En à peine quelques semaines depuis que son appel a été diffusé sur le site du journal Le Monde, Aurélien Barrau est devenu la coqueluche de l’écologie grand public. S’il énonce des choses tout à fait justes, comme la nécessité pour l’humanité de cesser de s’étendre et même de laisser davantage d’espace aux autres espèces, et la nécessité de consommer moins, de décroître, de renoncer au principe de croissance, son discours pose problèmes pour plusieurs raisons. Retour sur un engouement tout à fait attendu.

Le 3 septembre 2018, Le Monde publie une tribune intitulée « « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète ». Son sous-titre résume : « D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique. » Si Aurélien Barrau parvient à être publié dans Le Monde et à réunir autant de signatures de professionnels de l’industrie de l’écervellement, c’est parce qu’il évolue aussi dans ces milieux. Ainsi que M, le magazine du Monde nous l’apprend : « Si Aurélien Barrau a réussi à réunir autant de stars pour sa tribune, c’est grâce à Juliette Binoche, qui lui a ouvert son carnet d’adresses. Il s’est lié d’amitié avec elle il y a un an sur le tournage du prochain film de science-fiction de Claire Denis (High Life, sortie prévue en 2019). Il y officiait en tant que conseiller scientifique supposé faire en sorte que trous noirs et voyages dans le temps, « choses abstraites », deviennent « sensibles » pour les acteurs du film, Juliette Binoche, donc, et Robert Pattinson. » Mais ce n’est pas la seule raison.

Une autre raison, et sans doute aussi importante, tient au fait que l’appel d’Aurélien Barrau — et son discours plus généralement — ne constitue une menace pour rien ni personne. D’une brièveté troublante, il commence par rappeler le désastre écologique en cours, puis en vient au principal, que nous pourrions résumer en quelques mots : « il faut que les hommes politiques fassent ce qu’il faut ». Formidable. Mais la naïveté et l’incompréhension historique dont témoigne le discours d’Aurélien Barrau ne se limitent pas à cela. Dans l’ensemble, il n’ose pas remettre en question le capitalisme, il affirme par exemple, dans une interview sur France Culture, qu’il « y a évidemment des problèmes et des avantages au système capitaliste », et ajoute, dans son interview chez Thinkerview, qu’il ne pense pas que le capitalisme soit le principal problème. Son discours a pour effet de suggérer qu’un capitalisme vert pourrait sauver la situation. Dans la vidéo qu’il a tournée avec le média Brut (média internet, créé par des anciens de la télévision, qui se spécialise dans les vidéos très courtes pour traiter de toutes sortes de sujets), il affirme :

« Donc la seule manière de nous sauver aujourd’hui, c’est que les dirigeants, c’est leur rôle, c’est pour ça que nous leur déléguons notre pouvoir, c’est pour ça que nous les élisons, il faut donc qu’ils assument leur fonction et qu’ils nous sauvent. Ils sont très exactement là pour ça. »

Et lors d’un passage sur France 5 :

« Parce qu’on le sait nous sommes faibles, et moi le premier, […] nous sommes tous collectivement faibles, mais on est quand même suffisamment sages pour être capables de comprendre que quand ça va plus il faut des lois, il faut que le droit et le politique interviennent pour nous limiter. »

La première chose à rappeler, c’est que si « nous sommes faibles », cela n’a rien de naturel ou d’inéluctable. Il s’agit avant tout du résultat de décennies de conditionnement imposé par l’organisation sociale dominante et ses dirigeants. La société de consommation industrielle produit les individus dont elle a besoin. Au fur et à mesure qu’il parvenait à s’imposer, au cours des dernières décennies — et l’on pourrait probablement étendre cela aux derniers siècles —, l’État et ses institutions se sont mis à usiner leurs sujets, afin de produire le type d’individu dont ils avaient besoin pour fonctionner. C’est-à-dire le type d’individu soumis, conformiste, croyant aux mythes nécessaires de l’État qui l’a formé (« démocratie », « progrès », etc.).

Ainsi que le formule l’anthropologue de Yale, James C. Scott :

« Une fois en place, l’État (nation) moderne a entrepris d’homogénéiser sa population et les pratiques vernaculaires du peuple, jugées déviantes. Presque partout, l’État a procédé à la fabrication d’une nation : la France s’est mise à créer des Français, l’Italie des Italiens, etc.[1] »

Ce que cela suggère implicitement, et qu’Aurélien Barrau ne semble pas non plus réaliser, c’est évidemment que l’État n’est pas une institution démocratique. Nous ne choisissons pas de déléguer notre pouvoir[2], d’élire, et le rôle des dirigeants étatiques n’a jamais été de prendre soin de nous. Ainsi qu’Howard Zinn s’évertuait à le rappeler : « L’État n’est pas notre ami ». Dans une société véritablement démocratique, les êtres humains produisent les institutions dont ils ont besoin, et inversement, dans une société non démocratique, les institutions produisent les êtres humains dont elles ont besoin. Or, les régimes électoraux modernes ne sont pas démocratiques[3], même s’ils s’auto-qualifient de « démocratie » (rappelons au passage qu’une démocratie représentative, c’est un oxymore). Le rôle de leurs dirigeants a toujours été de servir une classe dominante au détriment de toutes les autres classes.

