En ces temps de désin­for­ma­tion orga­ni­sée, reve­nons sur une des nombreuses illu­sions vertes qu’on nous présente comme une « solu­tion » qui nous permet­trait de conti­nuer à béné­fi­cier du confort indus­triel tout en ne détrui­sant plus la nature ou (et c’est surtout ce qui est mis avant) en ne déré­glant plus son climat. Inté­res­sons nous au cas des barrages et de l’hy­dro­élec­tri­cité.

On dénombre envi­ron 80 000 barrages en France. Leur construc­tion, en plus de détraquer complè­te­ment les écosys­tèmes, a fait dispa­raître, entre autres pois­sons, les millions de saumons qui peuplaient nos cours d’eau.

Il y aurait envi­ron 845 000 barrages dans le monde.

En Asie du Sud-Est, la Chine (le prin­ci­pal pays finan­ceur et construc­teur de barrages) en construit des dizaines, notam­ment sur le Mékong. Elle parti­cipe d’ailleurs à en construire un peu partout (en Éthio­pie, par exemple, avec l’im­mense Barrage « Grand Renais­sance », mais aussi au Soudan, au Mozam­bique, en Zambie, au Nige­ria, au Ghana, au Congo, au Gabon et au Came­roun).

428 barrages sont en projets en Amazo­nie. 140 sont construits ou en construc­tion. EDF et Engie sont parmi les multi­na­tio­nales impliquées dans ces destruc­tions. Une catas­trophe inima­gi­nable ; mais d’après le discours offi­ciel, un progrès immense, puisque ces barrages produisent de l’éner­gie « verte ».

Au-delà de l’ab­sur­dité évidente que consti­tue le fait de simple­ment rempla­cer la source de l’éner­gie élec­trique néces­saire à nos appa­reils élec­tro­niques toujours plus nombreux, polluants et toxiques les uns que les autres, par une source préten­du­ment plus « verte », et de dire qu’a­lors tous nos problèmes sont réglés, il s’avère que toutes ces éner­gies dites « renou­ve­lables » ou « vertes » ou « propres » sont autant de chimères, ou de mensonges. (En effet, même s’il était possible d’ob­te­nir des sources d’éner­gies propres, tout le reste, que ces éner­gies servi­raient à alimen­ter, des infra­struc­tures indus­trielles élémen­taires aux gadgets élec­tro­niques, en passant par l’au­to­mo­bile, etc., ne le serait certai­ne­ment pas, ce qui devrait suffire à inva­li­der leur déve­lop­pe­ment, mais qui ne suffit pas, bien évidem­ment, puisque le discours offi­ciel raconte autre­ment).

Pour commen­cer à analy­ser le cas des barrages, voici une traduc­tion d’un article écrit par Gary Wock­ner (géographe, écologue, acti­viste et écri­vain états-unien) pour EcoWatch, et publié en octobre 2015 (avant la COP 21 à Paris, donc), sur un des nombreux problèmes asso­ciés aux barrages, les émis­sions de méthane :

I. Les fausses promesses de l’hy­dro­élec­trique

par Gary Wock­ner

Plusieurs menaces planent sur les eaux abon­dantes du Costa Rica, dont la plupart sont liées à l’ex­pan­sion de l’in­dus­trie touris­tique. Le Costa Rica a fait passer des lois envi­ron­ne­men­tales, mais elles sont mal appliquées. Les restau­rants, les hôtels, les construc­tions de maisons et de routes génèrent des déchets et des écou­le­ments qui finissent direc­te­ment dans les rivières et dans l’océan.

A Santa Theresa, où vivent les Water­kee­per de la pénin­sule de Nicoya, à 8 km de Malpais, l’eau provient des montagnes du centre du pays, où se déploie un réseau massif et en expan­sion de barrages, de canaux, de pipe­lines et de digues. Plusieurs de ces barrages four­nissent égale­ment de l’hy­dro­élec­tri­cité, à hauteur de 80% de la consom­ma­tion du Costa Rica. Les corpo­ra­tistes et les membres du gouver­ne­ment en parlent comme d’une « éner­gie propre », « neutre en carbone ». Rien ne pour­rait être plus éloi­gné de la vérité.

Quelques mois avant de me rendre au Costa Rica j’avais écrit un article pour EcoWatch, inti­tulé « Les barrages parti­cipent au chan­ge­ment clima­tique : ils ne produisent pas une éner­gie propre ». En basant mes recherches sur des projets de barrages menaçant la rivière près de chez moi, la rivière « Cache la Poudre » [Colo­rado, NdT], j’avais fini par comprendre que l’hy­dro­élec­trique est l’un des plus graves problèmes envi­ron­ne­men­taux auxquels notre planète fait face. La construc­tion de barrages hydro­élec­triques autour du monde augmente de manière drama­tique, appuyée par la prémisse fausse selon laquelle ils produisent une éner­gie propre, bien qu’é­tudes après études nous démontrent l’in­verse.

