nous leurrons pas.

De plus, les sites qui se proposent d’offrir une information gratuite ne peuvent fonctionner que grâce à la publicité : ainsi, l’écart est encore significatif entre une population qui dispose des moyens financiers de se protéger contre les différents virus et les différentes attaques numériques, et une population soumise à ces dangers et qui ne peut simplement pas acheter les moyens de sa protection.

La fracture numérique est d’autant plus palpable qu’elle ne concerne pas uniquement ceux qui ont – ou qui n’ont pas – accès à Internet : elle concerne d’abord et avant tout l’utilisation même qui en est faite par ceux qui disposent d’un accès à cet outil.

Aberkane insiste férocement sur un point : la découverte récente du super-amas de galaxies appelé Laniakea est comparable à la découverte de l’héliocentrisme et aux grandes découvertes géographiques de la Renaissance. Or, cet argument n’a aucun sens. En effet, nous parlons là d’un lieu totalement inatteignable dans l’immédiat, et qui de fait, limite donc l’impact de sa découverte. Les trouvailles successives du monde scientifique ne peuvent pas amener de révolution artistique, culturelle, ou philosophique, dans la mesure où elles dépeignent des mondes si petits (on pense à la physique quantique) ou si éloignés (à l’instar de Laniakea) qu’il n’est tout simplement pas possible pour tout un chacun d’avoir prise sur ces dernières. De plus, comparer cela avec la découverte de l’héliocentrisme de Copernic se révèle totalement abusif : l’astronomie moderne n’en est pas ressortie transformée, jusque-là.

(Cette étude parue en septembre 2014 dans le journal Nature est citée une quarantaine de fois, ce qui la place dans les études qui ont eu un certain retentissement, mais n’en fait pas une “révolution”, en effet le journal Nature ayant un Impact factor [1] de 38, un article publié dans ce journal est en moyenne cité 38 fois deux ans après sa parution). Source

Le paradigme défendu par Aberkane s’effondre alors devant les faits : rien ne laisse présupposer qu’une nouvelle Renaissance soit à l’œuvre, et si nouvelle Renaissance il devait y avoir, gageons que ce ne serait pas une époque marquée une fois encore par le dieu progrès.

Économie de la connaissance

“L’avenir économique mondial appartiendra à ceux qui sauront faire circuler la connaissance à la fois beaucoup mieux et beaucoup plus vite”.

Ces quelques mots d’Idriss Aberkane contiennent en germe une bonne partie de ce qu’il faut combattre dans son discours, discours qui s’emboite parfaitement dans notre époque : le capitalisme se retrouve en effet confronté à une nouvelle crise de surproduction majeure, et il lui est nécessaire de prendre une autre forme afin de continuer son expansion.

Or, Aberkane a trouvé là une pierre philosophale : il s’agit de transformer un produit A en produit B, et pour ce faire, les illusions du marketing n’y suffiront pas. Il convient alors de mettre en place un nouveau paradigme, qui fonctionnerait en utilisant les mêmes modalités que l’ancien, in fine, mais s’ajusterait sur un nouveau modèle, dont Aberkane trace ici les contours.

Si l’avenir appartient à ceux qui sauront faire circuler la connaissance, se pose la question de savoir à qui appartiennent les moyens de circulation de la connaissance, dès à présent.

Alain Mauldin, le directeur de la recherche de TeleGeography répond à cette question : “Pour les communications internationales, plus de 99% du trafic passe par les câbles sous-marins”. “Les satellites sont utiles pour les communautés rurales et les lieux très isolés. Le principal avantage du câble, c’est que c’est beaucoup moins cher”.

Ainsi, ce sont donc 300 câbles qui supportent la quasi-totalité du trafic Internet mondial, et ces câbles appartiennent bien évidemment aux entreprises privées. Le plus long câble sous-marin en fibre optique actuellement en service, le SEA-ME-WE 3, mesure 40.000 kilomètres de long, soit presque la circonférence de la Terre. Il avait été mis en service en 1999 au terme d’un projet commun reliant 92 opérateurs internationaux, dont France Télécom. Ce câble relie 33 pays sur quatre continents (l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Australie) et compte 39 points d’atterrissement. Le câble sous-marin SEA-ME-WE 5, fruit d’un accord entre Orange et une douzaine d’autres partenaires du secteur, sera mis en service fin 2016: long d’environ 20.000 kilomètres, il reliera Singapour et la France. Facebook et Google ont annoncé dernièrement leur projet de création d’un câble sous-marin à travers l’océan Pacifique: ce câble long de 12.800 kilomètres, dont la construction va démarrer fin 2017, devrait être mis en service à l’été 2018.

Carte des câbles sous-marins à l’échelle mondiale

Si les câbles appartiennent aux industriels, il est aisé d’en conclure que le contenu qu’ils propagent leur appartient tout autant. On peut me couper mon accès Internet du jour au lendemain, on ne peut pas me retirer du crâne la connaissance que j’y ai mise.

Selon Aberkane, l’un des avantages de l’économie de la connaissance serait tout simplement le fait que nous serions aux prises avec une économie qui ne serait plus figée en un endroit géographique. Ainsi, un puits de pétrole se trouve au Canada ou en Sibérie, et il est nécessaire de se fixer X temps à cet endroit pour en extraire le pétrole susmentionné. Or la connaissance peut pour sa part se transmettre n’importe où, via n’importe quel biais – conférence ou appel Skype, qu’importe – et c’est ce qui en ferait sa richesse. Il introduit là son “système monétaire” (si Aberkane propose une révolution, il ne va pas jusqu’à proposer l’abolition de l’argent en tant qu’unité de stockage ou modalité d’échange…) : les atts. Att, pour attention. L’attention portée à tel ou tel orateur, à telle ou telle personne qui se proposerait de transmettre son savoir. “Lorsque je partage du matériel, je le divise, lorsque je partage de l’immatériel, je le multiplie” : faisant sienne la citation de Soudoplatoff, il essaye tant bien que mal de démontrer que les atts seraient en soi révolutionnaires, et qu’ainsi, un chômeur serait plus riche que n’importe quel patron du CAC 40.

La démonstration est alambiquée mais mérite que l’on s’y arrête : le chômeur disposant de plusieurs heures quotidiennes d’attention (soit un volume conséquent d’atts), il aurait ainsi plus de richesse que Serge Dassault, ce dernier étant bien trop occupé pour passer plusieurs heures hebdomadaires à apprendre le piano ou mémoriser la localisation des différentes galaxies. Or, l’homme ne se nourrit pas encore de connaissance, et il lui est nécessaire – c’est trivial, convenons-en – de se nourrir d’aliments pour simplement vivre. Le propos est au mieux grotesque, au pire, volontairement clivant.

