Fabrique du consentement

La guerre et la construction de l'État en tant que crime organisé (par Charles Tilly)

Tandis qu’une intervention militaro-policière est en cours à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui a débuté aux alentours de 3h du matin ce lundi 9 avril 2018, il nous semble opportun de republier cette très bonne analyse du sociologue états-unien Charles Tilly, qui nous rappelle que l’État est une forme d’organisation sociale (ou antisociale, c’est selon) née de la violence et de la guerre, et qui utilise la violence et la guerre pour continuer à s’imposer — ce qui est tout aussi vrai des premières formes d’État que des États soi-disant « démocratiques » actuels. […]

Le mythe du progrès et la toxicité de la monoculture mondialisée (par Nicolas Casaux)

Ainsi que le formule Wade Davis : « Il s’agit de trouver une inspiration et un réconfort dans l’idée qu’il existe des chemins différents du nôtre et que notre destinée n’est donc pas écrite à l’encre indélébile sur un ensemble de choix dont il est prouvé scientifiquement et de manière démontrable qu’ils ne sont pas les bons. »

Expropriation des corps, destruction des esprits : les cordes de pensée contre l'aliénation (par Ana Minski)

« …le processus de l’accumulation de la richesse, tel que nous le connaissons, stimulé par le processus vital puis stimulant la vie humaine, n’est possible que si l’homme sacrifie son monde et son appartenance-au-monde. » (H. Arendt, p. 324)

La déforestation, une Guerre mondiale contre les forêts (par Derrick Jensen)

« Cela ressemblait étrangement à une guerre. Ils attaquaient la forêt comme s’il s’agissait d’un ennemi à arracher des têtes de ponts, à repousser dans les collines, à mettre en lambeaux et à exterminer. Nombreux étaient les bûcherons qui pensaient non seulement fabriquer des poutres, mais également qu’ils libéraient la terre de l’emprise des arbres. »

— Murray Morgan, 1955

Le réensauvagement, contre-point radical à notre monde unifié (un entretien avec Alessandro Pignocchi)

Alessandro Pignocchi est un ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie de l’art à l’Institut Jean Nicod (CNRS/ENS/EHESS) reconverti dans la bande dessinée. Il a récemment publié un roman graphique intitulé Petit traité d’écologie sauvage (Steinkis, 2017), un recueil des meilleurs « posts » qu’il a dessinés sur son blog (intitulé puntish), qui fait suite à Anent, nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), dans lequel il racontait ses découvertes et ses déconvenues chez les Jivaros Achuar, en Amazonie équatorienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola. Intrigués par son travail, nous l’avons contacté et lui avons posé quelques questions :

350.org et les énergies "renouvelables" : le greenwashing de la colonisation (par Nicolas Casaux)

Il y a quelques jours, j’ai regardé une vidéo[1] d’une discussion entre plusieurs jeunes figures de l’écologie relativement grand public, intitulée « Face à l’effondrement, continuer à se battre ? ». Parmi les intervenants qui prenaient part à cette discussion, on retrouvait Nicolas Haeringer, qui travaille pour la branche française de l’ONG internationale 350.org. Ainsi que le suggère […]

Civilisation, écocide et ethnocide : l'exemple des Penan en Malaisie (par Wade Davis)

Le texte qui suit est un extrait du livre intitulé Pour ne pas disparaître de l’anthropologue canadien Wade Davis, publié en 2011 aux éditions Albin Michel. Il est assez intéressant et significatif, pour plusieurs raisons. Entre autres, parce qu’il expose bien la rhétorique absurde, indisieuse et mensongère de ceux qui se font les agents de l’expansion […]

La férocité blanche : à propos du livre de Rosa Amelia Plumelle-Uribe (par Nicolas Casaux)

Le suprémacisme blanc a ouvertement constitué une caractéristique fondamentale de la culture européenne pendant des siècles. Pas étonnant qu’il continue, aujourd’hui encore, à informer — moins ouvertement, plus implicitement, plus officieusement — les structures sociales de la civilisation industrielle mondialisée. […]

Dépossession, gigantisme et irresponsabilités renouvelables (par Nicolas Casaux)

« Un monde s’était organisé sans nous. Nous y sommes entrés alors qu’il commençait à se déséquilibrer. […] On ne pouvait pas lutter d’homme à homme comme dans les sociétés précédentes – ni d’idée à idée. » — Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, Nous sommes des révolutionnaires malgré nous (Seuil, 2014). « La vie, dans sa plénitude et son […]

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