A propos de la civilisation

Agriculture, villes, gouvernements : à propos du « monde jusqu'à hier » de Jared Diamond (par James C. Scott)

On peut raisonnablement estimer qu’une culture est dans le pétrin lorsque ses meilleurs intellectuels commencent à piller l’inventaire culturel de ses ancêtres et de ses subalternes contemporains afin de trouver des conseils sur l’art de vivre. Le malaise est d’autant plus remarquable lorsque la culture en question est la déclinaison américaine moderne du rationalisme des Lumières et du Progrès, qui n’est pas connue pour sa capacité à douter ni pour son manque de sang-froid. […]

La civilisation et la destruction du monde (par Stéphane Durand)

Tout ce que la vie sauvage a patiemment mis en place depuis la fin de l’âge de glace, l’homme néolithique va le détruire systématiquement, plus ou moins consciemment. […]

Endgame Vol.1 : Civilisation (par Derrick Jensen)

Avant d’envisager ici la destruction de la civilisation, je me dois de définir de quoi il s’agit. J’ai donc regardé dans plusieurs dictionnaires. Le Webster définit la civilisation comme « un stade supérieur de développement social et culturel ». Le dictionnaire d’anglais Oxford la décrit comme « un état développé ou avancé de la société humaine ». Tous les autres dictionnaires que j’ai pu consulter chantaient à l’unisson les mêmes louanges. Ces définitions, aussi consensuelles soient-elles, ne m’avancent pourtant pas le moins du monde. […]

De la colonisation au « développement » : un seul et même projet (par Thierry Sallantin)

La guerre des mots organisée discrètement par nos ennemis : Comment ils ont introduit le mot « développement » puis comment est arrivé l’adjectif « soutenable » travesti ensuite en « durable ».

Ni anthropocène, ni capitalocène : le problème, c'est le mégalocène (par Thierry Sallantin)

Le mal, ce n’est pas le « capitalisme », ce qui laisserait supposer que si la société industrielle était gérée autrement, c’est-à-dire par les anticapitalistes que sont les communistes, les usines cesseraient soudain de polluer, de produire des gaz à effet de serre ! Non ! Le mal est plus profond : c’est l’industrialisme de Marx, Saint-Simon et Keynes ou Hayek qu’il faut remettre en cause. Ce sont tous les auteurs de l’anti-industrialisme qu’il faut relire, comme Thoreau, Tolstoï ou Gandhi, [et les auteurs de l’Encyclopédie des Nuisances, et Bernard Charbonneau, et Jacques Ellul, et tous les autres, NdE] et aujourd’hui Derrick Jensen […]

Expropriation des corps, destruction des esprits : les cordes de pensée contre l'aliénation (par Ana Minski)

« …le processus de l’accumulation de la richesse, tel que nous le connaissons, stimulé par le processus vital puis stimulant la vie humaine, n’est possible que si l’homme sacrifie son monde et son appartenance-au-monde. » (H. Arendt, p. 324)

Les Premiers Agriculteurs (par Helga Vierich)

Il faut du temps pour réaliser que l’agriculture intensive et la sacro-sainte « croissance économique » continue ne sont rendues possibles que par la perpétuation de la destruction des écosystèmes naturels : continuer l’urbanisation par ce biais garantit inéluctablement la catastrophe. A moins que de telles sociétés soient capables de restaurer des flux trophiques positifs, leur effondrement est inévitable.

Produire ou ne pas produire : Classe, modernité et identité (par Kevin Tucker)

La classe constitue une relation sociale. Ramenée à l’essentiel, elle est un fait économique. Elle distingue le producteur du distributeur et du propriétaire des moyens et des fruits de la production. Quelle que soit sa catégorie, elle définit l’identité d’une personne. Avec qui vous identifiez-vous ? Ou plus précisément, avec quoi vous identifiez-vous ? Nous pouvons tous être rangés dans un certain nombre de catégories socio-professionnelles. Mais là n’est pas la question. Votre identité est-elle définie par votre travail ? Par votre niche économique ?

Le microbiome des Occidentaux est une catastrophe écologique comparé à celui de chasseurs-cueilleurs

Le monde que nous occupons aujourd’hui est très différent de celui qu’occupaient nos ancêtres pas-si-lointains. Alors que nous entrons dans une nouvelle ère géologique — l’Anthropocène, marquée par l’empreinte de l’homme — la déforestation mondiale, la fonte des calottes glaciaires et la dégradation générale de la biosphère suscitent de graves préoccupations. Mais une autre victime, souvent négligée, de cette nouvelle ère, est la diversité des micro-organismes qui vivent sur et à l’intérieur de nos corps (notamment les bactéries, les virus et les champignons). […]

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