Les émis­sions de méthane lié à l’hy­dro­élec­trique

La prin­ci­pale menace envi­ron­ne­men­tale liée aux barrages est liée à la matière orga­nique — à la végé­ta­tion, aux sédi­ments et au sol — qui s’écoule depuis les rivières dans les réser­voirs et se décom­pose, émet­tant du méthane et du dioxyde de carbone dans l’eau et dans l’air au cours des cycles de géné­ra­tion. Des études nous indiquent que dans un envi­ron­ne­ment tropi­cal où les sédi­ments sont impor­tants, où il y a beau­coup de matière orga­nique, les barrages peuvent géné­rer plus de gaz à effet de serre que des centrales au char­bon. Philip Fearn­side, un profes­seur à l’Ins­ti­tut Natio­nal de Recherche sur l’Ama­zo­nie, à Manaus, au Brésil, ainsi que l’un des scien­ti­fiques les plus cités sur le sujet du chan­ge­ment clima­tique, appellent les barrages des « usines à méthane ». Selon l’Ins­ti­tut Natio­nal de Recherche Spatiale du Brésil, les barrages sont « la prin­ci­pale source anthro­pique de méthane, respon­sable de 23% des émis­sions [de méthane] liées aux acti­vi­tés humaines ».

Ce nombre de 23% pour­rait bien être une sous-esti­ma­tion ; les émis­sions peuvent être colos­sales, même dans des climats tempé­rés. Un article publié en 2014 sur Climate Central présen­tait une compa­rai­son inquié­tante : « imagi­nez 6000 vaches laitières faire ce qu’elles font, mastiquer et émettre du méthane toute l’an­née. Elles en émettent autant que le réser­voir de L’Ohio en 2012. Pour­tant les réser­voirs et l’hy­dro­élec­trique sont souvent consi­dé­rés comme bon pour le climat puisqu’ils ne consomment pas de combus­tibles fossiles pour produire leur élec­tri­cité ». Un autre article de 2014 souli­gnait que, parce que très peu de barrages et de réser­voirs sont étudiés, leurs émis­sions de méthane ne sont pas comp­tées dans les analyses du chan­ge­ment clima­tique plané­taire.

Un article publié dans le livre de 2013 Gouver­nance clima­tique dans le monde en déve­lop­pe­ment se concen­trait sur cet échec au Costa Rica :

« Ces émis­sions de méthane, cepen­dant, ne sont ni mesu­rées ni prises en compte dans la balance carbone du Costa Rica. Étant donné que la demande en élec­tri­cité du pays va augmen­ter de 6% par an dans le futur proche, et que la majo­rité de cette élec­tri­cité est produite par la produc­tion hydro­élec­trique, inclure de telles émis­sions dans les calculs de neutra­lité rendrait diffi­cile pour le pays de parve­nir à ce but ».

Figure : les quatre voies de trans­fert du méthane vers l’at­mo­sphère

Effec­ti­ve­ment, en février et mars de cette année, le secteur élec­trique gouver­ne­men­tale du Costa Rica publiait un commu­nique de presse stipu­lant que le pays était en route pour atteindre la « neutra­lité carbone » d’ici 2021, affir­mant que « 88% de son élec­tri­cité provint de sources propres » en 2014, et que durant les 75 premiers jours de 2015, 100% de son élec­tri­cité avait été fourni par des éner­gies « renou­ve­lables ». Les agences de presse du monde entier parta­gèrent ces désin­for­ma­tions sur l’hy­dro­élec­trique. CNN mérita le prix de l’ir­res­pon­sa­bi­lité jour­na­lis­tique avec son émis­sion de télé­vi­sion « une année sans carbone pour le Costa Rica ». De manière plus surpre­nante encore, certains envi­ron­ne­men­ta­listes améri­cains mordirent à l’ha­meçon. Des groupes envi­ron­ne­men­taux, dont de nombreuses orga­ni­sa­tions natio­nales, diffu­sèrent ces histoires et cette infor­ma­tion fausse à travers les réseaux sociaux — 350.org publia une image Face­book très popu­laire célé­brant l’ac­com­plis­se­ment du Costa Rica.

[NdT : Gary Wock­ner ne semble pas bien saisir, ou oublie de souli­gner que c’est là le rôle des grandes ONG écolo­gistes : soute­nir ces fausses solu­tions vertes et ce nouvel eldo­rado pour les indus­triels.]

La bombe de méthane hydro­élec­trique menace la COP 21

Pire encore, le mythe de l’hy­dro­élec­trique décar­bonné est inclut dans le « méca­nisme de déve­lop­pe­ment propre » du proto­cole de Kyoto visant à trai­ter le problème du chan­ge­ment clima­tique plané­taire, et est de plus en plus utilisé par des pays présents à la COP21 à Paris. Ce programme encou­rage un inves­tis­se­ment plus impor­tant pour l’hy­dro­élec­trique que pour toutes autres sources d’éner­gies soi-disant « propres ». De telles recom­man­da­tions influencent les déci­sions de finan­ce­ment du gouver­ne­ment US et des prêteurs inter­na­tio­naux comme la Banque Mondiale et le FMI. D’ailleurs, la Banque Mondiale affirme, sur son site : « Alors que la demande pour une éner­gie propre, fiable et abor­dable croit, avec l’ur­gence d’étendre la couver­ture éner­gé­tique à ceux qui n’en béné­fi­cient pas, l’hy­dro­élec­trique joue un rôle capi­tal. »

Aux USA, le minis­tère de l’éner­gie a publié un rapport en 2014 appe­lant à « un nouveau déve­lop­pe­ment hydro­élec­trique sur plus de 3 millions de cours d’eau et de fleuves aux États-Unis », et il n’est pas dérai­son­nable de craindre que la confé­rence des Nations Unies sur le chan­ge­ment clima­tique, prévue plus tard cette année, à Paris, sera infes­tée par cette propa­gande « hydro­élec­trique = éner­gie propre ».

