Le mythe du progrès

Expropriation des corps, destruction des esprits : les cordes de pensée contre l'aliénation (par Ana Minski)

« …le processus de l’accumulation de la richesse, tel que nous le connaissons, stimulé par le processus vital puis stimulant la vie humaine, n’est possible que si l’homme sacrifie son monde et son appartenance-au-monde. » (H. Arendt, p. 324)

La déforestation, une Guerre mondiale contre les forêts (par Derrick Jensen)

« Cela ressemblait étrangement à une guerre. Ils attaquaient la forêt comme s’il s’agissait d’un ennemi à arracher des têtes de ponts, à repousser dans les collines, à mettre en lambeaux et à exterminer. Nombreux étaient les bûcherons qui pensaient non seulement fabriquer des poutres, mais également qu’ils libéraient la terre de l’emprise des arbres. »

— Murray Morgan, 1955

Le réensauvagement, contre-point radical à notre monde unifié (un entretien avec Alessandro Pignocchi)

Alessandro Pignocchi est un ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie de l’art à l’Institut Jean Nicod (CNRS/ENS/EHESS) reconverti dans la bande dessinée. Il a récemment publié un roman graphique intitulé Petit traité d’écologie sauvage (Steinkis, 2017), un recueil des meilleurs « posts » qu’il a dessinés sur son blog (intitulé puntish), qui fait suite à Anent, nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), dans lequel il racontait ses découvertes et ses déconvenues chez les Jivaros Achuar, en Amazonie équatorienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola. Intrigués par son travail, nous l’avons contacté et lui avons posé quelques questions :

350.org et les énergies "renouvelables" : le greenwashing de la colonisation (par Nicolas Casaux)

Il y a quelques jours, j’ai regardé une vidéo[1] d’une discussion entre plusieurs jeunes figures de l’écologie relativement grand public, intitulée « Face à l’effondrement, continuer à se battre ? ». Parmi les intervenants qui prenaient part à cette discussion, on retrouvait Nicolas Haeringer, qui travaille pour la branche française de l’ONG internationale 350.org. Ainsi que le suggère […]

Civilisation, écocide et ethnocide : l'exemple des Penan en Malaisie (par Wade Davis)

Le texte qui suit est un extrait du livre intitulé Pour ne pas disparaître de l’anthropologue canadien Wade Davis, publié en 2011 aux éditions Albin Michel. Il est assez intéressant et significatif, pour plusieurs raisons. Entre autres, parce qu’il expose bien la rhétorique absurde, indisieuse et mensongère de ceux qui se font les agents de l’expansion […]

La férocité blanche : à propos du livre de Rosa Amelia Plumelle-Uribe (par Nicolas Casaux)

Le suprémacisme blanc a ouvertement constitué une caractéristique fondamentale de la culture européenne pendant des siècles. Pas étonnant qu’il continue, aujourd’hui encore, à informer — moins ouvertement, plus implicitement, plus officieusement — les structures sociales de la civilisation industrielle mondialisée. […]

Dépossession, gigantisme et irresponsabilités renouvelables (par Nicolas Casaux)

« Un monde s’était organisé sans nous. Nous y sommes entrés alors qu’il commençait à se déséquilibrer. […] On ne pouvait pas lutter d’homme à homme comme dans les sociétés précédentes – ni d’idée à idée. » — Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, Nous sommes des révolutionnaires malgré nous (Seuil, 2014). « La vie, dans sa plénitude et son […]

"Civilisation" : l'origine d'un concept (par Seb d'Armissan)

Il est dit que les derniers à découvrir l’eau seront les poissons. Les humains auront échappé de justesse à une semblable fatalité. Alors que la civilisation émergea il y a plus de 8 000 ans, la civilisation en tant que concept naquit tardivement, en 1756, lorsque le mot fut utilisé pour la première fois avec […]

La matriarche, la cuisinière, l'amazone : des histoires pour les hommes... (par Ana Minski)

Dans son ouvrage ‘Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était’, Christophe Darmangeat propose une mise à jour des théories développées par Engels en 1884 dans ‘L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État’. S’appuyant sur les travaux de nombreux ethnologues et anthropologues, il piste les conditions de la domination masculine chez les peuples indigènes pour appréhender l’origine de cette domination et sa persistance dans nos sociétés capitalistes. […]

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