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histoire


La journée australienne des secrets, des drapeaux et des lâches (par John Pilger)

C’était à l’aube d’un 26 janvier, il y a de nombreuses années, que je suis allé, avec des australiens indigènes et des non-indigènes, déposer des gerbes dans le port de Sydney. Nous nous étions rendus dans l’une de ces baies sablonneuses paradisiaques où d’autres s’étaient rassemblés comme autant de silhouettes, pour observer les bateaux de la « première flotte » britannique tandis qu’ils jetaient l’ancre, le 26 janvier 1788. Ce fut le moment précis où la seule île continent du monde fut volée à ses habitants ; selon l’euphémisme consacré, il s’agissait de « peuplement ». Ce fut, comme l’a écrit Henry Reynolds, l’un des rares historiens australiens honnêtes, l’un des plus importants vols de terre de l’histoire du monde. […]



Joe Hill, in memoriam — Ne perdez pas de temps dans le deuil, organisez-vous ! (par Fausto Giudice)

Nous sommes impardonnables : nous avons raté le centenaire de l’exécution de Joe Hill, le 19 novembre 1915, à Salt Lake City. Comme Malcolm X, Patrice Lumumba, Che Guevara ou Thomas Sankara, il est mort, assassiné par l’ennemi de classe, à moins de 40 ans, exactement à 36 ans, fusillé par un peloton d’exécution. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et je m’en vais donc raconter cette page épique, tragique et sanglante de l’histoire de la classe ouvrière des Amériques, ces hommes et ces femmes qui avaient fui la vieille Europe à la recherche du paradis sur terre et tombèrent dans l’enfer du capitalisme le plus meurtrier de l’histoire.


Le Musée de l’Homme ou la mise à mort du passé (par Thierry Sallantin)

De l’étrange similitude entre la stratégie de Daech visant à effacer les traces du passé cher aux archéologues, comme à Palmyre, ou les Talibans faisant exploser les trois Bouddhas de Bâmiyân, et la stratégie des concepteurs de ce « nouveau » Musée de l’Homme où l’on prend soin d’effacer les traces de l’immense variété des peuples chère aux ethnologues, pour tenter de faire taire tout sentiment de nostalgie qui pourrait nuire au but du parcours muséal proposé aux visiteurs : admirer la Mondialisation !


Christophe Colomb, les Indiens et le progrès de l’humanité (Howard Zinn)

FRAPPÉS D’ÉTONNEMENT, les Arawaks, femmes et hommes aux corps hâlés et nus abandonnèrent leurs villages pour se rendre sur le rivage, puis nagèrent jusqu’à cet étrange et imposant navire afin de mieux l’observer. Lorsque finalement Christophe Colomb et son équipage se rendirent à terre, avec leurs épées et leur drôle de parler, les Arawaks s’empressèrent de les accueillir en leur offrant eau, nourriture et présents. Colomb écrit plus tard dans son journal de bord: