Il fut un temps, la majorité d’entre nous n’étions pas fous.

Mais pour le comprendre, il faut d’abord réaliser en quoi nous pouvons dire que la société industrielle mondialisée est – totalement – cinglée.

Il y a tant à dire. Par où commencer ? Par le fait que nous participons désormais tous d’une organisation sociale intrinsèquement, structurellement, fondamentalement destructrice du monde naturel (et donc, ultimement, suicidaire) ? Par le fait que la plupart d’entre nous ne semblent ni remarquer ni s’offusquer des ravages manifestes, de l’anéantissement biologique perpétré par la civilisation industrielle, de la 6ème extinction de masse des espèces, etc. ? Par le fait qu’ainsi, nous participons plus ou moins volontairement d’une organisation sociale qui récompense les comportements sociopathologiques tandis qu’elle réprime les comportements altruistes ? Par souligner le narcissisme ultime (et la folie) dont témoigne le discours dominant dans notre société qui, lorsqu’il exprime une préoccupation vis-à-vis de la dévastation environnementale, ne le fait qu’en raison de ce que cela menace la prospérité de l’organisation sociale qui en est responsable ?

Pour un constat plus détaillé, je vous renvoie au dernier article que j’ai publié[1].

***

Afin de découvrir des sociétés humaines saines, en fonction de la zone géographique considérée, il vous faudra remonter à une époque plus ou moins lointaine.

Ces sociétés qui n’étaient pas (qui ne sont pas, pour celles qui subsistent encore) démentes semblent partager des caractéristiques communes. Et d’abord leur échelle, leur taille. Elles étaient en effet, en termes de densité et de quantité d’individus, relativement mesurées, dans le sens où elles ne concentraient pas un nombre excessif de personnes, où elles respectaient la mesure humaine. Je vous renvoie pour cela au nombre de Dunbar, par exemple. Mais le respect de la mesure ne s’observe pas qu’en termes de population.

Le respect de la mesure s’observe également en ce qui concerne l’ensemble des caractéristiques culturelles de telles sociétés, dans les besoins et les aspirations individuels et collectifs, dans les relations entre les humains qui composent ces sociétés et le monde duquel ils participent.

Puis vint la civilisation[2] et la démesure qui la caractérise ; et son agriculture expansionniste, et la déforestation qui l’accompagne ; et la surexploitation de ce qu’elle ne considère que comme des « ressources » (naturelles ou humaines) ; et sa crainte et son mépris du sauvage, du libre, du naturel, de la vie et de la mort ; et ses délires de grandeur, d’éternité et de contrôle absolu de tout, de remplacement total du naturel par l’artificiel, par le fabriqué ; et son culte du Dieu technologie (aussi appelé progrès, croissance ou développement) au nom duquel elle mutile, détruit et massacre.

Et il se trouve que pour atteindre leur objectif assumé de liquidation de l’espèce humaine, « pour lui substituer l’espèce supérieure, augmentée, des hommes-machines[3] », les dirigeants politiques et corporatistes de la civilisation industrielle ont trouvé un allié et un atout dans le courant trans et queer, qui ne fait que stimuler davantage « la tendance de nos sociétés contemporaines à ne plus se percevoir que comme de simples agrégats d’individus considérés comme des totalités autarciques et désirantes, imposant la satisfaction des droits individuels comme seul et unique horizon de l’action politique ou civique[4]. » Et qui, en s’attaquant machinalement aux réalités essentielles du corps humain comme aux conditions qui font du langage un outil fondamental de la vie en société, en encourageant toujours plus le développement et l’asservissement au système-monde technologique, ne fait rien d’autre qu’encourager la continuation du désastre social et écologique qu’il génère.

De très bonnes critiques du mouvement transgenre et queer et des idéologies dont ils émergent existent déjà. Dont celle publiée sur le site idiocratie2012, intitulée « Mauvais genre », et celle publiée par le collectif grenoblois Pièces et Main d’œuvre, intitulée « Ceci n’est pas une femme », à laquelle je n’adhère pas entièrement, mais qui reste relativement juste – je vous conseille de les lire, ou au moins une des deux, avant de regarder le documentaire ci-après.