La perspective d’Aurélien Barrau, bien trop courante au sein d’une gauche particulièrement ignorante, politiquement, suppose que la destruction de la planète et l’exploitation organisée des êtres humains par d’autres êtres humains, les multiples oppressions et les inégalités qui caractérisent la civilisation industrielle, sont autant d’accidents de parcours, d’effets indésirables qui devraient pouvoir être jugulés. Ce n’est pas le cas. L’État capitaliste repose, au même titre que la civilisation industrielle, sur le pillage et la destruction de la planète, sur les hiérarchies sociales, sur l’exploitation sociale, les inégalités et les oppressions. Il s’agit de ce qu’implique son fonctionnement normal, et non pas d’une erreur qui pourrait être rectifiée.

Ainsi que le formule le sociologue états-unien Charles Derber, l’État capitaliste est une entité sociopathique : ses structures sociales produisent des individus sociopathiques en encourageant des comportements sociopathiques (au travers et à cause de la compétition, de l’exploitation sociale généralisée, la servitude imposée qu’on appelle salariat, de la propriété privée, du militarisme, des inégalités, etc.). Donc attendre de l’État, de ses institutions et de ses dirigeants qu’ils nous sauvent, et qu’ils sauvent la planète, qu’ils fassent donc ce qu’ils ne sont pas censés faire — et même le contraire de ce qu’ils sont censés faire —, c’est se fourvoyer dramatiquement, et se condamner, et la planète avec, à un péril certain.

On comprend alors que son discours témoigne de la réussite du conditionnement d’État, qui est en effet parvenu à infantiliser la plupart, à les persuader que la seule chose qu’ils peuvent faire, c’est demander à Papa-l’État d’intervenir et de sauver la situation. C’est ce qui amène Aurélien Barrau à affirmer, sur France Culture : « Il me semble que les présidents de la république […] doivent endosser leur costume de super-héros et mettre en marche cette révolution indispensable à notre survie. »

Seulement, l’État, en tant qu’organisation sociale non démocratique, n’est pas la solution, mais bien le problème. De même que Murray Bookchin, il nous semble inconcevable de penser l’écologie sans la démocratie. Comme lui, nous considérons que « l’obligation faite à l’homme de dominer la nature découle directement de la domination de l’homme sur l’homme », et que :

« Tant que la hiérarchie persistera, tant que la domination organisera l’humanité autour d’un système d’élites, le projet de domination de la nature continuera et mènera inéluctablement notre planète vers la catastrophe écologique. »

***

Mais il n’y a pas que sur le plan politique que le discours d’Aurélien Barrau s’égare. S’il cite correctement quelques symptômes du désastre écologique en cours, sur lesquels il n’est pas utile de revenir, son diagnostic, dans l’ensemble, est plus que discutable. Ainsi lorsqu’il affirme que la destructivité dont fait actuellement montre la civilisation industrielle serait « endémique à ce que nous sommes », puisque « on sait que, même dans un passé lointain où nous étions encore chasseurs-cueilleurs, dès qu’une zone de la planète se trouvait colonisée par les humains, la macrofaune était massivement décimée. Souvent avec une volonté explicite d’extermination » (citation tirée de son appel publié sur Diacritik). Or, même en admettant qu’une partie des extinctions de la mégafaune (il écrit macrofaune, mais pense probablement à la mégafaune) du Pléistocène soit partiellement imputable à certains groupes humains (et pas à tous, ainsi qu’il semble le suggérer, amalgamant ainsi toute l’humanité dans un simplisme grossier), et sachant que nous restons ici dans le domaine de l’hypothèse, de l’incertitude, contrairement à ce que suggère son « on sait que », d’autant qu’une partie de la communauté scientifique formule une autre hypothèse selon laquelle le changement climatique serait davantage à blâmer, il est franchement grotesque de parler de « volonté explicite d’extermination », comme si les registres archéologiques disaient quoi que ce soit des volontés des humains de l’époque. En outre, dans plusieurs endroits du monde, la macrofaune n’a pas été anéantie, notamment dans certaines régions de l’Afrique et de l’Asie, malgré une très longue cohabitation avec l’espèce humaine. D’ailleurs, ceux qui tenaient à affirmer que l’être humain est un tueur-né recouraient souvent à l’argument selon lequel l’arrivée d’Homo sapiens coïncidait partout avec la disparition de la mégafaune qui s’y trouvait. Seulement, les découvertes archéologiques récentes ne cessent de repousser les dates d’arrivée d’Homo sapiens ici et là, et l’on sait désormais qu’en Australie, par exemple, la mégafaune a cohabité avec l’espèce humaine pendant au moins 17 000 ans[4]. La date d’arrivée d’Homo sapiens aux Amériques risque fort d’être repoussée elle aussi[5]. Bref, à partir d’une affirmation fausse il tire une conclusion fausse, selon laquelle la destructivité de la société industrielle est « endémique à ce que nous sommes ». Conclusion qui lui permet d’affirmer que le capitalisme n’est « pas le principal problème », d’autant qu’il a « aussi des vertus ». Et l’on retombe ici sur sa mauvaise analyse sociopolitique du problème.