Un pamphlet du gouver­ne­ment US vante les mérites de l’hy­dro­élec­trique. Parce que si peu des barrages du monde sont étudiés, les quan­ti­tés massives de méthane qu’ils émettent ne sont en majeure partie pas comp­tées dans les analyses du chan­ge­ment clima­tique.

Tandis que les gouver­ne­ments et les usuriers gravitent de plus en plus autour de l’hy­dro­élec­trique depuis 10 ans, l’in­dus­trie des barrages a affuté son green­wa­shing [expres­sion dési­gnant un procédé de marke­ting ou de rela­tions publiques utilisé par une orga­ni­sa­tion (entre­prise, admi­nis­tra­tion publique natio­nale ou terri­to­riale, etc.) dans le but de se donner une image écolo­gique respon­sable, NdT]. Elle prétend, comme elle l’a prétendu pendant des décen­nies, que ses acti­vi­tés sont bénignes, alors que les barrages et les réser­voirs ont noyé et déplacé des commu­nau­tés entières, détruit des rivières et engen­dré des viola­tions des droits humains massifs tout autour du globe, sous la fausse promesse d’une « éner­gie propre et renou­ve­lable ».

Aux USA, le long du fleuve Colo­rado, les direc­teurs des barrages de Glen Canyon et de Hoover, deux des pires projets de destruc­tions de fleuves de l’his­toire de l’hu­ma­nité, conti­nuent à prétendre que ces barrages four­nissent une « éner­gie propre » et à calcu­ler de manière menson­gère la « compen­sa­tion carbone » de leur hydro­élec­trique compa­rée à l’uti­li­sa­tion du char­bon. En 2013, lors d’une réunion publique de 1200 personnes à Las Vegas, j’ai entendu des repré­sen­tants du gouver­ne­ment avan­cer de telles affir­ma­tions, pour­tant déjà dénon­cées par des conser­va­tion­nistes comme John Weisheit et bien d’autres.

Tout comme l’in­dus­trie du Tabac avait refusé pendant des décen­nies d’ac­cep­ter que ses produits donnent le cancer, l’in­dus­trie des barrages, dans des décla­ra­tions publiques et des publi­ci­tés, bafoue la science qui lie les émis­sions de méthane à l’hy­dro­élec­trique. Et pire encore, le minis­tère de l’éner­gie des USA renforce le mythe de l’hy­dro­élec­trique propre.

Ce mythe semble infil­trer les discus­sions du monde entier. Un guide d’eaux-vives du Teno­rio, au Costa Rica, me racon­tait ainsi qu’à d’autres rafters comment les fleuves de son pays avait été exploi­tés afin de produire « de l’éner­gie propre » et de prépa­rer la voie vers un futur décar­boné.

Le Costa Rica finit actuel­le­ment le plus gros barrage hydro­élec­trique de toute l’Amé­rique Centrale, un projet qui dévas­tera proba­ble­ment le fleuve Reven­ta­zon. La struc­ture de 130 mètres de haut est présen­tée comme un brillant exemple de l’en­ga­ge­ment du Costa Rica envers les objec­tifs du proto­cole de Kyoto, et de son « méca­nisme de déve­lop­pe­ment propre », en parti­cu­lier. Les émis­sions de méthane que cela va engen­drer ne semblent pas avoir été prises en compte, et pour­raient ne jamais être mesu­rées. Mais aussi trou­blant que la situa­tion du Costa Rica puisse sembler, elle ne repré­sente qu’un frag­ment d’un problème mondial bien plus vaste.

Des barrages sont construits à une vitesse record dans le monde entier. Le gouver­ne­ment chinois a récem­ment proposé de construire le plus gros projet hydro­élec­trique du monde à la fron­tière du Tibet. Un seul des barrages qui le compo­se­raient ferait trois fois la taille du plus gros qui existe actuel­le­ment, le barrage des trois gorges, sur le fleuve Yangzi. De plus, le groupe de conser­va­tion Inter­na­tio­nal Rivers rapport que, « actuel­le­ment, pas moins de 3700 projets hydro­élec­triques sont en construc­tion ou en projet », à travers la planète.

L’éco­lo­gie, c’est prendre soin de la planète. Ci-dessus, une source d’éner­gie dite « propre » et « renou­ve­lable » soute­nue par de nombreux « écolo­gistes ». Le barrage des trois-gorges en Chine.