Rappelons simplement l’exemple de Martine Rothblatt, un transgenre anciennement nommé Martin. Né homme, ce PDG de l’entreprise états-unienne de biotechnologie United Therapeutics est aussi l’auteur d’un livre paru en 1995, intitulé L’Apartheid des sexes : manifeste pour la liberté de genre et d’un autre, plus récent, sorte de révision du premier, intitulé De transgenre à transhumain : manifeste sur la liberté de forme. « Futuriste convaincue que la technologie peut libérer l’être humain de ses limites biologiques – l’infertilité, la maladie, la déchéance, et même la mort », Martine a créé sa propre fondation transhumaniste, Terasem (« fondation dont l’objectif est de parvenir à l’immortalité et à la “cyberconscience” par le biais de la cryogénie et de l’intelligence artificielle »). Et afin de vaincre la maladie, la déchéance et la mort, Martine finance Revivicor, une compagnie qui « produit des cochons génétiquement modifiés » [sic], comme autant de « réservoirs d’organes qui pourraient à l’avenir être transplantés chez l’homme » (du moins, chez ceux qui en ont les moyens). Sachant qu’afin « de rendre les poumons de porcs compatibles avec les humains, Rothblatt a estimé que 12 modifications doivent être apportées au génome du porc ». Martine Rothblatt est également un fervent eugéniste qui souhaite « permettre aux parents de créer des embryons customisés » en leur octroyant une « liberté complète de donner naissance au génome » qui leur plaît. Au passage, soulignons l’ironie qui veut qu’en 2014, Martine a été la femme PDG la mieux payée des USA (la femme PDG la mieux payée est donc un homme).

Dans son dernier livre, il affirme : « Il peut y avoir un nombre infini de formes que les corps et les esprits peuvent revêtir, le long d’un continuum qui court de celle uniquement composée de chair à celle purement électronique ». Et également que « les gens de chair vont télécharger le contenu de leurs esprits dans un logiciel. Considérez cela comme le fait de prendre toutes vos photos, vos films, vos e-mails, vos discussions en ligne, vos recherches Google et de les faire passer à un niveau supérieur en les fusionnant avec un esprit-logiciel qui puisse reproduire la manière dont vous pensez, dont vous ressentez et dont vous agissez, grâce à l’immense base de données de vos pensées, de vos sentiments et de vos réactions. Une fois que nous aurons ainsi numériquement cloné nos esprits, de nouveaux individus numériques pourront être produits en combinant une partie de notre esprit-logiciel avec une partie de celui d’un partenaire. » C’est pourquoi selon lui « la technologie est la force qui libère les gens des identités sexuelles oppressives mâle et femelle ».

Au-delà du caractère cauchemardesque des visions qu’il propose, de ce véritable enfer en réseau qu’il prend pour un paradis connecté, on ne retrouve pas, dans son livre, la moindre mention du coût social et/ou écologique des technologies délirantes qu’il imagine (d’ailleurs, on ne retrouve pas, dans son livre, la moindre mention de relations entre les humains et le monde non-humain, et toutes les espèces qui le peuplent). Il s’agit d’un malheureux oubli qui caractérise typiquement les réflexions des inconscients, de ceux qui raisonnent de manière infantile sans se soucier aucunement des conséquences matérielles, physiques, de ce qu’ils fantasment. Mais le fait qu’il n’ait aucun scrupule à utiliser et à exploiter des porcs sur lesquels il expérimente à la Frankenstein nous en informait déjà. Cette absence totale d’empathie, de conscience, ce narcissisme dévergondé est caractéristique des dirigeants étatiques et corporatistes, de la civilisation dans son ensemble et des ultra-riches en général[5].

Tandis que dans le monde réel, la prolifération d’E-décharges[6] où s’accumulent des montagnes de déchets électroniques, principalement dans les pays pauvres, les exactions régulièrement dénoncées par diverses ONG, l’exploitation et l’aliénation des êtres humains asservis aux industries technologiques, nous rappellent que le développement hautement technologique est par définition anti-écologique[7] et anti-social[8].

