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Une contre-histoire de la civilisation (par Jedediah Purdy)
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Après la publication d’un article critique de la civilisation dans le prestigieux magazine états-unien The New Yorker, en septembre 2017, rebelote : le magazine The New Republic s’y met lui aussi. Le 1er novembre 2017, il publie effectivement un article intitulé « Paleo Politics » (Politique paléo), lui aussi basé, à l’instar de l’article du New Yorker, sur le dernier livre de James C. Scott, Against the Grain, mais également sur le reste de l’oeuvre du politologue anarchiste de Yale. En voici une traduction (les références/notes de fin ont été ajoutées) :


Quatre ans avant que la Première Guerre mondiale ne ravage les empires européens, l’Encyclopaedia Britannica prédisait un âge de paix et de prospérité commerciale infini. Publié à l’apogée de l’arrogance impériale, l’article concernant la « civilisation » était particulièrement optimiste. D’après ses auteurs, grâce à la technologie et à l’illumination morale, un monde de plus en plus connecté allait précipiter l’avènement de « l’homme cosmopolite », qui bénéficierait du loisir et de la liberté au sein d’une communauté mondiale d’égaux. « Lorsque cet idéal sera atteint », promettait l’Encyclopaedia, « l’espèce humaine se sera reconstituée en une seule famille, comme à l’époque où nos ancêtres primitifs se sont engagés sur la voie du progrès. »

Ce fut un long chemin, direct, mais mesuré en millénaires. L’Encyclopaedia promenait ensuite ses lecteurs à travers un panorama d’histoire universelle, depuis le « bas statut de la sauvagerie », lorsque les chasseurs-cueilleurs commencèrent à maîtriser le feu, puis le « moyen statut de la barbarie », lorsque les chasseurs apprirent à domestiquer des animaux et à devenir éleveurs, jusqu’à l’invention de l’écriture, lorsque l’humanité « s’éleva hors de la barbarie » et entra dans l’histoire. Au cours de ce périple, les humains apprirent à cultiver les grains, comme le blé et le riz, qui leur montrèrent « la valeur d’un domicile fixe », puisque les agriculteurs devaient rester près de leurs champs pour les surveiller et les récolter. « Une conséquence naturelle » de cette sédentarisation fut « l’élaboration de systèmes politiques », l’avènement de la propriété et du sentiment de l’identité nationale. La révolution industrielle et le libre marché n’étaient plus qu’à quelques encablures. Quelques peuples malchanceux, et même des continents entiers, comme les aborigènes de l’Amérique du Nord et de l’Australie, auraient pu manquer le train du Progrès, c’est pourquoi ils y ont été embarqués de force par de sympathiques colons.

Nous nous targuons aujourd’hui de ne plus croire en des mythes aussi condescendants. James C. Scott, un éminent politologue iconoclaste, en doute. Dans Against the Grain (À contre-courant / Contre l’agriculture)[1], Scott affirme que nous percevons toujours notre monde comme le produit d’indéniables avancées : la domestication, l’ordre public, l’alphabétisation et la prospérité. Nous critiquons les Grecs de l’antiquité pour leur esclavagisme et les Romains pour leurs guerres impériales, mais notre propre histoire, ainsi que nous la percevons, commence toujours avec ces cités-états et leurs précurseurs de Mésopotamie (qui correspond à peu près à l’Irak moderne), lorsque d’ingénieux primates se mirent à planter des lignes de semences, à construire des murs en briques de terre et à graver des signes cunéiformes sur des tablettes d’argile. Nous croyons être les descendants d’individus qui mouraient d’envie de se sédentariser.

La réalité, ainsi que Scott le suggère, pourrait être l’inverse. Et si l’avènement de la civilisation n’avait pas été une aubaine pour l’humanité mais un désastre : pour la santé et la sécurité, pour la liberté, et pour le monde naturel[2] ? Et si les premières villes étaient, avant tout, d’immenses technologies d’exploitation au service d’une élite cupide ? Si tel était le cas, qui serions-nous vraiment aujourd’hui ? Quelles possibilités pourrions-nous découvrir en liant nos origines à un ancêtre différent de celui que nous imaginions ?