L’hy­dro­élec­trique est une éner­gie sale, et devrait être consi­dé­rée comme les combus­tibles fossiles. Et les écolo­gistes, loin de la soute­nir, devraient la combattre, faire fermer les barrages, et empê­cher leur construc­tion aussi vigou­reu­se­ment que pour les centrales à char­bon.


Traduc­tion : Nico­las Casaux

II. A propos de l’im­por­tance du méthane et des barrages

Ajou­tons égale­ment qu’une nouvelle étude diri­gée par l’Uni­ver­sité de Reading en Angle­terre démontre que les émis­sions d’ori­gine anthro­pique de méthane sont, à ce jour, respon­sables d’en­vi­ron un tiers du réchauf­fe­ment clima­tique lié aux émis­sions de dioxyde de carbone – cette contri­bu­tion du méthane est de 25% supé­rieure aux esti­ma­tions précé­dentes. Ainsi, selon cette étude, les barrages sont respon­sables d’en­vi­ron 1,3% de toutes les émis­sions de gaz à effet de serre d’ori­gine anthro­pique. Une autre étude menée par l’Ins­ti­tut natio­nal de recherche spatiale brési­lien (INPE) a estimé que les barrages étaient respon­sables d’au moins 4% du réchauf­fe­ment clima­tique d’ori­gine anthro­pique.

Selon une autre étude récem­ment publiée, la capa­cité du méthane (CH4) à réchauf­fer l’at­mo­sphère est plus impor­tante que les scien­ti­fiques ne le pensaient jusqu’a­lors. Depuis le rapport du Groupe d’ex­perts inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évo­lu­tion du climat (GIEC) de 1995, le poten­tiel de réchauf­fe­ment global (PRG) à 100 ans du CH4 est passé de 21 fois à 32 fois celui du CO2. Une esti­ma­tion en progres­sion de 50% donc. Ce qui risque d’en­traî­ner une nouvelle révi­sion à la hausse de la respon­sa­bi­lité des barrages dans le réchauf­fe­ment global.

III. L’em­poi­son­ne­ment au mercure, l’ef­fet caché des barrages

Ce n’est pas tout, ajou­tons égale­ment une autre pollu­tion impor­tante liée aux barrages, qui n’est pas évoquée ici, et que le quoti­dien suisse « Le Temps » expo­sait le 5 décembre 2016 dans un article inti­tulé : « L’em­poi­son­ne­ment au mercure, l’ef­fet caché des barrages ».

L’ar­ticle décrit un « effet méconnu de l’inon­da­tion des terres: la produc­tion de méthyl­mer­cure par des bacté­ries natu­rel­le­ment présentes dans les sédi­ments des lacs et rivières. Neuro­toxique, notam­ment chez le fœtus, cette molé­cule peut entraî­ner une alté­ra­tion de l’au­di­tion ou du champ visuel, voire des troubles mentaux ou des para­ly­sies. Sa présence dans l’eau peut, sous certaines condi­tions, favo­ri­ser sa dissé­mi­na­tion dans la chaîne alimen­taire et, au final, sa présence chez l’être humain ».

Le site de l’al­liance romaine, pour la protec­tion de la rivière Romaine, au Québec, le formule ainsi :

Les barrages créent une conta­mi­na­tion au mercure. Le mercure inor­ga­nique est présent dans nos sols. Ce mercure est présent depuis des milliers d’an­nées en raison de l’ac­ti­vité volca­nique et son niveau a augmenté plus récem­ment en raison de l’ac­ti­vité humaine. Conservé dans le sol, ce type de mercure pose rela­ti­ve­ment peu de dangers. Malheu­reu­se­ment, lorsque des portions du sol où il se concentre sont inon­dées et que les bacté­ries commencent à digé­rer les sols ainsi inon­dés, le mercure inor­ga­nique se change en méthyle mercure. Le méthyle mercure est une neuro­toxine puis­sante. En consé­quence de la créa­tion des réser­voirs, le mercure se retrouve dans la chaîne alimen­taire, conta­mi­nant le zoo planc­ton, les pois­sons, les oiseaux, les mammi­fères et les humains qui dépendent de l’éco­sys­tème des rivières. Après la construc­tion d’un barrage, les pois­sons de ces rivières ne peuvent plus être consom­més pendant une période pouvant aller jusqu’à 30 ans. Malgré les allé­ga­tions selon lesquelles le méthyle mercure dans les réser­voirs retour­ne­rait à un niveau normal après 30 ans, il devient évident que cela peut prendre plus long­temps et que la concen­tra­tion de méthyle mercure ne sera jamais aussi basse qu’elle n’était avant la créa­tion d’un réser­voir.