Quant à la volonté de “délocaliser la connaissance”, de la rendre totalement indépendante d’une quelconque localisation géographique, il apparait évident que la volonté de sortir l’homme de son environnement est appliquée ici au grand jour. Plus d’attaches, plus d’enracinement : un homme uniquement mû par sa soif de connaissances jugée inextinguible, et qui bourlinguerait sur la planète à l’affut de telle ou telle nouvelle connaissance, de tel ou tel nouveau savoir. On rappellera à Aberkane que nous avons totalement oublié les propriétés, et pire encore, l’utilisation qui était encore quotidienne quelques décennies auparavant des plantes et herbes médicinales que l’on trouve sous nos contrées. Nous avons Wikipédia, qui est une somme de connaissances, mais le cerveau collectif a oublié jusqu’à la distinction qu’il convient de faire entre la châtaigne et le marron. Notre époque est riche d’informations mais bien pauvre d’expériences.

Que valent trois kilos de connaissance ?

Idriss Aberkane poursuit alors en affirmant qu’un “kilo de connaissance plus un kilo de connaissance égalent trois kilos de connaissance”, et se félicite de savoir que Bill Gates, l’une des fortunes les plus colossales au monde, ne vend pas du matériel mais de l’immatériel : du logiciel.

Une fois de plus, Aberkane prouve là sa méconnaissance des réalités concrètes… ou choisit volontairement de les occulter.

Les composants nécessaires à la fabrication d’un ordinateur, lui-même nécessaire à la création de tel ou tel logiciel, nécessitent un lent travail d’extraction, d’ouvrir sempiternellement de nouvelles mines, et/ou d’élargir les anciennes, et nous enferment toujours plus dans la société industrielle. Rien n’est immatériel, en soi. Même la moindre note de musique reste le produit d’un instrument…

Or, si la connaissance est le nouveau pétrole, les énergies vertes sont le nouvel investissement.

Aberkane prend en exemple la guerre civile américaine et se propose d’en expliquer les facteurs et la finalité. Selon lui, la cause profonde de cette guerre aurait été l’incroyable bond de productivité des pays du Nord après que ces derniers soient passés à l’industrie, et à la machine à vapeur. Une machine à vapeur produisant nettement plus, et dans un temps bien plus court, qu’un groupe d’esclaves, le Sud n’aurait plus été en mesure de rivaliser, et aurait ainsi fini par déclarer la guerre à son voisin. Cependant, il oublie – à nouveau – une chose : le moteur de l’industrialisation n’est pas simplement la connaissance ayant permis de créer les machines et de les agencer entre elles pour les rendre productives, c’est aussi et surtout l’exploitation des ressources énergétiques comme le charbon et le pétrole. Le changement de paradigme ne vint pas d’une quelconque industrialisation pour ainsi dire métaphysique, ce furent tout simplement les ressources énergétiques ponctionnées à la terre qui permirent de produire une énergie incommensurable par rapport au travail des esclaves.

Lorsqu’il se déclare, béat comme un nouveau-né, heureux que les coréens se retrouvent à exporter plus que la Russie (par le truchement de leurs ventes d’écrans, de divers satellites…), il oublie de spécifier quelles sont les conditions de production de ces objets.

C’est bien là l’impasse de la réflexion magique d’Aberkane : il prend soin de ne jamais signifier que tout cela ne pousse pas sur les arbres, que les minerais, métaux, terres rares, et autres matières premières nécessaires à l’industrialisme engagent un processus minier dévastateur pour les biomes et que la question qui importe réellement n’est pas de savoir quoi exploiter pour produire de l’énergie, mais bien plutôt de savoir comment apprendre à s’en passer.

Ainsi, lorsque l’économie bleue nous fait la promesse d’un monde sans déchets, elle oublie simplement que c’est l’économie même qui nous impose la présence de ces déchets, que les déchets sont inhérents à la société industrielle. Elle se propose ainsi de régler un problème intrinsèque aux solutions qu’elle préconise.

Le biomimétisme, une solution pour le vivant ?

“Tant que les objets, animés ou inanimés, étaient considérés comme la demeure d’un esprit, tant que l’on s’attendait à voir un arbre ou un bateau se conduire comme une créature vivante, il était quasi impossible d’envisager concrètement un fonction mécanique spécifique. L’ouvrier égyptien, lorsqu’il réalisait le pied d’une chaise, le façonnait pour représenter le pied d’un bœuf. De cette manière, le désir naïf de reproduire le monde vivant, pour conjurer les géants et les djinns, au lieu de concevoir leur équivalent abstrait, retarda le développement de la machine. La nature facilite souvent de telles abstractions. Le cygne, en déployant ses ailes, peut suggérer la navigation à voile ; le nid de frelon peut suggérer le papier et le corps est une sorte de microcosme de la machine. Les bras sont des leviers ; les poumons, des soufflets ; les yeux, des lentilles ; le cœur, une pompe ; le poignet est un marteau ; les nerfs sont un système télégraphique connecté avec une station centrale. Dans l’ensemble, les instruments mécaniques furent inventés avant que les fonctions physiologiques aient été exactement décrites. La machine la moins efficace est en cela une imitation mécanique réaliste de l’homme ou de l’animal : la technique a retenu le nom de Vaucanson pour son métier à tisser plutôt que pour son canard mécanique, d’aspect vivant, qui absorbait de la nourriture et remplissait aussi les fonctions de digestion et d’excrétion.

La technique n’a pu progresser que lorsqu’il a été possible d’isoler un système mécanique d’un réseau entier de relations. Le premier aéroplane, comme celui de de Vinci, essayait de reproduire des ailes d’oiseaux. En 1897, l’aéroplane de Clément Ader, qui se trouve au Conservatoire des arts et métiers à Paris, rappelait la forme d’une chauve-souris et ses hélices, comme s’il était nécessaire d’épuiser toutes les possibilités zoologiques, étaient faites de bois mince, fendu, pour imiter les plumes d’oiseau. On croyait que le mouvement réciproque – comme celui des bras et des jambes – était la forme “naturelle” du mouvement, croyance qui explique l’opposition que rencontra la première turbine. Au début du XVIIe siècle, dans un plan de machine à vapeur, de Giovanni Branca, la chaudière avait la forme d’une tête et d’un torse humains. Le mouvement circulaire, l’un des attributs les plus fréquents et les plus utiles des machines perfectionnées, est de ceux que l’on rencontre le moins dans la nature.”

Lewis Mumford, “Technique et Civilisation”

L’idée de s’inspirer de la nature accompagne depuis toujours la progression technologique. Présenter le concept du biomimétisme (“et c’est là que le biomimétisme est une révolution sociale”) comme révolutionnaire, c’est être entièrement ignorant de l’histoire du développement technique de l’homme.

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Parmi les questions que nous devons nous poser est donc la suivante : quelles sont les premières applications de ce biomimétisme ? Après quelques recherches, on trouve le premier exemple d’un centre commercial inspiré par les termites. La caractéristique principale de la termitière est d’avoir une température interne qui ne change jamais, indépendamment des conditions météorologiques que l’on trouve à l’extérieur de celle-ci. Un architecte a donc utilisé ce procédé afin de concevoir un centre commercial qui utilise la ventilation naturelle : il absorbe la chaleur tout au long de la journée, tandis que de l’air, grâce à un système sophistiqué d’ouvertures, rentre par le bas du bâtiment. De grandes cheminées évacuent l’air chaud qui remonte alors par convection. Les murs restituent la chaleur la nuit, lorsque l’air est devenu plus froid. Une partie de l’air frais se stocke dans les dalles du bâtiment, ce qui permettra de ralentir le réchauffement du lendemain. De substantielles économies d’énergie, et des possibilités de consommation améliorées dans les grands temples du business. Merci le biomimétisme.