Au cours de sa carrière riche et diversifiée, James C. Scott a découvert de nombreuses manières de remettre en question les structures, les récits qui soutiennent les élites au pouvoir, et leur formation. Il a écrit un classique de l’étude des résistances paysannes, Weapons of the Weak (Les armes des faibles), et un autre sur « l’économie morale » de la vie villageoise, où les voisins s’entendent selon un système de valeurs qui ne provient ni du marché ni de l’État. Dans Seeing Like a State (Voir comme l’État), il explique comment l’État moderne impose des visions schématiques. Afin d’administrer un territoire et une population, il lui faut standardiser la réalité, la rendre mesurable à l’aide d’un seul système de propriété, d’une seule monnaie en circulation, d’une unique convention d’appellation qui permette aux bureaucrates de classer les individus (prénom, nom), et ainsi de suite[3]. Ce qui n’est ni mesurable ni vérifiable ne peut être gouverné. Ainsi l’État a-t-il fait en sorte d’ordonner le monde, de le rendre lisible. Cette ambition devient une sorte de manie administrative. Les modes d’administration bureaucratique — de la vision de Le Corbusier pour les rues de Brasilia jusqu’à l’agriculture d’État Prusse et la collectivisation soviétique — ont laminé la complexité et la diversité qui caractérisaient les organisations extrêmement variées des communautés humaines du monde entier. Une telle gouvernance est non seulement tyrannique, mais elle est aussi ironiquement fragile ; l’aveuglement sélectif de l’État en fait un géant instable.

Son livre Zomia ou L’art de ne pas être gouverné, publié en 2009, examine l’Asie du Sud-Est depuis l’altitude de ses régions montagneuses, qui avaient jusqu’à présent échappé à l’autorité impériale. Là où la plupart des histoires sur l’Empire décrivent comment le pouvoir dominant s’est étendu et imposé, James C. Scott met l’accent sur les endroits où les gens ont gardé leur liberté en vivant dans les hauteurs de vallées, en restant mobiles, en adoptant un mode de subsistance difficile à définir et à taxer. Depuis la perspective des montagnards, les empires qui s’étendent à leurs pieds sont des endroits périphériques, des endroits perdus. Ce qui fait que l’on a l’impression de lire un roman fantastique, dans le bon sens de l’expression : James C. Scott nous donne le sentiment que l’humanité est constituée de bien plus de modes de vie et d’histoires que ce que l’on croit habituellement. Against the Grain n’est pas un livre épais, il correspond en quelque sorte à un résumé de l’œuvre de James C. Scott, puisqu’il examine la toile de l’histoire en considérant ses origines à travers la formation étatique.

L’histoire conventionnelle du développement humain est, ainsi qu’il le montre, basée sur une mauvaise chronologie. En réalité, la culture des céréales — qu’on a longtemps prise pour l’élément crucial du passage du nomadisme à la civilisation — ne mène pas naturellement les individus à se rassembler en larges colonies. De nouvelles preuves archéologiques suggèrent que des populations ont planté et récolté des céréales pour se nourrir, dans le cadre d’une alimentation diversifiée, pendant de nombreux siècles, peut-être des millénaires, sans établir de villes. Et également qu’il y avait, en vérité, des endroits où des populations s’étaient établies en bâtissant des villes sans cultiver de céréales : des zones écologiques très riches, souvent des zones humides non loin de routes de migrations d’oiseaux et d’animaux, où le fourrageage, la pêche et la chasse offraient une bonne vie en toutes saisons. Il n’y a rien dans les céréales qui oblige l’humanité à se sédentariser, ainsi que l’avait formulé le président John Quincy Adams dans une des innombrables versions du narratif conventionnel.

