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Les involontaires de la patrie (par Eduardo Viveiros de Castro)
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Eduardo Viveiros de Castro, né en 1951, est un anthropologue et un universitaire brésilien qui s’inscrit dans le courant de l’anthropologie critique, sa perspective est, comme ici, anti-étatiste et anti-capitaliste. Il enseigne l’anthropologie au Museu Nacional (Université Fédéral de Rio de Janeiro) et a également été professeur de Latin American Studies à l’Université de Cambridge et directeur de recherches au CNRS. Son travail de recherche porte plus particulièrement sur les sociétés indigènes des basses terres de l’Amérique du Sud. Son activité politique se concentre sur les conséquences pour ces sociétés de l’ouverture de l’Amazonie à la mondialisation. Son approche confronte souvent philosophie et anthropologie, comme c’est le cas dans ce cours publique donné à Rio de Janeiro en 2016, pendant la campagne Abril Indigena, et dans lequel il propose une réflexion sur la notion de peuple en la mettant en tension avec celles d’indigène et de citoyen.


Aujourd’hui, ceux qui se croient les maîtres du Brésil — et qui le sont, en dernière analyse, parce que nous les avons laissés le croire et que de là, il n’y avait qu’un pas pour qu’ils le deviennent de fait (un édit royal, un coup de feu, des chaînes, une PEC[1]) — préparent leur offensive finale contre les Indiens. Il y a une guerre en cours contre les peuples indiens du Brésil, ouvertement appuyée par un État qui devrait avoir (qui a) l’obligation constitutionnelle de protéger les Indiens et les autres populations traditionnelles, et qui devrait être (qui est) leur garantie juridique contre l’offensive menée par ces maîtres du Brésil, à savoir les « producteurs ruraux » (euphémisme pour « ruralistes[2] », lequel est lui-même un euphémisme pour « la bourgeoisie de l’agro-industrie »), le grand capital international, sans oublier la fraction fasciste des classes moyennes urbaines, congénitalement stupide. État qui, comme nous le voyons, est le principal allié de ces forces malfaisantes, avec son triple bras « légitimement constitué », à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Cette offensive n’est pas menée seulement contre les Indiens, mais contre de nombreux autres peuples indigènes. Il nous faut donc commencer par distinguer les mots « indien » et « indigène », parce que beaucoup les prennent peut-être pour des synonymes, ou pensent que le mot « indien » n’est qu’une forme abrégée du mot « indigène ». Ce n’est pas le cas. Tous les Indiens du Brésil sont indigènes, mais tous les indigènes qui vivent au Brésil ne sont pas indiens.

Les Indiens sont les membres de peuples et de communautés qui ont conscience — soit qu’ils ne l’aient jamais perdue, soit qu’ils l’aient recouvrée — de leur relation historique avec les indigènes qui vivaient sur cette terre avant l’arrivée des Européens. On les a appelés « Indiens » à cause de cette fameuse erreur des envahisseurs qui, abordant l’Amérique, croyaient avoir atteint l’Inde. « Indigène », d’un autre côté, est un mot très ancien, qui n’a rien « d’indien » ; il signifie « qui vient de la terre qui lui est propre, originaire de la terre où il vit[3] ». Il y a des peuples indigènes au Brésil, en Afrique, en Océanie, et même en Europe. L’antonyme « d’indigène » est « allogène[4] », au point que l’antonyme d’Indien, au Brésil, est « Blanc », ou plus précisément, les nombreux mots des plus de 250 langues indiennes parlées sur le territoire brésilien que l’on a coutume de traduire par « blanc », mais qui se réfèrent à toutes les personnes et institutions qui ne sont pas indiennes. Ces mots indigènes ont différents sens descriptifs, mais l’un des plus communs se trouve être « ennemi », comme c’est le cas de « napë » en yanomami, de « kuben » en kayapo ou de « awin » en araweté. Bien que les concepts indiens d’ennemis, ou de condition d’ennemi, soient assez différents des nôtres, il vaut la peine de noter que le mot le plus proche que nous ayons pour traduire directement ces mots indigènes soit « ennemi ». Méditons là-dessus.