***

Aurélien Barrau en appelle à des mesures impopulaires et coercitives — une soumission à toujours plus d’embrigadement étatique pour raison écologique, qui aboutira, selon toute probabilité, à l’éco-fascisme que décrivait Bernard Charbonneau dans Le feu vert, ou René Riesel et Jaime Semprun dans Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable.

« Si la crise énergétique se développe, la pénurie peut paradoxalement pousser au développement. Le pétrole manque ? Il faut multiplier les forages. La terre s’épuise ? Colonisons les mers. L’auto n’a plus d’avenir ? Misons sur l’électronique qui fera faire au peuple des voyages imaginaires. Mais on ne peut reculer indéfiniment pour mieux sauter. Un beau jour, le pouvoir sera bien contraint de pratiquer l’écologie. Une prospective sans illusion peut mener à penser que le virage écologique ne sera pas le fait d’une opposition dépourvue de moyens, mais de la bourgeoisie dirigeante, le jour où elle ne pourra plus faire autrement. Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir.

Pour contrôler les dangers de moyens de plus en plus puissants et fragiles parce que complexes, gérer un espace et des ressources qui s’épuisent, prévoir et maîtriser les réactions humaines qui empêcheraient de le faire, on est obligé de renforcer l’organisation. L’éco-fascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. »

— Bernard Charbonneau, Le feu vert (1980)

Pour bien comprendre en quoi cet appel à davantage de coercitions étatiques pour nous sauver constitue une chimère indésirable, il faut comprendre que ceux qui détiennent le pouvoir, les dirigeants étatiques et corporatistes, n’agissent et n’agiront jamais à l’encontre de leurs propres intérêts, sans y être forcés. Et dans forcés, il y a force. Parce qu’il faut bien comprendre que l’arrêt du désastre écologique en cours nuira forcément à ceux qui l’ont précipité, qui l’organisent et qui en tirent profit actuellement. Les dirigeants étatiques et corporatistes n’ont pas intérêt à ce que les populations consomment moins, à ce que cesse l’étalement urbain, le « développement », etc.

Pour exemple, citons Jeff Bezos, PDG d’Amazon :

« Nous ne voulons pas vivre dans un monde rétrograde. Nous ne voulons pas vivre sur une Terre où nous devrions geler la croissance de la population et réduire l’utilisation d’énergie. Nous profitons d’une civilisation extraordinaire, alimentée par de l’énergie, et par la population. […] Nous voulons que la population continue à croître sur cette planète. Nous voulons continuer à utiliser plus d’énergie par personne. »

On entend de plus en plus parler de l’idée d’un lobby citoyen, et pourquoi pas, mais il faudrait avant tout que ce lobby vise à redistribuer le pouvoir, et non pas à demander des lois pour ci ou ça. En effet, la plupart des gens, ne réalisant pas l’ampleur de ce qui pose problème dans la civilisation industrielle — à peu près tout —, semblent croire que les petites mesures « impopulaires » et « coercitives » qui pourraient effectivement être approuvées ou acceptées par ceux au pouvoir parce qu’elles ne menacent les intérêts d’aucun capitaine d’industrie, comme la limitation de vitesse passant de 90 à 80 km/h, comme le bannissement de certains objets en plastique, et même, imaginons, l’imposition à l’ensemble de la société des petits gestes de l’écocitoyen modèle par le biais de la législation, pourraient véritablement faire une différence. Ce n’est pas le cas. Dans l’ensemble, cela ne changerait rien[6].

Il importe alors de rappeler que contrairement à ce que suggèrent les écolos grand public comme Cyril Dion, Isabelle Delannoy, etc., une civilisation industrielle verte, un industrialisme vert — et qui plus est, démocratique —, ça n’existe pas. Et ça ne peut pas exister, par définition, étant donné que sur le plan social, l’industrialisme en général et les hautes technologies en particulier impliquent une organisation étendue, très hiérarchisée, avec d’importantes spécialisation et division du travail : autant de caractéristiques peu compatibles avec la démocratie (directe, cela s’entend). Sur le plan écologique, face à l’idée trop répandue selon laquelle le remplacement des énergies fossile et nucléaire par les énergies dites « renouvelables » permettrait de la rendre « verte », rappelons que la civilisation industrielle ravage la planète par son étalement urbain, son agriculture, sa surexploitation de toutes les ressources (renouvelables et non renouvelables), la fragmentation des biomes qu’imposent ses infrastructures, ses innombrables activités industrielles polluantes, destructrices du monde naturel, et pas SEULEMENT par la manière dont elle produit ou obtient l’énergie qu’elle utilise. Même si l’on parvenait à obtenir toute l’énergie qu’elle consomme par des procédés véritablement respectueux du monde naturel, c’est-à-dire même si les énergies dites « vertes » ou « renouvelables » l’étaient vraiment et intégralement — ce qu’elles ne sont pas[7], et ce qui n’est pas possible, mais admettons — seule une petite partie du problème aurait été résolue. Dans l’ensemble, la civilisation industrielle continuerait de détruire le monde, de le bétonner, de l’artificialiser, de le surexploiter, de le polluer, de le contaminer, etc., bref : une civilisation industrielle verte ça n’existe pas. Mettre un terme à la destruction de la nature, c’est arrêter toutes les activités et pratiques qui la détruisent (ce n’est pas bien compliqué à comprendre). Mettre un terme à toutes les activités et pratiques qui la détruisent, c’est arrêter la quasi-totalité des activités industrielles (sauriez-vous citer une seule industrie qui ne soit pas polluante, ou qui ne repose pas sur des infrastructures et des pratiques nuisibles de quelque façon pour le monde naturel ?). C’est arrêter la société industrielle.