Plus d’in­for­ma­tions dans cette vidéo :

 


IV. Les barrages détruisent les rivières

Dans son article « Le mythe des éner­gies renou­ve­lables », Derrick Jensen aborde le sujet des barrages et rappelle que :

De la même façon, peu importe à quel point les acti­vistes clima­tiques, les poli­ti­ciens et les « envi­ron­ne­men­ta­listes » prétendent que les barrages sont « verts » et « renou­ve­lables », il devrait être évident qu’ils tuent les rivières. Ils tuent les zones lacustres qu’ils inondent. Ils privent les rivières situées en amont des nutri­ments appor­tés par les pois­sons anadromes. Ils privent les plaines d’inon­da­tion en aval des nutri­ments qui circulent dans les rivières. Ils privent les plages de sédi­ments. Ils détruisent les habi­tats des pois­sons et des autres espèces qui vivent dans les rivières sauvages, et pas dans des réser­voirs tièdes à l’écou­le­ment alenti.

Les barrages frag­mentent, détraquent ou éliminent des habi­tats natu­rels, en amont comme en aval. Le site de la FAO (l’Or­ga­ni­sa­tion des Nations unies pour l’ali­men­ta­tion et l’agri­cul­ture) le recon­nait lui aussi :

Les barrages altèrent l’éco­lo­gie aqua­tique et l’hy­dro­lo­gie des rivières en amont et en aval, affec­tant la qualité de l’eau, son volume, ainsi que les zones de repro­duc­tions.

Dans un article publié le 9 janvier 2017 sur le site du Guar­dian, inti­tulé « Maudits soient les barrages, lais­sez les rivières couler libre­ment », Kate Horner, qui dirige l’or­ga­ni­sa­tion de protec­tion des fleuves et des rivières Inter­na­tio­nal Rivers, écrit :

Au cours des 60 dernières années, les grands barrages ont eu des impacts dévas­ta­teurs sur les gens et sur l’en­vi­ron­ne­ment. Ils altèrent les écosys­tèmes des rivières en les faisant passer de frais, fluides et connec­tés à chauds, stag­nants et frag­men­tés – avec des consé­quences dévas­ta­trices pour la vie sauvage. Les barrages sont l’une des prin­ci­pales raisons pour lesquelles les popu­la­tions de pois­sons d’eau douce se sont effon­drées – le monde a perdu plus de 80% de ces popu­la­tions depuis 1970.

Dans le prologue d’un livre crucial inti­tulé « La guerre des barrages » (2005), Jacques Leslie (un jour­na­liste, diplômé de l’Uni­ver­sité de Yale, aux USA, corres­pon­dant de guerre au Viet­nam et au Cambodge pour le Los Angeles Times, qui a égale­ment travaillé, entre autres, pour le New York Times, le Washing­ton Post et le Boston Globe) écrit que :

En l’es­pace de soixante-dix ans, nous avons appris que si l’on supprime le barrage Hoover, on libère aussi les millions de tonnes de sel que le Colo­rado char­riait autre­fois vers la mer mais qui se sont depuis répan­dus dans les champs irri­gués, empoi­son­nant lente­ment les sols. Faites sauter les barrages sur le Colo­rado et vous rendrez le limon qui s’ac­cu­mule derrière eux à un fleuve libéré qui ira de nouveau enri­chir les terres en aval, et le delta autre­fois d’une richesse excep­tion­nelle, mais aujourd’­hui brûlé, aride et jonché de déchets. Faites sauter les barrages, et les Indiens Cocopa, dont les ancêtres ont péché dans le delta et ont cultivé ses rives pendant plus d’un millé­naire, auront peut-être une chance d’évi­ter l’ex­tinc­tion. Faites sauter les barrages, et le Colo­rado recom­men­cera à char­rier ses nutri­ments vers le golfe de Cali­for­nie, y recons­ti­tuant ainsi une aire de repro­duc­tion des pois­sons aujourd’­hui surpê­chée, qui rede­vien­dra ce qu’elle était voici un demi-siècle : un sanc­tuaire marin d’une excep­tion­nelle richesse.

Plus tard, dans le livre, il explique que :

La dimen­sion, les varia­tions saison­nières et le contenu d’un fleuve déter­minent le carac­tère de son écosys­tème. Modi­fiez l’une de ces variables, et l’éco­sys­tème est contraint de s’adap­ter ; modi­fiez-les toutes de façon substan­tielle, comme le fait un barrage, et l’éco­sys­tème décline. Les petites crues déclenchent les migra­tions des pois­sons et des insectes ; les grosses crues créent des habi­tats pour les pois­sons en creu­sant le lit des fleuves et trans­portent les nutri­ments dans les plaines fluviales. Les chan­ge­ments de tempé­ra­ture de l’eau d’un fleuve donnent le signal de la repro­duc­tion des pois­sons, tandis que la compo­si­tion chimique de l’eau nour­rit les animaux déjà adap­tés à l’en­vi­ron­ne­ment du fleuve. C’est tout cet ensemble qu’un barrage perturbe de façon désas­treuse. […] Les espèces rares et spécia­li­sées qui ont évolué sur des millions d’an­nées s’éteignent. […] Les consé­quences de l’al­té­ra­tion du débit s’étendent jusqu’à l’em­bou­chure du fleuve, où l’in­tru­sion d’eau salée tend à s’ac­cé­lé­rer, détrui­sant des zones humides ou des zones de pêche.