***

Enfin, pour en revenir au temps où la folie n’était pas la doxa dominante, un extrait de l’excellent livre du biologiste états-unien Paul Shepard intitulé Retour aux sources du Pléistocène[9] :

« Nous ne sommes pas nouveaux en tant qu’organismes ni en tant qu’espèce, pas plus que ne le sont les millions d’espèces de plantes et d’animaux qui nous entourent. En un sens, notre soif de progrès et de nouveauté nous a fait perdre le sens du rôle que joue la nature dans notre développement personnel, et de la nécessité d’y acquiescer en acceptant certaines limites. Nous devons à présent nous demander dans quelle mesure nos problèmes actuels s’expliquent par notre rupture avec ce modèle vague mais primordial de l’existence humaine, et ce qu’il est possible de faire pour en retrouver le chemin.

Dans un contexte où les valeurs anthropocentriques dominent, la vision d’une humanité naturelle peut paraître excentrique, régressive, voire perverse. La représentation que nous nous faisons de nous-mêmes — laquelle est intimement liée aux mots d’ordre de la « croissance » — nous éloigne de l’idée même d’une parenté avec la nature. Ce n’est que si nous parvenons à comprendre pleinement que les meilleures expressions de notre humanité n’ont pas été inventées par la civilisation mais par des cultures qui l’ont précédée, et pour lesquelles le monde naturel n’est pas seulement un ensemble de contraintes mais plutôt de contextes au sein desquels la possibilité nous est donnée de réaliser nos rêves de manière plus complète, que nous trouverons la voie d’une réconciliation longtemps espérée entre des oppositions que nous avons nous-mêmes fabriquées. Les outils que nous avons inventés pour communiquer nos idées et transmettre des informations ont en fait endommagé notre mémoire. Nous devons commencer par nous souvenir de ce qui existe par-delà l’histoire. […]

Nous ne sommes pas l’espèce généralisée que certains revendiquent. L’ontogenèse humaine (notre évolution à travers les âges), comparable en cela à notre système nerveux central, est un complexe biologique très finement équilibré. Le paradoxe de ce que nous avions interprété comme une adaptabilité sans limites et une extrême spécialisation de la volonté humaine résoudra probablement ses propres contradictions au 21ème siècle. Alors, peut-être, une fois que nous aurons mené notre adaptabilité à ses limites physiques et psychologiques, nous découvrirons que les choix culturels, à la différence de nos corps, ne connaissent aucune limite naturelle et aucune exigence propre. Les contraintes sont mal vues par l’idéologie, faite d’aspirations illimitées, qui gouverne les sociétés riches ; mais dans cette bousculade d’individus qui se créent tout seuls, le moi humain est généralement béant comme une blessure. Nos choix culturels sont récompensés ou punis en fonction de nos natures respectives. Ces contraintes font partie d’un héritage biologique universel adapté à la réalité du Pléistocène, et affiné au cours de ces trois millions d’années qui se sont achevées il y a environ 10 000 ans. […]

La fin de cette illusion (celle qui consiste à penser que nous pouvons être tout ce qui nous plaît, aller n’importe où, ou façonner la planète à notre guise) a été annoncée par les travaux de quelques penseurs courageux ; tous avaient en commun d’être acquis à ce qui fut peut-être la meilleure idée de ces derniers 5 000 ans : la théorie de l’évolution énoncée par Charles Darwin. »

En attendant, ainsi que l’expose le documentaire suivant, intitulé « Transgender Kids: Who knows best? » (Les enfants transgenres : qui a raison ?), produit par la BBC, qui a récemment été déprogrammé par la chaîne CBC qui devait le diffuser au Canada (mais qui a cédé face au lobby trans), qui fait l’objet de vitupérations hargneuses de la part du courant trans et queer, et que nous avons sous-titré, cette « illusion […] qui consiste à penser que nous pouvons être tout ce qui nous plaît, aller n’importe où, ou façonner la planète à notre guise », continue malheureusement à gagner du terrain.