Et jamais les capitaines d’industrie qui la dirigent n’accepteront de se tirer une balle dans le pied sans y être forcésdemander ou faire du lobbying citoyen n’y suffira jamais — en démantelant l’ensemble du système industriel, en redistribuant le pouvoir au peuple, en encourageant le démembrement des conurbations et des mégalopoles au profit de la recréation de microsociétés à taille humaine, autonomes, démocratiques et écologiques, reposant donc sur l’utilisation de technologies démocratiques (de basses technologies, ou low-tech, ou d’outils conviviaux), etc.

***

Aurélien Barrau affirme, dans son interview chez Thinkerview, ne pas croire au solutionnisme technologique. Pourtant, peu après, il affirme que des solutions sont à chercher du côté d’une « amélioration de l’efficacité énergétique », d’une meilleure isolation thermique des bâtiments et d’une transformation de « notre mode de production d’énergie » — selon toute probabilité, il faisait ici référence aux énergies dites « vertes » ou « renouvelables ». On comprend ainsi que par solutionnisme technologique il n’entendait que la géo-ingénierie.

L’amélioration de l’efficacité énergétique ne résoudrait rien du tout, bien au contraire[8] — cela fait des décennies que l’efficacité énergétique des processus industriels qui constituent la civilisation industrielle augmente. Manifestement, cela n’a pas même freiné le désastre écologique qui, sur la même période, n’a cessé d’empirer.

Finalement, le problème du discours d’Aurélien Barrau est double, parce qu’il pousse les gens à croire, d’une part, que le désastre écologique en cours ne pourra être résolu que par ceux qui sont en train de le causer et qui en bénéficient le plus — et qui plus est, qu’il pourrait être résolu indépendamment de la question démocratique ; et d’autre part, que quelques révisions à la baisse de nos niveaux de consommation, dans les pays riches, couplées à quelques évolutions technologiques et techniques — les énergies dites « renouvelables », la neutralité carbone et tout le tralala de l’industrialisme vert[9] —, permettraient de le résoudre.

En attendant, ce que l’on peut tous observer, c’est qu’au nom du sauvetage de la planète (et surtout, désormais, du sauvetage « du climat »), plusieurs industries soi-disant « vertes » viennent s’ajouter aux existantes, et l’on produit toujours plus d’énergie chaque année : des centrales solaires, des parcs éoliens, des centrales à biomasse et des barrages sont construits un peu partout, sans pour autant que des centrales à charbon, ou au gaz naturel, ou nucléaires, soient fermées — au contraire, il s’en construit toujours plus. Le monde naturel, lui, comme toujours, en paie le prix. Rappelons, pour exemple, le cas de la centrale solaire de Cestas, en France, près de Bordeaux, la plus grande d’Europe, qui a nécessité l’abattage de 250 hectares de pinède ; un projet du consortium Eiffage, Schneider Electric, Krinner (l’occasion aussi de rappeler que les industries des énergies dites « vertes » sont, très logiquement, dominées par d’immenses entreprises multinationales, et que toutes sortes de multinationales, de Vinci à Total, y investissent afin de faire du profit). Centrale solaire dont l’électricité permettra d’alimenter des smartphones, des télévisions, des ordinateurs, des réfrigérateurs, etc. Formidable. La planète et le climat nous remercient. Tout cela fait que, dans l’ensemble, la consommation de combustibles fossiles continue d’augmenter — ou plutôt, d’empirer. Au même titre que tous les indicateurs écologiques : les océans sont de plus en plus surexploités, vidés, les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts, qui disparaissent aussi très rapidement — l’année 2017 a constitué une année record pour la déforestation —, et ainsi de suite.

Les choses empirent et continueront d’empirer au cours des décennies à venir. Les faux espoirs doivent être exposés pour ce qu’ils sont. Pour avoir une chance de mettre un terme à la catastrophe, nous avons besoin d’un véritable mouvement de résistance — à la manière de ce que propose le livre Deep Green Resistance, que nous publions ce mois-ci (courant octobre 2018).