On trouve également un adhésif inspiré directement par un lézard.
Le gecko est un gros lézard qui a la capacité de se déplacer sur un plafond, à l’envers donc, grâce à sa peau qui utilise une force adhésive particulière. Ni une ni deux, grâce au biomimétisme, l’industrie a pu créer une application révolutionnaire qui permet aux utilisateurs de coller leurs smartphones n’importe où, n’importe quand, afin de se prendre en photo soi-même, devant son poste de télévision. Futé, hein ?

Il serait trop long et trop fastidieux de lister là toutes les possibilités offertes par le biomimétisme, et ce n’est pas l’objet de notre article. Il faudrait également digresser sur le transhumanisme, qui apparait déjà et apparaitra forcément de manière exponentielle, tant il est contenu en germe dans cette idée nocive. A quand les yeux de mouche pour permettre aux aveugles de voir ? Faut-il s’inquiéter de voir les budgets énormes alloués au département R&D de Google ?

Examinons le double problème posé par le fil de byssus (nom de la colle produite par la moule, sécrétée par la glande de byssus, voir schéma), qui permet à la moule de se fixer n’importe où, dans une eau salée, et qui intéresse donc grandement les industriels.

D’une part, il faudrait prendre du recul, un recul salutaire et humble : afin de copier de manière industrielle cette colle, il nous est nécessaire d’employer un nombre conséquent de laboratoires et certains des esprits les plus cultivés … tout cela afin de reproduire ce que cette dernière fait naturellement. D’autre part, afin de produire un kilo de cette colle, il faudrait 10.000 moules. Rien que ça. Les industriels n’ont donc d’autre choix, afin de produire des molécules fonctionnelles, que de s’orienter vers le clonage des gènes de moules.

Le non-sens & la nuisance des idées d’Idriss Aberkane

Le biomimétisme mis en avant par Idriss Aberkane est au service de toujours plus d’industrialisme il propose de s’inspirer de la nature pour le développement de puces intels, pour l’électronique en général, pour le revêtement des avions, pour toutes sortes de hautes-technologies polluantes, consommatrices et aliénantes , voire même de militarisme citons-le, à propos du blindage de l’ormeau, un coquillage : “ça peut vous blinder un char Leclerc […] et c’est moins dangereux à fabriquer par rapport à une usine AZF”. Il s’extasie également de ce que BASF (sic) s’est inspiré de la peau de requin pour créer une peinture “antifouling” (rappelons qu’une peinture antifouling est “une peinture contenant des biocides” (resic)). Il semble ne se poser aucune question morale et ne rien comprendre à l’écologie planétaire; en somme, sa compréhension des problèmes auxquels l’humanité et la planète font face est totalement inepte.

C’est encore plus clair et manifeste lorsqu’on l’entend se lamenter de ce que le “cône du pacifique” (Conus geographus), un coquillage venimeux que l’on retrouve dans l’océan Indien et l’ouest de l’océan Pacifique, est “vendu à trois dollars sur les marchés parce qu’il est joli”, ce qui, pour lui, est représentatif de ce que “nous brûlons la nature au lieu de la lire”, puisqu’il s’agirait “d’une des utilisations les plus débiles que l’on pouvait faire de ce coquillage”. Pourquoi? Parce que, nous explique-t-il, sa toxine (“très utilisée dans les neurotechnologies”, qui “permet un niveau de détail incroyable”, aussi utilisée pour des “nanotechs” et “en chirurgie”), très demandée (“sachant que la demande mondiale est supérieure au kilo” et qu’il y a une “très grosse demande mondiale qui ne fait qu’augmenter”) se vendrait à “800 dollars le milligramme”. Ce qui fait du “800 millions de dollars le kilo”, s’exclame-t-il ensuite, assez fièrement (“à côté l’or et le platine c’est du terreau de jardin”, blague-t-il). Donc, pour Idriss Aberkane, ce coquillage devrait être exploité, ceci ne posant aucun problème et ne faisant aucun doute, seulement, il ne devrait pas être vendu si peu cher et simplement pour sa beauté, mais devrait être vendu cher et utilisé par le secteur des hautes-technologies. L’exploitation de la nature, oui, mais pour le développement high-tech et l’industrialisme avant tout.

“Si on exploite la nature comme une source de matière première, on est destiné à la diviser et à la détruire”. Là encore, le caractère insidieux de sa pensée apparait nettement. Lui qui fait l’apologie de toujours plus de développement hautement technologique, de nanotechnologies en tous genres, d’où pense-t-il que proviennent les matières premières nécessaires à tout ceci ?

“Si on l’exploite aussi comme une source de connaissance, eh bien il n’y a plus de conflit d’intérêt entre croissance et nature”. On comprend ici son véritable objectif, qui est de servir l’idéologie de la croissance. Soulignons le “aussi”, qui implique que, pour lui, la nature doit bien être exploitée comme une source de matières premières, et donc selon ses propres mots, “on est destiné à la diviser et à la détruire”.

“La nature, en fait, elle est high-tech”. Finalement, Idriss Aberkane n’est qu’un nouvel apologiste de toujours plus de la même chose, de toujours plus de développement hautement technologique, de toujours plus d’idéologie de croissance et de toujours plus d’exploitation de la nature. Seulement, son apologie de ce qui constitue en réalité les maux que nous devrions combattre se dissimule derrière une admiration (perverse) de la nature (en vue de continuer son exploitation).

(C’est là toute la nuisance que constitue l’économie bleue, qui ne se défend pas de s’inscrire dans la continuité de ce qui est déjà en place, comme on peut le lire sur le site de la RTBF: “Après l‘économie rouge, l’économie verte, voici L’ÉCONOMIE BLEUE. Inventée après 16 années d’expérimentation avant d’être théorisée et appliquée à de nombreux projets, l’économie bleue se présente comme une poursuite du développement de l’économie verte.” Pour une critique plus détaillée du changement spécieux que propose l’économie bleue, vous pouvez lire cet article de John Michael Greer sur les énergies renouvelables, ou celui écrit par Kim Hill de Deep Green Resistance Australie, ou encore l’interview d’Ozzie Zehner, auteur du livre “les illusions vertes”.)

Idriss Aberkane ne souhaite absolument pas freiner le progrès hautement technologique, aliénant, destructeur et autoritaire, mais au contraire le stimuler, tout en imaginant le réformer, le faire magiquement passer de mauvais à bon sans fondamentalement changer quoi que ce soit ; il ne souhaite pas s’affranchir de l’idéologie de croissance, mais tente de faire croire qu’elle peut profiter à toutes et à tous, à l’humanité et au monde (bien qu’il ne s’attarde pas sur le bien-être des autres espèces, leur situation, etc.).

Sa popularité et sa présence médiatique sont extrêmement logiques. Le pouvoir en place, la société industrielle de croissance, “technolâtre et marchande” (Elie de Senancour), n’a rien à craindre de sa part, bien au contraire. Sa popularité témoigne aussi (à l’instar de la plupart des buzzs) de l’absence d’esprit critique de la part du grand public et de sa mauvaise compréhension de la problématique de notre temps — mauvaise compréhension ordonnancée et administrée par tout l’appareillage de l’État corporatiste.