Les céréales sont spéciales, mais pour une raison différente. Il est facile de les standardiser — de les planter en rang ou en rizières, de les stocker dans des réceptacles comme des boisseaux. Cela fait des céréales une cible idéale pour la taxation. À la différence des tubercules ou des légumes, les céréales poussent en hauteur et se récoltent au même moment, ainsi les bureaucrates sont en mesure d’estimer les récoltes annuelles assez facilement. Et à la différence des aliments sauvages, les céréales peuvent offrir un surplus assez conséquent, permettant à une classe dirigeante de profiter de la production des paysans grâce à un régime fiscal relativement simple. Les céréales, d’après James C. Scott, font partie des choses qu’un État peut gérer. Il s’ensuit que les premières villes n’étaient pas tant un grand pas en avant pour toute l’humanité qu’un nouveau mode d’exploitation permettant aux premières classes dominantes du monde de vivre de la sueur des premiers paysans-serfs du monde. Quant à l’écriture, cette porte qui ouvre l’histoire, Scott rapporte que ses premiers usages suggèrent qu’elle n’était qu’une technologie de comptabilité. La culture littéraire et une mémoire partagée existaient en abondance à la fois avant et après les premiers pictogrammes et les premiers alphabets — voyez les épopées d’Homère, le produit des « siècles obscurs » grecs, une période sans écriture antérieure à la période classique. L’écriture a fourni un registre pour l’exploitation.

Le contre-récit de Scott, cependant, fait plus que démêler la chronologie et souligner le côté sombre des premières institutions. La vie en ville, affirme-t-il, était probablement pire que le fourrageage ou l’élevage. Les citadins étaient à la merci des épidémies. Leurs régimes alimentaires étaient moins diversifiés que ceux des populations non-citadines. Et à moins de faire partie de l’élite dirigeante, ils avaient moins de temps libre, parce qu’ils devaient produire de la nourriture non seulement pour leur propre survie, mais aussi pour leurs gouvernants. On utilisait leur labeur pour construire des forteresses, des monuments, et ces murs toujours plus nombreux. Hors des murs, au contraire, un barbare ou un sauvage chanceux pouvait être chasseur le matin, éleveur ou pêcheur l’après-midi, et barde chanteur de contes autour du feu le soir. Entrer dans la ville signifiait rejoindre le premier prolétariat du monde.

Pourquoi quiconque y serait donc entré ? Scott affirme, sur la base de la reconstitution des sols et du climat d’il y a 5 000 ans, que des sécheresses dans les zones humides fertiles de Mésopotamie ont rendu la nourriture sauvage extrêmement rare, ce qui signifie que les fourrageurs ont de plus en plus eu recours aux céréales pour se nourrir. Une fois qu’un système de labeur était en place, de nouveaux venus pouvaient y être intégrés par la nouvelle classe sous-gouvernante des soldats, comme lors de rafles massives visant à capturer des esclaves. L’esclavage n’était pas une nouveauté, mais le régime de taxe-du-surplus-de-céréales permit aux nouveaux dirigeants des villes d’incroyablement accroître son importance. La machine d’exploitation appelée civilisation, ainsi mise en route, s’auto-entretenait.

Enfin presque. Les villes étaient cependant très vulnérables — à la fois plus puissantes et plus fragiles que les modes de vie plus divers et plus dispersés qui les avaient précédées. En plus des épidémies, elles avaient tendance à engendrer des crises écologiques, liées, par exemple, à la salinisation graduelle du sol, à l’accumulation de sédiments dans les canaux, et à d’autres nœuds d’étranglement environnementaux qui nuisaient à la production de céréales. Et bien que les classes urbaines dirigeantes détenaient la puissance militaire organisée, elles étaient souvent des cibles faciles pour les pilleurs barbares. Beaucoup d’histoires d’épanouissement civilisationnel finissent par des pillards venus des plaines ou des mers, leurs voiles noires aperçues dans les ports, qui saccagent, brûlent et apportent la fin.