Nicolas Casaux

***

P.S. : 1. Lorsqu’on lui a demandé son avis sur les agissements d’une personne qui s’était mise à faire une sorte de campagne de shaming (jeter l’opprobre sur des individus) via internet à propos des députés qui avaient voté contre l’interdiction du glyphosate, Aurélien Barrau a répondu : « Je ne suis pas complètement en phase avec la chasse aux sorcières, il faut quand même faire attention, toutes les armes ne sont pas forcément bonnes, il faut quand même, je pense, garder un peu de dignité. »

Voilà jusqu’où l’astrophysicien qui veut sauver la planète est prêt à aller. Une campagne basée sur des images diffusées sur internet visant à nommer et à couvrir de honte des députés pour leurs mauvais agissements, c’est déjà trop pour lui.

2. Je ne reviens pas sur l’idée selon laquelle son discours servirait à « éveiller les consciences ». Il me semble que cela revient, au moins en partie, à intervertir la cause et l’effet. C’est possiblement parce que les gens savent que ça ne va pas, et parce qu’ils ne comprennent pas bien pourquoi, que des individus comme Aurélien Barrau font le buzz. Quoi qu’il en soit, ainsi que j’ai essayé de le montrer, il n’aide pas les consciences à s’éveiller aux réalités politiques, économiques et technologiques de la civilisation industrielle.


  1. http://partage-le.com/2015/01/la-standardisation-du-monde-james-c-scott/
  2. Quand Aurélien Barrau affirme que les dirigeants étatiques que nous avons sont « le reflet de notre faiblesse », il affirme que nous avons les dirigeants que nous méritons. Encore une fois, cela témoigne d’une très mauvaise compréhension du système politique dominant et de la manière dont il s’est imposé. On lui recommandera, entre autres choses, la lecture du livre Propaganda d’Eward Bernays, le père des Relations Publiques (la propagande officielle), ou le visionnage de la série documentaire en quatre volets d’Adam Curtis, intitulée Le siècle du moi, en plus de la lecture du livre de Francis Dupuis-Déri, Démocratie : histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France.
  3. https://www.youtube.com/watch?v=KVW5ogGDlts et http://partage-le.com/2018/08/de-la-royaute-aux-democraties-modernes-un-continuum-antidemocratique-par-nicolas-casaux/.
  4. https://www.theguardian.com/australia-news/2017/jan/12/megafauna-and-indigenous-australians-coexisted-with-for-at-least-17000-years
  5. https://www.theguardian.com/science/2017/apr/26/could-history-of-humans-in-north-america-be-rewritten-by-broken-mastodon-bones
  6. Voir : http://partage-le.com/2015/03/oubliez-les-douches-courtes-derrick-jensen/ & : http://partage-le.com/2018/09/la-consomaction-un-moyen-pour-les-puissants-degarer-la-resistance-par-george-monbiot/
  7. http://partage-le.com/2017/02/lecologie-du-spectacle-et-ses-illusions-vertes/
  8. Voir : http://partage-le.com/2018/06/pourquoi-lefficacite-energetique-ne-resout-rien-bien-au-contraire-par-max-wilbert/
  9. Pour un autre exemple de l’absurdité de l’industrialisme vert, promu par Cyril Dion & Co : http://partage-le.com/2018/07/si-vous-allez-a-san-francisco-vous-y-verrez-des-seringues-et-de-la-merde-par-nicolas-casaux/

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  1. Ouii. Un mouvement de resistance. Mais: quoi?comment? Avec quelle gouvernance démocratique qui ne se transforme pas en foire a la saucisse et… quels moyens sachant que le problème est planetaire?….

  2. J’ai justement entendu ce même raisonnement dans la bouche d’Usul ( du côté de mediapart ) et il y a quelque chose qui m’échappe.
    L’industrie ne pollue pas  » gratuitement « , elle pollue pour nous fournir tout un tat de services/produits et en finalité amasser un maximum d’argent.
    J’ai l’impression d’entendre  » Ne descendons pas de notre branche, scions la à sa base !  » c’est plus radicale et pragmatique comme solution mais à terme ca implique de changer notre mode de vie de toute façon non ??

  3. Excellent article.
    En entendant Barrau sur Thinkerview, je me suis comme vous immédiatement rappelé la citation de Charbonneau dans Feu Vert : l’appel à la « dictature verte » qui sauvera le monde. Vous avez raison de dénoncer ce genre de raisonnement qui sert les intérêts en place.
    Il est quand même hallucinant d’entendre aujourd’hui encore ce genre de personnage, sans doute très intelligent, prétendre que les « économies d’énergie » sont la solution, alors que l’on sait depuis très longtemps qu’elles ne servent qu’à dégager de l’énergie pour développer de nouveaux usages, ce qui au final accroît la consommation totale (c’est le fameux « effet rebond » que Bihouix décrit abondamment dans son livre sur les Low Techs).

