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De l’utilisation du mot “terroriste”

Mais à l’instar d’autres auteurs de violences politiques massives, de l’individu qui ouvrit le feu dans un temple Sikh dans le Wisconsin il y a quelques années, à celui qui attaqua une communauté juive dans le Kansas en Avril, Breivik bénéficie d’un laissez-passer de la part des médias.

Il est un « tueur en série » ou un « meurtrier de masse », pas un « terroriste »…



Les Révoltés – Séverine (1896)

Alors que l’enfant de misère, né comme je l’ai dit d’atrophiés intellectuels — parce que le surmenage use leur cerveau comme la netteté de leur vision, comme la paume de leur main — ou né de rebelles (c’est-à-dire ayant pâti de la rébellion avant que de pouvoir la comprendre, donc à jamais éloigné d’elle) — alors que cet enfant-là ne sera un combatif que si la société l’y force, voici que, dans les berceaux cossus, germe, semée là par on ne sait quelle tourmente, la race des révoltés…




Les bienfaits de la civilisation (par Séverine, 1896)

Mais quoi ! Ces gens refusent les bienfaits dont la philanthropie européenne s’obstine à les accabler ; le guêpier de nos lois ; la pourriture de nos conventions ; la spoliation qui sert de base à notre système social ; et tous les mensonges inscrits dans nos codes ; et toutes les iniquités qui font faux poids dans toutes les balances — bien nommé, le fléau ! — et toutes nos hypocrisies, d’autant impudiques, comme nos vices, qu’elles font semblant d’être vêtues !


Henry David THOREAU – La désobéissance civile (extraits)

De grand cœur, j’accepte la devise : «Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins» et j’aimerais la voir suivie de manière plus rapide et plus systématique. Poussée à fond, elle se ramène à ceci auquel je crois également: «que le gouvernement le meilleur est celui qui ne gouverne pas du tout» et lorsque les hommes y seront préparés, ce sera le genre de gouvernement qu’ils auront…


Francis Dupuis-Déri – L’anarchie dans la philosophie politique (2007)

« Quel est le meilleur régime politique ? » Voilà la question fondamentale à laquelle la philosophie politique occidentale s’est traditionnellement attribué le devoir de répondre, dénombrant généralement trois types purs de régimes (la monarchie, l’aristocratie et la démocratie) et un régime mixte (la république), constitué d’éléments des trois régimes purs. […] Quant à l’« anarchie », les philosophes les plus influents de la tradition occidentale l’ont identifiée comme la forme dégénérée et pathologique de la démocratie, entendue ici sous sa forme directe où tous les citoyens peuvent participer à l’assemblée où se prennent les décisions politiques collectivement et à la majorité.
Assimiler ainsi l’anarchie à une forme dévoyée de la démocratie directe constitue une erreur grave qui appauvrit la philosophie politique.