Il suffit de voir comment nombre de personnes, d’associations & d’organisations soi-disant dissidentes, qui prétendent s’opposer au système et à l’ordre établis (mais qui ne comprennent souvent pas que c’est à une culture entière qu’ils devraient s’opposer), sont toujours subjugués et impressionnés par quiconque sort d’une grande école de la société même qu’ils pensent contester ; il suffit de voir la révérence avec laquelle ils mentionnent les diplômés des prestigieuses écoles ces titres de noblesse modernes — où les élites dirigeantes de nos sociétés industrialisées sont formées. Ainsi, on peut lire d’Idriss Aberkane qu’il est un “jeune et brillant chercheur (Supélec, Polytechnique, Stanford…)” ou encore, dans Ouest France “à 29 ans, il est titulaire de trois doctorats […] Et son titre est long comme le Danube : professeur à Centrale-Supélec, chercheur à Polytechnique, chercheur affilié à Stanford (États-Unis) et ambassadeur de l’Unitwin (un réseau d’universités, sous le patronage de l’Unesco), section “systèmes complexes”. Le jeune homme est une tête.”

Que ceux qui défendent l’organisation sociale dominante, la civilisation industrielle, soient subjugués et admiratifs devant ceux qui réussissent le mieux au sein de ses plus prestigieux organes éducatifs est compréhensible et logique. Que ceux qui comprennent qu’elle est nuisible et prétendent s’y opposer le soient aussi est absurde et illogique. Être diplômé d’une (grande) école de la culture officielle de la civilisation industrielle n’a rien de prestigieux, ni ne confère aucune position d’autorité, au contraire. Il s’agit en réalité d’un gage de soumission, de la preuve d’un endoctrinement culturel effectif, même si, bien sûr, il est possible d’être diplômé par une école de la société à laquelle on s’oppose par ailleurs. Les diplômes officiels ne devraient rien signifier dans les milieux contre-culturels, comme aux yeux de ceux qui cherchent à décoloniser leur imaginaire, à penser librement, indépendamment des normes culturelles dominantes. Comme formulé dans le “Discours préliminaire de l’Encyclopédie des Nuisances” de 1985:

“Quant à nous, nous pouvons légitimement nous dire des déserteurs de la culture officielle: étant donné la qualité de son personnel actuel, il ne paraîtra sans doute pas trop présomptueux d’affirmer que chacun d’entre nous aurait pu réussir très facilement dans n’importe laquelle des carrières qu’elle propose. Et l’efficacité de cette Encyclopédie se mesurera, entre autres, à notre capacité de susciter dans le camp ennemi d’autres désertions, de la part de ceux qui sont susceptibles de comprendre que nous leur donnons l’occasion d’un meilleur emploi de leurs talents et de leurs connaissances. Mais nous sommes bien décidés à ne laisser subsister parmi nous aucune sorte de prestige intellectuel susceptible de fonder une autorité quelconque sur la suite du processus. Aussi appliquerons-nous sans exception la règle pratique de l’anonymat à tous les textes que nous publierons. Cette règle permettra de sélectionner parmi les transfuges ceux qui sont effectivement décidés à ruiner leur spécialité et le système qui les emploie, sans rechercher un prestige subversif qui les mettrait en mesure de se vendre ensuite un peu plus cher que leurs collègues. Nous ne pouvons accepter parmi nous que ceux qui répugnent également à devenir fameux dans un monde infâme.”

Son buzz, comme beaucoup d’autres, est le résultat de l’établissement d’un climat social qui encourage ce phénomène, dépourvu de tout caractère subversif ou révolutionnaire. Les buzzs comme l’explique Ugo Bardi, se propagent principalement en raison de leur simplicité et de leur caractère rassurant. Ce qui se vérifie ici, le discours d’Idriss Aberkane est simpliste (il suffit de réformer quelques paramètres de notre développement technologique) et rassurant (pour que nous profitions d’une civilisation vraiment géniale).

Un autre point important à souligner et qui devrait suffire à lui seule à démontrer en quoi Idriss Aberkane est un ennemi des luttes sociales et un bon soldat de la sphère corporatiste : parmi ses clients, on retrouve le MEDEF Gironde, GDF Suez, Engie et Eiffage, pour n’en citer que quelques-uns.

L’un des objectifs que vise la médiatisation d’Aberkane – n’ayons pas peur de le dire – est à terme de promouvoir le contrôle de l’ADN, c’est-à-dire, ni plus ni moins, le contrôle immédiat et définitif de toute l’humanité. Il ne tait pas uniquement le fait que la plupart de ces brillantes inventions appartiennent et continueront d’appartenir aux industriels par le truchement des brevets, outils de contrôle par excellence, il fait l’impasse, volontairement, sur le fait qu’à terme, tout aura été analysé, contrôlé, et sera devenu propriété privée, et lucrative.

Cette rentabilisation totale du monde ne saurait nous sauver. Pire, elle participe à creuser toujours plus le trou dans lequel nous nous enfonçons. La matérialité demeurera un facteur de première importance, et il faut combattre le paradigme d’Aberkane, qui n’est autre qu’une tentative de rendre indépassable la société industrielle en l’identifiant, dans l’esprit de tous, à la Nature. Ses produits devront être beaux, comme les produits de la nature le sont. Ses produits devront être dégradables ou réutilisables à l’infini, comme la moindre feuille de n’importe quel arbre… ou la pensée magique, déconnectée des réalités de l’industrialisme.

Finissons en répétant tel un mantra la phrase fétiche d’Aberkane : “Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence.” Phrase qu’il emprunte sans jamais le citer à Schopenhauer.

Répétons-la à l’envi, car nous sommes parfaitement d’accord avec cette assertion. La lutte pour en finir avec la société industrielle et la civilisation est ridiculisée. Viendra bientôt le temps de l’opposition : lorsque les premières digues tomberont, que le pétrole sera raréfié, que les gens comprendront que ce ne sont pas deux éoliennes qui sauveront la planète, et que ce qu’il leur est proposé depuis plusieurs années comme une alternative n’est en fait qu’une illusion : une volonté de repeindre le gris en vert.

Gageons enfin que lorsque nous en aurons terminé avec la société industrielle… la vie nouvelle sera considérée comme une évidence limpide.

PS: Il est relativement navrant de devoir écrire un billet sur pourquoi un type qui passe à la télévision, à la radio, écrit pour un journal comme Le Point, travaille pour le MEDEF Gironde, Engie, Eiffage, le BPCE et des entreprises de placement monétaire, entre autres, qui est invité par le MEDEF Vendée, dont les héros sont Sergueï Brin (Google), Mark Zukerberg (Facebook), Elon Musk (Tesla), & qui fait activement la promotion de toujours plus de hautes technologies et d’exploitation organisée de la nature, n’a rien d’un révolutionnaire, ni d’un activiste d’aucune sorte, bien au contraire. Aujourd’hui comme hier, il semblerait que beaucoup de gens, au sein des masses dépolitisées comme au sein des soi-disant mouvements d’opposition, continuent à oublier que “La révolution ne sera pas télévisée”, comme le chantait Gil Scott-Heron en 1970, pas plus qu’elle ne consistera en un réformisme illusoire, promettant de résoudre les problèmes générés par certaines activités et organisations sociales humaines à l’aide de ces mêmes activités et organisations.