Mais alors, cela veut-il dire que toutes les personnes nées ici sont des indigènes du Brésil ? Oui et non. Oui, dans le sens étymologique informel que l’on trouve dans les dictionnaires : « originaire du pays où il se trouve, natif » (voir note (3), supra). Un colon « d’origine » (et d’expression) allemande de Pomerode est un « indigène » du Brésil parce qu’il est né dans une région du territoire politique éponyme, de même qu’est indigène un sertanejo des régions semi-arides du Nordeste, un agroboy[5] de Barretos ou un courtier de la Bourse de São Paulo. Mais non, ni le colon, ni l’agroboy ni le courtier ne sont des indigènes — il suffit de leur demander…

Ils sont « brésiliens », ce qui est très différent « d’indigène ». Être brésilien, c’est penser, agir et se considérer (et peut-être être considéré) comme un citoyen, c’est à dire, comme une personne définie, enregistrée, surveillée, contrôlée, assistée — en somme, pesée, comptée et mesurée par un État-nation territorial, le « Brésil ». Être Brésilien, c’est être (ou devoir-être) citoyen, en d’autres termes, « sujet » d’un État « souverain », c’est à dire transcendant. Cette condition de sujet (l’un des euphémismes pour sujet est « sujet [de droits] ») n’a absolument rien à voir avec la relation indigène vitale, originelle, avec la terre, avec l’endroit où on vit et d’où on tire de quoi vivre, où l’on « vit sa vie » avec ses parents et amis. Être indigène, c’est avoir pour référence primordiale la relation avec la terre où l’on est né, ou avec la terre où l’on s’est établi pour vivre sa vie, qu’il s’agisse d’une aldeia[6] dans la forêt, d’un hameau dans le sertão[7], d’une communauté au bord d’un fleuve ou d’une favela dans les périphéries urbaines des grandes métropoles. C’est faire partie d’une communauté liée à un endroit spécifique, c’est donc faire partie d’un « peuple ». Être citoyen au contraire, c’est faire partie d’une « population » contrôlée (à la fois « défendue » et attaquée) par un État. L’indigène regarde vers le bas, vers la Terre qui lui est immanente ; il tire sa force du sol. Le citoyen regarde vers le haut, vers l’Esprit incarné sous la forme d’un État transcendant ; il reçoit ses droits d’en haut.

« Peuple » n’existe (ne ®existe) qu’au pluriel — peuples. Un peuple est une multiplicité singulière, qui suppose d’autres peuples, qui habitent une terre peuplée de nombreux peuples. Quand on a demandé à l’écrivain Daniel Munduruku si, « en tant qu’Indien, il… etc. », il a coupé court : « je ne suis pas indien ; je suis Munduruku[8] ». Mais être Munduruku signifie savoir qu’existent les Kayabi, les Kayapó, les Matis, les Guarani, les Tupinambá, et qu’ils ne sont pas les Munduruku, et qu’ils ne sont pas non plus les Blancs. Ce sont les grands spécialistes de la généralisation, les Blancs — ou plus précisément l’État blanc, colonial, impérial, républicain —, qui ont inventé les « Indiens » comme catégorie générique. L’État, à la différence des peuples, n’est constitué que par la singularité de sa propre universalité. L’État est toujours unique, total, un univers en soi. Bien qu’il existe de nombreux États-nation, chacun d’entre eux est l’incarnation de l’État universel, une hypostase de l’Un. Le peuple a la forme du Multiple. Forcés à se découvrir « indiens », les Indiens brésiliens ont découvert qu’ils avaient été « unifiés » dans la généralisation par un pouvoir transcendant, unifiés pour être mieux dé-multipliés, homogénéisés, brésilienisés. Le pauvre est avant tout celui à qui on a enlevé quelque chose. Pour transformer un Indien en pauvre, le premier pas est de transformer le Munduruku en indien, puis en indien administré, puis en indien assisté, puis en indien sans-terre.