  4. Il faut avoir fait au moins une fois le tour de cette centrale solaire de Cestas à pied ou à vélo pour comprendre la monstruosité de la chose. De loin, vous pensez voir un élevage de poulets industriels, de près, vous n’entendez pas le moindre signe de vie au dessus et au pied de ces structures, pas un insecte, pas un oiseau, encore pire qu’au dessus d’un champ de blé glyphosaté… Et on vous explique sur de grands panneaux à l’entrée que de toute façon, la pinède qui a été coupée, c’était de la forêt artificielle, mais pas plus artificielle que toute la forêt des Landes de Gascogne, plantée pour stabiliser une zone humide seulement peuplée de troupeaux de moutons et de quelques bergers sur leur échasses. Il faut lire « vie et mort de Jean Chalosse, dernier moutonnier des Landes », pour appréhender un tout petit peu ce que pouvait être ce paysage avant les plantations. En tout cas, on espère que cette « gangrène solaire » de Cestas ne va pas se répandre partout dans les Landes, sous prétexte qu’il y a peu d’habitants, que la forêt y est plantée, et que les Girondins continuent à se faire construire des maisons à chauffage électrique. Je sais qu’il y a des détracteurs de Jean-Marc Jancovici, par ici, mais on ne peut pas lui enlever qu’il insiste lourdement sur le fait que la « bonne énergie », c’est celle qu’on ne consomme pas.

    1. Bien d’accord avec le fait que la seule énergie verte c’est celle que l’on ne consomme pas.
      Pour ce qui est de la forêt des landes, et de la forêt française industrielle en général, je ne peux que vous recommander chaudement d’aller voir le film « le temps des forêts » qui devait à l’origine s’appeler « vert désert ».
      Peut-être qu’à l’origine la forêt landaise était un marécage peuplé de moutons, quoique l’airial landais était bien plus riche et divers que ça, mais au moins y avait-il de la vie là-dedans, énormément de vie, comme dans toute zone humide. Allez voir ce film, écoutez le silence de mort de cette « forêt » consciencieusement désherbée au glyphosate et arrosée d’engrais qui l’ont rendue aussi stérile qu’un champ de blé industriel. Nous débattrons ensuite pour déterminer si la différence est si grande entre l’alignement au cordeau des pins maritimes et l’alignement au cordeau des panneaux photovoltaïques.
      Vous verrez aussi dans le film que la pinède stérile ou le parc solaire ne sont pas une fatalité pour ces sols, ce que quelques trop rares propriétaires landais démontrent chaque jour, bien peu aidés par leur président de région (qui apparaît dans le film), pour qui une forêt vivante est bien trop peu « innovante » et « disruptive ».

      1. Comme le souligne sans doute ce film sur les forêts françaises que je n’ai pas encore vu, il reste des coins des Landes mieux préservés que d’autre, les propriétaires de forêts là-bas sont tous rares, si on reprend votre expression, puisque chacun possède des centaines d’hectares 😉 Je ne pense pas avoir émis de jugement de valeur sur la forêt des Landes, à part avoir dit qu’elle était artificielle, ce que vous confirmez.
        Toutes les pinèdes plantées par l’homme ne sont pas stériles, sur la presqu’Ile d’Arvert (17) où les plantations de pins maritimes sont encore plus anciennes (XVIIIème siècle) et très peu modifiées par l’homme depuis, une belle diversité de plantes s’est développée, là, il ne s’agissait pas d’assécher une zone humide, mais de contenir l’avancée des dunes côtières qui avait chassé les habitants et constituaient un petit Sahara en miniature. Les seuls arbres bien alignés qu’on y trouve à présent constituent le « grenier à graines » de la forêt.
        Pour bien mettre des points sur les I, je préfère encore une forêt artificielle, avec des arbres vivants, qu’un alignement de métal qui grille toute vie au dessus et en dessous de lui. Oui, il y a une différence entre le vivant et ce qui est mort, ou entre l’animé et l’inanimé.

  5. Merci beaucoup pour cet article! C’est vrai que ce n’est pas le « star system  » qui sauvera quoi que ce soit, que le ou la star soit issu du cinéma de la chanson ou de la physique. Son intervention me faisait penser au discours bien pro d’un voyageur de commerce….toutes les vérités y sont instrumentalisées pour vendre le produit qui marche….et l’annonce du produit vous fait l’effet d’un soudain rétrécissement de perspective….un »flop » en somme. C’est là qu’il est nécessaire de continuer à voir large et complexe ce qui est large et complexe et pointu ce qui est pointu. Aurélien Barreau est sans doute pointu en physique mais il était franchement vague….

  6. Tout remettre en question, tout déconstruire, jeter tout le système actuel à la poubelle… ça permet de mieux penser, d’avancer, c’est une chose.
    Mais la réalité, ce qui se trame, c’en est une autre.
    Aurélien Barrau n’est pas spécialiste de la question écologique, simplement un citoyen sensible au sujet, et le rappelle à chaque interview. Il est très loin d’être dogmatique, ce qui n’est pas votre cas malheureusement… (c’est mon ressenti et pas une véritable « attaque », désolé, et peut-être suis-je à coté de la plaque hein, je ne vous connais pas !).
    Ce qui me chagrine c’est que je ne vois de votre part aucune proposition… alors les « écolos » grands publics sont peut-être naïfs, trop conditionnés pour réfléchir correctement… mais au moins ils pensent à des solutions concrètes…
    Alors M. Casaux, votre article est bien construit, intéressant…

    Mais que faire ?