Kevin Amara


Édition: Nicolas Casaux

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29 Comments on "La nuisance progressiste : l’exemple d’Idriss Aberkane (par Kevin Amara)"

  1. Très bon texte.

  2. Merci pour cette analyse, que je partage tout a fait!
    J’aime l’idée de biomimetisme mais avec lui c’était vraiment tordu.
    Vous avez mis les mots sur ma pensée! 🙂

  3. Bonjour Kevin Amara,

    Je partage votre analyse sur l’usurpation d’idées d’Aberkane (et de positions académiques également) et sa manière de les déformer.
    Par contre vous faites une confusion entre l’outil et usage de l’outil. La technologie, qui n’est pas une fin en soi, peut-être employée à des fins nobles et soutenables comme à des fins purement mercantiles voir destructrices (ex transhumanisme). Rejeter la technologie en soit, c’est se tromper de cible. Il faut plutôt cibler son usage. D’ailleurs vous faites vous-même usage de la technologie !
    Vous faites également, comme Aberkane, la confusion entre bio-inspiration et biomimétisme. Cette dernière approche cherche un développement soutenable à partir des enseignements du vivant et la reconnection avec le fonctionnement de la nature. La bio-inspiration ne propose que de s’inspirer du vivant pour innover, d’où de possibles dérives !

    • Nous ne sommes pas d’accord quant à ce point-là, et je vous remercie d’avoir pris le temps de formuler une critique posée.

      D’abord, il convient de différencier “Technologie” qui est l’étude des techniques, de “Techniques”. Je rejette la Technique, au sens progressiste du terme, pas la technologie en tant que telle. Tout comme je rejette la majorité des outils modernes, sans rejeter la notion même d’outils (quant au fait que je me serve moi-même d’un PC, hélas, trois fois hélas, l’Internet est bel et bien le lieu privilégié pour produire une agit-prop efficace : je vivrais bien en m’occupant simplement d’un bout de terre et des miens, mais se retirer de la vie moderne est une facilité à laquelle je ne souhaite pas céder)

      Je me permets de vous partager deux petits résumés des concepts d’Anders, qui aident à comprendre en quoi la machine (et donc la Technique) est dangereuse en soi, et en son rapport à l’homme, issus du site Technologos :

      Le décalage prométhéen correspond au décalage entre les accomplissements techniques de l’homme et ses capacités (notamment le sens de la mesure et de la responsabilité). Tout au plus est-il capable d’évaluer les risques d’un phénomène particulier et de prendre diverses précautions pour le limiter mais il est foncièrement incapable de considérer le phénomène technicien dans son ensemble. A l’opposé de l’utopiste, qui imagine un monde qu’il ne peut réaliser, l’homo technicus produit un monde qu’il n’est pas capable d’imaginer. Cette incapacité d’appréhender les implications de ce qu’il fait, cet écart entre ses productions (prodigieuses) et ses capacités morales font de lui un “analphabète de la peur”. Son irresponsabilité elle-même ne relève pas de la faute morale (car pour qu’il y ait faute, il faut qu’il y ait conscience ou possibilité de conscience de la faute) mais d’un défaut d’imagination et de sensibilité, dans la mesure où l’ordre technicien impose ses critères (en premier lieu l’efficacité) et se substitue à toutes les valeurs qui avaient cours jusqu’à présent. Elle résulte donc du fait que l’on succombe (que l’on soit général ou sergent, chef d’état ou simple quidam) à la croyance en la capacité de la technique à résoudre les problèmes de l’existence. En d’autres termes, on a beau savoir quelles conséquences entraînerait une guerre atomique, notre savoir équivaut à de qu’on n’en retire aucun enseignement : ce n’est pas à lui que l’on se réfère en dernier ressort mais à sa croyance. Du fait de sa complexité et de son gigantisme, l’univers technicien est devenu proprement incompréhensible : il “dépasse l’entendement”.

      La honte prométhéenne est le sentiment que l’homme éprouve lorsqu’il se compare à ses productions, ne supportant pas au fond l’idée que, contrairement à elles, il ne relève pas du processus de fabrication rationalisé qui leur a donné naissance. Cette honte ne s’exprime pas seulement dans les tentatives d’avant-garde pour remplacer le vieil homme par le nouveau, mais également dans les situations les plus quotidiennes. Elle constitue la honte de son origine, la honte de devoir son être à la nature, à quelque chose qui ne relève pas d’un processus technique. On a « honte d’être devenu plutôt que d’avoir été fabriqué » résume Anders. La honte prométhéenne compense la fierté prométhéenne. Mais, comme elle, elle procède de la revendication à la liberté absolue : la fierté exprime une volonté de s’approprier intégralement les conditions de son existence, la honte relève de la conscience que quelque chose, en définitive, fait obstacle à cette entreprise de maîtrise intégrale. La mutation de l’humanité correspond donc à une volonté inconsciente de supprimer tout obstacle naturel par des moyens techniques, ceci afin de mettre un terme à la honte de se savoir un “produit de la nature”.

  4. Le fait de penser qu’il est un représentant prônant l’industrialisation toujours plus grande aux services de lobby est je crois une interprétation de votre part et même une extrapolation des faits. J’en convient son parcours au sein de multinationale puante est gênante, de même que son discours sur le biomimétisme où ses conclusions ne sont pas clairement affichées. MAIS il reste un orateur inspirant sur des points très positifs très peu abordés alors : – visions de la nature comme un livre et non une buche, dans cette perception Idriss fait clairement appel très consciemment à du respect la concernant, – ouverture à la connaissance infinie, partage de celle ci, – compréhension de nos méthode d’apprentissage grâce aux neurosciences… il y en a d’autres.
    Ce que je souhaite vous dire, c’est que même si son CV semble gonflé, que son acting dans ses conférences commence à ressembler à une performance théatrale (il explique aussi pourquoi, en clair cela passe mieux), qu’il travaille avec des groupes néfastes, et même que ses conclusions sont hasardeuses (à ce sujet il serait souhaitable qu’il s’affirme clairement), même avec tout ceci… ne vous semble-t-il pas évident qu’il nous apprend du positif ? Que c’est à nous lecteur de prendre ce que nous souhaitons prendre de son discours ? Et assurément il y a du bon à prendre. La morale et l’éthique concernant les possibles abus vis à vis de la nature dont il semble prendre parti (je dis bien semble) ne doivent pas nous éloigner de la clareté de sees démonstrations, efficace et compréhensible. En somme votre critique à cela de bien qu’elle nous rappel de ne jamais tout avalé sans réfléchir,ceci afin de conserver notre hygiène mentale

    • “Le fait de penser qu’il est un représentant prônant l’industrialisation toujours plus grande aux services de lobby est je crois une interprétation de votre part et même une extrapolation des faits.”