Ces problèmes cruciaux, vitaux pour la santé des écosys­tèmes fluviaux, a égale­ment été souli­gné plus récem­ment, le 20 juin 2017, dans un article inti­tulé « Pourquoi les rivières du monde perdent des sédi­ments, et pourquoi c’est impor­tant », publié sur le site Yale Envi­ron­ment 360, la plate-forme web de l’uni­ver­sité de Yale dédiée à « la fores­te­rie et aux études envi­ron­ne­men­tales » où on peut lire :

D’im­menses quan­ti­tés de sédi­ments sont piégées derrière les grands barrages du monde, privant les zones en aval de maté­riaux cruciaux pour le déve­lop­pe­ment des marais et des zones humides qui servent de tampon contre la montée du niveau des eaux.


VI. Les barrages contre les peuples

Voici ce qu’é­crit l’au­teure et acti­viste Arund­hati Roy dans son magni­fique essai publié en France sous le titre « Le coût de la vie » :

Les grands barrages sont au déve­lop­pe­ment d’une nation ce que des bombes nucléaires sont à son arse­nal mili­taire : des armes de destruc­tion massive. Ils sont tous deux des armes que les gouver­ne­ments utilisent pour contrô­ler leurs propres peuples. Tous deux des emblèmes du 20ème siècle qui marquent un point du temps où l’in­tel­li­gence humaine a dépassé son propre instinct de survie. Ils sont tous deux des indi­ca­tions malignes d’une civi­li­sa­tion qui s’est retour­née contre elle-même. Ils repré­sentent la coupure du lien — et pas seule­ment du lien, mais aussi de la compré­hen­sion — entre les êtres humains et la planète sur laquelle ils vivent. Ils brouillent l’in­tel­li­gence qui relie les œufs aux poules, le lait aux vaches, la nour­ri­ture aux forêts, l’eau aux rivières, l’air à la vie, et la terre à l’exis­tence humaine.

Par ailleurs, dans une traduc­tion d’un de ses textes publiée sur le site de Cour­rier Inter­na­tio­nal, elle écrit :

Le résul­tat de tant d’ef­forts, c’est que l’Inde peut aujourd’­hui se glori­fier d’être le troi­sième plus grand construc­teur de barrages au monde. Si l’on en croit la Commis­sion centrale hydrau­lique, nous avons à notre actif 3 600 barrages que l’on peut quali­fier de grands. Dont 3 300 ont été construits après l’In­dé­pen­dance. Un millier de plus sont en cours. Et pour­tant un cinquième de notre popu­la­tion (soit 200 millions d’ha­bi­tants) est privé d’eau potable, et deux tiers (soit 600 millions) manquent des instal­la­tions sani­taires les plus élémen­taires.

D’après une étude détaillée de 54 Grands Barrages réali­sée par l’Ins­ti­tut indien d’Ad­mi­nis­tra­tion publique, le nombre de personnes dépla­cées par un Grand Barrage en Inde serait en moyenne de 44 182. Je conviens que 54 barrages sur un total de 3 300 ne consti­tuent pas un échan­tillon­nage suffi­sam­ment repré­sen­ta­tif. Mais étant donné que c’est tout ce dont nous dispo­sons, essayons de faire un peu d’arith­mé­tique élémen­taire avec ces chiffres.

Pour ne pas être accu­sée de partia­lité, je divi­se­rai par deux le chiffre des popu­la­tions dépla­cées. Je descen­drai même, par prudence, jusqu’à une moyenne de 10 000 personnes par Grand Barrage. Le chiffre est vrai­sem­bla­ble­ment beau­coup trop bas. Je sais, mais… peu importe. A vos calcu­lettes ! 3 300 par 10 000 = 33 000 000.

Voilà le chiffre auquel on arrive : 33 millions de personnes. Dépla­cées par les Grands Barrages au cours des cinquante dernières années. Qu’en est-il des autres, de toutes celles qui ont été dépla­cées à la suite des innom­brables autres grands travaux entre­pris ? Lors d’une confé­rence privée, N.C. Saxena, Commis­saire au plan, a déclaré que ce chiffre avoi­si­nait les 50 millions (dont 40 dus aux barra­ges**). Personne n’ose l’ébrui­ter, parce que ce n’est pas offi­ciel. Mais si ce n’est pas offi­ciel, c’est parce que personne n’ose l’ébrui­ter. Vous êtes condamné à murmu­rer ce chiffre, par crainte d’être taxé d’exa­gé­ra­tion.

[…] L’In­dus­trie inter­na­tio­nale du Barrage vaut 20 milliards de dollars par an. Suivez la piste des Grands Barrages dans le monde, que ce soit en Chine, au Japon, en Malai­sie, en Thaï­lande, au Brésil ou au Guate­mala, et vous retrou­vez le même scéna­rio d’un pays à l’autre, et les mêmes acteurs : le Triangle de Fer (expres­sion qui, chez les initiés, désigne la collu­sion entre hommes poli­tiques, bureau­cra­tie et compa­gnies de construc­tion), les char­la­tans qui préfèrent se voir appe­ler Consul­tants en Envi­ron­ne­ment inter­na­tio­nal (et sont en règle géné­rale direc­te­ment employés par les construc­teurs de barrages ou leurs sous-trai­tants) et, plus souvent qu’à son tour, la gentille et compré­hen­sive Banque mondiale d’à côté.

