Le Partage
Critique socio-écologique radicale

La matriarche, la cuisinière, l'amazone : des histoires pour les hommes... (par Ana Minski)

Dans son ouvrage ‘Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était’, Christophe Darmangeat propose une mise à jour des théories développées par Engels en 1884 dans ‘L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État’. S’appuyant sur les travaux de nombreux ethnologues et anthropologues, il piste les conditions de la domination masculine chez les peuples indigènes pour appréhender l’origine de cette domination et sa persistance dans nos sociétés capitalistes. […]

Comment nous nous préparons, nous et nos enfants, pour l’extinction (par Daniel Quinn)

Dans un récent film semi-documentaire appelé Garbage (Déchet), un ingénieur en traitement des déchets toxiques à qui l’on demande comment nous pourrions faire pour cesser de submerger le monde ne nos poisons, répond : « Qu’il faudrait pour cela qu’on disparaisse tous de la planète, parce que les humains GÉNÈRENT des déchets toxiques, qu’il s’agisse d’organismes pathogènes que l’on excrète de nos corps ou d’autres choses. Nous sommes un poison pour la planète. »

Comment réagissez-vous à cette affirmation ? Si vous êtes d’accord avec cette idée que les humains sont intrinsèquement toxiques, levez la main.

Les écologistes et les techno-critiques sont-ils des hypocrites ? (par Nicolas Casaux)

À cet argument fallacieux du « mais-vous-utilisez-du-pétrole-vous-ne-pouvez-donc-pas-critiquer-les-énergies-fossiles », l’historienne d’Harvard Naomi Oreskes (auteure, entre autres, du livre Les marchands de doute) répond : « Bien sûr que nous le faisons, et les gens des États du Nord portaient des vêtements dont le coton avait été récolté par des esclaves. Mais cela ne fit pas d’eux des hypocrites lorsqu’ils rejoignirent le mouvement pour l’abolition de l’esclavage. Cela signifiait juste qu’ils faisaient partie de cette économie esclavagiste, et qu’ils le savaient. C’est pourquoi ils ont agi pour changer le système, et pas simplement leurs habits ». Nous pourrions nous en tenir à ça. Mais dans la mesure où cette rhétorique est bien trop répandue et où ses promoteurs ne sont peut-être pas en mesure de comprendre ce qu’explique Naomi Oreskes, continuons. […]

Les involontaires de la patrie (par Eduardo Viveiros de Castro)

Eduardo Viveiros de Castro, né en 1951, est un anthropologue et un universitaire brésilien qui s’inscrit dans le courant de l’anthropologie critique, sa perspective est, comme ici, anti-étatiste et anti-capitaliste. Il enseigne l’anthropologie au Museu Nacional (Université Fédéral de Rio de Janeiro) et a également été professeur de Latin American Studies à l’Université de Cambridge […]

La théorie de la fiction-panier (par Ursula K. Le Guin)

Ursula Kroeber Le Guin, décédée le 22 janvier 2018, est une auteure de science-fiction et de fantasy dont les romans ont exploré des thèmes beaucoup plus marqués par l’univers des sciences humaines que par celui des sciences dures. Fille de deux anthropologues, elle met en scène des personnages qui sont souvent des observateurs immergés dans des cultures ou des sociétés auxquelles ils sont étrangers et qu’ils s’efforcent de découvrir sans préjugés et sans influencer le cours de choses. Des Dépossédés, réflexion sur une utopie anarchiste, à Le nom du monde est forêt, récit de l’invasion d’un monde d’indigènes rêveurs par des colons armés, Ursula K. Le Guin a développé une manière de raconter des histoires qui s’écarte des canons de la science-fiction traditionnelle. Comme elle l’explique dans ce court essai écrit en 1986, […]

Le problème de la collapsologie (par Nicolas Casaux)

[…] Derrière cette définition un peu nébuleuse, la collapsologie se caractérise — dans les publications qui lui sont associées, comme le livre de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, les conférences qu’ils tiennent ou que d’autres personnes proposent sur ce sujet, etc. — par des perspectives et des analyses parfois contradictoires, ou bien trop limitées. […]

Regardez la lumière mes jolis (l'emprise et l'impact du numérique)

Un excellent documentaire sur les impacts physiologiques, sociaux et écologiques du numérique, des technologies-écrans et d’internet, sur la manière dont les principales multinationales du web (Google, Facebook, Yahoo, etc.) dominent et organisent à leur guise le flux d’information, et sur d’autres choses encore […]

Le siècle du moi (série documentaire d'Adam Curtis, VOSTFR)

Réalisée pour la BBC en 2002, la série documentaire en quatre parties d’Adam Curtis intitulée, en anglais, The Century of the Self, que l’on pourrait traduire par Le siècle du moi, expose des évènements et des personnages trop peu connus du 20ème siècle, qui ont pourtant joué un rôle crucial dans l’élaboration des mal-nommées « démocraties » modernes (d’Edward Bernays à Matthew Freud, en passant par Anna Freud et bien d’autres). […]

Le mythe de la démocratie comme invention moderne (à propos de “La peur du peuple” de Francis-Dupuis Déri)

Le livre de Francis Dupuis-Déri, La peur du peuple : agoraphobie et agoraphilie politiques, publié en 2016 chez Lux, est intéressant pour plusieurs raisons. Entre autres parce qu’il propose un bref panorama des pratiques démocratiques à travers l’histoire, sujet trop méconnu voire trop nié s’il en est un, ce sur quoi je centrerai cette note de lecture. […]


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