      Il le dit lui-même, enfin. 🙂
      Lorsqu’il dit “l’ormeau ça peut vous blinder un char Leclerc” , qu’entendez-vous en creux ? Pensez-vous que les industriels se pousseront gentiment et cesseront leurs ravages occasionnés à la planète, s’il leur est proposé ce genre de trucs, pour travailler à un biomimétisme responsable et éthique (auquel je ne crois pas, mais c’est un autre sujet) ?

      Pablo Servigne a dit quelque chose de très juste en relayant cet article sur son mur FB, phrase que j’aurais voulu trouver moi-même : Le succès du discours d’Aberkane montre clairement le besoin de consolation d’une société qui ne veut pas faire son propre deuil.

      • Encore une fois c’est une extrapolation, tout comme le fait de n’avoir retenu que le haut de mon message d’introduction, que j’aurais dû omettre car le reste à beaucoup plus de sens.
        Ni tout blanc ni tout noir, son discours à du bon et du flou, mais vous semblez ne retenir que ce qui vous dérange. Quand il parle de l’économie bleue et du 0 déchet ne va-ton pas là vers un monde plus respectueux ? C’est un pas que je souhaite prendre personnellement …
        Dans une société qui se veut en transition écologique, respectueuse et morale il propose des solutions à un large public…Pourquoi le considérer comme le diable ?

  5. A chercher quelques minutes a propos de Idriss Aberkane
    Il est clair pour moi qu il gonfle, voir ment sur certains points de son passe (CV)
    Il tente probablement de se faire une place, une marque, un nom, une image…
    Qu il peut monnayer (regardez ses employeurs et sponsors).
    Neanmoins une partie de son message est, meme si il emprunte les idees et phrases a d autres sans les citer, interessant. Une autre partie me semble par contre contre-productive car ambigue, voir illogique ou mal presentee (et fausse parfois).

    Comme un autre a dit plus haut, certaines parties sont neanmoins interessantes mais il y a du tri a faire, car comme tout bon commercial il donne les arguments pour et omet les arguments contre le “produit” qu il vante, et c est au “consommateur” de faire une analyse.

    Une probleme que souleve tout ceci est – et il le dit plus ou moins lui meme
    le probleme de la verification, validite, pertinence, triage et de la hierarchisation des informations recues… (par des lobbyistes, dont il est lui meme)

  6. Kevin Amara ou l’art du contre-buzz..

    Cet article contient trop d’erreurs de raisonnement que pour tenir la route..

    Exemple: Sans les découvertes et production de machine à vapeur et pétrole, il n’y aurait pas eu de besoin de chercher ces matériaux en énorme quantité. Kevin Amara confond la cause et l’effet.

    Comme par hasard, tous ceux qui monnaient leur connaissance dans les domaines de la permaculture ou du biomimétisme s’offusquent…

    La nostalgie d’un “ravage” de Barjavel les fait peut-être rêver d’une décroissance au point où toute connaissance est connue de tous.

    La connaissance s’étagera toujours comme les moyens de la mettre en œuvre. Je doute même de sa capacité à connaître comment pousse une pomme de terre… Un geek de l’anti-buzz, vivant du médiatique de la critique…

    Kevin Amara devrait lire la méthode d’Edgard Morin, ça lui ferait du bien…

    • Il devrait vous apparaître que nous n’avons rien à vendre, ici, et ne proposons aucune sorte de formation, aussi, le problème n’est en aucun cas une quelconque rivalité : nous ne monnayons absolument rien.

      “Je doute même de sa capacité à connaître comment pousse une pomme de terre…”

      Alors des poireaux, n’en parlons pas ! 🙂

      “La nostalgie d’un « ravage » de Barjavel les fait peut-être rêver d’une décroissance au point où toute connaissance est connue de tous.”

      Précisément : il me parait préférable que tous soient à même de savoir faire pousser une patate, quitte à ce que personne ne dispose plus des moyens de faire avancer la théorie des états relatifs.

  7. Vous avez remarquez le petit sigle FB-Twitter-Google-Partager en bas d’article ?
    Cela signifie que ces multinationales savent que vous avez cliquer sur cette page, ils ont archivé votre adresse IP, l’heure, la date et le temps que vous avez passez à lire. Ces gens transmettent toutes ces info collectées à volo aux services de renseignements des états qui le demandent.
    Big Brother is watching you les amis.
    Prudence !

    • Merci de ce rappel salutaire.
      Ceci étant, et comme rappelé plus haut, sur ce site, nous prenons le parti de ne pas fuir la modernité et de combattre avec les armes de l’ennemi. Tant pis s’il connait mes goûts musicaux et la taille de mes slips …

  8. Bonjour et merci.
    Je ne suis pas là pour avoir raison mais pour échanger, me questionner et proposer humblement mon point de vue à un instant T.
    C’est certain qu’il faut rester un minimum méfiants quand à l’utilisation de certaines technologies 1000% d’accord.
    La connaissance qu’il partage, pourrait nous ouvrir à autre chose et ça pourrait nous faire du bien (la planète+nous), si c’est bien utilisé of course (le bon sens).
    Je vois la connaissance (la pensée) comme un outil qui peut permettre de détruire ou d’améliorer notre environnement, c’est à nous de bien l’utiliser (même si nous n’avons pas tous le même bagage neuronal à la base). Lui ne fait que transmettre et chercher des financements (bahouai j’aime pas ça mais je peux comprendre).

    Son discours est rassurant? pkoi pas les gens ont besoin de ça pour avancer, qu’on leur montre qu’il y a encore d’autres solutions, d’autres approches car pour l’instant l’humanité dans son ensemble perd carrément ses repères (mais ya toujours de la lumière heureusement les COPAINNNs).
    Une grande partie de la population des sociétés “développées” est complètement aliénée et déconnectée de la nature, on l’observe tous les jours…..:( (technique émotion) 😉
    Je pense que pour être sauvés l’essence même de notre existence doit être remise en question avec humilité (et de nouveaux concepts/outils) , la clef est là donc Idriss frôle à peine la partie émergée de l’iceberg pour moi. Ego à part, chaque chose en son temps donc.

    Comme on (nous, le restant de l’humanité VS élites de merdes) ne sait pas arrêter l’industrie de façon brutale (jusqu’à preuve du contraire) ça passe par des essais, des propositions, des échanges de connaissances “neuves” ou revisitées. C’est sur qu’on va faire des erreurs (graves) mais c’est comme ça qu’on apprend il me semble. Avant de passer à l’action, nous devons nous harmoniser autour d’un nouveau paradigme/culture qui respecte la vie en général et qui peut s’inspirer de la nature (donc Idriss nous file des pistes c’est pas trop mal pour un début)…

    Ce sont les balbutiements de l’évolution de notre espèce en espérant que ce soit pour le mieux (et là je rajoute, s’il plait à Dieu pour les croyants ou simplement par humilité).
    Alors c’est sur que le top pour nous serait d’arrêter toute l’industrie, l’économie actuelle, le nucléaire et de revenir à la nature ÉVIDEMMENT.
    Mon avis est surtout que nous devons prendre conscience de la mesure dans laquelle nous créons à partir de la pensée, de ce que l’on fixe comme étant réel, développer des outils autour de ça et respecter la vie au sens large, voilà après c’est l’abondance, l’amour, la haine, la dualité la vie, la mort (etc… héhéhé) à nous de composer. On est d’accord, rien est simple mais c’est à nous de rendre les choses plus simples.
    Là il y a encore du monde à convaincre, mais surtout à former car si on a pas le réseau neuronal dispo pour accueillir de nouveaux concepts on ne comprend pas (sur ce sujet Idriss est un super pédagogue, merci).
    Et quand on ne comprend pas on est face à l’inconnu, et quand on est face à l’inconnu on se chie dessus, on est méfiants, on a besoin de rentrer les idées dans des tuperwares car ça nous rassure (aussi),on développe une pensée binaire, on reste conservateurs à l’extreme etc…Voila on fait bugguer la matrice mdr (bons sens chap. 2 pour celui qui sentira la résonnance, héhé). Nos comportements doivent carrément évoluer c’est clair, et pour ça nous devons élever nos consciences (dsl j’ai pas de terme plus précis).