Nicolas Casaux

Révision : Lola Bearzatto


  1. Voyons-nous « les choses en noir » ou sont-ils incapables de regarder l’horreur en face ? : http://partage-le.com/2017/12/8414/
  2. Et si le problème, c’était la civilisation : http://partage-le.com/2017/10/7993/
  3. Manifeste des chimpanzés du futur contre le transhumanisme, Editions Service compris (2017).
  4. Mauvais genre (version intégrale) : http://idiocratie2012.blogspot.fr/2012/08/mauvais-genre-version-integrale.html
  5. http://www.atlantico.fr/decryptage/etude-qui-montre-que-devenir-riche-rend-salaud-et-que-c-est-notamment-cause-pauvres-thierry-gallois-969795.html
  6. Les nouvelles technologies : impacts sociaux et écologiques : http://partage-le.com/2016/05/quels-sont-les-couts-humains-et-environnementaux-des-nouvelles-technologies-par-richard-maxwell-toby-miller/
  7. Les ravages de l’industrialisme : les impacts des hautes et des nouvelles technologies : http://partage-le.com/2016/12/les-ravages-de-lindustrialisme-les-impacts-des-nouvelles-et-des-hautes-technologies/
  8. Les réalités occultées du « progrès » technique : inégalités et désastres socio-écologiques : http://partage-le.com/2017/07/les-realites-du-soi-disant-progres-technique-inegalites-et-desastres-socio-ecologiques-par-celia-izoard/
  9. Dont vous pouvez lire l’introduction rédigée par Patrick Degeorges ici : http://partage-le.com/2017/12/8507/ et deux extraits ici : http://partage-le.com/2016/09/nature-sauvage-et-sauvagerie-par-paul-shepard/ et là : http://partage-le.com/2016/09/linvention-du-labeur-et-du-desastre-par-paul-shepard/

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  1. Concernant le transhumanisme, je ne peux qu’agréer.

    Concernant le mouvement transgenre, c’est plus compliqué.
    Je pense en effet que ce sont nos civilisations judéo-chrétiennes et musulmanes qui ont petit à petit ostraciser l’homosexualité (au sens le plus large possible et dans toutes ses acceptions, incluant donc parfois les transgenres) là où il n’y avait au départ qu’une « différence de ces personnes » par rapport à la norme mais qui ne posait pas de problème en soi à la société.

    C’est d’ailleurs tout à fait notable avec l’évangélisation en Afrique subsaharienne. Là où il y avait des personnes et des pratiques différentes de la norme, la Bible à créer des monstres à ostraciser.
    On pourrait également parler de la bispiritualité (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Bispiritualité)

    Je soutiens évidemment les luttes contre les violences faites aux homosexuels et transgenres. Luttes qui, en partie, pouvaient viser à revenir à un état des choses d’avant la civilisation judéo-chrétienne et musulmane.
    Mais les luttes ont visiblement dévié vers une certaine normalisation, paradoxale dans les faits (anthropologiques, sociaux et statistiques), et à laquelle je n’agrée pas bien qu’étant homosexuel.
    À ce sujet, on peut citer l’ouvrage « Manifeste contre la normalisation gay » (https://lundi.am/Contre-la-normalisation-gay-Entretien-avec-Alain-Naze).

    Être homosexuel ou transgenre c’est être, certes, irrémédiablement différent de la norme ; et ça ne devrait en fin de compte poser de problème à personne.

    1. Le problème, c’est que le rapprochement entre des pratiques ou des façons d’être issues d’autres cultures (autres que la civilisation occidentale) et le mouvement trans de la civilisation occidentale est très abusif. Ces choses n’ont rien à voir. Je lisais récemment un texte écrit par un amérindien qui se plaignait de ce que les Européens tentaient de justifier le fait d’être trans à l’aide d’un concept amérindien de Two Spirited Person, il expliquait que ce parallèle n’était pas juste (et bonjour l’appropriation culturelle). Pareillement les warias d’Indonésie, les katoeys du Siam, les hijras des Indes, muxhes du Mexique, burneshas d’Albanie, etc., et le transgenrisme occidental ne sont pas une seule et même chose, ils n’ont rien à voir (et même s’il s’était agit de la même chose, justifier une pratique par le fait qu’elle est pratiquée ailleurs n’est pas non plus judicieux, cela ne nous dit rien sur sa justesse, on pourrait ainsi justifier le patriarcat sous prétexte que certaines cultures autres que la culture occidentale sont patriarcales, etc). Défendre la justesse du transgenrisme en s’appuyant sur l’existence des autres est insensé. L’idéologie qui génère le courant trans n’a rien à voir avec les contextes culturels qui ont donné naissance à des pratiques spécifiques et à des comportements culturels spécifiques dans d’autres sociétés, l’idéologie trans est le produit d’une société complètement démente. Ce n’est pas une caractéristique culturelle harmonieusement intégrée au sein d’une société démocratique et saine. Avez-vous lu les critiques (celle d’idiocratie2012 ou celle de PMO) suggérées ?