Les Barbares au-delà des murs sont les figures charismatiques des livres de Scott. Leurs hiérarchies étaient mineures et plus flexibles, et, comparés aux laboureurs en charge des céréales, ils semblaient libres. Un des objectifs de James C. Scott, dans sa réécriture de l’histoire de la civilisation, est d’ouvrir un espace pour son « jumeau de l’ombre » : la grande majorité des expériences humaines ont été vécues en dehors des villes et des empires. Rétrospectivement, il fut facile pour les historiens de négliger ces peuples. Précisément parce qu’ils ne dépendaient pas d’un État, que leur labeur ne produisait pas d’immenses bâtiments de pierre et que leurs histoires n’étaient pas consignées par les premiers historiens. Ils brûlaient leur surplus en festoyant ensemble, dans des camps ou des villages en matériaux rapidement dégradables, disparus en quelques générations. Ils ne laissèrent pas d’Ozymandias.

Mais les Ozymandias eurent besoin d’eux. Les Barbares étaient des menaces autant que des ressources. Ils commerçaient avec les citadins, leur fournissant des biens issus du monde sauvage — comme du miel, des peaux et de l’ambre — ainsi que des esclaves et des mercenaires. (Pensez aux Gaulois à Rome, qui se sont battus comme des gladiateurs et qui ont été exploités comme des esclaves). Le grand foisonnement des États pré-modernes, de la Chine à Rome, allait de pair avec l’ère des grandes nations barbares qui exploitaient les villes, qui commerçaient avec elles, et qui leur fournissaient des esclaves issus de leurs propres populations. Lorsque les villes déclinaient ou faiblissaient, leurs travailleurs pouvaient traverser la frontière et rejoindre les Barbares ; ces fuites de l’exploitation ont probablement joué le rôle de soupapes de sécurité pendant bien longtemps. Ce que nous appelons encore civilisation était intimement, et de manière ambiguë, lié à ce que les « civilisés » appelaient la barbarie. Il est facile de l’oublier, affirme Scott, parce que nous percevons toujours l’histoire à travers les histoires binaires et biaisées que les premières civilisations nous ont transmises.

Scott est bien conscient de ce qu’une grande partie de cette histoire n’est pas nouvelle. Des historiens du temps long, comme Jared Diamond[4], ont déjà montré que pour la plupart des gens, la qualité de vie s’est effondrée lorsque l’agriculture a remplacé le fourrageage. Le best-seller idiosyncratique de Yuval Noah Harari, Sapiens, décrit l’agriculture sédentarisée comme « la plus grande fraude de l’histoire » pour les mêmes raisons. Adam Smith, lui-même, reconnaissait que les chasseurs-cueilleurs étaient plus égalitaires que les peuples sédentaires, et concevait l’État comme émanant de « la défense des riches contre les pauvres ». L’exposition du rôle de l’État dans l’exploitation par les élites est au cœur de la tradition marxiste d’écriture de l’histoire, dans laquelle les anciennes sociétés d’esclaves servent d’exemple pour l’extraction du surplus de main-d’œuvre.

Une partie de la nouveauté du récit de James C. Scott relève de la place centrale et honorable qu’il accorde aux Barbares. Pour lui, les États constructeurs d’infrastructures et codificateurs de lois de l’Antiquité ne sont pas le point de départ de l’histoire universelle, comme ils l’étaient pour Marx et les historiens libéraux. Ils représentent plutôt une sorte d’usurpation d’une pratique plus ancienne et possiblement plus riche de mobilité et de liberté humaines. Ici aussi, Scott fait écho à une vieille tradition : l’historien romain Tacite suggérait que les Barbares germaniques étaient plus vertueux que les Romains sédentarisés ; les Anglo-Américains relient habituellement leur identité démocratique à la liberté de la forêt « anglo-saxonne » plutôt qu’aux cités de la Méditerranée ; et aujourd’hui, les régimes paléos et la popularité des sauvageons de Game of Thrones suggèrent un penchant pour la rude santé et la liberté des Barbares.

Scott finit sur une note élégiaque, suggérant que l’âge d’or des Barbares prit fin aux environs de l’an 1600 — à savoir, à peu près au moment où les premiers États modernes commençaient à prendre forme et où le discours juridique sur la souveraineté se développait. Les Barbares commencèrent à disparaître en partie parce qu’ils s’incorporaient à l’État, en tant qu’esclaves ou mercenaires, jusqu’à ce que l’État augmenté rende ses frontières universelles. Un mode de vie différent, une alternative vitale et persistante, et son peuple — les Barbares — furent relégués dans une histoire de l’Encyclopaedia.