On peut vivre sans élec­tri­cité / Mais on ne peut pas vivre sans Terre / Ne détrui­sez pas notre base de savoir cultu­rel (Mani­fes­ta­tion à New Delhi, en 2006, contre le barrage de Tipai­mukh)

VI. Autres impacts envi­ron­ne­men­taux des barrages

Enfin, voici un exemple de l’im­pact de la construc­tion d’un barrage au Costa Rica, décrit par The Jaguar Project (en français, Le projet jaguar), une orga­ni­sa­tion qui milite pour la préser­va­tion de l’ha­bi­tat du jaguar :

Le barrage de Reven­ta­zon

Le projet hydro­élec­trique de Reven­ta­zon est le plus impor­tant projet d’éner­gie renou­ve­lable de toute l’Amé­rique Centrale. Ce barrage de 130 mètres de haut inon­dera une zone de 6.9 km² et créera un lac arti­fi­ciel long de 8km une fois opéra­tion­nel en 2016.

La longueur et la posi­tion géogra­phique du réser­voir sont telles qu’il entra­vera la migra­tion des jaguars et de plusieurs autres espèces mena­cées à travers le corri­dor biolo­gique Barbilla-Destierro qui relie la cordillère volca­nique centrale à la cordillère de Tala­manca. De multiples études ont révélé qu’il s’agis­sait d’un des plus impor­tants corri­dors biolo­giques du Costa Rica, et qu’il jouait un rôle clé dans la migra­tion libre des jaguars entre le Nica­ra­gua, le Costa Rica et Panama.

Impact envi­ron­ne­men­tal

En plus de frag­men­ter l’un des prin­ci­paux corri­dors de vie sauvage d’Amé­rique Centrale, le barrage menace de dégra­der la qualité de l’eau et de substan­tiel­le­ment réduire la capa­cité du fleuve Reven­ta­zon à soute­nir diverses espèces d’oi­seaux migra­teurs. La menace envers le fleuve est tel que l’Ins­ti­tut costa­ri­cain d’élec­tri­cité (ICE) est obligé par son finan­ceur, la Banque Inte­ra­mé­ri­caine de Déve­lop­pe­ment (IDB) de compen­ser les dommages écolo­giques en proté­geant le fleuve Paris­mina adja­cent.

Emma­nuel Boulet de l’IDB affirme qu’a­vec la mise en place des programmes de l’ICE il y aura un « gain net pour l’en­vi­ron­ne­ment » du fait de ce projet. A nos yeux, la conser­va­tion du fleuve Paris­mina est une pathé­tique tenta­tive de green­wa­shing de l’im­pact envi­ron­ne­men­tal du barrage visant à « sauver » un fleuve déjà préservé afin de sacri­fier l’éco­sys­tème du Reven­ta­zon.

En réalité, des dommages envi­ron­ne­men­taux se produisent déjà du fait de la construc­tion du barrage. Contrai­re­ment aux affir­ma­tions du site de l’IDB selon lequel les « mesures de protec­tions gagnantes-gagnantes du projet ont reçu l’ap­pui de la majo­rité des habi­tants du corri­dor biolo­gique de Barbilla Destierro », nous avons observé l’in­verse. Malgré les béné­fices infra­struc­tu­rels poten­tiels, la grande majo­rité des habi­tants de la vallée que nous avons inter­viewés n’étaient pas en faveur du projet hydro­élec­trique, prin­ci­pa­le­ment en raison d’inquié­tudes envi­ron­ne­men­tales.

Depuis 2013, nous avons reçu de multiples rapports de compor­te­ments anima­liers inha­bi­tuels dans la vallée de Reven­ta­zon. Plusieurs espèces ont été aperçues en train de fuir les bruits et les destruc­tions d’ha­bi­tats causés par la construc­tion, ce qui a entrainé une augmen­ta­tion des conflits avec les humains. La situa­tion est encore exacer­bée du fait de la construc­tion de plusieurs routes pavées à travers la vallée qui ouvri­ront ces zones rurales à plus de trafic et de déve­lop­pe­ment.

Durant la construc­tion. Aujourd’­hui, en 2017, le barrage est opéra­tion­nel.

Ce tour d’ho­ri­zon devrait suffire — même si nous n’avons même pas discuté des maté­riaux néces­saires à la construc­tion desdits barrages, et du problème lié, donc, de l’ex­trac­ti­visme — à faire comprendre en quoi les barrages n’ont rien de « verts » ou de « propres ». En quoi ils sont une catas­trophe écolo­gique et sociale de plus, un nouvel apport en éner­gie pour la machine indus­trielle qui n’en finit pas de s’étendre au détri­ment de la diver­sité du vivant, et des commu­nau­tés natu­relles saines qui laissent la place à des zones arti­fi­cielles et toxiques.