  7. Puisque vous abordez la question de la démocratie, il ne vous a pas échappé que pour rassembler le plus grand nombre, il faut faire consensus. C’est au moins le mérite que l’on peut accorder à Aurelien Barrau.
    Par ailleurs, lors de son discours à Climax, il met les hommes politiques au pied du mur, car pour beaucoup (trop) encore, l’écologie est un non sujet et recréé ainsi un contre pouvoir citoyen dont nous verrons, je l’espère, les premiers effets aux européenes.
    La limite à mon sens de ce discours trop consensuel sera une forme de dissociation entre le discours et les action effectives ou un empilement de mesures « cosmétiques » visant à rassurer les eco-citoyens en herbe..

  8. Article très intéressant mais il y a un point qui me pose problème. Quand vous dîtes: « Parce qu’il faut bien comprendre que l’arrêt du désastre écologique en cours nuira forcément à ceux qui l’ont précipité, qui l’organisent et qui en tirent profit actuellement. Les dirigeants étatiques et corporatistes n’ont pas intérêt à ce que les populations consomment moins, à ce que cesse l’étalement urbain, le « développement », etc. » n’oubliez-vous pas que cet arrêt nuira aussi à la majorité de la population qui jouit sans frein de cette industrialisation? Si l’on renverse le capitalisme, ce que je souhaite aussi, il y aura aussi une forte coercition qui se mettra en place ne serait-ce qu’envers les individus consommateurs actuels. Le changement radical ne se fera pas en douceur ni pour les maîtres possesseurs mais encore moins pour les dominés que nous sommes puisqu’il faudra bien changer complètement notre mode de vie. Je ne sais pas si j’ai été clair.

  9. Il y a tout a inventé ou a faire ,, nous , humanité ,chacun,e,,doit elaborer individuellement et collectivement,,,,penser et mettre en œuvre des solutions reproductibles se joindre à des elans ici ou ailleurs,,, se confronter à soi-même,,,en confrontant à d autres ds des groupes ici et là nos moyens d oeuvrer,, ecomiquement,, structurationnnnnnellement,,,c tout qu il ous faut en permanence rebâtir,, car peut nous ai transmis ,,, resiliance actuelle incontournable,,, cf expérience de municipalisme écologique au Rojava, ,,

  10. J’en suis convaincue, c’est exactement de cela que nous avons besoin: désindustrialiser la planète. Mais le paramètre « armée » entre là aussi en jeu: qui est du côté du manche, cad qui a le pouvoir militaire ( et notamment nucléaire)? Les puissances industrielles, USA, Chine, Europe pour ne citer qu’elles. La bataille passera forcément par la prise en main de ces outils de répression, au prix de luttes héroïques auxquelles il faut désormais se préparer, malheureusement. J’aimerais tellement me tromper…

  11. Merci, merci, merci pour ce brillant texte! Tu illustres bien ton propos et surtout le problème de fond qui m’a aussi gêné dans l’appel d’Aurélien Barreau (au passage un brillant astrophysicien). Il faut éveiller le plus les conscience, et que les gens redécouvre le vrai sens des MOTS politique, démocratie, souveraineté, Etat, et j’en passe!

  12. Un article intéressant sur le fond ; je partage certaines de vos affirmations sur les verrous systémiques. Sur la forme, les arguments ab hominen me font sortir de votre propos. Quelles propositions concrètes, ici et maintenant ? Pas grand chose à vous lire ici. Passera-t-on d’un système à un autre en négligeant les petits pas, les prises de conscience et les actes en conséquence ?

  13. Excellent article qui analyse et résume très bien la situation actuelle et montre qu’il y a au moins une alternative au cretinisme de masse que les media nous servent en continu

  14. Bonjour Nicolas Casaux,
    Vous avez écrit un contre-article très intéressant…
    Mais alors, face au désastre ou tout au moins aux difficultés annoncées, que fait-on?…car le mouvement de résistance (dont je fais partie) reste pour le moment ultra minoritaire.
    Et il y a bien longtemps déjà une citation attribuée à Francis Blanche disait: « Il vaut mieux penser le changement que de changer le pansement »…à méditer
    Olivier RIDET

    1. « que fait-on?  »
      .
      Des poules ,des patates, des miradors, relire 1984 et des discussions avec vos aînées.
      Dont le thème pourrait être :
      .
      « Comment vivre dans une dictature qui ne va pas manquer de s’installer par réaction mécanique aux troubles sociaux prochains (ceux actuels sont une blagues) et comment photocopier les tickets de rationnement (1 ou 2 générations) puis ensuite…
      .
      Comment préparer nos petits enfants pour survivre dans, le choix est vaste :
      un hiver nucléaire,
      une guerre civile mondialisée (fun !),
      une société néandertalienne,
      Une dystopie à votre convenance (laisser libre cours à votre imagination !)