Et pourtant, les peuples indiens originaires, dans leur irréductible multiplicité, indianisés par la généralisation du concept pour être mieux dé-indianisés par les armes du pouvoir, se savent aujourd’hui la cible de ces armes, et s’unissent contre l’Un, se dressent dialectiquement contre l’État en acceptant cette généralisation et en exigeant de lui les droits qui lui sont conférés par cette généralisation, selon la lettre et l’esprit de la Constitution Fédérale de 1988. Et ils envahissent le Congrès. Rien de plus juste que les envahis envahissant le quartier général des envahisseurs. Opération de guérilla symbolique, sans doute, sans commune mesure avec la guerre massive bien réelle (mais aussi symbolique) que leur font les envahisseurs. Mais les maîtres du pouvoir crient alors au coup d’État et s’empressent de mener leur contre coup d’État. Pour utiliser ce mot à la mode, le coup d’État, c’est ce qui se prépare dans les couloirs aux tapis moelleux de Brasília, contre les Indiens, sous la forme, notamment, de la PEC 215[9].

Les Indiens sont les premiers indigènes du Brésil. Les terres qu’ils occupent ne sont pas leur propriété — pas seulement parce que les territoires indigènes sont « Terres de l’Union[10] », mais parce que ce sont eux qui appartiennent à la terre et non l’inverse. Appartenir à la terre, au lieu d’en être le propriétaire, est ce qui définit l’indigène. Et en ce sens, de nombreux peuples et communautés du Brésil, outre les Indiens, peuvent se dire indigènes plutôt que citoyens, parce que c’est ce qu’ils ressentent. Ils ne se reconnaissent pas dans l’État, ils ne sentent pas représentés par un État dominé par une caste de puissants servis par leurs marionnettes et leurs mercenaires confortablement installés au Congrès National et au sein des instances des Trois Pouvoirs. Les Indiens sont les premiers indigènes à ne pas se reconnaître en l’État brésilien, qui les a persécutés pendant cinq siècles : que ce soit directement, par les « guerres justes » de l’époque de la colonisation, par les administrations indigénistes républicaines qui les exploitaient, les maltraitaient et, de manière très timide, les défendaient parfois (si ils allaient trop loin, l’État leur coupait les ailes) ; ou indirectement, par le soutien attentif que l’État a toujours fourni à toutes les tentatives de dé-indianiser le Brésil, de débarrasser la terre de ses occupants originels pour implanter un modèle de civilisation qui n’a jamais servi personne sinon les puissants. Un modèle qui se perpétue « essentiellement » égal à lui-même depuis cinq cents ans.

Une gravure qui représente ces fameuses « guerres justes », qui étaient en fait des expéditions pour capturer des esclaves chez les indiens (ici, une expédition partant du Parana, dans le sud).

L’État brésilien et ses idéologues ont depuis toujours parié que les Indiens allaient disparaître, le plus tôt étant le mieux ; ils ont fait leur possible et l’impossible, l’innommable et l’abominable pour y parvenir. Non qu’il ait été chaque fois nécessaire de les exterminer physiquement pour cela — cependant comme on le sait, le recours au génocide reste largement en vigueur au Brésil —, mais il fallait, d’une manière ou d’une autre, les dé-indianiser, les transformer en « travailleurs nationaux[11] ». Les christianiser, les « vêtir » (comme si on avait déjà vu des Indiens « nus », ces maîtres de l’ornement, de la plume et de la peinture corporelle), leur interdire les langues qu’ils parlent ou qu’ils parlaient, les coutumes par lesquelles ils se définissaient, les soumettre à un régime de travail, de police et d’administration. Mais, par-dessus tout, les couper de leur relation à la terre. Séparer les Indiens (et tous les autres indigènes) de leur relation organique, politique, sociale et vitale avec la terre et avec les communautés qui vivent de la terre — cette séparation a toujours été considérée comme la « condition nécessaire » pour transformer l’Indien en citoyen. En citoyen pauvre, naturellement. Parce que sans pauvres, il n’y a pas de capitalisme, le capitalisme a besoin de pauvres, comme il avait besoin (et a toujours besoin) d’esclaves. Transformer l’Indien en pauvre. Pour cela, il suffit de le séparer de sa terre, de la terre qui le « constitue » comme indigène.

