Fabrique du consentement

Emmanuel Macron et le « peuple de bâtisseurs » (par Nicolas Casaux)

Dans son allocution du mardi 16 avril, Emmanuel Macron a vanté la grandeur de « notre » nation, en faisant référence à « un peuple » et « son histoire millénaire », au cours de laquelle « nous avons bâti des villes, des ports, des églises ». Bien évidemment, il passait sous silence ce que l’historien Howard Zinn rappelle dès l’introduction de son livre Une histoire populaire des États-Unis De 1492 à nos jours : […]

Une autre histoire du vandalisme révolutionnaire (par Daniel Hermant)

En ces temps de lamentations collectives relativement encouragées voire organisées et orchestrées (par les médias de masse, notamment, y compris via internet), en ces temps de déploration de la dégradation d’un « symbole de la nation », ou « de l’Occident », ou « de la foi chrétienne », d’un bâtiment qui ferait partie du « patrimoine national », à savoir la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris, il semble opportun de republier un texte de 1978 de l’historien Daniel Hermant portant sur le vandalisme (ou iconoclasme) révolutionnaire. […]

L'incendie de la cathédrale et l'embrasement nationaliste (par Nicolas Casaux)

L’incendie de la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris a provoqué, et c’était attendu, une résurgence massive du sentiment nationaliste. Ainsi que l’écrivait Orwell, par nationalisme il faut entendre cette « propension à s’identifier à une nation particulière ou à tout autre entité, à la tenir pour étant au-delà du bien et du mal, et à se reconnaître pour seul devoir de servir ses intérêts. » Cette résurgence du nationalisme est également résurgence massive de l’hubris de l’Occident, de celui de la civilisation, plus largement, et de son culte de l’idée de progrès, et de son anthropocentrisme.

Sur les illusions renouvelables (par Nicolas Casaux)

À ma connaissance, dans le paysage littéraire francophone, seuls ces trois livres (Le soleil en face, Les illusions renouvelables et Le sens du vent, photo ci-dessus) discutent de l’absurdité selon laquelle les hautes technologies productrices d’énergies dites « renouvelables » ou « vertes » ou « propres » pourraient nous permettre de sortir de l’impasse socioécologique létale dans laquelle nous nous précipitons (ou sommes précipités, c’est peut-être plus correct). […]

Les naturiens, précurseurs d'une critique de la civilisation (par Nicolas Casaux)

Bien peu, même parmi les anarchistes contemporains, ont entendu parler des anarchistes naturiens. Et pourtant, les membres de ce courant libertaire — appelé naturianisme — né aux alentours de 1894, étaient autant de « précurseurs de la décroissance » — d’où la publication d’une compilation de leurs écrits, introduite par François Jarrige, dans la collection « les précurseurs de la décroissance » des Éditions du Passager Clandestin —, de précurseurs du mouvement écologiste.

Naissance et mort au Paléolithique récent européen (par Ana Minski)

Un préjugé tenace ne cesse d’être colporté concernant la période du Paléolithique. Certains affirment que l’espérance de vie y était d’environ 30 ans, en raison de conditions de vie terriblement précaires, d’une forte mortalité infantile et maternelle, et d’une morphologie des femelles sapiens considérée comme inadaptée à la reproduction — le fameux dilemme obstétrical — leur bassin étant trop étroit pour des nouveau-nés au cerveau si intelligemment gros. […]

Agriculture, villes, gouvernements : à propos du « monde jusqu'à hier » de Jared Diamond (par James C. Scott)

On peut raisonnablement estimer qu’une culture est dans le pétrin lorsque ses meilleurs intellectuels commencent à piller l’inventaire culturel de ses ancêtres et de ses subalternes contemporains afin de trouver des conseils sur l’art de vivre. Le malaise est d’autant plus remarquable lorsque la culture en question est la déclinaison américaine moderne du rationalisme des Lumières et du Progrès, qui n’est pas connue pour sa capacité à douter ni pour son manque de sang-froid. […]

Sauver la civilisation, sauver le monde, régler tous nos problèmes, etc.

J’ai récemment proposé une tribune à Reporterre. Elle ne leur a pas plu. Je la publie donc ici avec, en complément, un passage rapidement traduit du dernier livre de Theodore Kaczynski, Anti-Tech Revolution, Why and How? [Révolution anti-tech, pourquoi et comment ?], qui rejoint l’objet de ma tribune. […]

Le mouvement écologique doit revenir à ses sources (par Bernard Charbonneau)

Bien des mouvements d’opposition et même des révolutions sont ambigus. Autant ils détruisent une société, autant ils régénèrent le gouvernement, l’économie, la morale, l’armée et la police. L’histoire de l’URSS en est un bon exemple. Elle a réussi un renforcement de l’État et de la société russes que le régime tsariste était impuissant à réaliser. Le mouvement d’opposition à la société industrielle occidentale que l’on qualifie de « mouvement écologique » n’échappe pas à cette ambiguïté, surtout en France où il s’est manifesté tardivement à la suite des USA.

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