    Mais de là à dire qu’Idriss est un “ennemi des luttes sociales et un bon soldat de la sphère corporatiste” je trouve ça un peu hâtif, binaire et exagéré il a peut être une cuillère dorée dans le cul, un EGO j’avoue, il est carrément imparfait (qui ne l’est pas?).
    Mais jl’aime bien 🙂 (ceci n’est pas un argument lol).

    En tout cas j’attends de voir ce que vous proposez M.Amara.
    Il n’y a pas de conclusion pour moi, je suis très heureux de voir que nous pouvons parler de ces sujets Ô combien complexes et essentiels.
    MERCI.

  9. Excellente analyse, qui rejoint exactement l’impression que j’ai eu en écoutant ses conférences : une indignation à constater qu’il ne remettait aucunement en cause les fondements de notre société périclitante et en perdition à cause du capitalisme. Ce que je n’ai pas manqué de souligner dans les commentaires sous ses vidéos, ce qui m’a valu de passer pour quelqu’un qui voyait les choses par le mauvais côté de la lorgnette…

  10. Analyse éclairante et lucide, me semble t-il, quant au cancer qu’est le capitalisme 3.0 Aberkane est cynique, cela, personne, absolument personne, ne l’a vu. Devenez vous même, libérerez votre cerveau et faites circuler de la connaissance vous serez riches. En attendant achetez donc mon livre à 23e et rappelez vous la connaissance est gratuite mais rend riche:) Sacré Farceur cet Aberkane. Après qu’il falsifie son cv “who cares’. Dans un an on ne parlera plus de lui, dans dix, son bouquin sera en vente à 1e dans les brocantes entre les Dukan et les Pierre Bellemare. Triste.

  11. Bonjour, merci pour cet article intéressant. Comme d’autre “commentants” je trouve que vous ne voyez que les aspects négatifs de ce qu’il est ou propose. J’en veux pour exemple l’omission (que j’imagine volontaire) de ce que Mr. Aberkane dit à propos des déchets. Hélas je trouve que cela ressemble au comportements des scientifiques qui ne prennent que les arguments qui les intéressent pour construire leurs théorie et ne citent pas ceux qui les dérangent. Cela fait perdre du crédit à votre argumentation. Je trouve aussi que vous ne donnez pas non plus de résonance à ses propos sur la “nouvelle renaissance” nonobstant le fait que les découvertes scientifiques majeures puissent provoquer des changements de société, ou du moins en être un des rouages. Pour ma part je suis persuadé que ce sont plusieurs éléments entrant en résonance qui créent ces grands changements de société/paradigmes. Je trouve ça dommage aussi de ne pas parler des néologismes qu’il emplois (même si ce ne sont peut être pas les siens), car pour moi changer le langage peut permettre de changer la pensée. Pour finir, c’est terrible qu’il faille attendre qu’il fasse le “buzz” pour que des articles sortent sur lui alors que cela fait un moment qu’il s’exprime sur le biomimétisme entre autre. De fait, votre article est un article de réaction au “buzz” et donc forcément orienté…
    Courage pour la suite, j’espère avoir été constructif comme vous l’êtes.
    P.S: je suis d’accord avec vous pour les pommes de terre.

  12. Je commence par vous dire que je comprends votre point de vue, j’ai un peu creusé sur la critique de la technologie et la critique du progrès.
    Cependant j’ai plusieurs remarques que j’aimerais mettre en avant.

    Déjà, il est noble de votre part de mettre en avant les conflits d’intérêts d’Idriss Abekane, et donc de ne pas le considérer comme un chercheur indépendant.
    Ensuite, votre analyse est très bien faite et montre les travers et les omissions dans son discours (notamment quant à l’exploitation des ressources matérielles, l’utilisation du biomimétisme qui avait déjà été faite auparavant, etc.).
    Enfin, merci de rendre les différentes citations à leur créateurs.

    J’en viens à mon propos principal.
    Comment pouvez vous, avec une telle lucidité et une telle justesse d’analyse, continuer à vous occulter ainsi quant à l’utilisation des technologies ?

    Si je re-cite Anders : “La mutation de l’humanité correspond donc à une volonté inconsciente de supprimer tout obstacle naturel par des moyens techniques, ceci afin de mettre un terme à la honte de se savoir un « produit de la nature »”.

    Je suis d’accord avec cette vision, seul dans la nature, nous ne vallons rien, nous serions déchiquetés par le premier animal. Nous sommes d’ailleurs apparemment largement démunis de défense naturelle puisque nous naissons prématurément.
    Notre cerveau, notre capacité d’organisation et nos créations “technologiques” (le feu, les outils, les vêtements, etc…) sont donc nos seuls atouts face à la nature.

    Ensuite, l’humain semble être l’espèce animale la plus destructrice pour les autres espèces (extinction de la quasi totalité de la macrofaune terrestre par exemple).

    Donc oui, le progrès technique, issu de la révolution industrielle et du capitalisme ont été les facteurs déclenchant des maux sociaux les plus intenses, des armes et des guerres les plus dévastatrices, mais la source du problème semble remonter plus loin.
    A l’heure actuelle, quelles solutions nous reste-t-il pour sortir de cette crise humaine, sociale, écologique, etc. ?

    Retourner en -10 000 et empêcher la révolution agricole serait apparemment une bonne chose, nous resterions des groupes de chasseurs-cueilleurs, une espèce déjà dangereuse pour son environnement mais avec un impact négligeable.
    Mais nous n’avons pas cette capacité là, et il nous faut jouer avec le désastre actuel, non pas se gargariser avec les pensées anarchistes du début du 20eme.
    Nous sommes dans la merde technologique, et le progrès est néfaste, d’accord, mais nous y sommes depuis au moins 10 000 ans, dans le progrès.

    Donc aujourd’hui, il semble difficile d’acheter des vêtements ou des technologies qui ne soient pas issus de l’exploitation outrageuse d’humains. J’imagine que vous portez vous mêmes des chaussures made in China/Pakistan/Thaïlande et utilisez un pc/mac dont des matériaux utilisés pour la fabrication ont été extraits en Afrique.