      Manifestement, ainsi que l’expose le documentaire, être transgenre cela peut découler de confusions mentales, de problèmes psychologiques, et donc, finalement ce qui pose le plus problème c’est quand l’insanité, l’inhumanité d’une société agresse tellement ses membres qu’ils se conforment à sa folie ambiante au lieu d’essayer de lutter contre la société qui les maltraite.

      1. Oui, j’ai lu l’article sur idiocratie2012.

        Nous sommes d’accord sur l’idéologie transgenriste. C’est ce que je voulais souligner par « Mais les luttes ont visiblement dévié vers une certaine normalisation ».

        Enfin, ce que je voulais dire c’est que l’anormalité n’est ni à promouvoir ni à ostraciser.

  2. Le reportage est vraiment interpellant …. Malheureusement il nous faut supporter les pubs intempestives de la société techno-industrielle . Daily-Motion se fait plein de pognon sur nos temps de cerveaux . Franchement je vis ça comme du viol subliminal, c’est insupportable.
    Je préfère quand vous postez vos vidéos sur YT , au moins chez eux il y a moyen de sauter les pubs.
    Sur ce , merci à toi Nicolas.
    Salut et accolade.

  3. Merci d’avoir partagé ce documentaire.

    J’ai juste un sentiment de frustration car je me rend compte que je ne pourrais pas parler de ce documentaire dans les groupes sociaux dans lesquelles j’évolue. Je l’ai juste partagé avec quelques amis très proches avec qui je sais que le débat est encore possible.

    Je n’ai pas encore pris le temps de lire les deux papiers de l’introduction mais je m’y pencherais très vite.

  4. Reportage intéressant… parmi d’autres sur une question hautement complexe…
    déclarer que tout cela ne serait qu’une question d’idéologie est p-ê vrai… mais en conclure que ce ne serait que le produit d’une société malade me semble un peu court… certes, il y a une idéologie… mais derrière l’écologie, aussi…
    et finalement, en arriver à parler « d’anormalité » (comme je lis dans un commentaire) est une dérive qui indique à quel point la culture sociétale dans laquelle nous sommes nous formate…
    quand on se déclare et se revendique proche de la nature, le moins que l’on puisse constater est que la nature est un formidable laboratoire qui essaie toutes les formes de vie possible, et qu’il ne devrait donc pas y avoir « d’anormalité »… ce terme-là est précisément le fruit d’une culture qui a discriminé certains au profit du plus grand nombre… autrement dit, une culture de dominant…
    sur nombre de sujets (dont celui du « genre ») que l’on parle plutôt de « différence », mais pas « d’anormalité »…
    comme je l’exprime en début de commentaire, c’est un sujet hautement complexe, comme l’est le cerveau dont il est brièvement question dans le reportage et que ceux qui travaillent dessus avouent n’en pas connaître encore grand chose…
    il s’agit donc de ne pas résumer (voire réduire) par telle affirmation plutôt qu’une autre, une telle complexité…
    et dans tous les cas, il s’agit aussi de ne pas oublier les souffrances par lesquelles passent certaines personnes dans les troubles qu’elles traversent…
    un peu d’empathie dans ce monde tant décrié n’est pas un luxe et tout ne se résume (encore une fois!) pas à blanc/noir, normal/anormal, bon/mauvais… même si cela dérange un peu notre confort intellectuel qui préfèrerait svt des cases simplistes où mettre les gens…