Nous, Blancs assis sur les marches de l’assemblée municipale de Rio de Janeiro, ce 20 avril 2016, nous sentons indigènes. Nous ne nous sentons pas citoyens, nous ne nous voyons pas comme une partie d’une population sujette d’un État qui ne nous a jamais représentés, et qui a toujours repris d’une main ce qu’il feignait de nous donner de l’autre. Nous, les « Blancs » qui sommes ici, comme bien d’autres peuples indigènes qui vivent au Brésil : paysans, habitants du littoral, pêcheurs, caiçaras, quilombolas, sertanejos, caboclos, curibocas, noirs et pardos, peuplant les favelas qui recouvrent ce pays. Tous sont indigènes, parce qu’ils se sentent liés à un endroit, un lopin de terre — aussi petite et aussi mauvaise que soit cette terre, de la taille du sol d’une cabane ou du potager au fond d’un jardin — et à une communauté ; beaucoup plus qu’ils ne se sentent citoyens d’un Grand Brésil qui ne grandit que la taille des comptes en banque des maîtres du pouvoir.

La terre est le corps des Indiens, les Indiens font partie du corps de la Terre. La relation entre la terre et le corps est cruciale. La séparation de la communauté et de la terre a sa réciproque, son ombre, qui est la séparation entre les personnes et leurs corps, autre opération indispensable effectuée par l’État pour créer des populations administrées. On pense aux LGBT, séparés de leur sexualité ; aux Noirs, séparés de leur couleur de peau et de leur passé d’esclavage, c’est à dire, d’un passé de dépossession corporelle radicale ; on pense aux femmes, séparées de leur autonomie reproductive. On pense, en dernier lieu, mais non moindre dans l’abominable, au sinistre éloge public de la torture fait par la canaille Jair Bolsonaro — la torture, moyen ultime et absolu de séparer une personne de son corps. Torture qui reste — qui a toujours été — le moyen privilégié pour séparer les pauvres de leurs corps, dans les commissariats et les prisons de ce pays si « cordial ».

Pour toutes ces raisons, la lutte des Indiens est aussi la nôtre, la lutte indigène. Les Indiens sont notre exemple. Un exemple de « rexistence » séculaire contre une guerre féroce pour les faire dé-exister, les faire disparaître, que ce soit en les tuant purement et simplement, ou en les dé-indianisant et en les transformant en « citoyens civilisés », c’est-à-dire en Brésiliens pauvres, sans-terre, sans moyens de subsistance propres, obligés de vendre leurs bras — leurs corps — pour enrichir les prétendus nouveaux maîtres de la terre.

Les Indiens ont besoin de l’aide des Blancs qui se solidarisent avec leur lutte et reconnaissent en eux « l’exemple » majeur de la lutte ininterrompue des peuples indigènes (tous les « peuples » indigènes auxquels j’ai fait référence plus haut : le peuple LGBT, le peuple noir, le peuple des femmes) contre l’État national. Mais nous, les « autres Indiens », ceux qui ne sont pas indiens, mais se sentent beaucoup plus « représentés » par les peuples indiens que par les politiques qui nous gouvernent et par l’appareil policier qui nous persécute de près, par les politiques de destruction de la nature menées par le fer et par le feu par tous les gouvernements qui se succèdent dans ce pays depuis toujours — nous autres avons aussi besoin de l’aide et de l’exemple des Indiens, de leurs tactiques de guerre symbolique, juridique, médiatique, contre l’Appareil de Capture de l’État-nation. Un État qui pousse jusqu’à ses ultimes conséquences son projet de destruction du territoire qu’il revendique comme sien. Mais la terre appartient aux peuples.