    Quelle solution donc, que les bien pensants états européens se mettent à la décroissance, et plantent des patates ? J’en serais très heureux et je serai certainement comblé de faire ça chez moi, sans second degré.
    Mais vous ne règlerez pas le problème général, la curiosité, l’avidité de savoir, de progrès (et de malheur), et actuellement notre rapport aux technologies.
    Donc, en conclusion, je suis heureux que certains se penchent sur la réflexion de comment pourrait être notre avenir face aux technologies, quitte à ce qu’ils soient dans le faux, le militaire, et que leur discours fasse une référence à l’argent de manière constante.
    Qu’on le veuille ou non, l’utilisation des outils numériques et technologiques, certainement néfaste à notre nature animale, a de grande chances de perdurer un petit moment. Il semble donc vital d’utiliser ces outils d’une manière éthique, quitte à les développer, et à développer la technologie (pourquoi ne pas développer un technologie plus efficace dans la gestion des déchets, en plus bien évidemment de chercher à en produire le moins possible ?).
    Donc, même si la termitière a inspiré un centre commercial, avec un peu d’optimisme, on pourrait penser qu’elle inspirera des maisons collectives ou individuelles.

    Voilà pour mes réflexions, écrites de manière spontanées je n’ai pas pris le temps de me relire davantage, je tenais seulement vous proposer quelques pensées qui étaient miennes et qui, je juge, participent à voir les choses d’un angle constructif.
    Vous qui avez une capacité d’analyse que je respecte et que je trouve bonne, mais certains biais dans votre discours empêchent, à mon sens, de voir les solutions possibles (et louables) à l’utilisation de nos technologies.
    Donc, vous jouez, le rôle d’un contre pouvoir qui forcément s’inscrit dans la tendance, plutôt qu’utiliser cette énergie à critiquer en plus de proposer des solutions innovantes.

    Merci pour cette lecture.

    • “Qu’on le veuille ou non, l’utilisation des outils numériques et technologiques, certainement néfaste à notre nature animale, a de grande chances de perdurer un petit moment. Il semble donc vital d’utiliser ces outils d’une manière éthique, quitte à les développer, et à développer la technologie (pourquoi ne pas développer un technologie plus efficace dans la gestion des déchets, en plus bien évidemment de chercher à en produire le moins possible ?).”

      Vraiment? On s’accommode des maux et on continue sur le chemin de la destruction, c’est ça ta conclusion ?

    • Merci d’avoir pris le temps de préciser ta pensée.

      Je me permets de te signaler qu’il y a une confusion dans celle-ci. Il s’agit d’échapper au machinisme, en aucun cas à la “Technique”. Prétendre abolir la Technique n’a pas plus de sens que viser à l’abolition du sommeil ou de l’appétit, en ce sens que la Technique est inhérente à l’homme. Allumer un feu par friction, c’est déjà de la technique.
      En sus, je t’invite à regarder du côté des techniques autoritaires et démocratiques développées par Lewis Mumford, pierre d’achoppement intéressante pour construire une pensée anti-technicienne.

  13. Je ne suis pas dans l’idolâtrie du bonhomme, mais je trouve qu’il s’exprime bien et qu’il met en avant des concepts intéressants.
    Je ne me souviens pas d’une seule de ses interventions où il se presente comme chercheur au CNRS, à Cambridge ou Stanford.
    Beaucoup de mythos viennent de ses diffuseurs (Ted qui est coutumier du fait) qui pour crédibiliser son propos gonflent son CV.
    Bref, c’est pas le Messi, mais on le savait déjà, il est peut être un peu menteur sur les bords, mais son propos est quand même souvent juste.
    Que celui qui n’a jamais ‘amelioré’ son CV lui jette la 1ere pierre…

    Après sur le fond, aberkane est un scientifique qui pense, c’est pas un philosophe

    • Messie et pas Messi…
      Saloperie de correcteur automatique…
      Sinon, les vulgarisateurs, même si leur propos est discutable, ont l’avantage de pousser le grand public à s’intéresser à des sujets (ici le biomimétisme) dont ils n’auraient jamais entendu parler

      • Je ne suis pas du tout d’accord. Dire que, au moins il pousse les gens à s’intéresser au biomimétisme ce serait comme dire que les créationnistes ont le mérite de pousser les gens à s’intéresser à la biologie, ou que les astrologues ont le mérite de pousser les gens à s’intéresser aux planètes. L’intérêt est nul quand les idées propagées sont scientifiquement totalement fausses.

  14. ça décortique, ça critique, mais dans cet article aucune alternative n’est proposée à la pensée d’Idriss Aberkane, cette personne est en train de nous lancer dans de nouvelles directions, peut-être maladroitement mais personne n’est parfait et sa démarche dans certains cas n’est peut-être pas adapatée mais il est le SEUL à avoir proposé un semblant de philosophie censée depuis très longtemps, la critique de cet article est intéressante mais n’aboutit à aucune alternative .. Aucune solution n’est proposée, la critique fuse mais ne mène nulle part.

    • Pas facile pour les non-initiés, ceux qui baignent dans le mainstream, de comprendre la critique anti-industrielle. Pour faire simple, ce que nous prônons, c’est l’exact inverse de ce qu’Aberkane promeut, c’est la décroissance, c’est la désindustrialisation, le démantèlement de la société industrielle, la cessation du soi-disant progrès technologique, etc.

  15. @LePartage
    Avez vous lu le livre “libérez votre cerveau” d’Idriss ? J’imagine que non ne le portant pas dans votre coeur…
    Je reviens sur mes précédents avis, et je vous le dis ici : En fait, vous avez tout faux.
    Lisez son livre et si vous avez toujours les mêmes arguments que celui partagé sur cet article, je ne peux plus rien vous vous j’en ai peur

  16. Article très intéressant mais que pensez-vous de cette observation?

    Cette dernière jette un discrédit sur l’exemple phare de la théorie de la connaissance, sachant qu’apple (comme expliquée, Apple vend de faux besoins à travers la technologie).

    Il est nullement question de connaissance mais de Marketing.

    https://www.youtube.com/watch?v=xq5oldwrk1k

  17. Bonjour a toi Kevin / autres contributeurs de ce post,

    Merci pour ce point de vue éclairant mais qui dresse un portrait assez vitriolé de cette nouvelle renaissance dont nous serions contemporains.

    Pour ma part je pense qu’Idriss connait son sujet mais va surjouer sa carte d’homme de bonne volonté afin de convaincre le maximum de brebis égarées a se jeter dans la vallée d’ombre d’un bio-mimétisme 2.0 appliqué a une neuro-science vulgarisée.

    Ceci étant, je trouve qu’il aborde des points interessants dans ses prestations thêatrales et qui méritent d’être soulevés.
    je voudrais notamment avoir ton point de vue sur le claim d’Aberkane vs notre système éducatif qui est grosso merdo selon ses termes, resté figé depuis Jule Ferry.

    Penses-tu également que cela fait partie du buzz autour de ce jeune éphèbe trentenaire qui surfe sur la vague de la mondialisaion bleue et de ce fait, considères-tu cette idée seulement consolatrice voire illusoire, au même titre que l’économie de la connaissance ?

    Cheers,

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