      .
      Vous pouvez aussi préférer « le grand soir », mais c’est plus risqué à court terme.

      Bon courage !

  15. Il y a une tentation dangereuse dans votre vision des choses : celle de croire que les décideurs économiques et politiques sont d’une nature différente du « peuple citoyen » : eux mauvais et avides, le peuple bon et raisonnable. Je ne développerai pas ici, il suffit de relire « La ferme des animaux » d’Orwell. Le niveau de conscience est collectif et nombre de décideurs agissent avec la conviction de faire le bien. La division de la société entre coupables et victimes est le pire des scenarios pour la suite de notre histoire.

    1. Vous n’avez pas dû lire le passage où je rappelle que dans une société non démocratique, les institutions produisent les gens dont elles ont besoin. Non, les gens ne sont pas de la même trempe que les dirigeants. (Vous oubliez par exemple ce détail que la gouvernance moderne repose intégralement sur la propagande, ainsi que toute gouvernance étatique à travers l’histoire. Seulement, notre civilisation mondialisée a développé une stupéfiante industrie de la propagande. Je vous renvoie à Edward Bernays, et à l’utilisation de toutes sortes de techniques visant à modeler la psychologie des foules).

      1. J’ai lu. Vous citez Howard Zinn dont vous reprenez le propos comme s’il s’agissait d’une vérité reconnue, alors que c’est seulement un bon sujet de débat. Mais votre ton professoral « je rappelle que… », « vous oubliez que… » m’incite à penser que le débat n’est pas votre tasse de thé. A mon avis, vous préférez la propagande.

        1. Je vous cite :
          « …le peuple bon et raisonnable… »
          Nous n’avons pas lu le même article.
          Ou nous l’avons compris différemment.
          .
          Bonne journée

  16. J’ai lu avec intérêt votre tribune. Je l’ai découverte car il y a quelques semaines j’ai entendu l’intervention d’Aurélien Barrau. Depuis je me documente et prends pleinement conscience de la situation malgré mon âge avancé. Si Aurélien Barrau a ouvert la voie à d’autres comme moi, il a fait œuvre utile en permettant entre autres de découvrir votre analyse que je me permets de partager. Cordialement

  17. Avant tout commentaires je tiens à préciser tout de suite pour être clair que je suis un adepte de la décroissance et à mon modeste niveau que j’essaie dans la mesure du possible de mettre mes actes au niveau de mes convictions (notamment en pratiquant le Low-tech et en faisant un maximum de déplacements à la force du mollet entres autres petites choses quotidiennes ) ceci étant dis je referme cette parenthèse et en viens à l’essentiel de mon propos.Alors j’adhère tout à fait à votre article n’appréciant guère vous vous en doutez le modèle néo-libéral et mondialisé (habilement teinté de Greenwashing illusoire si l’on demeure dans ce contexte économique cannibale) en court actuellement(et il court vite le bougre),pour autant je vous trouve tout de même bien sévère avec le personnage, d’abord parce-que vous commencez votre critique en évoquant ses liens avec le showbizz en citant notamment Juliette Binoche qui que je sache n’est pas (à mes yeux en tout cas) la plus infréquentable de ce milieu plutôt bobo dans l’ensemble je vous le concède ensuite vous dites qu’il a été formé par ceux-là même qu’il critique,je crains qu’il ne lui est été bien difficile de faire autrement vous ne croyez pas? et pour ne pas être trop long je trouve tout de même que ce type de personnage est nécessaire de nos jours comme porte-voix(e) afin de tenter d’éveiller les consciences sur la problématique climatique de plus je pense qu’il a également raison lorsqu’il prétend que nous aurons besoin des politiques pour faire accélérer les choses (même si l’on sait tous plus ou moins que ceci relève de l’illusion) car je se suis quasiment persuadé également que d’attendre que ce soit les populations qui s’y mettent (de manière globale j’entends) relève également de l’illusion(pour exemple ? un millions de gugusses dans les rues pour la coupe du monde de foot…combien pour la marche du climat ?)..mais tout ceci étant dit je sait également toute la limite de ce raisonnement car admettons (comme hypothèse de travail) que tout nos politiques européens et les populations qu’ils managent habilement fassent les efforts nécessaires…s’imagine-on réellement que tous les dirigeants non occidentaux ( et LEURS populations ) accepteront de s’orienter dans ce qu’il faut bien appeler une décroissance pour eux?…Ceux-la-mêmes qui en sortent à peine et à d’autres qui y sont encore jusqu’au cou …dans la décroissance ???.

  18. Bien que je souscrive grandement à cette opinion selon laquelle la classe dirigeante qui possède les intérêts et donc ne luttera contre ceux-ci que lorsqu elle en aura le besoin vital ( de vie ou de mort) je pense que des personnalités scientifiques comme lui sont crédibles et peuvent éveiller les consciences notamment celles du citoyen qui ne comprend ou ne veut pas comprendre qu’il va lui aussi mourir de cette crise écologique
    C est aussi pourquoi je ne souscris pas au mouvement du 17 novembre : le problème c est la voiture individuelle entre autres