L’exemple du Costa Rica en paran­gon de l’éco­lo­gie n’en finit pas de circu­ler sur inter­net. Pour celui qui s’y est rendu avec les yeux ouverts, le mensonge est grotesque. Comme dans la plupart des pays en déve­lop­pe­ment, la consom­ma­tion de produits indus­triels plas­tiques a pollué le pays de long en large. Pire encore, cette consom­ma­tion augmente régu­liè­re­ment, tout comme la consom­ma­tion de produits high-tech polluants, toxiques, et alié­nants (des télé­vi­sions aux télé­phones mobiles). Et avec ça, bien sûr, la consom­ma­tion d’éner­gie par personne n’y fait que croître, comme dans bien des pays en déve­lop­pe­ment, et comme dans le monde entier.

D’ailleurs, la consom­ma­tion de combus­tibles fossiles au Costa Rica, qui a récem­ment explosé du fait de l’es­sor de la voiture indi­vi­duelle, ne fait qu’aug­men­ter. Avec 287 voitures pour 1000 habi­tants (dont moins de 2% de véhi­cules hybrides/élec­triques), sa moyenne dépasse celle du monde, et de l’Amé­rique Latine. La consom­ma­tion d’es­sence y a augmenté de 11% en 2016, ainsi que l’ex­plique un article récem­ment publié dans le Guar­dian.

Enfin, ajou­tez à cela de plus en plus de tourisme, de construc­tions, de cultures de palmiers à huile — et le fait que ce pays est le premier consom­ma­teur au monde de produits agro­chi­miques par hectare de terre cultivé — et ce pays devient un bon exemple d’une catas­trophe écolo­gique en cours, qui ne fait qu’em­pi­rer. Bien loin de cette image d’un para­dis écolo­gique tant diffu­sée, même par des groupes dont on aurait attendu un peu d’es­prit critique, comme le Réseau sortir du nucléaire, qui soutient ardem­ment toutes les illu­sions vertes.

Nico­las Casaux

barrages changement climatique énergies renouvelables illusions vertes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cancel Laisser un commentaire

  1. Merci pour cet article et votre analyse pertinente.
    Les risques pour notre environnement des GHG ont été tellement focalisés sur le CO2, que tous les autres gaz sont à tord oubliés.
    L’utilisation du CO2 comme vecteur de sensibilisation est néanmoins judicieuse car elle a permis une réelle prise de conscience des problèmes environnementaux au niveau international et qu’elle est présentée comme étant directement liée (à tord ou à raison) à nos consommations de matériaux fossile, ce qui permet à tout un chacun de faire un lien direct entre son comportement et des impacts au niveau de la planète.
    Je vous remercie de m’avoir fait prendre conscience des effets néfastes de l’hydroélectrique auxquels je n’avais jamais pensé avant la lecture de votre article. Une question tout de même, cette méthanisation n’aurait-elle pas lieu, de toute façon, même sans ces incubateurs que sont ces lacs de retenue?

    Je suis également mal à l’aise avec les effets du réchauffement climatique constaté quand à la libération du CH4 des hydrates de méthane en quantité énorme sur la planète.

    Si je ne devais retenir qu’un chiffre percutant à éventuellement citer comme amorce de discussion avec des néophytes quel devrait-il être d’après vous?

    Merci encore de m’avoir éclairé ce matin!

    Eric Villepreux.

    1. Non, cette méthanisation n’aurait absolument pas lieu si les rivières coulaient librement.
      La méthanisation n’est pas le seul problème. Le plus grave, mais le moins perçu comme tel, c’est que l’électricité produite par les barrages sert à alimenter le reste d’une économie industrielle entièrement nuisible, polluante, etc. Si vous voulez, dans une optique de désindustrialisation, de décroissance, nous n’avons aucunement besoin de ces énergies faussement « vertes », il faut simplement démanteler des usines, cesser de produire des objets toxiques et inutiles, et ainsi de suite. Voilà ce qui devrait être l’unique priorité. Mais qui passe à la trappe.

  2. as t’ on une idée du débit de méthane que cela représente comparé à la puissance générée par le barrage ? Pour rappel une usine électrique au charbon d’environ 630 MWe émet 500 Nm3.s-1 de fumée composée de 14% volumique de CO2. je n’arrive pas à trouver une information sur ce débit de méthane réel. Même si le méthane est un impact plus important sur l’effet de serre que le CO2 (environ 25 fois plus), il faut comparer les émissions de ces gaz en terme de débit.

  3. Cet article très intéressant dont je vous remercie éclaire effectivement les barrages hydroélectriques sous d’autres angles qui les rendent finalement beaucoup moins vertueux, le seul reproche qui leur était fait jusqu’à présent était l’entrave à la remontée des poissons migrateurs, problème ayant généré la construction d’ascenseur à poissons, l’homme ayant toujours une réponse technique pour résoudre les problèmes qu’il crée. Jusqu’où?
    La question que me suggère cet article, c’est de savoir si cette émission de méthane se retouve également dans les bassines que les agriculteurs industriels veulent construire un peu partout pour alimenter leurs besoins d’irrigation de maïs? Cela semblerait logique, vu que le procesus est le même: noyade de la végétation ,sans parler des autres méfaits environnementaux. .