Je conclus par une allusion au nom d’une rue qui n’est pas très lointaine de Cinelândia où nous nous trouvons à présent. À Botafogo, il existe, comme vous le savez tous, la rue des Volontaires de la Patrie. Son nom provient d’une initiative promue par l’Empire dans sa guerre génocidaire (et ethnocidaire) contre le Paraguay — le Brésil a toujours excellé dans l’art de tuer les Indiens, d’un côté ou de l’autre de ses frontières. Manquant de troupes pour affronter l’armée guarani, le Gouvernement impérial créa des corps militaires de volontaires, « en appelant aux sentiments du peuple brésilien », comme le décrit le résumé Wikipédia de l’initiative. Pedro II se présenta à Uruguaiana comme le « premier volontaire de la patrie ». Il ne fallut pas longtemps pour que le patriotisme des volontaires de la patrie se refroidisse ; et bientôt le Gouvernement central dut exiger des présidents de province qu’ils recrutent des quotas de « volontaires ». La solution à cette lamentable « pénurie de patriotisme » des blancs brésiliens fut, comme on le sait, d’envoyer des milliers d’esclaves noirs comme volontaires. Ce sont eux qui tuèrent et moururent dans la Guerre du Paraguay. Qui y furent forcés, inutile de le dire. Volontaires involontaires.

De fait. Les Indiens furent et sont les premiers Involontaires de la Patrie. Les peuples indigènes se virent tomber sur la tête une « patrie » qu’ils n’avaient pas demandée et qui ne leur apporta que mort, maladie, humiliation, esclavage et dépossession. Nous, ici, nous sentons comme les Indiens, comme tous les indigènes du Brésil : comme si nous formions un énorme contingent d’Involontaires de la Patrie. Involontaires d’une patrie dont nous ne voulons pas, d’un gouvernement (ou d’un in-gouvernement) qui ne nous représente pas et qui ne nous a jamais représenté. Personne ne les a jamais représentés, ceux qui se sentent indigènes. Nous seuls pouvons nous représenter, ou peut-être pouvons-nous dire que nous représentons la terre — cette terre. Pas « notre terre », mais la terre d’où nous sommes, dont nous sommes. Nous sommes les Involontaires de la Patrie. Parce « qu’autre » est notre volonté.

Eduardo Viveiros de Castro

Traduction : Jérémie Bonheure


  1. N.d.T. : Un amendement constitutionnel.
  2. N.d.T. : Les grands propriétaires fonciers.
  3. « le mot “indigène” vient du “latin indigena, æ, ‘naturel de l’endroit où il vit, créé par la terre qui lui est propre’, dérivé du latin indoarchaïque classique in — ‘mouvement vers l’intérieur, de l’intérieur’ + gena, dérivation de la racine du verbe latin gigno, is, geni, gentum, gignere, ‘créer’ ; signifie ‘relatif à ou population autochtone d’un pays ou qui s’est établi avant un processus de colonisation’… ; par extension (usage informel), signifie ‘originaire du pays, de la région ou de la localité où il se trouve ; natif’. (Dictionnaire en ligne Houaiss)
  4. N.d.T. : En portugais, le mot ‘alienigena’ désigne aussi les extra-terrestres, pour donner une idée de la tension extrême de ces antonymes.
  5. N.d.T. : Agroboy : fils d’un grand propriétaire terrien
  6. N.d.T. : Village indien au Brésil
  7. N.d.T. : Zone semi-aride du Nordeste
  8. N.d.T. : Le patronyme étant ici le nom de l’ethnie auquel appartient l’écrivain en question.
  9. N.d.T. : Projet d’amendement constitutionnel qui ferait passer au congrès la responsabilité de la démarcation des terres indiennes et la ratification des terres reconnues indiennes. Elle limiterait l’extension des terres indiennes. Elle prévoit aussi l’indemnisation des grands propriétaires qui se sont approprié des terres indiennes, au cas où ils devraient les restituer.
  10. N.d.T. : ‘Terras da União’ : territoires fédéraux
  11. Le premier nom du SPI républicain (Service de Protection des Indiens) était SPILTN : Service de Protection des Indiens et Localisation des travailleurs nationaux. Il a été le SPILTN de 1910 à 1918, puis seulement le SPI, jusqu’à devenir la FUNAI en 1967, à la suite d’une commission d’enquête parlementaire qui révéla une infinité d’abus, de violations, de violences diverses, d’exploitations et d’autres bénéfices protecteurs octroyés par l’État.

Pour aller plus loin : https://lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Eduardo-Viveiros-de

 

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