Les Barbares n’ont pas seulement disparu. Le sentiment que nous avons d’être piégés dans un monde que nous avons construit est encore plus fort que cela. Le monde bâti qui nous soutient est si vaste que, pour chaque kilo du poids d’une personne moyenne, il existe 60 tonnes d’infrastructure[5] : routes, maisons, trottoirs, réseau de service public, sol cultivé industriellement, et ainsi de suite. Sans tout cela, la population mondiale retomberait à 10 millions d’individus, à peu près, ce qu’elle était durant la majeure partie du récit de James C. Scott, ou peut-être à 200 millions, ce qu’elle était au début de l’Ère Commune. Nous sommes des créatures du monde artificiel qui a vu le jour avec les murs et les canaux décrits par James C. Scott. Ce monde a tellement submergé la Terre que nos animaux domestiques pèsent 25 fois plus que l’ensemble des mammifères terrestres sauvages.

L’État-infrastructure est devenu planétaire. Il n’y a plus de dehors. Tout cela nous mène à nous demander si nous pouvons dépasser cette logique héritée d’exploitation machinale, et ce qu’il restera du monde non-humain si nous y parvenons. Toute réponse émanera inéluctablement de projets politiques visant à rendre ce monde plus humble et en mesure de laisser de la place pour plus de créatures et de modes de vie.

Jedediah Purdy – Enseignant à l’université Duke (Caroline du Nord, USA)

Traduction : Nicolas Casaux

Correction : Lola Bearzatto


Références :

  1. Ci-après, un morceau traduit de l’introduction du livre Against the Grain de James C. Scott : http://partage-le.com/2017/10/7962/
  2. Et si le problème, c’était la civilisation ? : http://partage-le.com/2017/10/7993/
  3. Cf., Le regard captatif de l’État (une fiche de lecture sur l’excellent livre de James C. Scott, Seeing like a State) : https://raforum.info/spip.php?page=spipdf&spipdf=spipdf_article&id_article=6820&nom_fichier=article_6820
  4. L’agriculture ou la pire erreur de l’histoire de l’humanité (par Jared Diamond) : http://partage-le.com/2016/09/lagriculture-ou-la-pire-erreur-de-lhistoire-de-lhumanite-par-jared-diamond-clive-dennis/
  5. L’humanité pèse trente mille milliards de tonnes : https://reporterre.net/L-humanite-pese-trente-mille-milliards-de-tonnes

Note du Traducteur : La critique de la civilisation de James C. Scott est relativement unique dans la sphère médiatique mainstream (grand public). Si elle ne correspond pas exactement à celle que nous portons, dans notre collectif, et au sein de l’organisation Deep Green Resistance, elle s’en rapproche par de nombreux aspects. On ne retrouve pas, chez James C. Scott, la perspective biocentriste si essentielle à l’humilité dont toute culture humaine soutenable a besoin. L’aspect militant, et ce n’est peut-être pas sans rapport, est également relativement absent de son ouvrage (comme il est absent de l’ouvrage de la grande majorité des auteurs universitaires, du monde académique). Cependant, il expose très bien en quoi la civilisation (qui se rapporte plus ou moins à l’État) est une entreprise d’exploitation, d’asservissement, de destruction culturelle et écologique par standardisation, etc. Son dernier livre, Against the Grain, sera publié d’ici quelques temps aux éditions La Découverte. Pour aller plus loin, vous pouvez lire ces deux articles publiés sur notre site, tirés de son livre Petit éloge de l’anarchisme (Lux, 2014) :

La civilisation et la standardisation du monde : l’extinction de la diversité culturelle (par James C. Scott)

PHB : PRODUIT HUMAIN BRUT — L’école ou la fabrique du citoyen (par James C. Scott)

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