Histoire

La guerre et la construction de l'État en tant que crime organisé (par Charles Tilly)

Tandis qu’une intervention militaro-policière est en cours à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui a débuté aux alentours de 3h du matin ce lundi 9 avril 2018, il nous semble opportun de republier cette très bonne analyse du sociologue états-unien Charles Tilly, qui nous rappelle que l’État est une forme d’organisation sociale (ou antisociale, c’est selon) née de la violence et de la guerre, et qui utilise la violence et la guerre pour continuer à s’imposer — ce qui est tout aussi vrai des premières formes d’État que des États soi-disant « démocratiques » actuels. […]

Expropriation des corps, destruction des esprits : les cordes de pensée contre l'aliénation (par Ana Minski)

« …le processus de l’accumulation de la richesse, tel que nous le connaissons, stimulé par le processus vital puis stimulant la vie humaine, n’est possible que si l’homme sacrifie son monde et son appartenance-au-monde. » (H. Arendt, p. 324)

Le réensauvagement, contre-point radical à notre monde unifié (un entretien avec Alessandro Pignocchi)

Alessandro Pignocchi est un ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie de l’art à l’Institut Jean Nicod (CNRS/ENS/EHESS) reconverti dans la bande dessinée. Il a récemment publié un roman graphique intitulé Petit traité d’écologie sauvage (Steinkis, 2017), un recueil des meilleurs « posts » qu’il a dessinés sur son blog (intitulé puntish), qui fait suite à Anent, nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), dans lequel il racontait ses découvertes et ses déconvenues chez les Jivaros Achuar, en Amazonie équatorienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola. Intrigués par son travail, nous l’avons contacté et lui avons posé quelques questions :

Civilisation, écocide et ethnocide : l'exemple des Penan en Malaisie (par Wade Davis)

Le texte qui suit est un extrait du livre intitulé Pour ne pas disparaître de l’anthropologue canadien Wade Davis, publié en 2011 aux éditions Albin Michel. Il est assez intéressant et significatif, pour plusieurs raisons. Entre autres, parce qu’il expose bien la rhétorique absurde, indisieuse et mensongère de ceux qui se font les agents de l’expansion […]

La férocité blanche : à propos du livre de Rosa Amelia Plumelle-Uribe (par Nicolas Casaux)

Le suprémacisme blanc a ouvertement constitué une caractéristique fondamentale de la culture européenne pendant des siècles. Pas étonnant qu’il continue, aujourd’hui encore, à informer — moins ouvertement, plus implicitement, plus officieusement — les structures sociales de la civilisation industrielle mondialisée. […]

Dépossession, gigantisme et irresponsabilités renouvelables (par Nicolas Casaux)

« Un monde s’était organisé sans nous. Nous y sommes entrés alors qu’il commençait à se déséquilibrer. […] On ne pouvait pas lutter d’homme à homme comme dans les sociétés précédentes – ni d’idée à idée. » — Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, Nous sommes des révolutionnaires malgré nous (Seuil, 2014). « La vie, dans sa plénitude et son […]

"Civilisation" : l'origine d'un concept (par Seb d'Armissan)

Il est dit que les derniers à découvrir l’eau seront les poissons. Les humains auront échappé de justesse à une semblable fatalité. Alors que la civilisation émergea il y a plus de 8 000 ans, la civilisation en tant que concept naquit tardivement, en 1756, lorsque le mot fut utilisé pour la première fois avec […]

La matriarche, la cuisinière, l'amazone : des histoires pour les hommes... (par Ana Minski)

Dans son ouvrage ‘Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était’, Christophe Darmangeat propose une mise à jour des théories développées par Engels en 1884 dans ‘L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État’. S’appuyant sur les travaux de nombreux ethnologues et anthropologues, il piste les conditions de la domination masculine chez les peuples indigènes pour appréhender l’origine de cette domination et sa persistance dans nos sociétés capitalistes. […]

Comment nous nous préparons, nous et nos enfants, pour l’extinction (par Daniel Quinn)

Dans un récent film semi-documentaire appelé Garbage (Déchet), un ingénieur en traitement des déchets toxiques à qui l’on demande comment nous pourrions faire pour cesser de submerger le monde ne nos poisons, répond : « Qu’il faudrait pour cela qu’on disparaisse tous de la planète, parce que les humains GÉNÈRENT des déchets toxiques, qu’il s’agisse d’organismes pathogènes que l’on excrète de nos corps ou d’autres choses. Nous sommes un poison pour la planète. »

Comment réagissez-vous à cette affirmation ? Si vous êtes d’accord avec cette idée que les humains sont intrinsèquement toxiques, levez la main.

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